Communiqué de presse

Travailler plus longtemps et s’appauvrir ensuite :

Consultation publique sur le vieillissement de la main d’œuvre et l’avenir de la retraite

Par Mis en ligne le 24 janvier 2012
Montréal le 23 jan­vier, 2012 – La Fédération des femmes du Québec (FFQ), le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au tra­vail (CIAFT) et le Régime de retraite des groupes com­mu­nau­taires et de femmes par­ti­ci­pe­ront aujourd’hui à la Consultation publique sur le vieillis­se­ment de la main d’œuvre et l’avenir de la retraite orga­ni­sée par le gou­ver­ne­ment du Québec. Les trois orga­ni­sa­tions dénon­ce­ront le fait que les solu­tions envi­sa­gées reposent prin­ci­pa­le­ment sur un affai­blis­se­ment des régimes de retraite publics et privés. « Ce sont les femmes qui subi­ront l’impact le plus impor­tant des cou­pures. À cause de leurs salaires plus faibles et leurs res­pon­sa­bi­li­tés fami­liales, elles sont moins capables d’épargner pen­dant leur vie active. De plus, compte tenu de leur plus longue espé­rance de vie, elles devront se débrouiller avec moins d’argent pen­dant plus long­temps » s’insurge Alexa Conradi, la pré­si­dente de la FFQ.

« Le gou­ver­ne­ment vient d’augmenter les péna­li­tés actua­rielles pour les per­sonnes qui prennent leur retraite avant 65 ans et le rap­port qui fait l’objet de la consul­ta­tion pro­pose de les aug­men­ter encore plus, alors que, sans péna­lité les gens sont déjà en train de tra­vailler plus long­temps » explique Ruth Rose, porte-parole du CIAFT. « Ainsi, une per­sonne qui prend sa retraite avant 65 ans rece­vra moins du RRQ qu’actuellement et une per­sonne qui tra­vaille jusqu’à 65 ans rece­vra le même mon­tant. En même temps, les employeurs sont en train de mettre fin aux régimes com­plé­men­taires à pres­ta­tions déter­mi­nées ou à les rendre moins géné­reux. Or, ce sont les seuls méca­nismes qui per­mettent aux tra­vailleuses et tra­vailleurs de bien pla­ni­fier leur revenu à la retraite. »

« À la place le gou­ver­ne­ment pro­pose des ins­tru­ments qui sont dis­cri­mi­na­toires à l’égard des femmes, enchaîne madame Conradi. Les Régimes volon­taires d’épargne-retraite (RVER) vantés par le gou­ver­ne­ment ne sont d’autre chose qu’une nou­velle forme de REER (Régimes enre­gis­trés d’épargne retraite). Pour un même mon­tant d’épargne, le revenu que peut en tirer une femme est moindre que ce que rece­vra un homme, et beau­coup moins que ce qu’elles obtien­draient d’un RRQ boni­fié. On demande à la popu­la­tion d’épargner davan­tage, sans contri­bu­tion de leur employeur, et de placer leur argent dans des véhi­cules impré­vi­sibles où l’on peut perdre, du jour au len­de­main, une grande partie de ses éco­no­mies. »

Le rap­port pro­pose des mesures pour valo­ri­ser le tra­vail des per­sonnes de 55 ans ou plus, des pro­grammes de for­ma­tion ou d’aide à la recherche d’emploi pour les tra­vailleurs qui ont perdu leur emploi. « Toutefois, insiste madame Rose, le gou­ver­ne­ment ne tient pas compte de la réa­lité des femmes, de la plus grande pré­ca­rité de leurs emplois et du manque de débou­chés pour les femmes peu sco­la­ri­sées, » pour­suit madame Rose.

Par ailleurs, le gou­ver­ne­ment a écarté la meilleure façon d’assurer une retraite juste pour les femmes et les jeunes : la boni­fi­ca­tion du régime public. Les trois orga­nismes fémi­nistes appellent à un véri­table débat public sur l’avenir de la retraite à la place des six comi­tés qui mènent, lar­ge­ment à huis clos, des tra­vaux pour trans­for­mer notre sys­tème de retraite à la faveur des ins­ti­tu­tions finan­cières et au détri­ment de la popu­la­tion.

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