Solidaires des femmes autochtones dans la Loi La Fédération des Femmes du Québec appuie la Marche Amun

Mis en ligne le 29 mai 2010

mardi 25 mai 2010, par FFQ

Les mar­cheuses de la Marche AMUN ont été accueillies le 19 mai der­nier devant les bureaux de Condition fémi­nine Canada par Femmes autoch­tones du Québec (FAQ), la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et Amnistie inter­na­tio­nale Canada fran­co­phone.

Les nom­breuses per­sonnes pré­sentes ont sou­li­gné leur appui envers les femmes autoch­tones qui ont quitté Wendake le 4 mai der­nier et fou­le­ront les 500 km les sépa­rant du Parlement du Canada. « La Marche AMUN vise à sen­si­bi­li­ser la popu­la­tion qué­bé­coises sur les dis­cri­mi­na­tions dont sont vic­times les femmes autoch­tones dans la Loi sur les Indiens depuis 1876 et demande au gou­ver­ne­ment de mettre fin une fois pour toute aux dis­cri­mi­na­tions basées sur le sexe », annonce Michèle Audette, l’une des ins­ti­ga­trices de la Marche AMUN. « Nous sommes ici aujourd’hui, femmes autoch­tones et femmes non-autoch­tones, côtes à côtes, devant les bureaux d’un minis­tère voué à l’égalité entre les femmes et les hommes, pour dénon­cer la dis­cri­mi­na­tion envers les femmes autoch­tones qui se per­pé­tue encore aujourd’hui » s’exclame Alexa Conradi, pré­si­dente de la Fédération des femmes du Québec, orga­ni­sa­tion qui tra­vaille au droit de toutes les femmes à l’égalité.

« Il est inac­cep­table que léga­le­ment, les femmes autoch­tones n’aient pas les mêmes droits que les hommes autoch­tones. Toutes les femmes ont le droit de vivre dans la dignité » pour­suit Béatrice Vaugrante, d’Amnistie inter­na­tio­nale Canada fran­co­phone. Suite à une plainte pour dis­cri­mi­na­tion dépo­sée il y a plus de 20 ans par Mme Sharon McIvor, avo­cate autoch­tone de Colombie-Britannique, la Cour d’appel a sommé le gou­ver­ne­ment cana­dien de chan­ger la Loi sur les indiens. La dis­cri­mi­na­tion réside dans le fait qu’il soit impos­sible pour une mère de trans­mettre le statut d’autochtone à ses petits-enfants lorsque le père des enfants n’est pas autoch­tone, alors que ce droit est reconnu pour les pères autoch­tones dans la même situa­tion. Le gou­ver­ne­ment fédé­ral a demandé une exten­sion jusqu’au 5 juillet 2010 pour modi­fier la Loi sur les Indiens.

Toutefois, le projet de loi C-3 pré­senté der­niè­re­ment par le gou­ver­ne­ment est net­te­ment insuf­fi­sant car il n’éliminera pas entiè­re­ment toutes les dis­cri­mi­na­tions aux­quelles font face les femmes autoch­tones et leurs des­cen­dant-e-s. De plus, nous avons appris que le gou­ver­ne­ment fédé­ral s’apprêterait à dépo­ser le projet de loi C-3 dès le 25 mai. Les orga­ni­sa­tions dénoncent cette stra­té­gie qui pour­rait faire en sorte que le projet de loi soit adopté avant même que la Marche AMUN arrive à Ottawa.

« La dis­cri­mi­na­tion envers les femmes autoch­tones est dans la loi depuis 1876, décrit Ellen Gabriel, de Femmes autoch­tones du Québec, et elle reste pré­sente malgré les chan­ge­ments appor­tés en 1985. Le gou­ver­ne­ment pro­pose encore cette fois-ci des chan­ge­ments mineurs qui ne met­tront pas fin à l’ensemble des dis­cri­mi­na­tions pré­sentes dans la Loi. Devrons-nous encore attendre un autre 20 ans pour y arri­ver ? Nous deman­dons au gou­ver­ne­ment de saisir l’occasion de per­mettre l’égalité une bonne fois pour toutes ! »

En études, les partis d’opposition ont pro­posé des amen­de­ments pour en finir com­plè­te­ment avec la dis­cri­mi­na­tion mais les Conservateurs font la sourde oreille. C’est inac­cep­table. Les orga­ni­sa­tions réunies en appui à la Marche Amun demandent au gou­ver­ne­ment d’accepter ces amen­de­ments pour enfin mettre fin à la dis­cri­mi­na­tion.

Au-delà de la dis­cri­mi­na­tion sou­le­vée par la cause de Sharon McIvor, la Loi sur les Indiens per­pé­tue la dis­cri­mi­na­tion ori­gi­nelle à l’encontre des femmes autoch­tones. Aussi, les reven­di­ca­tions pré­sen­tées par la Marche AMUN portent sur :

Le droit au statut indien pour les femmes autoch­tones et leurs enfants (en abo­lis­sant les caté­go­ries de sta­tuts créées en 1985) ;

Le droit à l’appartenance à la bande pour les femmes autoch­tones et leurs enfants ;

L’inscription d’enfants dont la pater­nité est contes­tée ou non recon­nue ;

Le droit à rési­der dans la réserve pour les femmes autoch­tones, leur conjoint et leurs enfants ;

La clause de dis­tri­bu­tion de ter­rains et de ser­vices dans la réserve ;

Le par­tage des biens suite à la rup­ture de la rela­tion,

Le refus d’ajouter de nou­veaux fonds pour les nou­velles ins­crip­tions,

Le droit exclu­sif d’Ottawa de déter­mi­ner qui est indien.

Ce sont l’ensemble de ces dis­cri­mi­na­tions que dénonce la Marche AMUN, qui culmi­nera vers un ras­sem­ble­ment sur la col­line par­le­men­taire à Ottawa le 1er juin 2010 pro­chain.

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