Poursuite-bâillon de Barrick Gold C. Écosociété : Procès en septembre 2011

Mis en ligne le 05 mars 2010


Montréal, le 24 février 2010 – Après plus de 20 mois de pro­cé­dures judi­ciaires, les Éditions Écosociété et les auteurEs de Noir Canada, Delphine Abadie, Alain Deneault et William Sacher, sont infor­méEs que le procès que leur intente la mul­ti­na­tio­nale Barrick Gold se tien­dra en sep­tembre 2011. Quarante jours d’audience, éche­lon­nés sur quatre mois, seront néces­saires pour pré­sen­ter les cen­taines de pièces dépo­sées comme preuves, ainsi que pour entendre les dif­fé­rents témoins, témoins-experts et plai­doi­ries res­pec­tives des par­ties concernées.

par Les Éditions Écosociété

Déjà au cours des deux der­nières années, les cinq employéEs d’Écosociété et les auteurEs de l’ouvrage ont dû pro­duire un très grand nombre de docu­ments et d’engagements pour la partie adverse, subir 17 jour­nées d’interrogatoires hors-cours et évi­dem­ment pré­pa­rer leur défense sous deux juri­dic­tions dif­fé­rentes. Rappelons que les Éditions Écosociété et les auteurEs de Noir Canada subissent une autre pour­suite de la part de Banro en Ontario pour un mon­tant de 5 mil­lions $. Un grand nombre de juristes, notam­ment le pro­fes­seur Pierre Noreau du Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal et coau­teur du rap­port MacDonald sur les pour­suites-bâillons, n’hésitent pas à qua­li­fier publi­que­ment ces pour­suites de pour­suites-bâillons (SLAPP).

Ni plus ni moins que 50 ans de reve­nus annuels (11 mil­lions $ au total) sont récla­més aux Éditions Écosociété pour avoir publié un essai cri­tique qui rend compte de ques­tions d’intérêt public. Heureusement, ce far­deau finan­cier se trouve allégé par la récente inter­ven­tion de l’assureur des Éditions Écosociété, qui a reconnu son obli­ga­tion à défendre la maison d’édition dans le cadre de l’action en res­pon­sa­bi­lité civile inten­tée par Barrick Gold. Nos nou­veaux pro­cu­reurs de Langlois Kronström Desjardins tra­vaillent main­te­nant à la défense de la maison.

Les auteurEs de Noir Canada, par contre, ne béné­fi­cient d’aucune cou­ver­ture d’assurance, et conti­nuent d’assumer seuls leur défense grâce aux dons au fonds de défense des Éditions Écosociété.

Quant au procès que leur intente Banro en Ontario, les Éditions Écosociété et les auteurEs de Noir Canada sont tou­jours en attente de l’audition de l’appel visant à faire rapa­trier la pour­suite au Québec.

Malgré cette constante mise sous pres­sion psy­cho­lo­gique, les Éditions Écosociété se font un point d’honneur de pour­suivre leur mis­sion et de publier des essais cri­tiques avec la volonté de sus­ci­ter des débats publics et d’inspirer les chan­ge­ments sociaux. En cohé­rence avec leurs idéaux, elles conti­nuent de défendre et de se pré­va­loir de la liberté d’expression néces­saire à toute vie démocratique.

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