Plan Nord

Pour la CSN, une précipitation qui compromettrait le développement durable

Par Mis en ligne le 15 novembre 2011

Dans son mémoire pré­senté dans le cadre de la consul­ta­tion menée par le minis­tère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Protéger le Nord, la CSN reproche au gou­ver­ne­ment de vou­loir pro­cé­der dans la pré­ci­pi­ta­tion et sans les connais­sances néces­saires pour assu­rer un réel déve­lop­pe­ment durable dans le Nord qué­bé­cois. « Le gou­ver­ne­ment leurre la popu­la­tion du Québec en affir­mant pro­té­ger 50 % du ter­ri­toire et il ne garan­tit en rien que le déve­lop­pe­ment indus­triel sera soumis vrai­ment à un pro­ces­sus de déve­lop­pe­ment durable. Nous deman­dons au gou­ver­ne­ment de pro­cé­der à une véri­table consul­ta­tion sur tous les aspects du Plan Nord », affirme le tré­so­rier de la CSN, Pierre Patry.

La CSN, qui est en accord avec le déve­lop­pe­ment éco­no­mique du Nord, plaide tou­te­fois pour que ce der­nier se fasse dans une pers­pec­tive de déve­lop­pe­ment durable qui assure le res­pect des droits de Autochtones et des com­mu­nau­tés locales et pro­tège la bio­di­ver­sité et les éco­sys­tèmes excep­tion­nels que l’on retrouve dans le Nord qué­bé­cois. « De plus, le déve­lop­pe­ment doit se faire autour de pro­jets struc­tu­rants et créer des emplois de qua­lité. Nous devons aussi avoir l’assurance que les res­sources natu­relles seront trans­for­mées au Québec », ajoute Pierre Patry.

De toute évi­dence, le gou­ver­ne­ment ne détient pas actuel­le­ment les connais­sances néces­saires pour per­mettre le déploie­ment de pro­jets indus­triels. L’incertitude qui existe quant au type de déve­lop­pe­ment indus­triel sou­haité rend dif­fi­cile, voire impos­sible, l’analyse d’impacts envi­ron­ne­men­taux. « Nous ne devrions pas être à la recherche d’un quel­conque pour­cen­tage du ter­ri­toire à pro­té­ger, mais plutôt assis­ter à la défi­ni­tion de condi­tions per­met­tant un déve­lop­pe­ment indus­triel qui soit res­pec­tueux de l’environnement », sou­tient le tré­so­rier de la CSN.

Pour la CSN, il est contraire au prin­cipe de déve­lop­pe­ment durable de déter­mi­ner aujourd’hui que le 50 % du ter­ri­toire res­tant peut être soumis à des exploi­ta­tions hydro­élec­triques, fores­tières ou minières sans com­pro­mettre jus­te­ment le déve­lop­pe­ment durable de cette région. « De plus, même si le gou­ver­ne­ment s’engage à pro­té­ger 50 % du ter­ri­toire, que vaut cette pro­tec­tion si les acti­vi­tés indus­trielles sur l’autre moitié sont dévas­ta­trices et se réper­cutent sur l’ensemble du ter­ri­toire ? », se demande Pierre Patry.

Même si l’objectif de pro­tec­tion de l’état natu­rel des ter­ri­toires est louable, le repré­sen­tant de la CSN croit que le cadre juri­dique pro­posé et la mise en place de réserves de terres de capi­tal nature ne per­mettent pas d’atteindre ce but. « Nous invi­tons le gou­ver­ne­ment à plus de rigueur et de pru­dence. Le Plan Nord est un projet de déve­lop­pe­ment éco­no­mique majeur qui com­porte des impacts sociaux et envi­ron­ne­men­taux tout aussi majeurs. Avant d’aller trop loin, le gou­ver­ne­ment doit impli­quer tous les groupes concer­nés par les ques­tions de déve­lop­pe­ment durable. Autochtones, com­mu­nau­tés locales, groupes envi­ron­ne­men­taux, centres de recherche, orga­ni­sa­tions syn­di­cales, tous doivent être impli­qués à chaque étape de réa­li­sa­tion du Plan Nord, ainsi que les entre­prises. Ces der­nières doivent être res­pon­sa­bi­li­sées quant à la pro­tec­tion des éco­sys­tèmes, au main­tien de la bio­di­ver­sité et à la restruc­tu­ra­tion des sites. Cette approche exige un chan­ge­ment de culture », de conclure le tré­so­rier de la CSN.

La CSN, fondée en 1921, repré­sente 300 000 membres répar­tis dans les sec­teurs public et privé.

Les commentaires sont fermés.