Pour l’interdiction du recrutement militaire dans les écoles et le retrait des troupes de l’Afghanistan

Pour l’interdiction du recrutement militaire dans les écoles

Nous ne voulons pas d’un pays qui engloutit des milliards pour répandre la destruction ailleurs sur la planète, un pays qui participe à des guerres d’agression aux côtés des États-Unis et qui recrute nos enfants à l’école.

Dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, des milliers de personnes se mobiliseront à travers le Québec du 12 au 17 octobre prochains pour que le gouvernement du Québec interdise le recrutement dans les institutions scolaires et que le gouvernement du Canada retire ses troupes de l’Afghanistan immédiatement.

Le recrutement militaire à son apogée

Dans les six premiers mois de l’année 2010, le nombre de morts civils en Afghanistan était en hausse de 31% par rapport à la même période en 2009. Simultanément, on nous annonçait l’achat par les Forces armées canadiennes de 65 avions de chasse F-35 pour une valeur totale de 16 milliards $. Et très récemment, nous apprenions que la marine canadienne fournissait des guides d’animation aux écoles afin que les professeur-e-s de niveau primaire discutent des forces armées avec les enfants.

Le rôle que les forces militaires canadiennes jouent au plan international est en large partie déterminé par l’équipement militaire que le pays possède. Avec ces achats, le Canada se dote d’avions aux capacités offensives sans précédent et se positionne donc clairement pour avoir un rôle d’intervention guerrière à l’étranger. Pour s’y préparer, l’armée est engagée dans la plus vaste offensive de recrutement depuis la Seconde Guerre mondiale.

Sauver les femmes, un faux prétexte

Le Canada s’est engagé sous de faux prétextes (dont celui de libérer les femmes afghanes des Talibans) dans une guerre d’occupation en Afghanistan, qu’il prolongera au moins jusqu’en 2011. En 2008, il y avait déjà plus de 1,5 millions de veuves en Afghanistan et les orphelins représentaient 12% de tous les enfants afghans. En 2010, le nombre d’enfants tués ou blessés a augmenté de 55%. Tout ceci, sans compter les nombreux viols de femmes afghanes qui eux ne figurent pas dans les statistiques. Nombre d’entre elles doivent assumer seules les charges familiales, s’occuper d’un proche qui revient de la guerre malade, blessé ou avec de graves problèmes psychologiques dans un contexte où le travail ne leur est pas permis aisément. Devant le désespoir, le taux de suicide des femmes afghanes est élevé.

Lorsqu’on oublie les chiffres pour essayer de s’imaginer ce que cela représente en terme de souffrances, de drames, d’horreur et de destruction matérielle et psychologique, cela donne des frissons dans le dos. Et l’intervention du Canada n’amène malheureusement ni droits humains, ni démocratie, ni justice ni égalité.

Des casques bleus aux guerriers

La semaine dernière, nous apprenions que la présence militaire canadienne en Afghanistan aura coûté 10 milliards de dollars. Ceci est sans compter le milliard par année qui devra être « investi » en Afghanistan suite au retrait des troupes. Ces milliards représentent une somme considérable de deniers publics qui n’a pas été investie dans des domaines sociaux et qui, clairement, ne le sera pas non plus suite au retrait des troupes. Ce ne sont ni les missiles, ni les bombes, ni les chars d’assaut, ni les emplois militaires qui donneront aux peuples du monde entier des services sociaux, garderies, logements, emplois décents et utiles et de meilleures conditions de vie et de travail.

C’en est assez ! Nous ne voulons pas d’un pays qui engloutit des milliards pour répandre la destruction ailleurs sur la planète, un pays qui participe à des guerres d’agression aux côtés des États-Unis et qui recrute nos enfants à l’école. Dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, des milliers de personnes se mobiliseront à travers le Québec du 12 au 17 octobre prochains pour que le gouvernement du Québec interdise le recrutement dans les institutions scolaires et que le gouvernement du Canada retire ses troupes de l’Afghanistan immédiatement. Nos gouvernements ont-ils oublié que nous sommes encore en démocratie et que les gouvernements sont redevables à la population ? Nous ne devons pas manquer une occasion de le leur rappeler. Une capsule web de la Marche mondiale des femmes interpelle directement nos gouvernements sur ces questions (www.ffq.qc.ca).

Alexa Conradi, porte-parole de la Marche mondiale des femmes et présidente de la Fédération des femmes du Québec

Martine Éloy, membre de la Coordination du Québec pour la Marche mondiale des femmes.