SNC-Lavalin et Aveos : deux poids, deux mesures

Par Mis en ligne le 09 avril 2012

L’ancien patron de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime, rece­vra une indem­nité de départ de 4,9 mil­lions. À ce mon­tant s’ajouteront des options et autres menus sup­plé­ments qui pour­raient faire grim­per la somme à près 8 mil­lions de dol­lars. Il s’agit d’un cadeau au patron « démis­sion­naire » pour le remer­cier d’avoir « contre­venu au code de déon­to­lo­gie de l’entreprise en auto­ri­sant des com­mis­sions irré­gu­lières tota­li­sant 56 mil­lions à des agents com­mer­ciaux non iden­ti­fiés », nous apprend le jour­nal Le Devoir ce matin. Ce mon­tant com­prend une somme de 550 000 dol­lars pour son per­fec­tion­ne­ment pro­fes­sion­nel et l’aider à assu­mer la tran­si­tion. Il ne fau­drait sur­tout pas qu’il se retrouve à la rue après avoir rendu de si loyaux ser­vices…

Au même moment, les hon­nêtes tra­vailleurs d’Aveos, sau­va­ge­ment mis à pied pour cause de restruc­tu­ra­tion, n’ont pas encore reçu leur der­nier chèque de paie, pas plus que leur paie de vacances. Pas de dédom­ma­ge­ment, pas d’options, pas de mon­tant de tran­si­tion, pas d’indemnité de départ ni d’aide au per­fec­tion­ne­ment. Rien ! Nada ! Plusieurs se demandent com­ment ils pour­ront payer leur hypo­thèque. Pire encore, cer­tains tra­vailleurs qui étaient en congé de mala­die se retrouvent sur la corde raide, forcés de vendre leurs biens. Ils n’ont plus droit à l’assurance-emploi, car ils n’étaient pas au tra­vail au cours de la der­nière année, ni à l’assurance salaire, car Aveos à cessé de payer les primes à leur com­pa­gnie d’assurance. Il faut dire que l’entreprise avait besoin de tout son argent pour retour­ner 300 mil­lions à ses action­naires et agran­dir ses ate­liers au Salvador avant de se décla­rer en défaut de paie­ment.

Mais, comme me le signa­lait une émule d’Éric Duhaime sur ce blogue pas plus tard qu’hier, il fau­drait cesser de s’attaquer aux bien-nantis, car ils pour­raient tous démé­na­ger en Ontario, les pauvres…

Combien d’Aveos, com­bien d’Électrolux et com­bien de Rio Tinto faut-il aux Québécois pour qu’ils crient leur indi­gna­tion et se tiennent debout ? Combien ?

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