Sortir de la la pandémie ou sortir du capitalisme?

Lancement du numéro 25 des Nouveaux Cahiers du socialisme

Jeudi 25 Février 2021 de 19 H  à 20 H

Avec six autrices : Louise Boivin, Geneviève Talbot, Jeanne-Marie Rugira, Chantal Isme, Fanny Theurillat-Cloutier et Carole Yerochewski.

En pleine crise de la COVID-19, on perçoit l’importance que les voix dominées dans les rapports sociaux, au sein des pays et entre les pays, soient prises en compte. Pendant le confinement, les mouvements sociaux ont continué ou se sont amplifiés. Sans être aussi spectaculaires que la vague de conflits sociaux et de manifestations populaires qui, huit ans après 2011, ont à nouveau embrasé le monde en 2019, ils se sont tout de même manifestés à grande échelle pour réclamer leurs droits, comme au Chili, ou pour protester, comme en Inde, contre les mesures de dérégulation du gouvernement autoritaire et raciste de Modi, qui a « suspendu » les droits du travail pour trois ans. Le 26 novembre dernier, 250 millions de travailleurs et travailleuses dans l’agriculture, le transport, le commerce et les activités essentielles informelles (c’est-à-dire sans droit ni protection) ont fait grève en Inde, ce qui représente la plus grande grève dans l’histoire mondiale des conflits de travail.

Parallèlement, le travail de solidarité s’est redéployé et s’est révélé essentiel pour que les populations pauvres, où les femmes et les groupes racisés sont surreprésentés, aient accès à de vraies informations sur les consignes sanitaires et s’auto-organisent pour se protéger de la pandémie et continuer à se nourrir, qu’ils puissent accéder à l’Internet, ce qui contribue à briser l’isolement social ou à combattre la remontée de la xénophobie envers les personnes migrantes et les demandeurs d’asile accusés par certains de propager l’épidémie. « Souvent négligées au sein de la littérature consacrée à l’action collective, [ces solidarités locales et les réseaux d’entraide ont] une portée transformatrice qui dépasse les actions elles-mêmes et la période de confinement, en ce qu’elle contribue à renforcer les liens sociaux et à promouvoir d’autres visions du monde et de la société[1] ». Les mouvements sociaux arriveront-ils à se « re-imaginer » pour produire une alternative convaincante ?


[1] Geoffrey Pleyers, « L’entraide et la solidarité comme réponses des mouvements sociaux à la pandémie », Revue du MAUSS, vol. 56, 2020.