La santé malade du capitalisme

Pour la survie de notre santé

Luttes et résistances

Par Mis en ligne le 24 mai 2020

Un citoyen pauvre, un citoyen riche et un citoyen de la classe moyenne sont assis autour d’une table devant 12 bis­cuits.

Le riche en prend 10 et dit au citoyen de classe moyenne :

« Attention ! Le pauvre veut te voler un des deux bis­cuits que tu as payés avec tes taxes ! »[2]

Le 7 avril der­nier, le Québec a élu un nou­veau gou­ver­ne­ment du Parti libé­ral (PLQ). La popu­la­tion de la pro­vince serait en droit de s’attendre à ce que ce gou­ver­ne­ment défende l’héritage du grand Parti libé­ral qui est à l’origine de la nais­sance de l’assurance hos­pi­ta­li­sa­tion et de l’assurance mala­die publiques au Québec il y a plus de 40 ans. À cette époque, où le PIB qué­bé­cois repré­sen­tait une mince frac­tion de celui d’aujourd’hui, le PLQ de Jean Lesage avait com­pris que les « vraies affaires » rele­vaient des pro­grammes sociaux publics.

Pourtant, les Québécoises et les Québécois risquent fort d’être déçus : trente jours plus tôt, lors du déclen­che­ment des élec­tions, Philippe Couillard, main­te­nant pre­mier ministre, avait affirmé se lancer dans la bataille pour les « vraies affaires » – c’est-à-dire, dans ses termes, l’économie, l’emploi et le finan­ce­ment axé sur les patients – parce que, a-t-il ensuite répété sur toutes les tri­bunes, il avait fait le tour de la pro­vince et des gens de par­tout lui avaient dit qu’il devait s’occuper des vraies affaires. Il est pos­sible que de la Gaspésie au Témiscamingue, de l’Estrie au Lac-Saint-Jean, et de Sept-Îles jusqu’en Outaouais, des citoyennes, des citoyens et des gens d’affaires lui aient parlé d’économie, d’emploi… mais de « finan­ce­ment axé sur les patients » ? Permettez-nous d’en douter. On peine à ima­gi­ner le tra­vailleur d’usine, la mère de famille, le pro­duc­teur agri­cole, la prof de cégep, le pro­prié­taire d’une PME ou l’éducatrice de gar­de­rie accro­cher M. Couillard sur son pas­sage et lui dire : « M. Couillard, ça prend un finan­ce­ment axé sur les patients, pis ça presse, sinon, qu’est-ce qui va nous arri­ver dans notre région ? »

Alors, quels sont les véri­tables enjeux en santé et que nous réserve ce nou­veau gou­ver­ne­ment dans les mois et années à venir ?

Si le passé est garant de l’avenir…

Bien qu’il répète à qui mieux mieux qu’il n’est pas le gou­ver­ne­ment Charest dont il veut prendre ses dis­tances, M. Couillard ne peut renier tout son passé. Alors, rap­pe­lons-le, ce passé de ministre de la Santé et des Services sociaux qu’il fut de 2003 à 2008 :

  • C’est sous son règne que les éta­blis­se­ments du réseau de la santé et des ser­vices sociaux (CLSC, CHSLD, CH[3]) ont été fusion­nés pour former les immenses centres de santé et de ser­vices sociaux (CSSS). Ces nou­veaux éta­blis­se­ments ont été au cœur de la mise sur pied des réseaux locaux de ser­vices, sorte d’excroissances arti­fi­cielles du réseau public. Ces réseaux locaux de ser­vices sont deve­nus des réseaux paral­lèles com­po­sés de ser­vices privés, d’économie sociale et com­mu­nau­taire pou­vant concur­ren­cer le sec­teur public dans l’accomplissement des soins et des ser­vices. Les CSSS ont uti­lisé les réseaux locaux de ser­vices pour réduire les soins et les ser­vices que leurs propres com­po­santes assu­maient aupa­ra­vant et en trans­fé­rer gra­duel­le­ment la pres­ta­tion en la sous-trai­tant à des orga­nismes privés, d’économie sociale et com­mu­nau­taire, ron­geant de plus en plus les bud­gets publics.
  • D’autres lois ont éga­le­ment été adop­tées à la même époque pour s’arrimer avec les fusions d’établissements. Ainsi, en fusion­nant les accré­di­ta­tions syn­di­cales (loi 30), en modi­fiant le Code du tra­vail (loi 31), et un peu plus tard, en ouvrant aux assu­rances pri­vées la cou­ver­ture de chi­rur­gies d’un jour (loi 33), le gou­ver­ne­ment libé­ral a faci­lité la sous-trai­tance de per­son­nel, des ser­vices d’entretien, de buan­de­rie, d’alimentation, de four­ni­tures médi­cales, de ser­vices à domi­cile, de chi­rur­gies, etc., à des coûts plus élevés. Il est inté­res­sant de noter que toutes ces lois (et bien d’autres) ont été adop­tées sous le bâillon malgré le fait que le gou­ver­ne­ment libé­ral était majo­ri­taire. Cela nous permet d’apprécier l’importance que revêt la démo­cra­tie aux yeux du Parti libé­ral du Québec.
  • Il importe de se remé­mo­rer qu’après ses cinq années au gou­ver­ne­ment, M. Couillard est parti tra­vailler pour Persistence Capital Partners (PCP), une société qui affirme elle-même sur son site Web se concen­trer « exclu­si­ve­ment sur les occa­sions d’affaires qui ont un poten­tiel de forte crois­sance dans le domaine des ser­vices de santé ». En ouvrant au marché les chi­rur­gies d’un jour, un poten­tiel de forte crois­sance, on peut croire que M. Couillard s’est du même coup ouvert toutes grandes les portes de PCP.

La Coalition soli­da­rité santé a tenu une assem­blée publique le 12 mars 2014 pour faire le point sur 10 ans de fusions d’établissements. La conclu­sion ? Force est de consta­ter qu’on a uti­lisé les res­sources du public pour déve­lop­per les ser­vices privés en uti­li­sant tou­jours plus de privé dans la pres­ta­tion des ser­vices publics. En dix ans, la sous-trai­tance, la pri­va­ti­sa­tion, l’économie-socialisation, la com­mu­nau­ta­ri­sa­tion et les par­te­na­riats public-privé (PPP) ont envahi la place et se sont mieux implan­tés par­tout dans notre sys­tème public de santé et de ser­vices sociaux.

Privé et sous-trai­tance

Certains ténors de la pri­va­ti­sa­tion affirment que le privé s’occuperait mieux des gens que le public. En fait, nous croyons plutôt qu’il s’en occupe tant qu’il y a un profit à en tirer. Les exemples pleuvent dans tous les pays, y com­pris ici, où le déve­lop­pe­ment du privé ne va jamais de pair avec l’amélioration de la santé dans une société, bien au contraire.

Rappelons d’abord que l’objectif pour­suivi par le sec­teur public est d’offrir les meilleurs ser­vices au prix coû­tant, alors que l’objectif du privé est de faire du profit et, la façon de le faire étant acces­soire, ce qui rap­porte le plus et le plus rapi­de­ment est évi­dem­ment pri­vi­lé­gié. C’est cette notion de profit qui dis­tingue fon­da­men­ta­le­ment le privé du public, et qui va tein­ter tout le reste. Parce que pour pou­voir faire un profit, pour un prix donné, le privé va :

  • dimi­nuer la qua­lité ou la quan­tité de ser­vices rendus ; ou
  • dimi­nuer les condi­tions sala­riales et de tra­vail du per­son­nel ren­dant les ser­vices ; ou alors
  • il va haus­ser les coûts de ses ser­vices.

Mais le plus sou­vent, il fera les trois !

Nous n’inventons rien. Sur les coûts plus élevés de la sous-trai­tance, l’exemple du CSSS de Gatineau démontre qu’en offrant 70 % moins d’heures de tra­vail à des employéEs d’agences pri­vées, les éco­no­mies brutes ont été d’environ quatre mil­lions de dol­lars, ce qui a fait dire à son direc­teur géné­ral que « 2 $ dépen­sés en main-d’oeuvre indé­pen­dante coûtent 1 $ en main-d’oeuvre régu­lière […] Mais sur­tout, on amé­liore la qua­lité de nos ser­vices »[4].

Alors, que penser des 50 mégas-cli­niques pri­vées pro­mises en cam­pagne élec­to­rale par le PLQ, sinon qu’elles drai­ne­ront encore plus de res­sources publiques dans le privé ? Vous vous sou­ve­nez peut-être quand les ténors de ce parti par­laient de ces mégas-cli­niques ? Ils disaient que nous n’aurions qu’à sortir notre carte soleil[5] pour rece­voir « gra­tui­te­ment » les ser­vices spé­cia­li­sés. Et si un jour les finances publiques venaient à man­quer ? On nous pro­po­sera de chan­ger notre carte soleil pour la carte de crédit ?

Les par­ti­sans de la pri­va­ti­sa­tion rétor­que­ront que la concur­rence permet de réduire les coûts. À cela, nous répon­dons trois choses :

1. La concur­rence ne dure qu’un temps parce que l’objectif de toute entre­prise privée est de tuer la concur­rence pour éta­blir son mono­pole et ainsi contrô­ler le marché, les prix et aug­men­ter ses pro­fits.

2. S’il y a un domaine où la concur­rence est à bannir, c’est bien la santé qui a besoin au plus haut point de col­la­bo­ra­tion et de coopé­ra­tion, et non de concur­rence. La riva­lité mène à un non-par­tage d’informations qui nuit tôt ou tard aux soins, aux ser­vices et donc à la santé des malades et de la popu­la­tion.

3. Comme société offrant des ser­vices publics de santé à notre popu­la­tion, notre inté­rêt est que les gens soient le moins malades pos­sible et, quand ils le sont, de leur offrir les meilleurs soins pour qu’ils retrouvent rapi­de­ment la santé, ce qui au bout du compte nous coûte moins cher. Quand on est une orga­ni­sa­tion privée qui fait du profit avec la mala­die, a-t-on vrai­ment les mêmes inté­rêts ?

Un mode de finan­ce­ment qui favo­rise la qua­lité, non le volume

Malgré tout cela, nos gou­ver­ne­ments ne cessent d’accorder plus de place au sec­teur privé, tant dans l’accomplissement des ser­vices directs que dans la ges­tion du tra­vail. Conséquemment, les contrôles, jus­ti­fi­ca­tions, rap­ports, sta­tis­tiques, comp­ta­bi­li­sa­tions de toutes sortes sont de plus en plus nom­breux et exigent de plus en plus de per­son­nel admi­nis­tra­tif et de ges­tion­naires pour ana­ly­ser tou­jours plus de don­nées. On met en com­pé­ti­tion des ser­vices et des pro­duc­teurs de soins et ser­vices qui, pour être plus ren­tables, vont choi­sir ce qui rap­porte le plus et le plus rapi­de­ment, délais­sant ce qui rap­porte le moins et qui prend plus de temps. Bien sûr, comme c’est le sec­teur public qui a le mandat de servir toute la popu­la­tion, c’est lui qui s’occupe des cas les plus lourds, qui coûtent le plus cher en termes de soins, pen­dant que le privé s’occupe de ceux qui rap­portent le plus, s’appropriant ainsi des reve­nus les plus faciles pen­dant que le public en manque pour les cas dif­fi­ciles.

Cette situa­tion pro­blé­ma­tique va être accen­tuée et aggra­vée par le finan­ce­ment axé sur les patientEs, au point où on retrou­vera des per­sonnes qui seront sur-soi­gnées et d’autres qui seront sous-soi­gnées. D’ailleurs, la phrase uti­li­sée par les pro­mo­teurs de ce mode de finan­ce­ment « le patient ne sera plus vu comme une dépense, mais comme un revenu » annonce le chemin. L’exemple du Royaume-Uni, qu’on nous a servi long­temps pour mon­trer à quel point ça fonc­tion­nait bien, nous enseigne au contraire que le sup­posé remède de cheval qu’on veut admi­nis­trer tue le cheval, comme le montre la lettre de l’Association des consul­tants du Service natio­nal de la santé au Royaume-Uni (NHSCA)[6]. À l’image de la bac­té­rie man­geuse de chair, le finan­ce­ment axé sur les patientEs jumelé à l’utilisation du privé trans­forme ce der­nier en « bac­té­rie man­geuse de finances publiques », qui acca­pare tou­jours plus de bud­gets parce qu’elle n’assume jamais sa part de risque pour la lais­ser au public qui, lui, hérite de toutes les res­pon­sa­bi­li­tés sans les moyens pour les assu­mer.

Les PPP

C’est éga­le­ment sous la gou­verne de M. Couillard et du PLQ qu’est appa­rue au Québec la mode des par­te­na­riats public-privé, malgré les aver­tis­se­ments du Vérificateur géné­ral. Plusieurs orga­ni­sa­tions, dont la Coalition soli­da­rité santé, se sont inquié­tées que la cam­pagne élec­to­rale se déroule sans que la ques­tion des PPP ne soit jamais évo­quée. Les pro­jets en PPP du CHUM et du CUSM[7] coû­te­ront au bas mot plus de six mil­liards de dol­lars, soit deux fois plus qu’annoncé au départ, si bien qu’en 2012, un rap­port de la firme Secor-KPGM esti­mait que les coûts de construc­tion du CHUM explo­saient de 127 % et du CUSM de 78 %. Que le pro­ces­sus d’attribution des contrats pour les réa­li­ser sou­lève encore plu­sieurs ques­tions aux­quelles il n’y a tou­jours pas eu de réponse est très inquié­tant pour des pro­jets ayant un poids aussi consi­dé­rable sur nos finances publiques.

Au moment où le nou­veau gou­ver­ne­ment Couillard parle de graves déci­sions à prendre à propos de la capa­cité de payer de l’État, et où les « experts » Montmarquette et Godbout évoquent la vente, même par­tielle, des actifs d’Hydro-Québec et de la Société des alcools du Québec comme solu­tions, il est pour le moins éton­nant que ces mes­sieurs ne se soient pas attar­dés aux sommes astro­no­miques qu’on va englou­tir dans ces PPP, sans comp­ter qu’on devra payer pen­dant 30 ans pour leur uti­li­sa­tion, ce qui nous vaudra assu­ré­ment d’autres rap­ports alar­mistes et d’autres com­pres­sions bud­gé­taires.

On nous oppo­sera qu’on doit res­pec­ter la signa­ture des gou­ver­ne­ments pré­cé­dents et qu’on ne peut mettre fin à ces contrats. Faux ! Dans tout contrat, il y a des clauses de rési­lia­tion. Ainsi, l’État fran­çais a conclu qu’il valait mieux rache­ter le contrat en PPP du Centre Hospitalier Sud-Francilien (CHSF), ce qu’il a fait le 14 mars der­nier. Les huis­siers avaient relevé 8 000 mal­fa­çons dans le bâti­ment entre­pris en 2012. Par ce rachat, l’État fran­çais estime qu’il va réa­li­ser des éco­no­mies de 600 à 700 mil­lions d’euros[8]. Qu’en serait-il pour le gou­ver­ne­ment du Québec dans le cas de ses mégas-hôpi­taux uni­ver­si­taires ?

Après son élec­tion, M. Couillard a déclaré que son gou­ver­ne­ment allait être trans­pa­rent et qu’il n’y aurait aucune col­lu­sion, que les choses allaient être faites autre­ment. Étant donné que plu­sieurs entre­prises liées à ces PPP sont pré­sen­te­ment devant les tri­bu­naux pour fraude et cor­rup­tion, cette trans­pa­rence pro­mise par M. Couillard s’appliquera-t-elle aussi aux PPP des CHU ?

Les condi­tions de tra­vail et sala­riales du per­son­nel

On est tous à même de consta­ter que les méde­cins pro­fitent d’un impor­tant rat­tra­page sala­rial par les temps qui courent, même s’il est pro­bable, au moment d’écrire ces lignes, qu’une partie de leur aug­men­ta­tion soit étalée dans le temps. Malgré cela, on ne peut affir­mer que les ser­vices s’améliorent sui­vant ce rat­tra­page. Par la façon dont sont trai­tées les autres pro­fes­sions, on donne plutôt l’impression que la contri­bu­tion de celles-ci est acces­soire dans les soins et ser­vices, alors que nous savons toutes et tous qu’elle est cen­trale parce que ce sont ces per­sonnes qui les donnent les soins.

La réor­ga­ni­sa­tion du tra­vail qui s’opère depuis quelques années dans le réseau public de santé et des ser­vices sociaux, ini­tiée par le suc­ces­seur du ministre Couillard, le DYves Bolduc, sous les vocables lean, toyo­tisme ou opti­mi­sa­tion, est une folie qui est en train de conduire les tra­vailleuses et les tra­vailleurs vers le burn-out, sinon vers la sortie du sec­teur public, voire à l’abandon de leur pro­fes­sion. Le per­son­nel du réseau public est bien formé et pos­sède les com­pé­tences requises pour savoir quoi faire, com­ment et quand le faire. Nier son exper­tise, c’est se condam­ner à perdre de la qua­lité dans les soins et les ser­vices à la popu­la­tion.

Toutes ces méthodes de ges­tion du tra­vail et du per­son­nel ne donnent pas, au bout du compte, le résul­tat promis. Même dans les entre­prises où ces méthodes tirent leur ori­gine (comme l’industrie de l’automobile), leurs impacts sur le per­son­nel ont été consi­dé­rables : aggra­va­tion du stress, acci­dents de tra­vail, décou­ra­ge­ments et même sui­cides. Pourtant, à l’autre bout du spectre, on voit aussi des entre­prises (oui, oui, même pri­vées !) amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail de leurs employéEs parce qu’elles ont com­pris que des employéEs plus heu­reux sont plus pro­duc­tifs, plus créa­tifs, plus fidèles. User à la corde des tra­vailleuses et des tra­vailleurs pour les rem­pla­cer quand elles et ils sont épuiséEs est une for­mule qui relève plus du XIXe siècle, à l’époque du tra­vail des enfants, que d’une société avan­cée et moderne.

Il faut inver­ser la vapeur et aban­don­ner ces méthodes qui, à terme, se révèlent non seule­ment inhu­maines, mais aussi impro­duc­tives. Dans moins d’un an, les conven­tions col­lec­tives du sec­teur public, dont celles du per­son­nel de la santé et des ser­vices sociaux, vien­dront à échéance. Il est plus que temps que l’État prenne soin des per­sonnes qui prennent soin de nous.

Des soins et des ser­vices en toute sécu­rité

Nous vou­lons toutes et tous vivre le plus long­temps pos­sible chez nous et demeu­rer indé­pen­dants. Et tout le monde est d’accord pour que l’on sou­tienne l’autonomie des per­sonnes : être auto­nome et capable d’accomplir soi-même les rôles qu’on entend assu­mer est un gage de vieillis­se­ment plus heu­reux pour soi-même et pour son milieu. Mais il y a une dif­fé­rence entre le sou­tien à l’autonomie qui contri­bue à l’épanouissement des per­sonnes et le main­tien à domi­cile qui peut faci­le­ment se trans­for­mer en empri­son­ne­ment à faible coût.

Lors de la com­mis­sion par­le­men­taire sur le Livre blanc de l’assurance auto­no­mie, la Coalition soli­da­rité santé a écrit dans son mémoire que l’objectif pre­mier d’une assu­rance auto­no­mie devait être de favo­ri­ser le main­tien dans le milieu de vie et le sou­tien et l’amélioration de la capa­cité phy­sique, psy­chique et sociale des per­sonnes à agir dans leur milieu, et à accom­plir les rôles qu’elles entendent assu­mer d’une manière accep­table pour elles-mêmes et pour les groupes dont elles font partie, quels que soient leur âge et leurs limi­ta­tions fonc­tion­nelles (phy­siques, men­tales, etc.). De plus, il fal­lait que la sécu­rité phy­sique et psy­cho­lo­gique des per­sonnes soit une valeur tra­ver­sant toutes les com­po­santes des ser­vices de sou­tien à l’autonomie, tant pour celles qui reçoivent les soins et les ser­vices que pour celles qui les donnent et celles qui les aident. Quant à lui, le PLQ qui était repré­senté à cette com­mis­sion par le Dr Yves Bolduc, affir­mait qu’on n’avait pas besoin d’une assu­rance auto­no­mie ni d’une caisse auto­no­mie pour réa­li­ser tous les soins et ser­vices.

Pour la Coalition soli­da­rité santé, ces élé­ments étaient acces­soires. Ce qui était et demeure cen­tral, c’est que les soins à la per­sonne, que l’on appelle sou­tien aux acti­vi­tés de la vie quo­ti­dienne (AVQ), relèvent de la res­pon­sa­bi­lité des ser­vices publics et soient réser­vés au per­son­nel formé et qua­li­fié des équipes d’intervention multi ou inter­dis­ci­pli­naire des CSSS : auxi­liaires fami­liales et sociales (ASSS), infir­mières auxi­liaires et préposéEs aux béné­fi­ciaires. Cela signi­fie éga­le­ment qu’il faut rapa­trier dans le sec­teur public ces ser­vices, là où ils sont assu­més par le privé, éco­no­mie sociale incluse.

C’est à la fois une ques­tion de sécu­rité, de conti­nuité, de santé et de contrôle des coûts.

Les meilleurs médi­ca­ments au meilleur prix

Grâce au régime hybride public-privé et à des lois accom­mo­dantes pour les socié­tés phar­ma­ceu­tiques, les Québécois et les Québécoises paient 38 % de plus que la moyenne payée par les habi­tants des pays de l’OCDE pour leurs médi­ca­ments.

Une étude du cher­cheur Marc-André Gagnon, en col­la­bo­ra­tion avec Guillaume Hébert, publiée le 13 sep­tembre 2010[9], mon­trait à quel point les poli­tiques et lois cana­diennes concer­nant l’achat de médi­ca­ments dila­pident les fonds publics. Ils pro­po­saient quatre scé­na­rios plus res­pon­sables au niveau des finances publiques fédé­rales, et chif­fraient pour chacun les éco­no­mies pou­vant être réa­li­sées : de l’un à l’autre, nous pou­vions épar­gner de 3 à 10 mil­liards de dol­lars.

L’Union des consom­ma­teurs anime depuis près de quatre ans une cam­pagne pour un régime d’assurance médi­ca­ments entiè­re­ment public. La Coalition soli­da­rité santé a appuyé cette cam­pagne en décembre 2011.

En juin 2012, Québec soli­daire (QS) dépo­sait à l’Assemblée natio­nale un projet de loi ins­ti­tuant Pharma-Québec, avec la mis­sion « d’assurer l’approvisionnement en médi­ca­ments au plus bas coût pos­sible pour la popu­la­tion et l’ensemble des éta­blis­se­ments de santé du Québec et de four­nir un accès équi­table et rai­son­nable aux médi­ca­ments ». Ni le gou­ver­ne­ment libé­ral de l’époque, ni celui du Parti qué­bé­cois qui l’a rem­placé n’ont daigné appe­ler ce projet de loi pour qu’il soit étudié en com­mis­sion par­le­men­taire.

Le seul geste posé par le gou­ver­ne­ment du Québec dans cette direc­tion l’a été dans le budget Marceau de novembre 2012 abo­lis­sant la règle des 15 ans qui obli­geait le gou­ver­ne­ment à rem­bour­ser pen­dant 15 ans le prix (plus élevé) d’un médi­ca­ment d’origine, même si une ver­sion géné­rique (moins chère) était mise en marché. Cette mesure risque cepen­dant d’être de courte durée, car l’Accord de libre-échange avec l’Europe com­por­tera assu­ré­ment une nou­velle règle du genre sur les bre­vets phar­ma­ceu­tiques.

Lors de la cam­pagne élec­to­rale de 2014, QS a chif­fré les éco­no­mies à réa­li­ser par l’instauration de Pharma-Québec à 2,3 mil­liards de dol­lars. On ne peut que s’étonner qu’une telle pos­si­bi­lité n’ait même pas fait l’objet d’un para­graphe dans le rap­port Godbout-Montmarquette com­mandé par le nou­veau gou­ver­ne­ment libé­ral. Il est vrai que Claude Montmarquette pré­si­dait le comité devant étu­dier, en 2001, la per­ti­nence et la fai­sa­bi­lité d’un régime uni­ver­sel public d’assurance médi­ca­ments au Québec, et qu’il avait décidé d’élargir son mandat pour mieux en per­ver­tir le sens et les recom­man­da­tions, concluant ainsi aux avan­tages du main­tien d’un régime hybride…

Soutenir le sec­teur com­mu­nau­taire

Depuis le début des années 1990, au Québec, le gou­ver­ne­ment n’a cessé de se déles­ter de ses obli­ga­tions et res­pon­sa­bi­li­tés. L’une des solu­tions qu’il a trou­vées a été de confier au sec­teur com­mu­nau­taire, à moindre coût, des ser­vices ou des res­pon­sa­bi­li­tés qui étaient ou qui auraient dû être assu­més par le sec­teur public. Sur presque tous les enjeux (la faim, la délin­quance, l’itinérance, la jeu­nesse, les ser­vices à domi­cile, le sida, la santé men­tale, les loi­sirs, etc.), le gou­ver­ne­ment finance divers groupes. Ce finan­ce­ment étant inégal d’un orga­nisme à l’autre et d’une région à l’autre, le résul­tat demeure que, malgré tous les sacri­fices que s’imposent les tra­vailleuses et les tra­vailleurs ainsi que les béné­voles qui se dévouent corps et âme pour leurs membres ou leur com­mu­nauté, les acti­vi­tés et ser­vices sont inégaux en quan­tité, en qua­lité ou dans les condi­tions offertes au per­son­nel qui y tra­vaille. Pourtant, leur impli­ca­tion et leur cou­rage méritent mieux que ça !

Malgré les gains réa­li­sés dans les der­nières années, les pro­grammes de finan­ce­ment aux­quels les per­sonnes du com­mu­nau­taire ont accès, sont de plus en plus ciblés, les obli­geant à tordre tou­jours plus leur mis­sion et leurs acti­vi­tés pour obte­nir des fonds malgré tout insuf­fi­sants. Par une red­di­tion de compte scru­pu­leuse et des contrôles exces­sifs, par un finan­ce­ment condi­tion­nel, avec peu de recon­nais­sance ou de res­pect pour la sou­ve­rai­neté des assem­blées géné­rales, le gou­ver­ne­ment du Québec tente depuis des années d’imposer aux mil­liers d’organismes sou­te­nus des façons de faire qui ne sont pas les leurs.

Cela doit cesser. L’État doit sou­te­nir les 3 000 groupes com­mu­nau­taires oeu­vrant dans le domaine de la santé et des ser­vices sociaux et rehaus­ser le finan­ce­ment de ces orga­nismes qui appar­tiennent aux com­mu­nau­tés qui les ont créés et qui accom­plissent un tra­vail extra­or­di­naire dans toutes les régions du Québec.

Les condi­tions de vie, déter­mi­nants essen­tiels de la santé

Il n’y a pas là de secret ni de grande décou­verte : les condi­tions de vie déter­minent les condi­tions de santé. Elles sont direc­te­ment et prin­ci­pa­le­ment res­pon­sables de l’état de santé des indi­vi­dus et des popu­la­tions. C’est pour­quoi on les appelle les déter­mi­nants de la santé.

Les ser­vices sociaux viennent sou­te­nir de meilleures condi­tions de vie et ont fait leurs preuves quant à leur effi­ca­cité. Pourtant, nous esti­mons que les ser­vices sociaux sont en net recul au sein du minis­tère de la Santé et des Services sociaux. Nous croyons que ce recul, et par consé­quent le sous-déve­lop­pe­ment des ser­vices sociaux, explique en partie l’explosion des coûts des ser­vices de santé.

Mais davan­tage encore, en ce siècle où les moyens de pro­duc­tion, d’exploitation et d’utilisation des richesses atteignent des som­mets inéga­lés dans l’histoire de l’humanité, c’est l’environnement, qui recouvre toutes nos condi­tions de vie sur Terre, qui est d’autant plus menacé. Nous pro­vo­quons la dété­rio­ra­tion accé­lé­rée de l’environnement sans égard à son réta­blis­se­ment, et cela nous conduira à notre perte à toutes et à tous si nous ne fai­sons rien. Même si cer­tains pensent s’en tirer, on ne parle plus de déve­lop­pe­ment durable, mais de dura­bi­lité de l’humanité !

Le rap­port déposé récem­ment par le Groupe inter­gou­ver­ne­men­tal d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a pré­cisé l’ampleur des pro­blèmes qui nous attendent, et réduit le temps qui nous en sépare, au point où même l’administration Obama s’est sentie obli­gée de sonner l’alarme.

Cette fuite en avant dans l’exploitation et le gas­pillage est encou­ra­gée sous pré­texte qu’il faut créer plus de richesse. Or, de la richesse, il y en a déjà beau­coup, mais elle est très mal répar­tie. À mesure qu’on exploite tou­jours plus les richesses de notre monde, les inéga­li­tés s’aggravent. Et le Québec, malgré ses par­ti­cu­la­ri­tés, ne fait pas excep­tion.

Comme société, aurons-nous le cou­rage et le temps d’agir pour notre bien commun et notre survie à toutes et tous ?

Un nou­veau ministre

Le 23 avril 2014, un nou­veau ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Gaétan Barrette, est entré en fonc­tion. La Coalition soli­da­rité santé a émis un com­mu­ni­qué pour saluer son arri­vée, mais sur­tout pour lui résu­mer les prin­ci­paux enjeux aux­quels lui et son gou­ver­ne­ment doivent s’attaquer :

  • l’amélioration des condi­tions de vie de la majo­rité de la popu­la­tion par le par­tage de la richesse déjà exis­tante et la réduc­tion des inéga­li­tés, dans un souci de contrer la catas­trophe envi­ron­ne­men­tale qui nous guette et qu’on ne doit pas léguer à nos enfants ;
  • l’amélioration de l’accès à des soins et des ser­vices socio­sa­ni­taires par la réduc­tion de la place du privé et le ren­for­ce­ment et le déve­lop­pe­ment du sys­tème public ; le réseau public assure le meilleur rap­port qualité/​prix que l’on puisse obte­nir parce qu’il est plus ren­table, plus effi­cace et effi­cient que ne le sera jamais le privé ;
  • un mode de finan­ce­ment des soins et des ser­vices qui favo­rise la col­la­bo­ra­tion et la coopé­ra­tion du per­son­nel pour une plus grande qua­lité, et non la com­pé­ti­tion et la concur­rence pour un plus gros volume ;
  • le res­pect et la recon­nais­sance, y com­pris finan­cière, des com­pé­tences des divers per­son­nels qui se dévouent au quo­ti­dien au ser­vice de la popu­la­tion ;
  • des ser­vices de sou­tien à l’autonomie guidés par le prin­cipe de pré­cau­tion pour nous assu­rer de « n’échapper per­sonne », et que tous les gens concer­nés soient en sécu­rité, en misant sur un projet de société où on prend le temps de soi­gner et de sou­te­nir digne­ment les membres de notre com­mu­nauté qui en ont besoin ;
  • l’arrêt des contrats en PPP où le secret des contrats relève presque de la sécu­rité natio­nale et où l’intérêt finan­cier et légal public passe tou­jours après celui du privé ;
  • l’établissement d’une assu­rance médi­ca­ments uni­ver­selle et publique et d’une poli­tique du médi­ca­ment nous per­met­tant de mieux gérer les stocks, nous pro­té­geant des pénu­ries des der­nières années, tout en éco­no­mi­sant des mil­liards de dol­lars ;
  • le sou­tien et le rehaus­se­ment du finan­ce­ment des orga­nismes com­mu­nau­taires qui tra­vaillent avec leurs com­mu­nau­tés pour se prendre en main, s’organiser démo­cra­ti­que­ment, chan­ger et amé­lio­rer leurs condi­tions de vie.

Nous avons éga­le­ment voulu rap­pe­ler deux choses au Dr Barrette. Tout d’abord, qu’à l’instar de ce que le PLQ pen­sait il y a qua­rante ans, la Coalition soli­da­rité santé juge que les « vraies affaires » ne sont pas celles du monde des affaires, ce sont celles du mieux vivre ensemble. Ce mieux vivre implique une réduc­tion impor­tante des inéga­li­tés et une contri­bu­tion de toutes et tous au bien commun en fonc­tion de la capa­cité de cha­cune et chacun, indi­vi­dus et socié­tés. Faut-il vrai­ment le rap­pe­ler : le Québec est une société parmi les plus riches au monde, une société qui dis­pose de plus de moyens que bien d’autres.

Pourtant, toutes les annonces qu’on nous fait depuis l’élection, à com­men­cer par le rap­port Godbout-Montmarquette, visent à nous faire gober que nous vivons au-dessus de nos moyens, qu’on ne peut taxer davan­tage et que, par consé­quent, nous devons ajus­ter nos ser­vices publics à notre capa­cité de payer… sans jamais défi­nir ce qu’est et qui a cette fameuse capa­cité de payer ! On nous matraque plutôt avec l’image d’un défi­cit struc­tu­rel appré­hendé en pre­nant bien soin de ne pas men­tion­ner les baisses d’impôt qui ont causé ce même défi­cit struc­tu­rel. L’objectif à peine voilé du gou­ver­ne­ment est de pour­suivre la pri­va­ti­sa­tion de nos ser­vices publics en rédui­sant la taille du sec­teur public qui pro­duit ces ser­vices. En santé et dans les ser­vices sociaux, cela se tra­duira pro­ba­ble­ment par une désas­su­rance des soins et ser­vices, qu’on nom­mera « révi­sion du panier de ser­vices assu­rés ». On fera comme on l’a déjà fait avec cer­taines chi­rur­gies d’un jour : on per­met­tra aux assu­rances pri­vées de cou­vrir des soins et ser­vices, et ainsi on aug­men­tera la part des indi­vi­dus dans le finan­ce­ment de la santé au profit d’une dimi­nu­tion de la part des socié­tés. Au total, les dépenses en santé ne dimi­nue­ront pas, mais leur finan­ce­ment sera plus indi­vi­dua­lisé, avec (a) une dimi­nu­tion de l’accessibilité parce que la majo­rité de la popu­la­tion ne pourra payer plus pour les soins et ser­vices, ni plus pour des assu­rances, et (b) une effi­ca­cité et une qua­lité à la baisse, parce que la recherche du profit sera prio­ri­sée par ces nou­veaux pres­ta­taires au détri­ment de la santé de la popu­la­tion.

C’est dans ce cadre que la Coalition a aussi voulu rap­pe­ler au Dr Barrette qu’en 2010, lorsqu’il était à la tête de la Fédération des méde­cins spé­cia­listes du Québec, il avait publié dans les médias une liste d’alternatives bud­gé­taires et fis­cales res­sem­blant à celle de la Coalition oppo­sée à la tari­fi­ca­tion et à la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics, per­met­tant au gou­ver­ne­ment d’aller cher­cher l’argent néces­saire pour finan­cer la réa­li­sa­tion publique de nos ser­vices. Au moment où son gou­ver­ne­ment s’apprête à rédi­ger un nou­veau budget et parle de couper un mil­liard de dol­lars dans le réseau public de santé et les ser­vices sociaux, nous sou­hai­tions et sou­hai­tons tou­jours qu’il s’en sou­vienne.

Et les luttes, alors ?

Il est évident que tous ces enjeux ne pour­ront trou­ver leur juste solu­tion sans qu’un véri­table rap­port de force ne s’établisse en faveur de notre bien commun. Pour le moment, nous n’entendons que des décla­ra­tions incen­diaires et géné­rales en pro­ve­nance du gou­ver­ne­ment, mais son pre­mier budget, déposé inces­sam­ment, four­nira des indi­ca­tions plus pré­cises sur ses inten­tions. De même, sa pre­mière année de gou­ver­nance, mar­quée par l’annonce d’une com­mis­sion sur la fis­ca­lité, la révi­sion de tous les pro­grammes gou­ver­ne­men­taux et l’amorce de la négo­cia­tion du sec­teur public, est en train de déli­mi­ter l’étendue du champ de bataille. C’est pour­quoi nous devons dès main­te­nant nous pré­pa­rer. Soyons humbles, retour­nons à la base : par­lons, infor­mons, dis­cu­tons, expli­quons, démon­trons et démon­tons le dis­cours d’en face, pour construire notre camp.

Plus que jamais, nous avons besoin de serrer les rangs, de nous unir, de nous parler, de nous com­prendre, de par­ta­ger nos ana­lyses et nos infor­ma­tions pour faire appa­raître les causes com­munes sous-jacentes à nos pro­blé­ma­tiques. Nous n’avons pas besoin de divi­sion, nous avons besoin d’unité. Le res­pect de la diver­sité des tac­tiques ne pourra exis­ter que s’il se fait dans les deux sens : un rap­port de force ne se construit pas que dans la rue, mais aussi dans la rue.

Il est plus que temps de battre en brèche l’individualisme. Il est grand temps de faire l’éloge de la soli­da­rité !


  1. L’auteur est coor­don­na­teur de la Coalition soli­da­rité santé.
  2. Repris de Facebook.
  3. CLSC : centres locaux de ser­vices com­mu­nau­taires ; CHSLD : centres d’hébergement et de soins de longue durée ; CH : centres hos­pi­ta­liers.
  4. Julien Paquette, « Économie nette de 4 M $ au CSSS de Gatineau », Le Droit, 30 avril 2014.
  5. La carte d’assurance mala­die est sou­vent dési­gnée sous le nom de carte soleil. (NdR)
  6. <www​.cssante​.com/​n​o​d​e/469>.
  7. CHUM : Centre hos­pi­ta­lier de l’Université de Montréal ; CUSM : Centre uni­ver­si­taire de santé McGill.
  8. Bertrand Bissuel et Laetitia Clavreul, « Eiffage et l’hôpital sud-fran­ci­lien : récit d’un divorce », Le Monde, 31 mars 2014, <www​.lemonde​.fr/​s​o​c​i​e​t​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​4​/​0​3​/​3​1​/​e​i​f​f​a​g​e​-​e​t​-​l​-​h​o​p​i​t​a​l​-​s​u​d​-​f​r​a​n​c​i​l​i​e​n​-​r​e​c​i​t​-​d​-​u​n​-​d​i​v​o​r​c​e​_​4​3​9​2​8​6​7​_​3​2​2​4​.html>.

  9. Marc-André Gagnon et Guillaume Hébert, Argumentaire éco­no­mique pour un régime uni­ver­sel d’assurance-médicaments, IRIS et CCPA, 2010, <www​.iris​-recherche​.qc​.ca/​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​a​r​g​u​m​e​n​t​a​i​r​e​_​e​c​o​n​o​m​i​q​u​e​_​p​o​u​r​_​u​n​_​r​e​g​i​m​e​_​u​n​i​v​e​r​s​e​l​_​d​8​2​1​7​a​s​s​u​r​a​n​c​e​-​m​e​d​i​c​a​ments>.

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