Saint-Camille, un village-monde

Saint-Camille, le pari de la convivialité, de Jocelyne Béïque, préfacé par Bernard Cassen, sortira en librairie Le 21 février.

Le village de Saint-Camille vit à l’heure de la mondialisation. En 25 ans, il a redonné un sens au mot communauté en faisant le pari de la convivialité, de l’entraide, pour donner envie aux gens de s’installer chez eux et ainsi enrayer la chute démographique. Les habitants de ce village de l’Estrie ont su recréer une cohésion sociale, territoriale, intergénérationnelle en bâtissant un village à échelle humaine, à tel point que partout au Québec, St-Camille fait figure de modèle de développement rural et sa réussite fascine. Foisonnant de projets, Saint-Camille a réussi à réinventer une dynamique collective grâce à la transformation de plusieurs locaux inutilisés en lieux créateurs de services de proximité, de liens sociaux et d’activités économiques. Un modèle plus qu’inspirant pour les régions du Québec.

Le 23 février, aux rendez-vous du cinéma québécois et le 7 mars à Télé-Québec sortira également le documentaire Saint-Camille : les irréductibles, d’Isaac Isitan (productions Isca). Le livre et le film seront lancés à Saint-Camille, au P’tit bonheur, le 4 mars.

Le développement des pôles urbains au détriment des zones rurales est une réalité depuis longtemps décriée. Les campagnes se vident, au profit des villes, posant un véritable problème d’occupation du territoire. Et si l’avenir de nos régions passait par une nouvelle façon de penser la vie rurale et une plus grande prise en charge de notre destinée ? Depuis 25 ans déjà, le village de Saint-Camille a refusé l’inéluctable et a retroussé ses manches. Il a su renverser la vapeur en redonnant ses lettres de noblesse au mot « communauté ». Les citoyens se sont pris en main pour recréer une cohésion sociale, territoriale, intergénérationnelle et ont su rebâtir un village à échelle humaine, à tel point que partout au Québec, St-Camille fait figure de modèle et sa réussite fascine. En effet, comment ont-ils réussi ce tour de force qui donne tant envie d’aller s’y installer ? Jocelyne Béïque, habitante du village voisin participe depuis des années à cette vie politique palpitante et nous entraîne dans l’aventure de cette municipalité pas comme les autres.

St-Camille a réussi un pari ambitieux : augmenter sa population en devenant un véritable laboratoire rural où foisonnent les projets les plus inspirants. C’est pour enrayer la chute démographique qu’en 1985, quatre habitants du village créent un fonds éthique de financement de proximité, le Groupe du coin. L’objectif : racheter des locaux inutilisés, les transformer pour en faire des lieux attractifs et rassembleurs, créateurs de services de proximité et susceptibles de ramener la population au village. Et depuis, la vitalité collective de St-Camille en a séduit plus d’un.

C’est ainsi que le magasin général est devenu Le P’tit Bonheur, centre culturel et communautaire, lieu de rencontre où l’on peut manger quelques pizzas préparées par des bénévoles ou siroter une bière locale. Un lieu pour se rassembler et penser le développement démographique de façon concertée. Puis c’est au tour du presbytère d’être transformé en coopérative d’habitation pour personnes âgées et en coopérative de soins et services, appelée La Corvée. Sans oublier la création d’un salon de diversification agricole pour organiser la relève agricole dans une perspective écologique, ou encore une coopérative d’habitation de 25 terrains, qui comptent parmi les nombreux projets qui animent St-Camille.

Les habitants de St-Camille ont su créer une communauté où règnent la convivialité et la quête du bien commun. À ces deux variables s’ajoute le concept de communauté « apprenante », consciente du chemin qui lui reste à parcourir et des outils à mettre en place pour arriver à ses fins. Ce développement local intégré, fruit d’une réflexion commune fait de St-Camille un modèle à suivre pour l’avenir de nos régions.

Espérons que les MRC sauront utiliser ce livre pour construire, dans leurs villages, d’autres St-Camille où il fait si bon vivre.

JOCELYNE BÉÏQUE est née à Montréal en 1950. Elle a étudié les Beaux-Arts à Québec. Elle a travaillé pendant plus de vingt ans dans le milieu de la mode à Montréal et a passé les dix années suivantes dans le milieu communautaire montréalais pour ensuite retourner aux études. Après une maîtrise en psychopédagogie, elle est partie au Guatemala en tant que bénévole dans un orphelinat. De retour au Québec, elle a fondé avec des amis une maison d’accueil en milieu rural, en Estrie. Jocelyne Béïque, vit dans le village voisin à Ham-Sud et a passé plusieurs années à vivre au rythme de Saint-Camille pour comprendre comment, étape par étape, toute la population s’est attelée à reconstruire un village viable et durable. Elle est disponible pour entrevue.