Conseil général de la CSQ

Réjean Parent invite à la plus grande méfiance à l’égard du pragmatisme de François Legault

Par Mis en ligne le 17 décembre 2011

Québec, le 14 décembre 2011Le pré­sident de la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ), M. Réjean Parent, a pro­fité de l’ouverture du Conseil géné­ral de son orga­ni­sa­tion se tenant à Québec pour réagir à la fusion de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et de l’Action démo­cra­tique du Québec (ADQ) et lancer un appel à la pru­dence à ses délé­gués à l’égard de cer­taines idées défen­dues par François Legault et ses nou­veaux amis.

« Il faut rap­pe­ler les pro­po­si­tions inquié­tantes de la CAQ en édu­ca­tion qui s’inspirent d’expériences amé­ri­caines, telles que la paye au mérite, qui se sont avé­rées des échecs. Et ce n’est guère mieux en santé avec le virage tout récent de Legault vers le privé résul­tant de son mariage avec l’ADQ. Comme si cela n’était pas suf­fi­sant, le chef caquiste a réussi un nou­veau virage à 180 degrés en s’engageant à éva­luer sérieu­se­ment la pos­si­bi­lité de verser 100 $ par semaine pour chaque enfant qui ne fré­quente pas les gar­de­ries sub­ven­tion­nées, comme lui deman­dait l’ADQ et contrai­re­ment à ce qu’il pré­ten­dait jusqu’à tout récem­ment », déclare M. Réjean Parent.

Des décla­ra­tions contra­dic­toires… à n’y rien com­prendre

Monsieur Parent s’est éga­le­ment montré inquiet de cer­taines décla­ra­tions contra­dic­toires de M. Legault qui n’augurent rien de bon à son avis. Il se demande com­ment la popu­la­tion peut faire confiance à quelqu’un qui, en l’espace de quelques mois, est passé de sou­ve­rai­niste à non-sou­ve­rai­niste, d’homme de gauche à homme de droite.

« Pas plus tard qu’hier matin en confé­rence de presse, il a avoué publi­que­ment que lorsqu’il se pré­ten­dait de la gauche effi­cace, comme c’était le cas depuis plu­sieurs mois, il vou­lait dire en réa­lité qu’il était de gauche… mais aussi de droite, ce qu’il avait pour­tant nié durant tout ce temps. C’est extrê­me­ment trou­blant d’entendre quelqu’un, qui aspire à être pre­mier ministre du Québec, recon­naître aussi can­di­de­ment que lorsqu’il s’adresse à la popu­la­tion, il ne dit pas vrai­ment ce qu’il veut dire et qu’il faut com­prendre en réa­lité le contraire de ce qu’il dit », fait remar­quer M. Réjean Parent.

Un prag­ma­tisme proche de Harper ?

Le leader syn­di­cal se dit éga­le­ment sur­pris de la prise de posi­tion de la CAQ en ce qui a trait aux poli­tiques éco­no­miques et sociales de Stephen Harper.

« Comment le chef de la CAQ peut-il pré­tendre appuyer les poli­tiques éco­no­miques de Stephen Harper tout en disant prendre ses dis­tances à l’égard de ses poli­tiques sociales. Cela n’a abso­lu­ment aucun sens puisque ce sont jus­te­ment les orien­ta­tions éco­no­miques du gou­ver­ne­ment conser­va­teur qui déter­minent ses poli­tiques sociales à l’égard de notre popu­la­tion, notam­ment la classe moyenne, les plus dému­nis et les plus vul­né­rables », ajoute le pré­sident de la CSQ.

Des coupes en édu­ca­tion qui font mal

Le pré­sident de la CSQ a aussi pro­fité de l’occasion pour rap­pe­ler que le gou­ver­ne­ment libé­ral n’a pas changé d’idée au sujet des coupes en santé et en édu­ca­tion et qu’il main­tient le cap plus que jamais.

« Plusieurs inter­ve­nants du milieu de l’éducation confirment que les coupes auront un impact sur les ser­vices aux élèves. Nous ne sommes pas éton­nés que le ministre des Finances refuse de nous ren­con­trer dans le cadre de son opé­ra­tion pré­bud­gé­taire pour en dis­cu­ter avec nous. Il pré­fère jouer à l’autruche plutôt que de se faire décrire la réa­lité dans nos milieux. M. Bachand doit sortir de sa logique mar­chande et arrê­ter de voir l’éducation comme une dépense. L’éducation c’est un excellent inves­tis­se­ment pour notre société », sou­tient Réjean Parent.

Un plan d’action contre la vio­lence qui se fait attendre

Réjean Parent a aussi rap­pelé que la CSQ attend tou­jours le plan d’action modi­fié et boni­fié pour contrer la vio­lence dans les éta­blis­se­ments d’éducation. « Plus de trois ans après sa mise en vigueur, nous en consta­tons les limites et nous pou­vons affir­mer qu’il n’a pas eu les effets escomp­tés, d’où notre demande pres­sante qu’il soit revu et boni­fié », déclare-t-il.

L’actualité a fait état récem­ment de plu­sieurs évé­ne­ments mal­heu­reux et même si nous conve­nons aussi que ces drames ne relèvent pas exclu­si­ve­ment de l’école, nous consi­dé­rons que nous avons un rôle à jouer et qu’il y a un besoin pres­sant d’augmenter les res­sources pro­fes­sion­nelles com­pé­tentes pour ce faire. « Les situa­tions de détresse sont bien réelles dans nos éta­blis­se­ments et com­mandent que nous nous y attar­dions de façon urgente parce que pen­dant que la ministre de l’Éducation réflé­chit, des enfants, des étu­diants et du per­son­nel souffrent et se sentent dému­nis », conclut le pré­sident de la CSQ.

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