La santé malade du capitalisme

Surdiagnostic et surtraitement de la détresse psychologique

Souffrance psychique et capitalisme

Par Mis en ligne le 18 mai 2020

Une épi­dé­mie ?

Plus de 14 % des adultes qué­bé­cois assu­rés par le régime public ont eu recours aux anti­dé­pres­seurs en 2009[1]; 46 % des tra­vailleuses et des tra­vailleurs des centres d’appels consomment régu­liè­re­ment des psy­cho­tropes[2]; près de 13 % des élèves du secon­daire ont reçu un diag­nos­tic de trouble défi­ci­taire de l’attention avec ou sans hyper­ac­ti­vité (TDAH) confirmé par un méde­cin[3], et les QuébécoisEs qui repré­sentent 22,3 % de la popu­la­tion cana­dienne consomment 35 % des médi­ca­ments contre le TDAH[4]. Une étude récente esti­mait que 82,5 % des jeunes AméricainEs rece­vront un diag­nos­tic de trouble mental avant l’âge de 21 ans[5].

Le nombre de diag­nos­tics ins­crits au Manuel sta­tis­tique et diag­nos­tic des troubles men­taux[6], alias la « bible » des psy­chiatres, est passé de 106 en 1952 à envi­ron 400 en 2013. Serions-nous deve­nus quatre fois plus fous que nos ancêtres immé­diats ? Ou assis­tons-nous à la réa­li­sa­tion du rêve dément d’un ancien PDG de Merck, Henry Gadsden, qui vou­lait vendre des médi­ca­ments « aux malades comme aux bien-por­tants » ?[7]

Ces quelques don­nées suf­fisent pour com­prendre que la « mala­die men­tale » est deve­nue un véri­table eldo­rado pour les socié­tés phar­ma­ceu­tiques. En 26 ans, les reve­nus des ventes d’antidépresseurs et d’antipsychotiques ont aug­menté en effet de 4800 % chez nos voi­sins du Sud[8].

Vendre des mala­dies et des psy­cho­tropes

Depuis quelques années, nous assis­tons à la mul­ti­pli­ca­tion des cam­pagnes de sen­si­bi­li­sa­tion (lire mar­ke­ting) aux troubles men­taux dans les­quelles les vedettes de la télé et du sport sont mises à contri­bu­tion ; le gou­ver­ne­ment du Québec par­raine une cam­pagne « La dépres­sion touche tout le monde » ; des bro­chures sont dis­tri­buées dans les écoles pour aider les ensei­gnants et les ensei­gnantes à repé­rer les troubles men­taux de leurs élèves ; des sites en ligne pro­posent de vous auto­diag­nos­ti­quer pour la dépres­sion, le TDAH et toute une série d’autres affec­tions. Quelle que soit la réponse que vous donnez à cha­cune des ques­tions de ces quiz bidon, le ver­dict est très sou­vent « TDAH pro­bable », « ceux qui ont répondu comme vous étaient atteints de dépres­sion », « consul­tez votre méde­cin », etc.

Une « mala­die » comme les autres ?

La bio­psy­chia­trie conçoit la détresse psy­cho­lo­gique sur le modèle bio­mé­di­cal. Comme le dia­bète de type 1 est causé par une dys­fonc­tion du pan­créas, les troubles men­taux seraient pure­ment orga­niques et causés par des ano­ma­lies du cer­veau, plus pré­ci­sé­ment par une dys­fonc­tion des neu­ro­trans­met­teurs (séro­to­nine, nora­dré­na­line, glu­ta­mate, etc.), ces sub­stances chi­miques qui per­mettent aux neu­rones de com­mu­ni­quer. Autrement dit, le cer­veau est en quelque sorte cassé et les médi­ca­ments sont pres­crits pour le répa­rer.

C’est ainsi que la dépres­sion serait causée par un défi­cit de séro­to­nine. Un scien­ti­fique de Lilly qui a contri­bué à la mise au point du Prozac décla­rait pour­tant à la télé­vi­sion bri­tan­nique qu’il n’y a aucune preuve que la dépres­sion résulte d’un dés­équi­libre des neu­ro­trans­met­teurs[9]. En fait, les anti­dé­pres­seurs, loin de régler un dés­équi­libre, le créent.

La théo­rie sou­te­nant que la dépres­sion résul­te­rait d’un défi­cit de la séro­to­nine n’a jamais été vali­dée. Son créa­teur, le psy­chiatre écos­sais George Ashcroft, l’a aban­don­née dès les années 1970, après plu­sieurs années de recherches infruc­tueuses[10]. Un des pion­niers de la psy­chia­trie bio­lo­gique, Eric Nestler, écri­vait en 2013 que les « 20 der­nières années ont été très frus­trantes » ; nous n’avons pu uti­li­ser l’information tirée des études ani­males pour « mettre au point de nou­veaux tests diag­nos­tiques (bio­mar­queurs) ou de meilleurs médi­ca­ments pour la mala­die men­tale »[11].

Cela dit, la détresse psy­cho­lo­gique existe et elle est en aug­men­ta­tion dans une société livrée à l’individualisme libé­ral, à l’hypercompétition et au culte de la per­for­mance. La vie est dure. Il serait donc faux de dire que les per­sonnes qui éprouvent de la détresse psy­cho­lo­gique ne souffrent pas et qu’elles n’ont pas besoin d’aide. Mais, elles n’ont pas pour autant le cer­veau déré­glé.

L’ampleur du sur­diag­nos­tic et du sur­trai­te­ment

On com­mence à mieux com­prendre l’ampleur du sur­diag­nos­tic et du sur­trai­te­ment en méde­cine géné­rale. Aux États-Unis, le projet Choosing Wisely, qui recouvre 25 spé­cia­li­tés médi­cales, a iden­ti­fié plus de 130 tests et trai­te­ments dont les béné­fi­ciaires ne sont pas sus­cep­tibles de reti­rer quelque béné­fice que ce soit alors que ceux-ci peuvent par contre causer des pré­ju­dices[12]. Le réputé Journal de l’Association médi­cale amé­ri­caine (JAMA), spé­cia­lisé en méde­cine interne, publie, dans cette optique, une chro­nique régu­lière inti­tu­lée « Moins, c’est plus » (Less is More).

Comme les soins de santé sont deve­nus une mar­chan­dise au même titre que n’importe quelle autre, ils obéissent à la logique du « tou­jours plus ! ». Or, contrai­re­ment à ce que pré­co­nise cette devise, dans plu­sieurs cir­cons­tances, il vaut mieux s’abstenir d’intervenir plutôt que d’administrer un trai­te­ment ou un test inutile et poten­tiel­le­ment dan­ge­reux. Par exemple, un scan (tomo­gra­phie par ordi­na­teur) doit répondre à un besoin essen­tiel, car cette pro­cé­dure serait res­pon­sable de 2 % des can­cers aux États-Unis[13].

En méde­cine géné­rale, on parle de sur­diag­nos­tic quand on recourt à des moyens dis­pro­por­tion­nés pour iden­ti­fier une ano­ma­lie bénigne qui ne cau­sera pas de pro­blèmes ni de mor­ta­lité pré­coce. Dans le domaine de la santé men­tale, le sur­diag­nos­tic résulte de la trans­for­ma­tion des réac­tions nor­males aux dif­fi­cul­tés de l’existence en pré­su­més troubles men­taux. Il se pro­duit éga­le­ment quand on attri­bue plu­sieurs diag­nos­tics à la même per­sonne, les­quels entraînent la pres­crip­tion de deux, trois ou quatre médi­ca­ments. Par exemple, il est cou­rant que des patientEs soient affubléEs de trois diag­nos­tics dif­fé­rents : dépres­sion, anxiété géné­ra­li­sée et phobie sociale, ou TDAH, anxiété de sépa­ra­tion et trouble oppo­si­tion­nel. Est-ce que ce sont trois « mala­dies » dif­fé­rentes ou trois formes d’expression de la même souf­france ?

Le grand patron du DSM-IV[14], Allen Frances, a ainsi sorti l’artillerie lourde contre le DSM-5 et l’industrie phar­ma­ceu­tique qu’il a accu­sée de médi­ca­li­ser la détresse quo­ti­dienne[15]. En effet, il est normal de res­sen­tir de la tris­tesse quand on a été vic­time d’une catas­trophe natu­relle, d’une peine d’amour, d’un conjoint violent ; il est normal pour un enfant d’être inat­ten­tif ou anxieux quand il arrive en classe le ventre vide et il faut s’attendre à ce qu’une per­sonne flanche quand les condi­tions de tra­vail sont abo­mi­nables et alié­nantes.

Surdiagnostic et sur­trai­te­ment en psy­chia­trie : quelques exemples

L’évaluation appro­fon­die, au moyen de l’entrevue struc­tu­rée du DSM-IV (SCID)[16], de 5639 patientEs presque tous sous médi­ca­tion, ayant été iden­ti­fiés comme dépri­més en cli­nique, signale que 61,4 % ne rem­plissent pas les cri­tères diag­nos­tiques de la dépres­sion majeure[17].

Zimmerman et ses col­lègues ont uti­lisé l’entrevue struc­tu­rée du DSM-IV pour éva­luer 145 per­sonnes ayant reçu un diag­nos­tic de bipo­la­rité. La majo­rité de celles-ci, soit 56,6 % de celles ayant reçu l’étiquette, ne répon­daient pas aux cri­tères de la mala­die [18].

La Floride a mis sur pied un pro­gramme exi­geant que les ordon­nances d’antipsychotiques de deuxième géné­ra­tion (Zyprexa, Risperdal, Seroquel, etc.) pres­crits aux enfants de moins de six ans soient rééva­luées par un psy­chiatre indé­pen­dant. Résultat : leur nombre a chuté de 75 %[19]. Il n’existe par ailleurs aucune preuve que ces pro­duits extrê­me­ment puis­sants sont effi­caces et sécu­ri­taires pour les enfants, par­ti­cu­liè­re­ment à cet âge. Trois pédiatres sur quatre (72 %) pres­crivent des psy­cho­tropes, et 8 % seule­ment estiment qu’ils pos­sèdent la for­ma­tion néces­saire pour le faire [20].

En 2005, David Graham de la Food and Drug Administration (FDA) éva­luait que ces pres­crip­tions non néces­saires, par­ti­cu­liè­re­ment des­ti­nées aux seg­ments les plus vul­né­rables, enfants et vieillards atteints de démence, étaient à l’origine de 62 000 décès[21]. La même année, les ana­lyses de la FDA dévoi­laient que les essais cli­niques des socié­tés phar­ma­ceu­tiques font aug­men­ter de 60 % à 70 % le taux de mor­ta­lité des résidantEs des mai­sons de retraite souf­frant de démence par rap­port au groupe pla­cebo[22]. Au Canada, envi­ron 30 % des pen­sion­naires des mai­sons de retraite se voient pres­crire ces médi­ca­ments et en Colombie-Britannique, ce taux grimpe à 50 %[23]

Aux États-Unis, près de quatre mil­lions d’ordonnances d’antipsychotiques de deuxième géné­ra­tion ont été dis­tri­buées en 2007-2008 pour trai­ter ce qu’on appelle la dépres­sion réfrac­taire – résis­tante aux anti­dé­pres­seurs. Certaines direc­tives éma­nant de groupes d’experts, dont la plu­part reçoivent de l’argent des entre­prises mon­diales du médi­ca­ment, deman­daient alors d’ajouter à ces der­niers un anti­psy­cho­tique. Cet ajout se tra­dui­sit par une réduc­tion des symp­tômes de faible à modé­rée, ne s’accompagnant d’aucun béné­fice en ce qui a trait à la qua­lité de vie et au fonc­tion­ne­ment des patientEs, et les preuves d’effets indé­si­rables redou­tables furent nom­breuses (voir plus loin) bien que les essais aient été de courte durée et n’étaient pas conçus pour être codi­fiés [24]. Par ailleurs, si l’antidépresseur n’était pas effi­cace, n’aurait-il pas été plus sage de le reti­rer, puisque les effets indé­si­rables aug­mentent, on le sait, avec la mul­ti­pli­ca­tion du nombre de médi­ca­ments ?

Le DSM-III éta­blis­sait la pré­va­lence du TDAH à 3 % en 1980 et l’édition révi­sée du DSM-IV à 7 % en 2000. Selon les der­nières éva­lua­tions des Centers for Disease Control, 11 % des enfants reçoivent main­te­nant l’étiquette. À mesure que la défi­ni­tion du TDAH s’élargissait au fil des années – pas­sant de huit à six cri­tères dans le DSM-IV en 1994 – on assis­tait à une infla­tion de diag­nos­tics, et le marché amé­ri­cain pour les médi­ca­ments contre le TDAH explo­sait, pas­sant de 15 mil­lions de dol­lars avant le DSM-IV à 9 mil­liards en 2012[25]. Le DSM-5 pour­suit dans cette lancée en repor­tant à 12 ans plutôt qu’à 7 ans, l’âge avant lequel les symp­tômes doivent être pré­sents pour poser un diag­nos­tic de TDAH.

La Classification inter­na­tio­nale des mala­dies de l’Organisation mon­diale de la santé (OMS), dont les cri­tères diag­nos­tiques sont plus exi­geants, enre­gistre des taux variant entre 0,4 % et 4,2 %, alors que les DSM font état de taux de 2,5 à 13 fois plus élevés[26]. La Haute auto­rité de santé éta­blit la pré­va­lence du TDAH en France à 2 %[27]. Nos cou­sins n’utilisent pas le DSM, mais la Classification fran­çaise des troubles men­taux de l’enfant et de l’adolescent.

De la vali­dité des cri­tères du DSM pour le TDAH

Selon le DSM-5, un trouble défi­ci­taire de l’attention requiert l’identification chez les sujets de six cri­tères sur neuf (moins chez les adultes et les ado­les­cents de 17 ans et plus). En voici quelques-uns :

  • ne par­vient pas à prêter atten­tion aux détails ;
  • a du mal à sou­te­nir son atten­tion au tra­vail ou dans les jeux ;
  • semble ne pas écou­ter quand on lui parle ;
  • se laisse faci­le­ment dis­traire par des sti­mu­lus externes ;
  • a du mal à orga­ni­ser ses tra­vaux ou ses acti­vi­tés.

Avez-vous lu atten­ti­ve­ment ? C’est essen­tiel­le­ment le même cri­tère qui est repris sous un vocable dif­fé­rent, ce qui donne au diag­nos­tic un sem­blant de vali­dité.

Deux études amé­ri­caines ont observé que chez les 5-6 ans, les plus jeunes de leur classe qui peuvent avoir près d’un an de dif­fé­rence avec les plus vieux, sont 60 % plus sus­cep­tibles de rece­voir le diag­nos­tic, ce qui repré­sente un poten­tiel de faux posi­tifs de plus d’un mil­lion d’enfants[28]. On a enre­gis­tré des taux com­pa­rables en Islande mais, par contre, ils étaient plus bas en Colombie-Britannique, notam­ment parce que les popu­la­tions éva­luées étaient plus âgées. Présentant davan­tage de matu­rité, les élèves étaient moins sus­cep­tibles de rece­voir le diag­nos­tic.

Plusieurs études ont lié les pro­blèmes d’inattention à divers troubles du som­meil (apnée, amyg­dales)[29] et l’étude de Sroufe estime que les enfants des quar­tiers défa­vo­ri­sés sont 70 % plus à risque que la moyenne de rece­voir le diag­nos­tic[30].

Comme cer­tains enfants connaissent un pro­ces­sus de matu­ra­tion plus lent, le TDAH peut faci­le­ment être confondu avec un pro­blème du déve­lop­pe­ment comme la dys­lexie. À l’Hôpital de Rivière-des-Prairies, 60 % des enfants et des adolescentEs se voient ainsi reti­rer leur diag­nos­tic de TDAH[31]. Environ 80 % sont l’objet de plus de deux diag­nos­tics et un grand nombre cumulent trois et quatre éti­quettes : trouble anxieux, trouble des conduites, trouble oppo­si­tion­nel, dépres­sion, « bipo­la­rité ».

L’art de créer des patho­lo­gies

La mul­ti­pli­ca­tion des diag­nos­tics ins­crits au DSM et son inévi­table corol­laire, l’avalanche de pres­crip­tions qu’elle entraîne, ont été rendus pos­sibles :

  • par la redé­fi­ni­tion des « mala­dies » : en 1980, le DSM-III abo­lis­sait la dis­tinc­tion entre dépres­sion endo­gène et dépres­sion exo­gène pour les regrou­per sous le même para­pluie : la dépres­sion majeure. La pre­mière était une forme de dépres­sion très rare et grave qu’on appe­lait la dépres­sion mélan­co­lique et la deuxième, qua­li­fiée de dépres­sion situa­tion­nelle, sur­ve­nait à la suite d’une peine d’amour, une catas­trophe natu­relle, un coup dur. En géné­ral, on esti­mait que la dépres­sion situa­tion­nelle évo­luait natu­rel­le­ment vers la gué­ri­son et on hési­tait à pres­crire les anti­dé­pres­seurs de pre­mière géné­ra­tion, mor­tels en sur­dose. L’arrivée du Prozac en 1988 a changé la donne. Considérés plus sécu­ri­taires – ce qui est matière à débat – que les anti­dé­pres­seurs de pre­mière géné­ra­tion, les inhi­bi­teurs dits sélec­tifs de la recap­ture de la séro­to­nine ou ISRS, (Prozac, Paxil, Zoloft, Celexa, etc.) sont main­te­nant dis­tri­bués comme des bon­bons et la dépres­sion est consi­dé­rée comme un phé­no­mène répandu et chro­nique (voir plus loin).
  • par l’invention de nou­velles mala­dies : la timi­dité a été trans­for­mée en phobie sociale ou trouble de l’anxiété sociale. GlaxoSmithKline (GSK), le fabri­cant du Paxil, approuvé expres­sé­ment pour cette indi­ca­tion, a financé une vaste cam­pagne menée par une grosse agence de publi­cité, Cohn and Wolfe, pour implan­ter la vali­dité de ce diag­nos­tic dans la tête de la popu­la­tion avec des slo­gans tels que : « vous n’êtes pas timide, vous êtes malade », « ima­gi­nez être aller­gique aux gens », etc. L’Anxiety Disorders Association formée de l’American Psychiatric Association (APA) et du groupe Freedom from Fear, a fait la pro­mo­tion du soi-disant trouble mental avant même l’approbation du Paxil pour le trai­ter. Or, l’APA reçoit une partie de son finan­ce­ment de l’industrie phar­ma­ceu­tique (30 % en 2006) et le fameux Freedom from Fear était une orga­ni­sa­tion bidon mise sur pied et finan­cée par GSK. Il est aussi impor­tant de vendre la mala­die que la pilule, de pré­fé­rence par la bouche d’un tiers pré­ten­du­ment indé­pen­dant[32].
  • par la trans­for­ma­tion des étapes nor­males de la vie en mala­die : il est normal d’oublier des choses en vieillis­sant. Avec le DSM-5, sorti en 2013, c’est devenu un « trouble neu­ro­cog­ni­tif léger », sorte d’antichambre de la mala­die d’Alzheimer. Ce fameux « trouble » s’accompagne d’un « déclin cog­ni­tif léger » qui « n’affecte en rien le fonc­tion­ne­ment » des per­sonnes ! Une publi­cité d’un fabri­cant d’anxiolytiques montre une jeune fille fai­sant son entrée à l’université. On lit sur l’affiche : « Tout un nou­veau monde…d’anxiété s’ouvre à vous ». Le mes­sage est clair.
  • par l’abaissement des seuils qui entraînent un diag­nos­tic : nous l’avons vu dans le cas du TDAH et cela s’est éga­le­ment pro­duit dans les cas de l’anxiété géné­ra­li­sée, du syn­drome de stress post-trau­ma­tique[33], etc.
  • par l’inscription de nou­veaux troubles au DSM : les « experts » consi­dé­raient que le syn­drome d’Asperger (fai­sant main­te­nant partie du spectre du trouble de l’autisme) était une condi­tion rare. En l’incluant au manuel, on a assisté à une fré­né­sie de nou­veaux diag­nos­tics qui ont aug­menté de 2000 %.

Efficacité et effets indé­si­rables des psy­cho­tropes

Les anti­dé­pres­seurs de la géné­ra­tion Prozac font gagner 1,8 point sur 51, sur une échelle qui mesure la sévé­rité de la dépres­sion. Ils ne sont pas plus effi­caces que les pla­ce­bos pour la dépres­sion légère à modé­rée. Dans les cas de dépres­sion sévère, ils peuvent faire une dif­fé­rence[34].

Sur 74 études sou­mises à la FDA pour ana­ly­ser la situa­tion, 38 mon­traient que l’antidépresseur était plus effi­cace que le pla­cebo, alors que 36 études démon­traient le contraire. Or, 37 des 38 études posi­tives ont été publiées. La plu­part des études néga­tives sont demeu­rées dans les clas­seurs, mais un cer­tain nombre d’entre elles consi­dé­rées comme néga­tives par la FDA furent publiées après qu’on leur ait donné une allure posi­tive, grâce aux bons soins de scribes chè­re­ment payés par l’industrie. En consi­dé­rant les seules études posi­tives, l’antidépresseur pré­sen­tait un avan­tage de 94 %; en pre­nant en compte les études néga­tives, cet avan­tage se rédui­sait à 51 %. Comble d’ironie, une note de ser­vice de la FDA sug­gé­rait de ne pas infor­mer les méde­cins et les uti­li­sa­teurs de l’existence des études néga­tives de crainte qu’ils ne s’affolent[35].

Depuis 2004, les anti­dé­pres­seurs de la géné­ra­tion Prozac com­portent un aver­tis­se­ment à l’effet qu’ils peuvent induire des idées et des com­por­te­ments sui­ci­daires chez les moins de 25 ans. Le Physician’s Desk Reference, le grand livre des effets indé­si­rables uti­lisé par les méde­cins amé­ri­cains, sou­ligne qu’ils peuvent pro­duire ces mêmes effets chez les adultes. Les recherches estiment que cela est lié à la capa­cité plus ou moins grande de les méta­bo­li­ser chez 3 % à 10 % des uti­li­sa­teurs.

En outre, on évalue que jusqu’à 62 % des consom­ma­teurs et des consom­ma­trices vivent une baisse impor­tante de la libido[36] et un grand nombre connaissent des dif­fi­cul­tés au moment du sevrage, cer­tains éprou­vant des effets into­lé­rables : décharges élec­triques, nau­sées et ver­tiges intenses. Ils peuvent causer des com­pli­ca­tions chez le nou­veau-né : irri­ta­bi­lité, détresse res­pi­ra­toire, convul­sions. Le Paxil a été asso­cié à des mal­for­ma­tions car­diaques chez le fœtus. La liste des effets secon­daires est beau­coup trop longue pour les énu­mé­rer tous ici. La mono­gra­phie du Paxil les décrit en 20 pages[37].

Les psy­cho­sti­mu­lants, déri­vés des amphé­ta­mines, peuvent causer la dépen­dance chez au moins 10 % des usa­gers et des usa­gères et les symp­tômes reviennent avec davan­tage d’intensité au moment du sevrage. Appelées « kiddy coke », ces sub­stances sont régle­men­tées dans la plu­part des pays. Qui dira que nos voi­sins du Sud n’ont pas le sens de l’humour quand on lit sur la boîte de Ritalin : « Garder hors de portée des enfants » ?

Sur une période de 10 ans, Santé Canada a reçu près de 600 aver­tis­se­ments concer­nant des effets secon­daires sérieux, les médi­ca­ments contre le TDAH étant en tête de liste ; on estime que de 1 % à 10 % de ces effets sont signa­lés. Parmi les pro­blèmes signa­lés : 7 sui­cides, 76 ten­ta­tives de sui­cide, 24 convul­sions, 48 hal­lu­ci­na­tions, 28 pro­blèmes car­diaques, 23 atteintes au foie. Interrogé par le Toronto Star, un porte-parole de Santé Canada, censée nous pro­té­ger, eut cette remarque : « C’est prin­ci­pa­le­ment la res­pon­sa­bi­lité [de la com­pa­gnie phar­ma­ceu­tique] de sur­veiller l’utilisation sécu­ri­taire de ses pro­duits »[38].

Par tranches d’âge, le tableau 1 résume l’accroissement du nombre de visites à l’urgence suite à l’absorption d’un médi­ca­ment contre le TDAH entre 2005 (en foncé) et 2010 aux États-Unis.

Tableau 1 : Augmentation du nombre de visites à l’urgence suite à l’absorption d’un médi­ca­ment contre le TDAH en 2005 et 2010 aux États-Unis selon les tranches d’âge

Source : 2005 et 2010 SAMHSA Drug Abuse Warning Network (DAMN).

Les anti­psy­cho­tiques, majo­ri­tai­re­ment auto­ri­sés pour trai­ter les cas les plus lourds[39] – essen­tiel­le­ment schi­zo­phré­nie et bipo­la­rité chez les adultes – sont de plus en plus pres­crits hors indi­ca­tion pour trai­ter le TDAH, la colère, la dépres­sion, l’anxiété, l’insomnie, les nau­sées.

Un essai cli­nique indé­pen­dant sur les schi­zo­phrènes montre qu’après deux ans, 78 % des uti­li­sa­teurs et des uti­li­sa­trices aban­donnent leur médi­ca­tion pour cause d’effets into­lé­rables et manque d’efficacité, et signale que les 22 % res­tants ne se sont pas amé­lio­rés [40]. Pour les mêmes rai­sons, 88 % des enfants avaient aban­donné leur médi­ca­ment après un an[41]. Si les médi­ca­ments réus­sissent, dans cer­tains cas, à réduire les symp­tômes (pen­sées désor­ga­ni­sées, délires para­noïaques, idées de gran­deur, etc.), ils s’accompagnent d’effets secon­daires redou­tables : symp­tômes sem­blables à ceux de la mala­die de Parkinson, mou­ve­ments invo­lon­taires de la partie supé­rieure du corps (dys­ki­né­sie dans le jargon), agi­ta­tion extrême (aka­thi­sie dans le jargon), aug­men­ta­tion sub­stan­tielle du poids, du taux de sucre, du cho­les­té­rol, des tri­gly­cé­rides, du dia­bète, du risque car­diaque, d’AVC et quan­tité d’autres.

Les médi­ca­ments contre le TDAH ont fait la preuve qu’ils aug­mentent l’attention, la prise de notes, le par­achè­ve­ment des devoirs dans des expé­riences à court terme com­man­di­tées par les fabri­cants. À partir de ces don­nées frag­men­taires, la publi­cité des mul­ti­na­tio­nales du médi­ca­ment concluait qu’ils amé­lio­raient les résul­tats sco­laires et le com­por­te­ment. En 2008, la FDA deman­dait à cinq fabri­cants de reti­rer ces publi­ci­tés fausses et trom­peuses[42].

Plusieurs études indé­pen­dantes au long cours ont démon­tré le contraire. Une étude récente a suivi des enfants du Canada et du Québec durant 14 ans. Les sujets médi­ca­men­tés connaissent davan­tage de redou­ble­ments, éprouvent une dété­rio­ra­tion des rela­tions avec leurs parents, une aug­men­ta­tion de la dépres­sion, de l’anxiété et de la tris­tesse, sur­tout chez les filles[43]. Une étude com­man­di­tée par le gou­ver­ne­ment d’Australie occi­den­tale, ayant suivi des enfants pen­dant huit ans, en arri­vait essen­tiel­le­ment aux mêmes conclu­sions. En outre, elle révé­lait que les sujets médi­ca­men­tés sur une base régu­lière pré­sen­taient une ten­sion dias­to­lique de 10,79 mm Hg plus élevée que les par­ti­ci­pants non médi­ca­men­tés[44].

De cer­taines alter­na­tives

Pour la dépres­sion légère à modé­rée, l’activité phy­sique a prouvé son uti­lité ; pour la dépres­sion sai­son­nière, les béné­fices de la thé­ra­pie lumi­neuse ont été confir­més. L’examen de 1000 docu­ments par l’Institut natio­nal de santé et de recherche médi­cale en France (INSERM) montre que les thé­ra­pies sont aussi effi­caces que les médi­ca­ments ; mieux, elles coupent les taux de rechute en deux.

« Schizophrène un jour, schi­zo­phrène tou­jours ». En effet, dans la pra­tique, ces der­niers sont sou­vent médi­ca­men­tés la vie durant. L’étude indé­pen­dante de Harrow et Jobe, ayant suivi des sujets durant 20 ans, mon­trait qu’après avoir été sta­bi­li­sées sous anti­psy­cho­tiques, les per­sonnes vic­times de psy­chose ayant inter­rompu leur médi­ca­tion s’en tiraient beau­coup mieux que celles qui étaient tou­jours médi­ca­men­tées. Ces conclu­sions furent confir­mées dans une étude récente publiée dans le JAMA Psychiatry de sep­tembre 2013 : après 7 ans, 40,4 % des participantEs ayant inter­rompu leur médi­ca­tion étaient en rémis­sion par com­pa­rai­son à 17,6 % de celles et ceux ayant conti­nué leur médi­ca­tion[45].

En Finlande, le projet Open Dialogue a mis en œuvre un pro­gramme com­bi­nant visites à domi­cile, mobi­li­sa­tion de l’entourage et uti­li­sa­tion mini­male d’antipsychotiques. Résultat : après cinq ans, 89 % des sujets étaient de retour sur le marché du tra­vail ou aux études ; un total de 29 % avaient uti­lisé des anti­psy­cho­tiques dont 14 % étaient tou­jours médi­ca­men­tés[46]. Le « 388 »[47] de Québec obtient des résul­tats encou­ra­geants grâce à la thé­ra­pie psy­cho­dy­na­mique et en fai­sant une uti­li­sa­tion sélec­tive des anti­psy­cho­tiques. Des groupes com­mu­nau­taires, comme le Pavois, créés sur le modèle des « enten­deurs de voix », apprennent à ces per­sonnes à com­po­ser avec leurs voix, voire à les faire taire.

La for­ma­tion des parents et les inter­ven­tions psy­cho­so­ciales ont donné des résul­tats posi­tifs chez les enfants pré­sen­tant des pro­blèmes d’inattention et d’hyperactivité.

Épilogue

Dans les cas les plus lourds (anxiété extrême et para­ly­sante, schi­zo­phré­nies, ten­ta­tions sui­ci­daires, etc.) et en période de crise aiguë, les psy­cho­tropes peuvent sou­la­ger les symp­tômes, voire être essen­tiels. Cependant, leur uti­li­sa­tion doit être sélec­tive, pru­dente et par­ci­mo­nieuse. Une fois que la per­sonne est sta­bi­li­sée, les alter­na­tives doivent prendre la relève.

Quant à leur uti­li­sa­tion au long cours, compte tenu :

  • qu’ils ne gué­rissent pas et ne règlent pas le méca­nisme pré­sumé à la base des symp­tômes,
  • de leur effi­ca­cité gros­siè­re­ment exa­gé­rée,
  • de leurs effets indé­si­rables redou­tables et très sou­vent occul­tés,
  • des alter­na­tives exis­tantes,

leur profil bénéfice/​risque est sans doute défa­vo­rable.

Les médi­ca­ments, lorsque bien employés, ont sauvé des mil­lions de vies. Pensons aux anti­bio­tiques et aux anti­ré­tro­vi­raux. Mais, consi­dé­rons que « dans plus de 90 % des cas, ils sont effi­caces chez 30 % à 50 % des gens ». Cette cita­tion ne pro­vient pas d’un site d’adeptes de la théo­rie du com­plot. Ce ver­dict a été pro­noncé en 2003 par Allen Roses, vice-pré­sident de GSK[48] 


  1. Conseil du médi­ca­ment, Portrait de l’usage des anti­dé­pres­seurs chez les adultes assu­rés par le régime public d’assurance médi­ca­ments du Québec, Québec, Gouvernement du Québec, jan­vier 2011, <www​.inesss​.qc​.ca/​f​i​l​e​a​d​m​i​n​/​d​o​c​/​C​D​M​/​E​t​u​d​e​s​/​C​d​M​-​P​o​r​t​r​a​i​t​-​a​n​t​i​d​e​p​r​e​s​s​e​u​r​s​-​2​0​1​1​0​1.pdf>.
  2. Gabrielle Duchaine, « L’enfer des centres d’appels », La Presse, 18 jan­vier 2014.
  3. Institut de la sta­tis­tique du Québec, L’Enquête qué­bé­coise sur la santé des jeunes du secon­daire 2010-2011, Tome 2. Le visage des jeunes d’aujourd’hui : leur santé men­tale et leur adap­ta­tion sociale, Québec, Gouvernement du Québec, 2013.
  4. Selon la firme IMS Brogan, cité par Sébastien Ménard, « Une dyna­mique de dopage », Le Journal de Montréal, 14 juin 2011, <http://​fr​.canoe​.ca/​i​n​f​o​s​/​q​u​e​b​e​c​c​a​n​a​d​a​/​e​d​u​c​a​t​i​o​n​/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​2​0​1​1​/​0​6​/​2​0​1​1​0​6​1​4​-​0​3​5​2​2​8​.html>.
  5. William Copeland, Lilly Shanahan, Jane Costello et Adrian Angold, « Cumulative pre­va­lence of psy­chia­tric disor­ders by young adul­thood. A pros­pec­tive cohort ana­ly­sis from the Great Smoky Mountain study », Journal of the American Academy Child and Adolescent Psychiatry, 26 jan­vier 2011, <www​.ncbi​.nlm​.nih​.gov/​p​m​c​/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​P​M​C​3​0​4​9293/>.
  6. Ce manuel est éga­le­ment dési­gné par le sigle DSM, abré­via­tion de l’anglais Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, publié par la Société amé­ri­caine de psy­chia­trie (APA). (NdR)
  7. Voir Jean-Claude St-Onge, L’Envers de la pilule, Montréal, Écosociété, 2008, p. 187.
  8. Voir Jean-Claude St-Onge, Tous fous ? L’influence de l’industrie phar­ma­ceu­tique sur la psy­chia­trie, Montréal, Écosociété, 2013, p. 33.
  9. Joanna Moncrieff, The Open Paradigm Project, 6 octobre 2013, <www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​F​j​T​i​s​L​X4q1Y>.
  10. 5 Reasons to Think Twice Before Taking Antidepressants, sep­tembre 2013, <http://​debu​tin​fo​tech​.com/​e​m​p​o​w​e​r​t​o​t​a​l​h​e​a​l​t​h​/​2​0​1​3​/​0​9​/​p​a​g​e/25/>.
  11. Eric J. Nestler, « The ori­gins of mole­cu­lar psy­chia­try », Journal of Molecular Psychiatry, vol. 1, n° 3, 2013.
  12. Plus de 50 spé­cia­li­tés médi­cales se sont depuis jointes au projet. Voir : <www​.choo​sing​wi​sely​.org/>. S’inspirant de ce projet, le Canada vient de publier sa propre liste.
  13. Carina Storrs, « How much do CT scans increase the risk of cancer ? », Scientific American, vol. 309, n° 1, 18 juin 2013, <www​.scien​ti​fi​ca​me​ri​can​.com/​a​r​t​i​c​l​e​/​h​o​w​-​m​u​c​h​-​c​t​-​s​c​a​n​s​-​i​n​c​r​e​a​s​e​-​r​i​s​k​-​c​a​ncer/>.
  14. 4e édi­tion du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) et le DSM-5, sorti en 2013, en est la 5e édi­tion. (NdR)
  15. Fabienne Papin, « N’achetez pas le DSM-5, recom­mande le Dr Allen Frances, père du DSM-IV », L’actualité médi­cale, 30 sep­tembre 2013.
  16. SCID : sigle de Structured Clinical Interview for DSM. Il s’agit d’une entre­vue ser­vant à éta­blir des diag­nos­tics basés sur le DSM-IV. Elle com­porte plu­sieurs modules détaillés éva­luant plu­sieurs items et se base sur le prin­cipe de l’arbre déci­sion­nel où le diag­nos­tic se pré­cise pro­gres­si­ve­ment à tra­vers l’entrevue. (NdR)
  17. Ramin J. Mojtabai, « Clinician-iden­ti­fied depres­sion in com­mu­nity set­tings : concor­dance with struc­tu­red-inter­view diag­noses », Psychotherapy and Psychosomatics, vol. 82, n° 3, mars 2013, <www​.ncbi​.nlm​.nih​.gov/​p​u​b​m​e​d​/​2​3​5​48817>.
  18. Mark Zimmerman, Camilo J. Ruggero, Iwona Chelminski et Diane Young, « Is bipo­lar disor­der over­diag­no­sed ? », Journal of Clinical Psychiatry, vol. 69, n° 6, juin 2008, <www​.ncbi​.nlm​.nih​.gov/​p​u​b​m​e​d​/​1​8​4​66044>.
  19. St-Onge, 2013, op. cit., p. 98.
  20. Sharna Olfman et Brent Dean Robbins (dir.), Drugging Our Children. How Profiteers Are Pushing Antipsychotics on Our Youngest, and What We Can Do to Stop It, Santa Barbara (Californie), Praeger, 2012, p. 19.
  21. Alliance for Human Research Protection (AHRP), 2005, <www​.ahrp​.org/​i​n​f​o​-​m​a​i​l​/​0​5​/​1​1​/​1​7.php>.
  22. Food and Drug Administration (FDA), Public Health Advisory : Deaths with Antipsychotics in Elderly Patients with Behavioral Disturbances, 11 avril 2005, <www​.fda​.gov/​D​r​u​g​s​/​D​r​u​g​S​a​f​e​t​y​/​P​o​s​t​m​a​r​k​e​t​D​r​u​g​S​a​f​e​t​y​I​n​f​o​r​m​a​t​i​o​n​f​o​r​P​a​t​i​e​n​t​s​a​n​d​P​r​o​v​i​d​e​r​s​/​D​r​u​g​S​a​f​e​t​y​I​n​f​o​r​m​a​t​i​o​n​f​o​r​H​e​a​t​h​c​a​r​e​P​r​o​f​e​s​s​i​o​n​a​l​s​/​P​u​b​l​i​c​H​e​a​l​t​h​A​d​v​i​s​o​r​i​e​s​/​u​c​m​0​5​3​1​7​1.htm>.
  23. Wendy Stueck, « Half of elderly in resi­den­tial care on anti-psy­cho­tic drugs », The Globe and Mail, 15 jan­vier 2012, <www​.the​glo​beand​mail​.com/​l​i​f​e​/​h​e​a​l​t​h​-​a​n​d​-​f​i​t​n​e​s​s​/​h​a​l​f​-​o​f​-​e​l​d​e​r​l​y​-​i​n​-​r​e​s​i​d​e​n​t​i​a​l​-​c​a​r​e​-​o​n​-​a​n​t​i​-​p​s​y​c​h​o​t​i​c​-​d​r​u​g​s​/​a​r​t​i​c​l​e​1​3​5​8558/>.
  24. Glen. I. Spielmans, Margit I. Berman, Eftihia Linardatos, Nicholas Z. Rosenlicht, Angela Perry et Alexander C. Tsai, « Adjunctive aty­pi­cal anti­psy­cho­tic treat­ment for major depres­sive disor­der. A meta-ana­ly­sis of depres­sion, qua­lity of life and safety out­comes », Plos Medicine, 12 mars 2013, <www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001403>.
  25. Allen Frances, Conférence à l’Hôpital géné­ral juif de Montréal, automne 2013.
  26. Haute Autorité de Santé (HAS), Conduite à tenir devant un enfant ou un ado­les­cent ayant un défi­cit de l’attention et/​ou un pro­blème d’agitation, décembre 2012, p. 12, <www​.afpssu​.com/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​u​p​l​o​a​d​s​/​2​0​1​3​/​0​7​/​t​r​o​u​b​l​e​-​d​e​-​l​a​t​t​e​n​t​i​o​n​-​d​e​-​l​e​n​f​a​n​t​_​n​o​t​e​_​d​e​_​c​a​d​r​a​g​e.pdf>.
  27. Ibid.
  28. William N. Evans, Melinda S. Morrill et Stephen T. Parente, Measuring Inappropriate Medical Diagnosis and Treatment in Survey Data : The Case of ADHD among School-Age Children, 4 août 2010, <www4.ncsu.edu/~msmorril/EvansMorrill_ADHD.pdf> ; voir éga­le­ment, Liz Szabo, « Youngest in class get ADHD label », USA Today, 17 août 2010, <http://​usa​to​day30​.usa​to​day​.com/​n​e​w​s​/​h​e​a​l​t​h​/​2​0​1​0​-​0​8​-​1​7​-​1​A​a​d​h​d​1​7​_​S​T​_​N.htm>.
  29. Vatsal G. Thakar, « Diagnosing the Wrong Deficit », The New York Times Sunday Review, 27 avril 2013, <www​.nytimes​.com/​2​0​1​3​/​0​4​/​2​8​/​o​p​i​n​i​o​n​/​s​u​n​d​a​y​/​d​i​a​g​n​o​s​i​n​g​-​t​h​e​-​w​r​o​n​g​-​d​e​f​i​c​i​t​.​h​t​m​l​?_r=0>.
  30. Alan Sroufe, « Ritalin Gone Wrong », The New York Times Sunday Review, 28 jan­vier 2012, <www​.nytimes​.com/​2​0​1​2​/​0​1​/​2​9​/​o​p​i​n​i​o​n​/​s​u​n​d​a​y​/​c​h​i​l​d​r​e​n​s​-​a​d​d​-​d​r​u​g​s​-​d​o​n​t​-​w​o​r​k​-​l​o​n​g​-​t​e​r​m​.​h​t​m​l​?​p​a​g​e​w​a​n​t​e​d​=​a​l​l​&_r=0>.
  31. Communication per­son­nelle de Joël Monzée, doc­teur en neu­ros­ciences et thé­ra­peute.
  32. Pour plus de détails, voir St-Onge, 2013, op.cit., cha­pitre 4.
  33. Ibid.
  34. Irving Kirsch, The Emperor’s New Drugs. Exploding the Antidepressant Myth, New York, Basic Books, 2010.
  35. Ibid., cha­pitre 9.
  36. John Read et coll., « Adverse emo­tio­nal and inter­per­so­nal effects repor­ted by 1829 New Zealanders while taking anti­de­pres­sants », Psychiatry Research, 2014, <http://​dx​.doi​.org/​1​0​.​1​0​1​6​/​j​.​p​s​y​c​h​r​e​s​.​2​0​1​4​.​0​1.042>.
  37. Pour des détails, voir St-Onge, 2013, op. cit., cha­pitre 9.
  38. Ibid., p. 78.
  39. Aux États-Unis, un petit nombre a reçu une auto­ri­sa­tion limi­tée pour trai­ter la schi­zo­phré­nie et la bipo­la­rité chez les adolescentEs et les enfants souf­frant d’autisme. Au Canada, un seul a été approuvé chez les 16 ans et plus.
  40. Hua Jin et coll., « Comparison of longer-term safety and effec­ti­ve­ness of 4 aty­pi­cal anti­psy­cho­tics in patients over age 40. A trial using equi­poise stra­ti­fied ran­do­mi­sa­tion », Journal of Clinical Psychiatry, 27 novembre 2012, <http://​article​.psy​chia​trist​.com/​d​a​o​_​1​-​l​o​g​i​n​.​a​s​p​?​I​D​=​1​0​0​0​8​1​1​4​&​R​S​I​D​=​1​7​7​3​2​7​4​9​68040>. Cette étude vient confir­mer l’étude CATIE, réa­li­sée en 2005, dont le cher­cheur prin­ci­pal est l’actuel pré­sident de l’APA.
  41. Robert L. Finding et coll., « Double-blind main­te­nance safety and effec­ti­ve­ness fin­dings from the treat­ment of early-onset schi­zo­phre­nia spec­trum study (TEOSS) », Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, vol. 49, n° 6, juin 2010.
  42. Jeffrey R. Lacasse et Jonathan Leo, « Consumer adver­ti­se­ments for psy­cho­sti­mu­lants in the United States », Psychiatric Times, 26 février 2009, <www​.psy​chia​tric​times​.com/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​c​o​n​s​u​m​e​r​-​a​d​v​e​r​t​i​s​e​m​e​n​t​s​-​p​s​y​c​h​o​s​t​i​m​u​l​a​n​t​s​-​u​n​i​t​e​d​-​s​t​a​t​e​s​#​s​t​h​a​s​h​.​K​v​r​X​b​x​M​y​.dpuf>.
  43. Janet Currie, Mark Stabile et Lauren E. Jones, Do sti­mu­lant medi­ca­tions improve edu­ca­tio­nal and beha­vio­ral out­comes in chil­dren with ADHD ?, juin 2013, <www​.mcgill​.ca/​s​o​c​i​a​l​s​t​a​t​i​s​t​i​c​s​/​f​i​l​e​s​/​s​o​c​i​a​l​s​t​a​t​i​s​t​i​c​s​/​m​a​r​k​_​s​t​a​b​i​l​e​_​o​c​t​_​2​_​2​0​1​3.pdf>.
  44. Grant Smith et coll., Raine ADHD Study : Long-term out­comes asso­cia­ted with sti­mu­lant medi­ca­tion in the treat­ment of ADHD in chil­dren, Gouvernement de l’Australie occi­den­tale, Département de la santé, 2010.
  45. Lex Wunderink et coll., « Recovery in remit­ted first-epi­sode psy­cho­sis at 7 years of follow-up of an early dose reduction/​discontinuation or main­te­nance treat­ment stra­tegy : long-term follow-up of a 2-year ran­do­mi­zed cli­ni­cal trial », JAMA Psychiatry, vol. 70, n° 9, sep­tembre 2013, <www​.ncbi​.nlm​.nih​.gov/​p​u​b​m​e​d​/​2​3​8​24214>.
  46. Jakko Seikkula et coll., « Five-year expe­rience of first-epi­sode non affec­tive psy­cho­sis in open-dia­logue approach. Treatment prin­ciples, follow-up out­comes, and two case stu­dies », Psychotherapy Research, vol. 16, n° 2, mars 2006, <http://​psy​chrights​.org/​r​e​s​e​a​r​c​h​/​D​i​g​e​s​t​/​E​f​f​e​c​t​i​v​e​/​f​i​v​e​y​a​r​o​c​p​s​y​c​h​o​t​h​e​r​a​p​y​r​e​s​e​a​r​c​h.pdf>.
  47. Numéro civique, le « 388 » est un centre de trai­te­ment psy­cha­na­ly­tique de jeunes adultes psy­cho­tiques.
  48. Terence Young, Mourir sur ordon­nance. Un père enquête sur l’industrie phar­ma­ceu­tique, Montréal, Écosociété, 2011, p. 227.

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