Si la république n’était pas morte depuis longtemps, ce qui arrive aujourd’hui signerait son arrêt de mort (Empire Burlesque)

Par Mis en ligne le 02 août 2011

En voyant « l’accord » qui a été conclu pour résoudre « la crise du pla­fond de la dette, » je me suis dit que je devais reprendre le titre que j’avais uti­lisé il y a quelques années (*). Par « accord », je fais réfé­rence bien sûr à l’extraordinaire « comité spé­cial » ou « super Congrès » que cet accord pré­tend ins­ti­tuer. C’est un polit­buro qui n’aura de compte à rendre à per­sonne et qui pourra court-cir­cui­ter tous les pro­cé­dures démo­cra­tiques (et répu­bli­caines) nor­males, déci­der des coupes bud­gé­taires et pré­sen­ter de lois de réduc­tion d’impôts qui ne pour­ront pas être dis­cu­tées, ni amen­dées mais seule­ment approu­vées ou reje­tées par le reste des séna­teurs et des élus réduits à l’impuissance.

Ce n’est pas tout. Si le polit­buro – com­posé de membres triés sur le volet et en nombre égal des deux gangs de voleurs et de lâches qui règnent sur la col­line du Capitole- ne réus­sissent pas à s’entendre sur la quan­tité de coupes bud­gé­taires et sur les réduc­tions d’impôts pour les riches, eh bien alors cela déclen­chera une série de « dis­po­si­tifs » qui se met­tront auto­ma­ti­que­ment à couper, tran­cher et sec­tion­ner sans le moindre vote des repré­sen­tants élus démo­cra­ti­que­ment. Et il est cer­tai­ne­ment super­flu que je pré­cise que ces « super pou­voirs » qui n’ont de compte à rendre à per­sonne seront vite éten­dus à d’autres domaines de la légis­la­tion que le budget et les impôts.

Derrière toute la poudre aux yeux de cette « crise » fabri­quée de toutes pièces, nous assis­tons à la créa­tion d’une nou­velle forme de gou­ver­ne­ment -ou plutôt à une autre étape de la créa­tion de la nou­velle forme de gou­ver­ne­ment vers laquelle les USA évo­luent depuis long­temps. Nous l’avons appe­lée « une oli­gar­chie néo-féo­dale sou­te­nue par un état poli­cier mili­taire » dans nos colonnes der­niè­re­ment. Il y a sûre­ment beau­coup d’autres manières de décrire la mons­truo­sité meur­trière, vorace et inéga­li­taire qu’est ce sys­tème. Mais en tous cas on ne peut pas lui donner le nom de « république ».

Comme je l’ai écrit sous le même titre en février 2008 :

« Je ne sais pas ce qui va arri­ver ensuite. Je ne sais pas si les USA pour­ront sortir du puits hor­rible de l’impérialisme et de la tyran­nie dans les pro­chaines décades pour se rac­cro­cher à de nou­veaux prin­cipes démo­cra­tiques — ou s’ils vont juste conti­nuer à s’enfoncer, à se déchaî­ner, à pour­rir, à se trans­for­mer encore plus en un état adonné à la guerre et à la tor­ture et obligé de se nour­rir constam­ment de chair fraîche pour sur­vivre. Bien sûr j’espère que c’est la pre­mière des deux choses qui arri­vera —et je ferai tout ce que je peux pour qu’il en soit ainsi— mais hon­nê­te­ment je ne crois pas que cela se pro­duira de mon vivant. Quoiqu’il en soit, une chose est cer­taine désor­mais : la répu­blique consti­tu­tion­nelle des Etats-Unis est lettre morte, une relique historique.

Et rien de ce qui arri­vera en novembre —quand un poten­tat impé­rial ou l’autre s’installera au sommet du mat de cocagne — ne chan­gera quoi que ce soit. Le Chemin de la Liberté est long — et nous n’avons même pas encore com­mencé à mar­cher dans cette direc­tion. Nous avons des kilo­mètres de jungle à traverser ».

Comme vous pouvez vous en rendre compte j’étais encore un incu­rable opti­miste en ces temps heu­reux. Aujourd’hui je ne peux plus dire que « nous n’avons même pas encore com­mencé » à sortir de notre folie ; au contraire nous nous y enfon­çons à la vitesse de la lumière.

Chris Floyd, Empire bur­lesque, dimanche 31 juillet

Pour consul­ter l’original : http://​www​.chris​-floyd​.com/​c​o​m​p​o​n​e​n​t​/​c​o​n​t​e​n​t​/​a​r​t​i​c​l​e​/​1​-​lates…

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

Note :

(*) http://​www​.chris​-floyd​.com/​c​o​m​p​o​n​e​n​t​/​c​o​n​t​e​n​t​/​a​r​t​i​c​l​e​/​3​/​1432-…

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