Réjean Parent invite à la plus grande méfiance à l’égard du pragmatisme de François Legault

Québec, le 14 décembre 2011Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Réjean Parent, a profité de l’ouverture du Conseil général de son organisation se tenant à Québec pour réagir à la fusion de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et de l’Action démocratique du Québec (ADQ) et lancer un appel à la prudence à ses délégués à l’égard de certaines idées défendues par François Legault et ses nouveaux amis.

« Il faut rappeler les propositions inquiétantes de la CAQ en éducation qui s’inspirent d’expériences américaines, telles que la paye au mérite, qui se sont avérées des échecs. Et ce n’est guère mieux en santé avec le virage tout récent de Legault vers le privé résultant de son mariage avec l’ADQ. Comme si cela n’était pas suffisant, le chef caquiste a réussi un nouveau virage à 180 degrés en s’engageant à évaluer sérieusement la possibilité de verser 100 $ par semaine pour chaque enfant qui ne fréquente pas les garderies subventionnées, comme lui demandait l’ADQ et contrairement à ce qu’il prétendait jusqu’à tout récemment », déclare M. Réjean Parent.

Des déclarations contradictoires… à n’y rien comprendre

Monsieur Parent s’est également montré inquiet de certaines déclarations contradictoires de M. Legault qui n’augurent rien de bon à son avis. Il se demande comment la population peut faire confiance à quelqu’un qui, en l’espace de quelques mois, est passé de souverainiste à non-souverainiste, d’homme de gauche à homme de droite.

« Pas plus tard qu’hier matin en conférence de presse, il a avoué publiquement que lorsqu’il se prétendait de la gauche efficace, comme c’était le cas depuis plusieurs mois, il voulait dire en réalité qu’il était de gauche… mais aussi de droite, ce qu’il avait pourtant nié durant tout ce temps. C’est extrêmement troublant d’entendre quelqu’un, qui aspire à être premier ministre du Québec, reconnaître aussi candidement que lorsqu’il s’adresse à la population, il ne dit pas vraiment ce qu’il veut dire et qu’il faut comprendre en réalité le contraire de ce qu’il dit », fait remarquer M. Réjean Parent.

Un pragmatisme proche de Harper ?

Le leader syndical se dit également surpris de la prise de position de la CAQ en ce qui a trait aux politiques économiques et sociales de Stephen Harper.

« Comment le chef de la CAQ peut-il prétendre appuyer les politiques économiques de Stephen Harper tout en disant prendre ses distances à l’égard de ses politiques sociales. Cela n’a absolument aucun sens puisque ce sont justement les orientations économiques du gouvernement conservateur qui déterminent ses politiques sociales à l’égard de notre population, notamment la classe moyenne, les plus démunis et les plus vulnérables », ajoute le président de la CSQ.

Des coupes en éducation qui font mal

Le président de la CSQ a aussi profité de l’occasion pour rappeler que le gouvernement libéral n’a pas changé d’idée au sujet des coupes en santé et en éducation et qu’il maintient le cap plus que jamais.

« Plusieurs intervenants du milieu de l’éducation confirment que les coupes auront un impact sur les services aux élèves. Nous ne sommes pas étonnés que le ministre des Finances refuse de nous rencontrer dans le cadre de son opération prébudgétaire pour en discuter avec nous. Il préfère jouer à l’autruche plutôt que de se faire décrire la réalité dans nos milieux. M. Bachand doit sortir de sa logique marchande et arrêter de voir l’éducation comme une dépense. L’éducation c’est un excellent investissement pour notre société », soutient Réjean Parent.

Un plan d’action contre la violence qui se fait attendre

Réjean Parent a aussi rappelé que la CSQ attend toujours le plan d’action modifié et bonifié pour contrer la violence dans les établissements d’éducation. « Plus de trois ans après sa mise en vigueur, nous en constatons les limites et nous pouvons affirmer qu’il n’a pas eu les effets escomptés, d’où notre demande pressante qu’il soit revu et bonifié », déclare-t-il.

L’actualité a fait état récemment de plusieurs événements malheureux et même si nous convenons aussi que ces drames ne relèvent pas exclusivement de l’école, nous considérons que nous avons un rôle à jouer et qu’il y a un besoin pressant d’augmenter les ressources professionnelles compétentes pour ce faire. « Les situations de détresse sont bien réelles dans nos établissements et commandent que nous nous y attardions de façon urgente parce que pendant que la ministre de l’Éducation réfléchit, des enfants, des étudiants et du personnel souffrent et se sentent démunis », conclut le président de la CSQ.