Plan d’immigration du Québec

Tout pour le marché, rien pour les femmes !

Par Mis en ligne le 29 novembre 2011

La ministre de l’Immigration et des Communautés cultu­relles, Kathleen Weil, a dévoilé mardi le 1er novembre son plan d’immigration pour 2012-2015. La ministre exprime clai­re­ment que l’immigration devrait sou­te­nir le déve­lop­pe­ment éco­no­mique mais elle prend peu en compte les besoins des femmes immi­grantes.

Pourtant, lors des consul­ta­tions publiques sur le plan d’immigration, plu­sieurs groupes dont la FFQ (voir notre mémoire ci-joint) ont sou­li­gné l’importance de miser sur des mesures d’intégration adap­tées plutôt que de mettre uni­que­ment l’accent sur le pro­ces­sus de sélec­tion. En effet, la ministre veut atti­rer des per­sonnes jeunes, qua­li­fiées et fran­co­phones. Les femmes qui immigrent au Québec ont sou­vent ses carac­té­ris­tiques mais se retrouvent quand même sans emplois ou dans des sec­teurs pré­caires, peu rému­né­rées. C’est dire que de nom­breux obs­tacles jalonnent leur par­cours : dis­cri­mi­na­tions sur le marché du tra­vail en lien avec leur ori­gine et leur sexe, manque de ser­vices adap­tés à la réa­li­tés des femmes immi­grantes, dif­fi­cul­tés dans la recon­nais­sances de leurs acquis, contraintes finan­cières face à la for­ma­tion, dif­fi­cul­tés de conci­lia­tion famille-acti­vi­tés, etc. Le taux de chô­mage élevé, les faibles reve­nus et les sec­teurs d’emploi des femmes immi­grantes témoignent de ces obs­tacles. La ministre, entre autres à tra­vers le budget de son minis­tère, doit recon­naître que les femmes immi­grantes font face à des obs­tacles spé­ci­fiques.

De même, dans son plan d’immigration, la ministre ne tient pas non plus compte des dif­fi­cul­tés des femmes réfu­giées, des tra­vailleuses tem­po­raires comme les aides fami­liales ou des femmes par­rai­nées. Ces femmes ont un accès limité à des ser­vices qui contri­buent direc­te­ment à leur inté­gra­tion : ser­vice d’employabilité, accom­pa­gne­ment vers le marché du tra­vail, for­ma­tions, ser­vices sociaux et de santé, fran­ci­sa­tion, etc.

La ministre a déclaré que son plan d’immigration s’inspirait des consul­ta­tions publiques tenues cette année : il semble qu’encore une fois, les femmes n’aient pas été enten­dues. La voix de la FFQ, en alliances avec les groupes de défense des femmes immi­grantes, est donc plus per­ti­nente que jamais pour que l’égalité soit une réa­lité pour TOUTES les femmes, peu importe leur ori­gine.

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