Flottille de la liberté

Pourquoi nous voguerons vers Gaza

Par , Mis en ligne le 01 juillet 2011

Le Bateau de la Liberté II s’apprête à prendre le large d’ici jeudi ou ven­dredi. Les mobi­li­sa­tions des sala­riéEs des ports et les débar­deurs ralen­tit le pro­ces­sus mais ne devrait pas l’interrompre selon les orga­ni­sa­tions syn­di­cales concer­nées qui ont assuré leur col­la­bo­ra­tion. Les pres­sions exer­cées par Israël sur le gou­ver­ne­ment grec feront-elles effet ? Et des ten­ta­tives de sabo­tage sont signa­lées ce mardi matin sur le Louise-Michel, un des bateau affrété. En guise de pré­am­bule à cette mis­sion de soli­da­rité inter­na­tio­nale, nous vous offrons une lettre ouverte des deux délé­guées qué­bé­coises.

Depuis main­te­nant cinq ans, Israël impose un blocus illé­gal sur la bande de Gaza, une région déjà isolée des autres ter­ri­toires de la Palestine trans­for­mée par l’occupation et la colo­ni­sa­tion israé­liennes en îlots sépa­rés les uns des autres et sans conti­guïté ter­ri­to­riale. Ce blocus se tra­duit par une impos­si­bi­lité pour la presque tota­lité des 1,6 mil­lion de Palestiniens et Palestiniennes habi­tant la bande de Gaza de sortir des murs de cette région, par l’interdiction de pêcher au-delà de 3 milles marins, par des atten­tats ciblés, par des puni­tions col­lec­tives comme les des­truc­tions de mai­sons et le vol de terres et, évi­dem­ment, par une insuf­fi­sance de biens essen­tiels : maté­riel médi­cal, pro­duits ali­men­taires, maté­riaux de construc­tion, four­ni­tures sco­laires, etc. Ce blocus se tra­duit éga­le­ment par un har­cè­le­ment de la part des sol­dats israé­liens envers les Palestiniens, par des lois dis­cri­mi­na­toires, par des arres­ta­tions et des déten­tions pré­ven­tives. Gaza est lit­té­ra­le­ment une prison à ciel ouvert où le peuple qui y habite est tota­le­ment dépen­dant du bon vou­loir de l’État d’Israël et des sol­dats israé­liens.

Cette situa­tion se per­pé­tue en fla­grante vio­la­tion du droit inter­na­tio­nal et des droits de la per­sonne les plus fon­da­men­taux qui inter­disent entre autres choses les puni­tions col­lec­tives. Elle per­siste « en dépit de la Résolution 1860 du Conseil de Sécurité de l’ONU et des injonc­tions de la com­mu­nauté inter­na­tio­nale » comme l’a rap­pelé récem­ment la Fédération inter­na­tio­nale des ligues des droits de l’homme. Cette réso­lu­tion, votée en jan­vier 2009, exige que l’approvisionnement et la dis­tri­bu­tion de l’aide huma­ni­taire à la popu­la­tion de Gaza se fassent sans entrave.

Action paci­fique et huma­ni­taire

Le geste que nous fai­sons est une action directe non vio­lente, une action civile, paci­fique, non par­ti­sane visant jus­te­ment à livrer de l’aide huma­ni­taire à d’autres civils pales­ti­niens. Nous sommes conscientes des risques de cette mis­sion. Rappelons que, l’an der­nier, les sol­dats israé­liens ont illé­ga­le­ment abordé la flot­tille, tué neuf huma­ni­taires et blessé une qua­ran­taine d’autres.

Il importe de rap­pe­ler ici que cette action paci­fique et huma­ni­taire met d’abord en avant des valeurs huma­nistes de jus­tice et de paix. Elle est inclu­sive, a pour beauté la diver­sité des per­sonnes à bord et l’engagement des par­ti­ci­pants en faveur de la non-vio­lence, de la paix et des droits de la per­sonne. Nous ne sommes pas des super héroïnes, mais de simples citoyennes qui ont choisi d’agir en faveur d’un monde meilleur, d’un monde plus juste.

Conscience col­lec­tive

Il est hon­teux qu’une mis­sion huma­ni­taire soit qua­li­fiée de pro­vo­ca­tion de la part du gou­ver­ne­ment cana­dien. Tout ce que nous vou­lons pro­vo­quer, c’est la conscience col­lec­tive et dénon­cer l’illégal et immo­ral blocus israé­lien sur Gaza. Par cette mis­sion, nous cher­chons à créer un mou­ve­ment de soli­da­rité inter­na­tio­nal envers le peuple pales­ti­nien, mais éga­le­ment envers l’ensemble des peuples oppri­més. Le gou­ver­ne­ment cana­dien et l’ensemble de la com­mu­nauté inter­na­tio­nale doivent cesser d’avaliser aveu­glé­ment les poli­tiques israé­liennes et agir afin de faire res­pec­ter les droits des Palestiniens.

Nous sommes convain­cues que l’attachement des Canadiens et des Québécois aux valeurs de jus­tice et de paix de même que la force du mou­ve­ment de soli­da­rité des citoyens et citoyennes de ce monde auront raison des mesures injustes qui ont cours au quo­ti­dien dans cette région du monde. Si nous recon­nais­sons la légi­ti­mité des peuples arabes de lutter pour la liberté, nous devons en faire autant pour le peuple pales­ti­nien. Nous rêvons d’une Palestine libre, maître de ses choix et nous agis­sons aujourd’hui et conti­nue­rons d’agir demain pour qu’il en soit ainsi.

Marie-Ève Rancourt – Déléguée de la Ligue des droits et liber­tés et Manon Massé – Déléguée de Québec soli­daire

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