UNIVERSITÉ POPULAIRE DES NCS – 2016

Radios-poubelles et populisme de droite

FSM 2016 : Espace Émancipation

Par Mis en ligne le 06 août 2016

Jeudi 11 août 2016 à 13 h, à l’UQAM DS-2520

RADIO-POUBELLE-225x300Depuis main­te­nant plu­sieurs années, les médias de masse privés enva­hissent les ondes et tout le reste. Le « modèle » vient des États-Unis : du sang, du sexe, des scan­dales, et par­tout un dis­cours ordu­rier contre les orga­ni­sa­tions popu­laires et syn­di­cales, contre les intel­lec­tuel-les. Au Québec, on connaît le phé­no­mène des « radios X », éga­le­ment l’invasion d’un nar­ra­tif de droite, sou­vent masqué comme des « opi­nions », voire de l’« humour », dans le réseau Québecor, V TV et plu­sieurs autres. Tout cela nour­rit un popu­lisme de droite qui prend diverses formes, dans des réseaux com­mu­nau­taires, des muni­ci­pa­li­tés et des for­ma­tions poli­tiques de droite et même d’extrême-droite.
Quelles sont les inter­ac­tions ? Pourquoi les médias-pou­belles attirent-ils une grande partie des classes popu­laires et des jeunes ? Que faire pour s’y oppo­ser ? La gauche doit-elle chan­ger ses manières ?

Les intervenants et l’intervenante

Francine Pelletier

Francine Pelletier, jour­na­liste

Donald Cuccioletta

Donald Cuccioletta, chro­ni­queur sur les États-Unis

Sebastien Bouchard

Sébastien Bouchard, syn­di­ca­liste

Le populisme de droite en action

Le dis­cours et la pra­tique de la radio-pou­belle sont qua­li­fiés de popu­listes, car les ani­ma­teurs qui y tra­vaillent affirment parler au nom du peuple ato­misé, désor­ga­nisé. Ainsi, les réfé­rences au « monde ordi­naire », au « vrai monde », au « Québécois moyen », à « l’homme de la rue », à « la majo­rité silen­cieuse » ou, plus pré­ci­sé­ment, aux cols rouges (FM 93) ou aux « X » (Radio X) ne sup­posent pas d’aider ces per­sonnes à s’organiser démo­cra­ti­que­ment pour faire entendre leur voix. D’une masse d’auditeurs se forme un groupe d’appartenance prêt à rependre les propos et à suivre les actions annon­cées par les ani­ma­teurs.
Dans une société de consom­ma­tion où l’implication po¬li¬tique et l’organisation col­le­tive et démo­cra­tique sont déva­lo­ri­sées, le citoyen spec­ta­teur et passif es¬père la venue d’un chef, d’un jus­ti­cier pour confron­ter l’élite et la remettre à sa place. Ce même citoyen n’a pas conscience que la véri­table élite, sujet de son admi­ra­tion, est précisé¬ment celle qui le main­tient dans son rôle de consom­ma­teur. Les ani­ma­teurs jouent en partie ce rôle, tout en main­te­nant un dis¬cours d’espérance d’un futur grand meneur ou chef qui ferait le ménage. Pour sus­ci­ter l’adhésion, l’animateur inter­pelle les audi­teurs en repre­nant les pré-jugés popu­laires (non scien­ti­fiques ou jour¬na¬lis¬tiques) pour dire que ce sont « les vraies affaires », le « gros bon sens », et ainsi donner du poids à sa pro­pa­gande.
Le dis­cours popu­liste de droite de la radio-pou­belle pro¬pose une nou­velle iden­tité de cultu­relle de classe sociale, qui se réfère non pas aux inté­rêts objec­tifs concrets et maté­riels des tra­vailleurs, mais plutôt au mode de vie, à la culture, à l’accent et au style. On pro­pose un modèle cultu­rel de « viri­lité » basé sur la loi du plus fort, la pol­lu­tion moto­ri­sée, le sport en tant que spec­tacle et la musique rock. La pro­mo­tion de la musique et du sport, tout à fait natu­relle pour une radio, pren­dra un carac­tère po¬li¬tique à plus d’une reprise.

Références

• Un site Internet, Sortons les radios-pou­belles : http://​sor​tons​les​pou​belles​.com/​l​e​s​-​m​e​d​i​a​s​-​p​o​u​b​e​l​l​e​s​-​i​n​s​p​i​r​e​n​t​-​l​e​s​-​c​o​n​s​e​r​v​a​t​eurs/
• Sébastien Bouchard, « Le popu­lisme de droite en action », Nouveaux Cahiers du socia­lisme, février 2015, < http://​www​.cahiers​du​so​cia​lisme​.org/​2​0​1​5​/​0​2​/​0​2​/​l​a​-​r​a​d​i​o​-​p​o​u​b​e​l​l​e​-​l​e​-​p​o​p​u​l​i​s​m​e​-​d​e​-​d​r​o​i​t​e​-​e​n​-​a​c​t​ion1/>

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