États-Unis

Résurgence des luttes sociales et renouvellement des stratégies syndicales

Le repositionnement stratégique de l’AFL-CIO lors de son dernier congrès

Par Mis en ligne le 06 août 2014

Une vague d’activisme social s’est déve­lop­pée ces der­nières années aux États-Unis, fai­sant para­doxa­le­ment de ce pays, pour­tant à l’avant-garde du néolibé­ralisme, un nou­veau labo­ra­toire de la lutte des classes, notam­ment celle des pré­caires. Tout se passe comme si la mobilisa­tion des tra­vailleurs du Wisconsin puis les occu­pa­tions publiques orches­trées par le mou­ve­ment Occupy Wall Street en 2011 avaient libéré les éner­gies contes­ta­taires et reven­di­ca­trices long­temps conte­nues, et ouvert le champ des pos­sibles, en inci­tant à des reven­di­ca­tions sala­riales inima­gi­nables il y a quelques années.

À l’automne 2012 a eu lieu, à Chicago, une grève rela­ti­ve­ment courte, mais vic­torieuse de la sec­tion locale du second syn­di­cat ensei­gnant du pays, l’American Federation of Teachers (AFT), à l’occa­sion du renou­vel­le­ment de la conven­tion col­lec­tive de ses membres. Au même moment, des grèves dis­con­ti­nues d’une jour­née appe­lées par des organi­sations proches du syn­di­cat des travail­leurs du com­merce, l’United Food and Commercial Workers (UFCW), ont éclaté chez Wal-Mart, le plus grand dis­tri­bu­teur « dis­count » au monde. En 2013, les travail­leurs des prin­ci­pales enseignes de restau­ration rapide se sont mis en grève dans plu­sieurs dizaines de villes du pays, sui­vant en cela l’exemple des tra­vailleurs de Wal-Mart. Soutenu par le syn­di­cat des ser­vices, le Service Employees Interna­tional Union (SEIU), ils reven­diquent un salaire mini­mum de 15 dol­lars l’heure, soit plus de deux fois le salaire mini­mum fédé­ral en vigueur. Ces jour­nées de mo­bilisation s’inscrivent dans le mou­ve­ment de lutte contre les bas salaires, apparu aux États-Unis depuis quelques années.

Cette résur­gence des luttes sociales n’est pas sans consé­quence sur la réorien­ta­tion stra­té­gique de l’American Federation of Labour — Congress of Industrials Organisations (AFL-CIO) et de cer­tains de ses prin­ci­paux affi­liés, alors que l’espoir de voir passer une nou­velle loi du tra­vail durant le second mandat d’Obama est quasi nul et que les dif­fé­rentes tac­tiques uti­li­sées jusqu’à pré­sent pour endi­guer le déclin syn­di­cal ont échoué en partie (cam­pagnes de syn­di­ca­li­sa­tion, accords de neu­tra­lité syn­di­cale, etc.). La rhé­to­rique de la cen­trale a en effet changé, met­tant l’accent sur la néces­sité de construire un mou­ve­ment non pour les 99 %, selon le slogan devenu popu­laire d’Occupy Wall Street, mais des 99 %. Les syn­di­cats, sur le déclin et sur la défen­sive, n’ont-ils pas en effet lar­ge­ment besoin de renou­ve­ler leurs stra­té­gies et d’explorer des voies nou­velles d’action, en se foca­li­sant sur des reven­di­ca­tions pré­cises tout en sachant s’allier avec (et s’appuyer sur) les par­ties pre­nantes exis­tantes et les orga­ni­sa­tions locales issues de la société civile ?

Le repo­si­tion­ne­ment stra­té­gique de l’AFL-CIO lors de son der­nier congrès

Richard Trumka a été réélu sans sur­prise à la tête de l’AFL-CIO, au 27e Congrès de la cen­trale qui s’est tenu à Los Angeles du 8 au 12 sep­tembre 2013. Parmi les nou­veaux élus figurent Tefere Gebre, 45 ans, né en Éthiopie et ayant immi­gré aux États-Unis à son ado­les­cence. Il rem­place Arlene Holt Baker, la pre­mière Afro-Américaine à avoir été élue vice-pré­si­dente exé­cu­tive (no 3 de la cen­trale), qui prend sa retraite après 40 ans passés au ser­vice de la fé­dération. L’élection de Bhairavi Desai, direc­teur exé­cu­tif de l’alliance des taxis new-yor­kais, au conseil exé­cu­tif de la fé­dération est un autre exemple des efforts faits par la cen­trale pour élar­gir sa base. C’est la pre­mière per­son­na­lité issue des Worker Centers à siéger au Conseil de la cen­trale syn­di­cale, ces orga­ni­sa­tions pro­gres­sistes locales qui luttent ‒ hors du cadre syn­di­cal ‒ pour la défense des droits des tra­vailleurs immi­grés et plus lar­ge­ment des tra­vailleurs à bas salaire (par­fois sur leurs lieux mêmes de tra­vail); pour ce faire, ils dis­pensent un ensemble de ser­vices allant de cours d’anglais à des conseils juri­diques en pas­sant par des ate­liers sur la santé au tra­vail (Fine, 2006).

La nou­velle com­po­si­tion des organes diri­geants de l’AFL-CIO reflète le reposi­tionnement de la cen­trale, exprimé en ces termes par son pré­sident : « Notre boulot est de créer un mou­ve­ment ouvrier suf­fisamment fort pour amé­lio­rer le sort de tous les tra­vailleurs de ce pays. » Il s’agit donc d’élargir ses rangs en s’adjoignant de jeunes tra­vailleurs issus de l’immi­gration, davan­tage de femmes, bien que leur pré­sence au sein du mou­ve­ment syn­di­cal se soit consi­dé­ra­ble­ment accrue ces der­nières décen­nies, mais aussi ses champs d’action en recru­tant dans des régions, des sec­teurs ou des métiers non syn­di­qués, bref de mettre en pra­tique la soli­da­rité de classe au sens large (en tant que com­mu­nauté de tra­vailleurs).

Il s’agit éga­le­ment de trou­ver de nou­velles formes d’alliances avec des coa­li­tions sociales élar­gies, de luttes et d’initiatives en matière de négo­cia­tion col­lec­tive et de syn­di­ca­li­sa­tion, comme l’a initié le SEIU au cours des années 1980 dans sa cam­pagne « Justice for Janitors » (Debouzy, 2009 ; Lowell, 2009) ou encore le syndi­cat des camion­neurs (Teamsters) dans la « Coalition for Clean & Safe Ports » pour défendre les droits des camion­neurs du port de Los Angeles (Kesselman, 2011), ceci afin d’inverser la ten­dance au déclin des adhé­rents. L’AFL-CIO compte au­jourd’hui 57 syn­di­cats affi­liés, mais les tra­vailleurs, membres d’un syn­di­cat, ne repré­sentent plus que 11,3 % des sala­riés, dont 6,6 %, seule­ment dans le sec­teur privé, après l’adoption par le Michigan du statut d’État de droit au tra­vail et la perte des droits à la négo­cia­tion collec­tive des employés du sec­teur public dans le Wisconsin (Sauviat, 2011a).

Des dou­zaines de groupes non syndi­qués ont assisté au Congrès, dont des lea­ders de plu­sieurs WC. Le Congrès a ap­prouvé l’entrée de ces WC dans ses rangs, après qu’ils eurent été admis en 2006 comme affi­liés des fédé­ra­tions au niveau des États (State Federation) et des sec­tions locales (Local Labor Council) [1]. Il y aurait au total 16 WC affi­liés à l’AFL-CIO, à l’instar de Working America, créé en 2003 pour per­mettre aux tra­vailleurs qui ne peuvent se syn­di­quer sur leurs lieux de tra­vail d’être asso­ciés au mouve­ment ouvrier [2].

Pourtant, quelques jours avant le Congrès, cer­tains syn­di­cats, comme le Laborers’ International Union of North America (LIUNA), avaient poussé la direc­tion de la cen­trale à reve­nir sur sa pro­po­si­tion d’accueillir plu­sieurs groupes pro­gres­sistes comme membres à part entière (National Association for the Advancement of Colored People ‒ NAACP ‒, Sierra Club, le Conseil natio­nal de la Razza, un groupe qui défend les droits civiques des Hispaniques, etc.) [3], y com­pris au sein de ses ins­tances diri­geantes, comme l’avait laissé entendre Richard Trumka fin 2013.

Et des divi­sions per­sistent au sein du monde syn­di­cal amé­ri­cain. En août 2013, le syn­di­cat des débar­deurs de la côte ouest (International Longshore and Warehouse Union) a quitté l’AFL-CIO, se plai­gnant qu’elle n’ait pas tenté d’empêcher un autre syn­di­cat de se pré­sen­ter contre lui lors d’une élec­tion de repré­sen­ta­tion syndi­cale. Le SEIU et les Teamsters, deux des plus impor­tants syn­di­cats amé­ri­cains, avaient quitté la cen­trale en 2005 pour fonder Change To Win (CTW), rejoints par cinq autres syn­di­cats (Unite Here, le syn­di­cat des tra­vailleurs du tex­tile et de l’hôtellerie-restauration, LIUNA, celui des manœuvres, UFCW, celui des tra­vailleurs du com­merce, UBCJ, celui des char­pen­tiers, et UFW, celui des tra­vailleurs agri­coles) (Sauviat, 2005) [4]. La nou­velle cen­trale, qui avait axé ses efforts prio­ri­taires sur la syn­di­ca­li­sa­tion des sec­teurs des ser­vices, n’a pas vrai­ment réussi à tenir son pari, tout en contri­buant à frag­men­ter encore un peu plus le syn­dicalisme amé­ri­cain (Kesselman, 2011). Malgré des actions menées en commun par les deux cen­trales, le SEIU et les Teamsters, tou­jours membres de Change To Win avec UFW, n’ont pas assisté au Congrès de l’AFL-CIO.

Conclusion

L’AFL-CIO et cer­taines grosses fédé­rations syn­di­cales paraissent à nou­veau prêts à opérer un chan­ge­ment de stra­té­gie afin de revi­ta­li­ser le syn­di­ca­lisme amé­ricain, ten­ta­tives récur­rentes depuis les années 1990. Ces der­nières s’intéressent ainsi de près aux tra­vailleurs issus de l’immigration, sou­vent des tra­vailleurs à bas salaire, et pointent les ques­tions d’inégalités et de jus­tice sociale comme l’enjeu de lutte numéro 1. Les syndica­listes se tournent de plus en plus vers des tac­tiques comme des grèves courtes de 24 heures, à l’image des conflits ayant eu lieu chez Wal-Mart ou dans les « fast food », qui renouent avec des pra­tiques acti­vistes et mili­tantes, voire de déso­béissance civile, qu’Occupy Wall Street a cer­tai­ne­ment contri­bué à revi­vi­fier. Ils renouent aussi avec des pra­tiques démo­cratiques de base et un tra­vail d’alliances avec le tissu asso­cia­tif local, à l’instar de la lutte du syn­di­cat ensei­gnant à Chicago. Ces actions sont en tous les cas très diffé­rentes des cam­pagnes tra­di­tion­nelles de syn­di­ca­li­sa­tion.

Certes, l’organisation de la résis­tance des sala­riés via des grèves sau­vages, des actions spon­ta­nées et des actes de déso­béissance civile a tou­jours plus ou moins existé aux États-Unis, en dépit du car­can légis­la­tif dans lequel ces actions, de même que l’action syn­di­cale tradition­nelle, sont conte­nues. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est le carac­tère coor­donné de ces luttes et leur ampli­fi­ca­tion impul­sée par les médias. C’est aussi d’une cer­taine manière l’audace des revendi­cations sala­riales (15 dol­lars, qui corres­pondent à plus que le dou­ble­ment du salaire mini­mum fédé­ral), une audace évidem­ment toute rela­tive quand on consi­dère le niveau très bas du salaire mini­mum fédé­ral aux États-Unis. En revanche, ces luttes sou­lèvent la ques­tion de leurs ini­tiateurs et des objec­tifs pour­sui­vis.

Loin d’être des mani­fes­ta­tions spon­tanées, d’importantes fédé­ra­tions syndi­cales comme le SEIU ou l’UFCW, qui a rejoint l’AFL-CIO à l’été 2013, sont le plus sou­vent, comme on les a vus, à l’initia­tive de ces luttes et de leur orga­ni­sa­tion, y consa­crant d’importants moyens finan­ciers et humains. Mais, à la dif­fé­rence de grèves récentes, rares et de type plutôt défen­sif, celles des tra­vailleurs à bas salaire ont emprunté, à des tac­tiques plus mili­tantes, liées par­fois avec des mou­vements plus radi­caux. Ces mobi­li­sa­tions ont suivi aussi des voies inno­vantes, leurs acteurs par­ve­nant à tisser des liens avec des asso­cia­tions enra­ci­nées dans des com­mu­nau­tés locales, cri­ti­quant tant le com­por­te­ment des employeurs que les poli­tiques publiques insuf­fi­santes de re­distribution des reve­nus. Ce fai­sant, leur base sociale s’en est trou­vée significative­ment élar­gie.

Au-delà de ces objec­tifs, on peut se poser la ques­tion des orien­ta­tions stra­tégiques de tels mou­ve­ments. Plusieurs options sont envi­sa­geables : les travail­leurs à bas salaire peuvent déci­der de créer de nou­veaux syn­di­cats, visant à négo­cier des stan­dards sala­riaux pour les sec­teurs concer­nés avec les plus impor­tants employeurs. Les orga­ni­sa­tions syn­dicales peuvent aussi exer­cer des actions de lob­bying pour amé­lio­rer et ren­for­cer les lois du tra­vail et de l’emploi (comme l’augmentation du salaire mini­mum au niveau fédé­ral, des États ou des muni­cipalités), stra­té­gie prisée traditionnel­lement par l’AFL-CIO. Elles peuvent au contraire déci­der de main­te­nir des formes d’organisation assez lâches, ayant recours à diverses formes d’action directe qu’Occupy Wall Street est indéniable­ment par­venu à délé­gi­ti­mer, dans l’espoir de construire un syn­di­ca­lisme plus large et plus poli­tique, comme mou­ve­ment social. Les deux pre­mières options sont assez com­pa­tibles avec les orien­ta­tions tra­di­tion­nelles, de type « top-down », de l’AFL-CIO et des fédé­ra­tions syn­di­cales impli­quées.

Ces der­nières peuvent quant à elles cher­cher à obte­nir des accords de neu­tra­lité ou bien l’établissement de normes pour l’ensemble d’une divi­sion, visant à faci­li­ter leur implan­ta­tion dans les entre­prises (une stra­té­gie de coopé­ration avec les employeurs pour­sui­vie depuis les années 2000 par le SEIU), ou bien encore œuvrer, à dif­fé­rents niveaux pour obte­nir une aug­men­ta­tion du salaire mini­mum, venant en appui de la récente pro­po­si­tion d’Obama de porter le salaire mini­mum fédé­ral à 9 dol­lars de l’heure ou celle de dépu­tés et séna­teurs démo­crates de le porter à 10,10 dol­lars. Celui-ci a en effet vu sa valeur réelle bais­ser de façon signi­fi­ca­tive, car il n’est ajusté ni à l’évolution de l’inflation ni à celle de la pro­duc­ti­vité du tra­vail. La troi­sième option, de type « bottom-up », plonge davan­tage ses racines dans les mou­ve­ments de grève des années 1930, qui ont donné nais­sance au syn­di­ca­lisme d’industrie et permis de revi­vi­fier le mou­ve­ment syn­dical amé­ri­cain.

Mais il ne fau­drait pas que de telles ini­tia­tives aient lieu sans arti­cu­la­tion avec les luttes sur les lieux mêmes de tra­vail, car c’est précisé­ment sur les lieux de tra­vail et au sein de com­mu­nau­tés locales (par­fois eth­niques) que peut, autour de reven­di­ca­tions spéci­fiques, se construire le sens de la solida­rité, et se mou­voir la force col­lec­tive en action.

22 avril 2014

Catherine Sauviat

Sources :

Addonizio M., Kearney C.P. (2012), « Introduction », in Addonizio M., Kearney C.P. (eds.), Education Reform and the Limits of Policy. Lessons from Michigan, WE Upjohn Institute Press Book Chapters, p. 1-7.

Allegretto S., Doussard M., Graham-Squire D., Jacobs K., Thompson D., Thompson J. (2013), Fast Food, Poverty Wages – The Public Costof Low-Wage Jobs in the Fast-Food Industry,UC Berkeley Labor Center, University of Illinois at Urbana-Champaign, October 15. Ashenfelter O.C. (2012), « Comparing Real Wages », NBER WorkingPaper, n° 18006,April.

Debouzy M. (2009), Le monde du tra­vail aux États-Unis : les temps dif­fi­ciles (1980-2005), Paris, L’Harmattan.

Dee T., Wyckoff J. (2013), « Incentives, Selection, and Teacher Performance : Evidence from IMPACT », NBER Working Paper, n° 19529, October.

Fine J. (2006), Worker Centers – Organizing Communities at the Edge of the Dream, Ithaca, Cornell University Press.

Gupta A. (2013), « The Wal-Mart Working Class », Socialist Register 2014, London, The Merlin Press.

Kesselman D. (2011), « États-Unis. Scission du mou­ve­ment syn­di­cal et espoirs de renou­veau : où en est-on ? » Chronique inter­na­tio­nale de l’IRES, n° 128, jan­vier, p. 3-14.

Lichtenstein N., Strasser S. (2009), Wal-Mart – L’Entreprise Monde, Paris, Les prai­ries ordi­naires.

Lowell T. (2009), « Beyond Social Partnership– Unions, Civil Society, and the Renewal of Social Dialogue », Paper pre­pa­red for the RT2 High-Level Roundtable : « Beyond the Social-Civil Dialogue Dichotomy », orga­ni­zed by CapRight WP5 and WP6, Brussels, October 15-16.

Sauviat C. (2005), « États-Unis. Syndicalisme amé­ri­cain – Un cin­quan­tième anni­ver­saire de crise », Chronique inter­na­tio­nale de l’IRES, n° 96, sep­tembre, p. 49-64.

Sauviat C. (2011a), « États-Unis. Le Wisconsin, à l’avant-garde d’une offen­sive anti­syn­di­cale d’envergure », Chronique inter­na­tio­nale de l’IRES, n° 129, mars, p. 3-11.

Sauviat C. (2011 b), « Occupy Wall Street – Un mou­ve­ment social inédit aux États-Unis », Document
de tra­vail, n° 1, IRES, Noisy-le-Grand, décembre.

Presse : The Wall Street Journal, The New York Times, The Washington Post, Labor Notes, In These Times, The Nation, Business Week.

Catherine Sauviat

[1] Dès 2006, l’AFL-CIO s’était rap­pro­ché des WC en fai­sant alliance avec le réseau natio­nal des tra­vailleurs jour­na­liers. Aujourd’hui, la fédé­ra­tion et cer­tains de ses syn­di­cats affi­liés tra­vaillent de très près avec plu­sieurs de ces orga­ni­sa­tions, cher­chant à élar­gir ses alliances et sa base, y com­pris auprès de non-syn­di­qués qui par­tagent les mêmes valeurs. [2] L’organisation compte aujourd’hui 3,2 mil­lions de membres et sou­tient de mul­tiples actions en faveur des tra­vailleurs. [3] Les syn­di­cats des tra­vailleurs de la construc­tion ont refusé l’entrée dans les ins­tances de l’AFLCIO du Sierra Club, une ONG qui s’oppose à cer­tains pro­jets sou­te­nus par eux, pour des rai­sons envi­ron­ne­men­tales. À l’inverse, le syn­di­cat des tra­vailleurs de l’acier (USW) a su passer une alliance avec cette même ONG, fondée sur la recon­nais­sance d’intérêts com­muns entre tra­vailleurs du sec­teur et acti­vistes envi­ron­ne­men­taux (Lowell, 2009). [4] Depuis, LIUNA, Unite Here, UBCJ et UFCW ont réin­té­gré les rangs de l’AFL-CIO, rédui­sant désor­mais CTW à trois syn­di­cats.

Les commentaires sont fermés.