D’un ministère au FMI

Quelques rappels utiles sur Dominique Strauss-Kahn

Par Mis en ligne le 01 juin 2011
Il a occupé les fonc­tions de ministre de l’Industrie et du Commerce inter­na­tio­nal de 1991 à 1993, période durant laquelle il a par­ti­cipé aux négo­cia­tions com­mer­ciales de l’Uruguay Round pré­pa­ra­toire à la créa­tion de l’Organisation mon­diale du com­merce (OMC).

En 1994, il par­ti­cipe avec Raymond Lévy, alors PDG de Renault, à la créa­tion du Cercle de l’Industrie, cercle spé­cia­lisé dans la défense de l’industrie fran­çaise à Bruxelles, dont il devient le vice-pré­sident et où il côtoie des grands patrons.

En 1997, Lionel Jospin, nou­veau Premier ministre, le nomme ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Il est l’artisan de pri­va­ti­sa­tions mas­sives, notam­ment celle de France Télécom, alors que le pro­gramme de Lionel Jospin excluait expres­sé­ment cette der­nière. Sous son impul­sion, le gou­ver­ne­ment Jospin (1997-2002) a pri­va­tisé davan­tage que les gou­ver­ne­ments de droite Balladur et Juppé réunis (31 mil­liards d’euros contre 25,7), notam­ment quelques fleu­rons de l’économie fran­çaise qui échappent ainsi au contrôle public : Air France, Aérospatiale (EADS), Thomson, Autoroutes du Sud de la France, France Télécom, Eramet, des com­pa­gnies d’assurances (GAN, CNP), des banques (Crédit Lyonnais, CIC, Marseillaise de Crédit, Crédit Foncier de France)…

En mai 2005, il sort un DVD en faveur du « oui » au projet de traité éta­blis­sant une Constitution pour l’Europe. Le « non » l’emportera en France à plus de 54%.

Le 17 sep­tembre 2006, il déclare : « Les uni­ver­si­tés fran­çaises sont en train de plon­ger dans les pal­ma­rès inter­na­tio­naux. Il faut créer une concur­rence entre les éta­blis­se­ments et mettre fin à l’hypocrisie du diplôme unique. Ce qui n’empêche pas de garder le sys­tème dans le public et de conser­ver une vision éga­li­taire ». Il ajoute : « Pour moi, il n’y aurait pas de scan­dale à ce que la chaire de phy­sique nucléaire de Paris-VI soit finan­cée par EDF, si EDF trouve que c’est bon pour son image. Mais ce n’est pas dans les mœurs » [1].

Le 18 novembre 2008, il est décoré des insignes de Grand offi­cier de l’ordre de la République par le dic­ta­teur tuni­sien Ben Ali. A cette occa­sion, M. Strauss-Kahn déclare : « l’économie tuni­sienne va bien, malgré la crise, (…) la poli­tique éco­no­mique qui est conduite est saine, et je pense que c’est un bon exemple à suivre pour beau­coup de pays (…) le juge­ment que porte le FMI sur la poli­tique tuni­sienne est très posi­tif (…) les choses conti­nue­ront de fonc­tion­ner cor­rec­te­ment » [2].

En novembre 2008, à l’issue de sa visite en Libye, il déclare : « Le Maghreb a connu des pro­grès remar­quables et son poten­tiel est consi­dé­rable. (…) J’ai féli­cité les par­ti­ci­pants à la Conférence de Tripoli d’avoir adopté le plan d’action pour accé­lé­rer les réformes en matière de faci­li­ta­tion des échanges, d’intégration finan­cière et de la pro­mo­tion du sec­teur privé et des pro­jets com­muns. (…) Le défi prin­ci­pal est de main­te­nir le rythme des réformes en cours visant entre autres à réduire la taille de l’État. Dans ce contexte, le Programme de dis­tri­bu­tion de la richesse com­porte à la fois une bonne occa­sion et cer­tains risques. S’il est struc­turé et mis sur pied conve­na­ble­ment, ce pro­gramme pour­rait pro­mou­voir le sec­teur privé tout en mini­mi­sant les risques posés pour l’offre de ser­vices publics essen­tiels » [3].

« On vit 100 ans, on ne va pas conti­nuer à avoir la retraite à 60 ans » (Le Figaro, 20 mai 2010). Le ministre du Travail de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth, le remer­cie publi­que­ment pour sa posi­tion en faveur de la réforme des retraites [4].

Jérome Duval

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