Malgré l’absence de candidature

Pour un débat politique d’orientation à la FTQ

Par Mis en ligne le 05 octobre 2010

Même si de toute évi­dence, il n’y aura pas d’élection à la direc­tion de la FTQ au congrès de décembre 2010, la néces­sité d’amorcer un débat poli­tique d’orientation s’impose.

Le secré­taire-géné­ral René Roy a annoncé qu’il reti­rait sa can­di­da­ture, mais cela ne signi­fie pas pour autant que Michel Arsenault a su gagner les troupes à sa cause. La grande qua­lité de René Roy dans le contexte actuel est qu’il n’avait été asso­cié à aucun scan­dale. Au niveau poli­tique cepen­dant, il ne se démar­quait pas de Michel Arsenault. Il n’y a donc pas eu à ce jour de véri­table cam­pagne sur les enjeux impor­tants, malgré un cou­rant de contes­ta­tion mani­feste.

Au Saguenay Lac St-Jean, les TCA du Syndicat natio­nal des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA) avait cessé de payer leur coti­sa­tion à la FTQ pen­dant une période de 7 mois (sep­tembre 2009 à mars 2010) en signe de pro­tes­ta­tion. Le pré­sident de la FTQ, Michel Arsenault, réclame main­te­nant le paie­ment de la tota­lité des sommes dues, sans quoi il pour­rait sus­pendre le syn­di­cat et lui reti­rer le droit de par­ti­ci­per au congrès.

Le Conseil conjoint régio­nal FTQ Saguenay-Lac-Saint-Jean et du Haut du Lac-Saint-Jean Chibougamau-Chapais réunis en congrès régio­nal ont voté une réso­lu­tion d’appui non équi­voque au SNEAA. Ils dénoncent cette façon de faire et man­datent l’exécutif régio­nal d’entreprendre des démarches auprès des autres conseils régio­naux FTQ du Québec afin de dénon­cer cette situa­tion.

Mais en l’absence de can­di­da­ture à la pré­si­dence, ceux et celles qui dési­rent expri­mer leur mécon­ten­te­ment seront gran­de­ment limi­tés. De sur­croît, la décla­ra­tion de René Roy, selon laquelle une élec­tion divise les membres et aurait fait perdre sa soli­da­rité à la FTQ, vient enfon­cer plus pro­fon­dé­ment cette fausse idée que la soli­da­rité exige l’unanimité, et encou­rage le mutisme.

Le mécon­ten­te­ment est pour­tant bien réel. Il existe. Il doit pou­voir s’exprimer afin d’oxygéner la cen­trale. C’est à tra­vers les débats d’idées que la FTQ pourra avan­cer, remettre en ques­tion ses posi­tions, cor­ri­ger ses erreurs et lorsque néces­saire élire de nou­veaux diri­geants ou de nou­velles diri­geantes. Oui pour­quoi pas de nou­velles diri­geantes, ce qu’on n’a jamais vu à la direc­tion de la FTQ. La FTQ aurait d’ailleurs avan­tage à se renou­ve­ler, le lea­der­ship de Michel Arsenault a jusqu’ici pas­sa­ble­ment nui à l’image du mou­ve­ment syn­di­cal et celui de la FTQ en par­ti­cu­lier, l’empêchant de se pré­sen­ter comme un pôle ouvrier cré­dible face à la crise démo­cra­tique gou­ver­ne­men­tale.

Dans un tel contexte de dis­cré­dit des ins­ti­tu­tions, où la nomi­na­tion de la magis­tra­ture s’obtient par du lobby poli­tique, où les grands entre­pre­neurs obtiennent des contrats lucra­tifs grâce à leurs entrées poli­tiques, où les com­pa­gnies minières et gazières ont des droits d’exploitation exclu­sifs avec un mini­mum de rede­vances au gou­ver­ne­ment, où Péladeau bâtit un mono­pole en fai­sant fi des droits syn­di­caux, on aurait le goût d’entendre des cris de ras­sem­ble­ment comme celui du congrès de la FTQ en 1971 : Un seul front !

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