Suite à l’échec de Copenhague 2009 Mobilisons-nous maintenant pour le climat et la justice sociale

Mis en ligne le 10 février 2010

par la Commission thématique environnement et énergie de Québec solidaire (CTEE)

« Le sommet de Copenhague est un échec, aucun engagement à la mesure de l’urgence climatique n’y a été pris. Même les dirigeants européens, qui se présentent souvent comme les défenseurs du climat, n’ont pas été à la hauteur du défi. »

La Commission thématique environnement et énergie (CTEE) souhaite initier un débat sur le climat et la justice sociale, et invite les associations intéressées à y prendre part en organisant des assemblées ou cercles citoyens sur ce thème. Des membres de la CTEE seraient heureux d’y participer comme personnes ressources.

Pourquoi ce débat qui aurait dû se faire dans le cadre de l’enjeu 2, alors que cet enjeu ne doit débuter qu’après le bilan de l’enjeu 1, probablement fin mars ? Principalement, parce que la crise climatique révèle l’ampleur de la crise écologique et sociale globale en cours ; que la conférence de Copenhague est un échec qui ne peut être laissé sans suite ; qu’une initiative prometteuse du président de la Bolivie, Evo Morales, demande que nous nous positionnions par rapport à elle.

Ainsi, toutes les associations locales ou régionales de QS qui désirent prendre part au débat sur le climat et la justice sociale peuvent communiquer avec nous. Comme base de la discussion, nous proposons notre texte d’introduction et l’appel d’Evo Morales, ci-joints.

CTEE

Le sommet de Copenhague est un échec, aucun engagement à la mesure de l’urgence climatique n’y a été pris. Même les dirigeants européens, qui se présentent souvent comme les défenseurs du climat, n’ont pas été à la hauteur du défi. Le climat n’est pas une banque, ni une multinationale de l’automobile, il ne bénéficiera donc pas du même intérêt. Un texte de trois pages, discuté en petit comité sans respecter le processus de travail des Nations unies, a été imposé à la hâte par un petit comité restreint (États-Unis, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud). Si le texte, qui ne comprend aucun engagement contraignant et aucune réelle garantie de financement pour les pays les plus pauvres, n’a pas suscité d’enthousiasme, peu de pays s’y sont ouvertement opposés, il nous est donc présenté comme un accord, pas véritablement ratifié , mais pas non plus rejeté.

Seuls la Bolivie, Cuba et le Venezuela osent condamner fermement cet « Accord ». Evo Morales, dans un discours retentissant prononcé lors du sommet de Copenhague a asséné que « la vraie cause des changements climatiques est le système capitaliste. Si nous voulons sauver la terre, il nous faut alors mettre fin à ce modèle économique ». Joignant l’acte à la parole, le président bolivien à lancé quelque jours plus tard une invitation aux mouvements sociaux et populaires de la planète à se joindre à lui lors d’une « Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la  » Terre-Mère  » »qui aurait lieu à Cochabamba en Bolivie du 19 au 22 avril 2010 (http://cmpcc.org/). L’objectif de ce sommet alternatif serait d’analyser les causes profondes du changement climatique et de définir des stratégies d’action et de mobilisation pour défendre « la vie et la terre ». En plus d’un texte final, qui devrait proposer des engagements à la hauteur du défi climatique, il sera discuté de la possibilité d’un « référendum mondial » sur les objectifs à se fixer pour lutter contre le changement de climat.

Si « l’Accord » de Copenhague reconnaît la nécessité de maintenir le réchauffement global en dessous de deux degrés centigrades, il n’est pas contraignant sur la manière de le faire et laisse à chaque pays l’initiative des mesures, gageons qu’elles reposeront essentiellement sur des mécanismes de marché, les mêmes qui ont montré leur inefficacité face à la crise financière.

D’autre part, si on se fie au Rapport de 2007 du GIEC, le seul scénario possible pour ne pas dépasser un écart de température de 2 °C prévoit des réductions d’émissions de 25 à 40% d’ici 2020 et de 80 à 95% d’ici 2050 par rapport à 1990 pour les pays industrialisés. De plus, le pic mondial d’émissions devrait se situer vers 2015 (tableau RiD.6 du Résumé à l’intention des décideurs). En clair, les émissions mondiales de GES doivent commencer à diminuer en 2015 si on veut l’imiter l’augmentation moyenne de la température terrestre à 2 °C. Copenhague ne comprend absolument rein qui permettra de respecter à son seul « objectif » chiffré. Sans parler des risques de basculement brutal du climat qui pourrait survenir même avant une augmentation de 2 °C.

Les changements climatiques accentuent les inégalités sociales. Alors qu’il est de plus en plus évident que la cause du phénomène réside fondamentalement dans la logique capitaliste et productiviste d’accumulation des pays du Nord, les plus affectés par les changements climatiques seront les pays du Sud, ceux qui sont les moins responsables. Déjà, dans ces pays, une multitude de systèmes naturels sont touchés et le réchauffement a des répercussions graves sur la santé des habitants. Selon le rapport du GIEC, le rendement des cultures baissera, même à partir d’une hausse de 1 °C dans les pays du Sud, et les femmes qui représentent 80 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté seront plus directement affectées. Il faut donc instaurer une justice climatique et reconnaître la dette écologique des pays du Nord envers les pays du Sud.

En conclusion, « l’Accord » de Copenhague n’est pas à la hauteur de la crise climatique qui nous menace et seule une mobilisation de masse peut affronter cette crise écologique mondiale. L’initiative d’Evo Morales reste donc notre seul espoir. Je crois que tous les personnes et organismes préoccupés par le réchauffement climatique devraient répondre favorablement à son appel (http://cmpcc.org/2010/01/06/85/#more-85), car tout retard pris dans la réduction des émissions met en danger la vie de milliards d’êtres humains.

Commission thématique environnement et énergie de Québec solidaire (CTEE)

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