Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université de Montréal Nous avons eu raison de faire grève

Mis en ligne le 28 avril 2010
par Francis Lagacé

Pourquoi ? Parce qu’entre le point de départ et le point d’arrivée, il y a un pro­grès notable.

La posi­tion de l’employeur :

Lorsque nous avons entamé la grève, ce que l’employeur avait mis sur la table, c’était son offre glo­bale du 8 février, dans laquelle il n’était pas fait men­tion des salaires. En fait, il pro­po­sait seule­ment 2% pour toutes les ques­tions finan­cières. Il y avait une fin de non-rece­voir totale et abso­lue sur la ques­tion de la taille des groupes-cours.

On nous avait déclaré que jamais on ne par­le­rait de telles clauses dans la conven­tion.

La direc­tion vou­lait pro­lon­ger la pro­ba­tion de trois à six cours. Elle per­met­tait à un membre du comité d’évaluation de faire partie du comité d’appel.

L’employeur avait retiré toute limite au nombre de cours donnés par des pro­fes­seurs retrai­tés.

Sur le statut d’emploi, on se conten­tait de dire qu’une per­sonne qui tra­vaille quatre jours est en double emploi, ce qui ne signi­fie rien à notre époque alors que l’on peut faire beau­coup d’heures sur quelques jours ou très peu d’heures sur de nom­breux jours.

La direc­tion vou­lait couper de moitié la prime de départ à la retraite. Il était ques­tion de reti­rer la moitié de son ancien­neté à un chargé de cours qui se désiste d’un contrat signé et de le jeter s’il se désis­tait une deuxième fois.

L’employeur par­lait de pou­voir annu­ler un cours sans péna­lité jusqu’à deux semaines avant son début.

Les accom­pa­gna­teurs et coachs étaient mena­cés de se retrou­ver devant l’arbitraire patro­nal pour ce qui est de l’attribution. La direc­tion vou­lait que les autres clauses de la conven­tion col­lec­tive ne s’appliquent pas à eux.

Le comité de santé et sécu­rité n’avait même pas l’obligation de se réunir.

À la suite de la grève :

Nous avons gagné une meilleure défi­ni­tion du statut de double emploi basée sur l’approche réa­liste des heures tra­vaillées.

L’accès géné­ral au départ à la retraite a été faci­lité avec main­tien de la prime à la moyenne des cinq meilleures années dans les dix der­nières années.

Le renvoi pour désis­te­ment n’est pas passé.

La pos­si­bi­lité d’annuler un cours sans paie­ment for­fai­taire a été écar­tée.

Un membre du comité d’évaluation ne pourra plus faire partie du comité d’appel.

La limite à la réserve des cours des pro­fes­seurs retrai­tés, cadres, pro­fes­sion­nels et sta­giaires post­doc­to­raux a été main­te­nue à 4 %.

Le salaire sera aug­menté de 6,55%, un pour cent de moins que notre demande de rat­tra­page. Il sera boni­fié par les para­mètres gou­ver­ne­men­taux, soit un mini­mum total de 10,05%. Làdessus, il y aura rétro­ac­ti­vité de 3,8% à jan­vier 2010.

Le comité de santé sécu­rité se réunira dans les 10 jours à la demande de l’une des par­ties.

Il y aura un comité déci­sion­nel sur l’attribution d’aide d’auxiliaire d’enseignement. Nous par­ti­ci­pe­rons à l’élaboration des poli­tiques à cet égard et nous pour­rons éta­blir des seuils et des balises pour déci­der de l’aide à accor­der.

Il y a aussi des gains de nature sym­bo­lique dont les effets se feront sentir au cours des années.

Nous avons gagné une meilleure cohé­sion de nos membres et un ren­for­ce­ment de la base. La direc­tion a perdu de sa cré­di­bi­lité, et nos membres savent main­te­nant qui ils doivent croire.

Par ailleurs, la cou­ver­ture natio­nale du conflit a fait en sorte que les char­gés de cours existent main­te­nant dans l’imaginaire du public. La pro­chaine étape consis­tera à mieux faire connaître nos condi­tions d’exercices ainsi que notre réa­lité com­plexe et diver­si­fiée.

Pour toutes ces bonnes rai­sons, oui, nous avons vu juste en fai­sant grève.

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