Marche mondiale des femmes

Pour l’interdiction du recrutement militaire dans les écoles et le retrait des troupes de l’Afghanistan

Par , Mis en ligne le 09 octobre 2010

Pour l’interdiction du recrutement militaire dans les écoles

Nous ne vou­lons pas d’un pays qui englou­tit des mil­liards pour répandre la des­truc­tion ailleurs sur la pla­nète, un pays qui par­ti­cipe à des guerres d’agression aux côtés des États-Unis et qui recrute nos enfants à l’école.

Dans le cadre de la Marche mon­diale des femmes, des mil­liers de per­sonnes se mobi­li­se­ront à tra­vers le Québec du 12 au 17 octobre pro­chains pour que le gou­ver­ne­ment du Québec inter­dise le recru­te­ment dans les ins­ti­tu­tions sco­laires et que le gou­ver­ne­ment du Canada retire ses troupes de l’Afghanistan immédiatement.

Le recru­te­ment mili­taire à son apogée

Dans les six pre­miers mois de l’année 2010, le nombre de morts civils en Afghanistan était en hausse de 31% par rap­port à la même période en 2009. Simultanément, on nous annon­çait l’achat par les Forces armées cana­diennes de 65 avions de chasse F-35 pour une valeur totale de 16 mil­liards $. Et très récem­ment, nous appre­nions que la marine cana­dienne four­nis­sait des guides d’animation aux écoles afin que les pro­fes­seur-e-s de niveau pri­maire dis­cutent des forces armées avec les enfants.

Le rôle que les forces mili­taires cana­diennes jouent au plan inter­na­tio­nal est en large partie déter­miné par l’équipement mili­taire que le pays pos­sède. Avec ces achats, le Canada se dote d’avions aux capa­ci­tés offen­sives sans pré­cé­dent et se posi­tionne donc clai­re­ment pour avoir un rôle d’intervention guer­rière à l’étranger. Pour s’y pré­pa­rer, l’armée est enga­gée dans la plus vaste offen­sive de recru­te­ment depuis la Seconde Guerre mondiale.

Sauver les femmes, un faux prétexte

Le Canada s’est engagé sous de faux pré­textes (dont celui de libé­rer les femmes afghanes des Talibans) dans une guerre d’occupation en Afghanistan, qu’il pro­lon­gera au moins jusqu’en 2011. En 2008, il y avait déjà plus de 1,5 mil­lions de veuves en Afghanistan et les orphe­lins repré­sen­taient 12% de tous les enfants afghans. En 2010, le nombre d’enfants tués ou bles­sés a aug­menté de 55%. Tout ceci, sans comp­ter les nom­breux viols de femmes afghanes qui eux ne figurent pas dans les sta­tis­tiques. Nombre d’entre elles doivent assu­mer seules les charges fami­liales, s’occuper d’un proche qui revient de la guerre malade, blessé ou avec de graves pro­blèmes psy­cho­lo­giques dans un contexte où le tra­vail ne leur est pas permis aisé­ment. Devant le déses­poir, le taux de sui­cide des femmes afghanes est élevé.

Lorsqu’on oublie les chiffres pour essayer de s’imaginer ce que cela repré­sente en terme de souf­frances, de drames, d’horreur et de des­truc­tion maté­rielle et psy­cho­lo­gique, cela donne des fris­sons dans le dos. Et l’intervention du Canada n’amène mal­heu­reu­se­ment ni droits humains, ni démo­cra­tie, ni jus­tice ni égalité.

Des casques bleus aux guerriers

La semaine der­nière, nous appre­nions que la pré­sence mili­taire cana­dienne en Afghanistan aura coûté 10 mil­liards de dol­lars. Ceci est sans comp­ter le mil­liard par année qui devra être « investi » en Afghanistan suite au retrait des troupes. Ces mil­liards repré­sentent une somme consi­dé­rable de deniers publics qui n’a pas été inves­tie dans des domaines sociaux et qui, clai­re­ment, ne le sera pas non plus suite au retrait des troupes. Ce ne sont ni les mis­siles, ni les bombes, ni les chars d’assaut, ni les emplois mili­taires qui don­ne­ront aux peuples du monde entier des ser­vices sociaux, gar­de­ries, loge­ments, emplois décents et utiles et de meilleures condi­tions de vie et de travail.

C’en est assez ! Nous ne vou­lons pas d’un pays qui englou­tit des mil­liards pour répandre la des­truc­tion ailleurs sur la pla­nète, un pays qui par­ti­cipe à des guerres d’agression aux côtés des États-Unis et qui recrute nos enfants à l’école. Dans le cadre de la Marche mon­diale des femmes, des mil­liers de per­sonnes se mobi­li­se­ront à tra­vers le Québec du 12 au 17 octobre pro­chains pour que le gou­ver­ne­ment du Québec inter­dise le recru­te­ment dans les ins­ti­tu­tions sco­laires et que le gou­ver­ne­ment du Canada retire ses troupes de l’Afghanistan immé­dia­te­ment. Nos gou­ver­ne­ments ont-ils oublié que nous sommes encore en démo­cra­tie et que les gou­ver­ne­ments sont rede­vables à la popu­la­tion ? Nous ne devons pas man­quer une occa­sion de le leur rap­pe­ler. Une cap­sule web de la Marche mon­diale des femmes inter­pelle direc­te­ment nos gou­ver­ne­ments sur ces ques­tions (www​.ffq​.qc​.ca).

Alexa Conradi, porte-parole de la Marche mon­diale des femmes et pré­si­dente de la Fédération des femmes du Québec

Martine Éloy, membre de la Coordination du Québec pour la Marche mon­diale des femmes.

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