Sommet de la Terre de Rio et Sommet des Peuples

Rio+20 : impasse gouvernementale, convergence sociale

Par Mis en ligne le 22 juin 2012

Alors que nos gou­ver­nant-e-s font preuve d’un manque fla­grant de volonté d’agir à la Conférence des Nations Unies sur le déve­lop­pe­ment durable (Rio+20), la société civile qué­bé­coise converge avec les peuples du monde pour pro­po­ser des solu­tions. Lors d’un point de presse au Sommet des peuples pour la jus­tice sociale et envi­ron­ne­men­tale, des repré­sen­tant-e-s qué­bé­cois-es d’associations envi­ron­ne­men­tales, de lutte contre la pau­vreté, syn­di­cales, autoch­tones, étu­diant-e-s et de la jeu­nesse on fait connaître leurs réponses à l’inertie des gou­ver­ne­ments et aux propos que Jean Charest, Premier ministre du Québec, a tenu à Rio sur le Plan Nord. Le tout dans la pers­pec­tive des luttes du prin­temps qué­bé­cois et de l’urgence d’actions immé­diates.

« À moins d’un miracle, Rio+20 sera un lamen­table échec et ne per­met­tra pas de pro­té­ger les peuples et l’environnement. Devant ce constat, on ne peut que rapi­de­ment retrous­ser nos manches, agir loca­le­ment, et pres­ser les gou­ver­ne­ments. En espé­rant que les chefs d’État, à com­men­cer par Monsieur Harper, sau­ront un jour écou­ter la volonté des popu­la­tions » a affirmé Patrick Bonin, direc­teur climat-éner­gie à l’Association qué­bé­coise de lutte contre la pol­lu­tion atmo­sphé­rique (AQLPA).

« Le Plan nord devrait être une occa­sion de déve­lop­per le nord qué­bé­cois en fonc­tion des besoins des Premières Nations, des Inuits et de l’ensemble des Québécois. C’est une occa­sion en or de soli­da­ri­ser tout le Québec en fonc­tion d’un déve­lop­pe­ment durable de notre bien commun » de décla­rer Louis Roy, pré­sident de la Confédération des syn­di­cats natio­naux (CSN).

« Nous deman­dons au gou­ver­ne­ment Charest de tenir une véri­table consul­ta­tion sur le Plan Nord et que cette der­nière se fasse dans le res­pect des com­mu­nau­tés locales » a insisté Patrick Rondeau, Conseiller régio­nal de la Fédération des tra­vailleurs et des tra­vailleuses du Québec. « Cette consul­ta­tion devra trai­ter de la créa­tion d’emploi, des retom­bées éco­no­miques pour le Québec et de la pro­tec­tion de l’environnement ».

Selon Andrée-Anne Vézina, coor­don­na­trice de l’Institut du déve­lop­pe­ment durable de l’assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, « le Plan Nord aura un impact majeur sur les droits des com­mu­nau­tés autoch­tones. Pourtant le pro­ces­sus de consul­ta­tion est désuet et incom­plet et plu­sieurs Premières Nations ont été mises de côté alors que leur consen­te­ment est un incon­tour­nable ».

Or, la délé­guée de la Coalition large de l’association pour une soli­da­rité syn­di­cale étu­diante (CLASSE) et membre de son comité aux luttes sociales, Rushdia Mehreen dénonce qu’« avec le Plan Nord, le gou­ver­ne­ment Charest est en train de détruire l’environnement et voler les terres ances­trales autoch­tones. De plus, en n’écoutant pas les étu­diant-e-s, il com­pro­met l’avenir de la société qué­bé­coise. Le gou­ver­ne­ment libé­ral de Jean Charest est inca­pable de répondre aux crises, tant sociale qu’écologique au Québec. Il nous faut des états géné­raux et des consul­ta­tions, bref, un gou­ver­ne­ment à l’écoute, pour régler ces crises ».

« Même constat pour les ensei­gnant-e-s d’Amérique latine que pour celles et ceux du Québec, soit de lutter contre la mar­chan­di­sa­tion de l’éducation » a sou­li­gné Michèle St-Denis, mili­tante du Réseau des pro­fes­seur-e-s contre la hausse des droits de sco­la­rité.

Marie-Josée Paquette-Comeau, repré­sen­tante de la jeu­nesse qué­bé­coise, a annoncé que « ce matin a été dépo­sée une décla­ra­tion qué­bé­coise de la jeu­nesse qui est une ini­tia­tive appuyée par les Établissements vert Bruntland, la CSQ et Oxfam-Québec ».

Pour Raphaël Canet du col­lec­tif UNIAlter, « on constate une frac­ture gran­dis­sante entre les gou­ver­ne­ments et les peuples. Les popu­la­tions ne se sentent plus repré­sen­tées et les orga­ni­sa­tions de la société civile n’ont d’autres choix que de se mobi­li­ser afin de pro­mou­voir des pro­po­si­tions alter­na­tives. Le fait que la délé­ga­tion de la société civile qué­bé­coise à Rio+20 soit si nom­breuse et diver­si­fiée est une source d’espoir ».

« Le Sommet des peuples nous ins­pire par sa démarche uni­taire et sa volonté de faire conver­ger les luttes vers un but commun » s’est réjoui Michel Lambert, Directeur géné­ral d’Alternatives dont l’organisation est aussi membre du comité orga­ni­sa­teur du Sommet de Rio. « Nous tra­vaillons déjà à mettre en place un Forum social pan-cana­dien regrou­pant les groupes sociaux de manière à contrer les poli­tiques de droite du gou­ver­ne­ment Harper ».

Les orga­ni­sa­tions pro­fi­te­ront des deux der­nières jour­nées du Sommet des peuples pour favo­ri­ser la conver­gence entre les mou­ve­ments sociaux, déve­lop­per de nou­velles alliances et éla­bo­rer des stra­té­gies et plans d’actions com­muns. Le Sommet des peuples vise d’ailleurs à iden­ti­fier les rai­sons de la crise envi­ron­ne­men­tale et sociale et à iden­ti­fier les solu­tions et actions pour y remé­dier.

À propos du Sommet des peuples pour la jus­tice sociale et envi­ron­ne­men­tale, contre la mar­chan­di­sa­tion de la vie et pour la défense des biens com­muns :
Le Sommet est un espace où les mou­ve­ments sociaux et orga­ni­sa­tions de la société civile bré­si­lienne et mon­diale abordent la ques­tion de la crise socio-envi­ron­ne­men­tale de manière glo­bale, en remet­tant sérieu­se­ment en ques­tion le modèle de pro­duc­tion et de consom­ma­tion domi­nant, en ques­tion­nant le capi­ta­lisme et en met­tant l’accent sur la sou­ve­rai­neté des peuples et la jus­tice cli­ma­tique. Plus de 100 000 per­sonnes se sont ras­sem­blées au Sommet, qui se déroule du 15 au 23 juin, afin de par­ti­ci­per à plus de 1600 acti­vi­tés. L’ensemble de ces acti­vi­tés convergent vers l’adoption d’une décla­ra­tion des peuples qui sera rendue publique le 22 juin.
http://​cupu​la​dos​po​vos​.org​.br/fr/

À propos de la Délégation qué­bé­coise au Sommet des peuples de Rio+20 :
En plus des délé­ga­tions des orga­ni­sa­tions pré­sentes à Rio men­tion­nées plus haut, une délé­ga­tion com­po­sée de 77 per­sonnes et coor­don­née par les Initiatives Internationales des YMCA du Québec, le col­lec­tif UNIAlter et Alternatives. Elle est formée d’étudiant-e-s, de jeunes Autochtones, de mili­tant-e-s éco­lo­gistes, de repré­sen­tant-e-s du milieu syn­di­cal et d’autres orga­ni­sa­tions du monde com­mu­nau­taire et de la soli­da­rité inter­na­tio­nale. Au total, les membres sont issus de 27 orga­ni­sa­tions de la société civile qué­bé­coise, ainsi que de 4 uni­ver­si­tés et deux CEGEP.
http://​que​be​crio​plus20​.blog​spot​.ca

À propos de la Confédération des syn­di­cats natio­naux (CSN) :
La Confédération des syn­di­cats natio­naux est une orga­ni­sa­tion syn­di­cale com­po­sée de près de 2000 syn­di­cats qui regroupe plus de 300 000 tra­vailleuses et tra­vailleurs réunis sur une base sec­to­rielle ou pro­fes­sion­nelle dans huit fédé­ra­tions, ainsi que sur une base régio­nale dans treize conseils cen­traux, prin­ci­pa­le­ment sur le ter­ri­toire du Québec.

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