Saint-Camille, un village-monde

ÉDITIONS ÉCOSOCIÉTÉ

Par Mis en ligne le 18 février 2011

Saint-Camille, le pari de la convi­via­lité, de Jocelyne Béïque, pré­facé par Bernard Cassen, sor­tira en librai­rie Le 21 février.

Le vil­lage de Saint-Camille vit à l’heure de la mon­dia­li­sa­tion. En 25 ans, il a redonné un sens au mot com­mu­nauté en fai­sant le pari de la convi­via­lité, de l’entraide, pour donner envie aux gens de s’installer chez eux et ainsi enrayer la chute démo­gra­phique. Les habi­tants de ce vil­lage de l’Estrie ont su recréer une cohé­sion sociale, ter­ri­to­riale, inter­gé­né­ra­tion­nelle en bâtis­sant un vil­lage à échelle humaine, à tel point que par­tout au Québec, St-Camille fait figure de modèle de déve­lop­pe­ment rural et sa réus­site fas­cine. Foisonnant de pro­jets, Saint-Camille a réussi à réin­ven­ter une dyna­mique col­lec­tive grâce à la trans­for­ma­tion de plu­sieurs locaux inuti­li­sés en lieux créa­teurs de ser­vices de proxi­mité, de liens sociaux et d’activités éco­no­miques. Un modèle plus qu’inspirant pour les régions du Québec.

Le 23 février, aux rendez-vous du cinéma qué­bé­cois et le 7 mars à Télé-Québec sor­tira éga­le­ment le docu­men­taire Saint-Camille : les irré­duc­tibles, d’Isaac Isitan (pro­duc­tions Isca). Le livre et le film seront lancés à Saint-Camille, au P’tit bon­heur, le 4 mars.

Le déve­lop­pe­ment des pôles urbains au détri­ment des zones rurales est une réa­lité depuis long­temps décriée. Les cam­pagnes se vident, au profit des villes, posant un véri­table pro­blème d’occupation du ter­ri­toire. Et si l’avenir de nos régions pas­sait par une nou­velle façon de penser la vie rurale et une plus grande prise en charge de notre des­ti­née ? Depuis 25 ans déjà, le vil­lage de Saint-Camille a refusé l’inéluctable et a retroussé ses manches. Il a su ren­ver­ser la vapeur en redon­nant ses lettres de noblesse au mot « com­mu­nauté ». Les citoyens se sont pris en main pour recréer une cohé­sion sociale, ter­ri­to­riale, inter­gé­né­ra­tion­nelle et ont su rebâ­tir un vil­lage à échelle humaine, à tel point que par­tout au Québec, St-Camille fait figure de modèle et sa réus­site fas­cine. En effet, com­ment ont-ils réussi ce tour de force qui donne tant envie d’aller s’y ins­tal­ler ? Jocelyne Béïque, habi­tante du vil­lage voisin par­ti­cipe depuis des années à cette vie poli­tique pal­pi­tante et nous entraîne dans l’aventure de cette muni­ci­pa­lité pas comme les autres.

St-Camille a réussi un pari ambi­tieux : aug­men­ter sa popu­la­tion en deve­nant un véri­table labo­ra­toire rural où foi­sonnent les pro­jets les plus ins­pi­rants. C’est pour enrayer la chute démo­gra­phique qu’en 1985, quatre habi­tants du vil­lage créent un fonds éthique de finan­ce­ment de proxi­mité, le Groupe du coin. L’objectif : rache­ter des locaux inuti­li­sés, les trans­for­mer pour en faire des lieux attrac­tifs et ras­sem­bleurs, créa­teurs de ser­vices de proxi­mité et sus­cep­tibles de rame­ner la popu­la­tion au vil­lage. Et depuis, la vita­lité col­lec­tive de St-Camille en a séduit plus d’un.

C’est ainsi que le maga­sin géné­ral est devenu Le P’tit Bonheur, centre cultu­rel et com­mu­nau­taire, lieu de ren­contre où l’on peut manger quelques pizzas pré­pa­rées par des béné­voles ou siro­ter une bière locale. Un lieu pour se ras­sem­bler et penser le déve­lop­pe­ment démo­gra­phique de façon concer­tée. Puis c’est au tour du pres­by­tère d’être trans­formé en coopé­ra­tive d’habitation pour per­sonnes âgées et en coopé­ra­tive de soins et ser­vices, appe­lée La Corvée. Sans oublier la créa­tion d’un salon de diver­si­fi­ca­tion agri­cole pour orga­ni­ser la relève agri­cole dans une pers­pec­tive éco­lo­gique, ou encore une coopé­ra­tive d’habitation de 25 ter­rains, qui comptent parmi les nom­breux pro­jets qui animent St-Camille.

Les habi­tants de St-Camille ont su créer une com­mu­nauté où règnent la convi­via­lité et la quête du bien commun. À ces deux variables s’ajoute le concept de com­mu­nauté « appre­nante », consciente du chemin qui lui reste à par­cou­rir et des outils à mettre en place pour arri­ver à ses fins. Ce déve­lop­pe­ment local inté­gré, fruit d’une réflexion com­mune fait de St-Camille un modèle à suivre pour l’avenir de nos régions.

Espérons que les MRC sau­ront uti­li­ser ce livre pour construire, dans leurs vil­lages, d’autres St-Camille où il fait si bon vivre.

JOCELYNE BÉÏQUE est née à Montréal en 1950. Elle a étudié les Beaux-Arts à Québec. Elle a tra­vaillé pen­dant plus de vingt ans dans le milieu de la mode à Montréal et a passé les dix années sui­vantes dans le milieu com­mu­nau­taire mont­réa­lais pour ensuite retour­ner aux études. Après une maî­trise en psy­cho­pé­da­go­gie, elle est partie au Guatemala en tant que béné­vole dans un orphe­li­nat. De retour au Québec, elle a fondé avec des amis une maison d’accueil en milieu rural, en Estrie. Jocelyne Béïque, vit dans le vil­lage voisin à Ham-Sud et a passé plu­sieurs années à vivre au rythme de Saint-Camille pour com­prendre com­ment, étape par étape, toute la popu­la­tion s’est atte­lée à recons­truire un vil­lage viable et durable. Elle est dis­po­nible pour entrevue.

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