QUÉBEC SOLIDAIRE - Investiture dans Crémazie : André Frappier élu candidat

Poursuivre la lutte au niveau politique pour que nous, les 99%, soyons les maîtres de notre destinée !

Par Mis en ligne le 30 novembre 2011

L’assemblée d’investiture de Québec Solidaire Crémazie s’est dérou­lée lundi le 21 novembre der­nier et une cin­quan­taine de per­sonnes y ont par­ti­cipé. Françoise David a ouvert l’assemblée dans un dis­cours qui dres­sait le por­trait de la situa­tion poli­tique et des­si­nait les pers­pec­tives de Québec Solidaire. Ont ensuite pris la parole, Pierre Beaudet fon­da­teur du groupe Alternatives et membre du col­lec­tif des Nouveaux Cahiers du Socialisme, Alain Duguay, pré­sident de la sec­tion locale de Montréal du Syndicat des tra­vailleurs et tra­vailleuses des postes-FTQ, et Isabelle Renaud membre du Bureau de direc­tion du Conseil régio­nal FTQ Montréal métro­po­li­tain. Le can­di­dat élu André Frappier a indi­qué quant à lui, quelles étaient ses prio­ri­tés dans le dis­cours que nous repro­dui­sons ci-après.

Nous assis­tons à un appau­vris­se­ment gran­dis­sant de la popu­la­tion à l’échelle pla­né­taire. Les entre­prises maga­sinent les pays où ils rece­vront le plus de sub­ven­tions et où les salaires seront les plus bas. Elles pro­cèdent à des délo­ca­li­sa­tions de plus en plus sau­vages comme cela a été le cas avec Électrolux.

La situa­tion éco­no­mique aux États-Unis, qui a dépensé des cen­taines de mil­liards de dol­lars dans la Guerre en Iraq et en Afghanistan pour le contrôle stra­té­gique du moyen orient et pour le contrôle des res­sources pétro­lières, est des plus que précaire.

Obama décide de ren­flouer les banques, les­quelles avaient pro­cédé à de la spé­cu­la­tion hon­teuse, au moyen des papiers com­mer­ciaux mais n’investit rien dans le sys­tème public. Cette crise finan­cière parce qu’elle est basée sur la spé­cu­la­tion, a atteint l’échelle pla­né­taire. On peut consta­ter le résul­tat catas­tro­phique en Europe et par­ti­cu­liè­re­ment en Grèce, les banques spé­culent main­te­nant sur les dettes.

Il est donc impor­tant que nous pre­nions le contrôle de notre des­ti­née parce que les pres­sions se feront de plus en plus fortes pour nous faire payer leur crise.

Au Québec le der­nier budget libé­ral (mars 2011) impose une véri­table méde­cine de cheval à nos ser­vices publics : com­pres­sions de 5,2 mil­liards $ et aug­men­ta­tion des tarifs.

  • Une contri­bu­tion santé est entrée en vigueur en 2010. Elle attein­dra 200 $ par adulte en 2012, peu importe si l’on fait 15 000 $ ou 1 500 000 $ par année !
  • Le 1er jan­vier 2011, la taxe de vente du Québec a été haus­sée de 1 %. Elle aug­men­tera à nou­veau de 1 % le 1er jan­vier 2012.
  • Les tarifs d’électricité aug­men­te­ront consi­dé­ra­ble­ment à comp­ter de 2014.
  • Des cou­pures bud­gé­taires tou­che­ront l’ensemble des minis­tères et orga­nismes gou­ver­ne­men­taux. Elles seront de 6,6 mil­liards $ en 2013-2014.
  • Les frais de sco­la­rité uni­ver­si­taires, qui aug­mentent chaque ses­sion depuis 2007, subi­ront une hausse encore plus bru­tale après 2012.

Mais ces poli­tiques fis­cales ne s’appliquent pas pour les mieux nantis. Les dimi­nu­tions répé­tées d’impôt depuis 2001 ont créé un manque à gagner d’au moins 5 mil­liards $ par année dans le budget de l’État. Le gou­ver­ne­ment Charest main­tient des pri­vi­lèges qui ne pro­fitent qu’à une infime mino­rité : de 2002 à 2008, les com­pa­gnies minières n’ont versé au gou­ver­ne­ment qué­bé­cois que 259 mil­lions $ en impôts et rede­vances, alors que leurs chiffres d’affaires tota­li­saient 17 mil­liards $. C’est tout juste 1,5 %… alors que les contri­buables à plus faible revenu sont impo­sés à un taux dix fois supérieur.

Legault veut aller encore plus loin : mises à pied à Hydro, chez les ensei­gnants (il leur pro­pose de cher­cher des jobs d’humoriste), il veut limi­ter l’immigration, insi­nuant presque que les immi­grants sont res­pon­sables de la crise.

Alors qu’est-ce qu’on fait ?

Le PQ nous a démon­tré où se situait ses prio­ri­tés. En accep­tant que le gou­ver­ne­ment légi­fère pour empê­cher les pour­suites contre l’entente Labeaume/​Péladeau pour le Colisée de Québec, il démon­trait qu’il était prêt à faire n’importe quoi pour gagner des votes. Il enté­ri­nait du même souffle le 200 mil­lions$ que le gou­ver­ne­ment y inves­tira alors qu’il coupe dans la santé et l’éducation et aug­mente les tarifs d’hydro et les taxes.

Le PQ était absent et a refusé d’appuyer les reven­di­ca­tions du Front commun contre les cou­pures en santé et en édu­ca­tion, et pour cause, il a fait la même chose dans le passé. Il veut se pré­sen­ter comme futur gou­ver­ne­ment res­pon­sable et il sait très bien qu’il répé­tera l’exercice. La venue de Gilles Duceppe ne chan­gera abso­lu­ment rien à ça.

Tous les droits syn­di­caux sont atta­qués et en pre­mier lieu le droit de négo­cier. Les fer­me­tures-menaces comme chez Couche-tard ou Wall-mart et les lock-out à la Péladeau sont deve­nus la règle. Les menaces de lois spé­ciales dans le sec­teur public sont deve­nues la façon nor­male de négocier.

Pendant ce temps on s’apprête à démo­lir notre régime de retraite, on pré­ca­rise les emplois, les com­pa­gnies se foutent com­plè­te­ment de l’avenir de notre éco­sys­tème et font main basse sur nos richesses.

On a raison de s’indigner, on a raison d’occuper Montréal, c’est le Québec tout entier qu’il fau­drait occuper !

Alors il faut se battre, ras­sem­bler nos forces, construire des coa­li­tions, uni­fier les syn­di­cats. Mais tout cela sera tou­jours à refaire si on ne bâtit pas un parti qui per­met­tra d’étendre cette lutte au niveau poli­tique et qui chas­sera ceux qui nous consi­dèrent comme une mar­chan­dise qu’on peut éva­luer ou déva­luer, mon­nayer, sous-peser, mettre à pied au gré de leurs besoins finan­ciers sans limites. S’il y a une réa­lité que le mou­ve­ment d’occupation a su démon­trer c’est qu’on est 99% et on ne contrôle rien ou à peine.

Des mou­ve­ments de résis­tance se déve­loppent, le mou­ve­ment des indi­gnés en Espagne a gagné l’Europe, le prin­temps arabe a été une source d’inspiration qui nous fait com­prendre qu’en poli­tique la situa­tion est impré­vi­sible et dépend avant tout de la mobi­li­sa­tion de la popu­la­tion. Il faut pour­suivre la lutte. Ces mou­ve­ments ont été suivis par les mou­ve­ments d’Occupation aux États-Unis, au Canada et au Québec.

Alors avec Québec Solidaire, je veux me joindre à cette lutte et la pour­suivre au niveau poli­tique pour que nous les 99% soyons les maîtres de notre destinée.

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