DÉCLARATION

Pour en finir avec la logique de guerre et de domination !

DÉCLARATION CONJOINTE CONTRE LA GUERRE ET LE MILITARISME

Par Mis en ligne le 24 novembre 2010
DÉCLARATION CONJOINTE CONTRE LA GUERRE ET LE MILITARISME

Montréal, 21 novembre 2010. Le Sommet popu­laire contre la guerre et le mili­ta­risme, qui s’est tenu à Montréal en fin de semaine et auquel ont par­ti­cipé 225 per­sonnes, rend aujourd’hui publique une décla­ra­tion conjointe déjà endos­sée par plus de 70 orga­ni­sa­tions de tous les hori­zons de la société.

Alors même que les diri­geants du Canada et des autres pays membres de l’OTAN, réunis en sommet à Lisbonne, ont décidé de pro­lon­ger la guerre en Afghanistan jusqu’en 2014 et même après – à l’encontre de la volonté de leurs popu­la­tions – les par­ti­ci­pants et par­ti­ci­pantes au Sommet ont réitéré la demande du retrait immé­diat des troupes cana­diennes de l’Afghanistan et, de plus, exigé le retrait du Canada de l’OTAN, une alliance guer­rière et anti­dé­mo­cra­tique, comme ses plus récentes déci­sions l’ont encore démon­tré.

Lors de la confé­rence d’ouverture, Jean Bricmont, auteur de l’ouvrage « L’impérialisme huma­ni­taire », a décons­truit le dis­cours qui cherche à légi­ti­mer l’ingérence mili­taire uni­la­té­rale des grandes puis­sances en Afghanistan et ailleurs au nom de la défense des droits de la per­sonne et de la démo­cra­tie. Pendant toute la jour­née du samedi, les dis­cus­sions ont porté sur les enjeux qui se posent au mou­ve­ment anti-guerre et ont dégagé des pistes d’action sur le recru­te­ment dans les éta­blis­se­ments sco­laires, l’environnement, les dépenses mili­taires, les droits des femmes, l’aide inter­na­tio­nale et les armes nucléaires.

Au terme du Sommet, le Collectif Échec à la guerre s’est engagé à pour­suivre son tra­vail dans les pro­chains mois afin d’augmenter le nombre de signa­taires de la Déclaration dans tous les sec­teurs de la société. Madame Suzanne Loiselle, porte-parole du Collectif, a déclaré que « face au virage mili­ta­riste des der­nières années, les orga­ni­sa­tions signa­taires de la Déclaration réclament la tenue d’un vaste débat public sur la poli­tique étran­gère cana­dienne et le rôle de l’armée cana­dienne ».


En tant qu’organismes qué­bé­cois voués à la défense et à l’élargissement des droits civils et poli­tiques, éco­no­miques, sociaux et cultu­rels, ici et par­tout dans le monde,

En tant que citoyennes et citoyens du Québec épris de paix et de jus­tice et sou­cieux de déve­lop­per des rela­tions inter­na­tio­nales de coopé­ra­tion fondée sur l’égalité et la soli­da­rité,

1. NOUS SOMMES INDIGNÉ-ES

• de la spi­rale guer­rière et anti­dé­mo­cra­tique dans laquelle le Canada s’enfonce de plus en plus ;

• de la par­ti­ci­pa­tion du Canada, depuis octobre 2001, à une guerre d’occupation en Afghanistan qui sème mort et des­truc­tion sous pré­texte de lutte pour la démo­cra­tie, la sécu­rité et les droits des femmes dans ce pays et qui s’étend main­te­nant au Pakistan ;

• du vote du Parlement cana­dien pro­lon­geant cette inter­ven­tion au moins jusqu’en juillet 2011, à l’encontre de la volonté de la majo­rité de la popu­la­tion ;

• de l’allocation à cette logique guer­rière de fonds publics sans cesse crois­sants (au Canada seule­ment, 58 mil­lions de dol­lars par jour en 2009-2010) au détri­ment des dépenses sociales et d’une véri­table aide au déve­lop­pe­ment ;

• de la com­pli­cité du Canada avec la tor­ture, tant celle des Afghans faits pri­son­niers dans les com­bats que celle de cer­tains citoyens cana­diens dans des pri­sons étran­gères ;

• de la mili­ta­ri­sa­tion de la société cana­dienne qui engendre l’augmentation de la vio­lence, notam­ment envers les femmes ;

• de la cam­pagne de peur axée sur une menace ter­ro­riste exa­gé­rée pour jus­ti­fier la guerre et plu­sieurs mesures de sur­veillance et de répres­sion qui érodent nos droits et liber­tés ;

• de l’omniprésence des acti­vi­tés de rela­tions publiques de l’armée cana­dienne dans les grands évé­ne­ments spor­tifs, sociaux et fami­liaux et de leurs cam­pagnes de recru­te­ment dans les ins­ti­tu­tions d’enseignement jusque dans les écoles pri­maires ;

• des consé­quences socio-envi­ron­ne­men­tales de plus en plus graves des guerres et des entraî­ne­ments mili­taires ;

• de la mili­ta­ri­sa­tion crois­sante de l’Arctique, qui va de pair avec des pro­jets éco­no­miques néfastes pour l’environnement et la néga­tion des droits des peuples autoch­tones.

2. NOUS DÉNONÇONS LES « VA-T-EN-GUERRE » ICI MÊME AU CANADA

• les gou­ver­ne­ments cana­diens suc­ces­sifs, libé­raux et conser­va­teurs, qui nous ont entraî­nés dans cette dyna­mique et ont jus­ti­fié la guerre avec des faux argu­ments ;

• les grands milieux d’affaires – Conseil cana­dien des chefs d’entreprises en tête – qui n’y voient que des occa­sions de pro­fits, notam­ment pour l’industrie mili­taire ;

• les partis poli­tiques qui mettent en œuvre des poli­tiques guer­rières ou qui ne s’y opposent que du bout des lèvres ;

• les grands médias qui véhi­culent peu l’opposition de la majo­rité de la popu­la­tion à la guerre et ne pré­sentent pas ses consé­quences tra­giques pour les popu­la­tions civiles.

3. NOUS REJETONS CATÉGORIQUEMENT le faux dis­cours de la « guerre contre le ter­ro­risme » et l’implication mili­taire, directe ou indi­recte, du Canada aux côtés des États-Unis dans le cadre d’une poli­tique visant à étendre leur hégé­mo­nie à l’ensemble de la pla­nète et carac­té­ri­sée par :

• plu­sieurs guerres déclen­chées et menées en vio­la­tion du droit inter­na­tio­nal, dont le droit huma­ni­taire inter­na­tio­nal : Kosovo en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003, Liban en 2006, Gaza en 2009 ; et d’autres appré­hen­dées, contre l’Iran et la Corée du Nord, que l’on menace même de frappes nucléaires ;

• le détour­ne­ment du Conseil de sécu­rité qui ne condamne ni ces agres­sions illé­gales, ni les crimes de guerre qu’elles entraînent, ni les pro­jets fla­grants de main­mise étran­gère mis en œuvre par les agres­seurs à l’encontre du droit inter­na­tio­nal ;

• l’élargissement pro­vo­ca­teur de l’OTAN vers l’Est et sa double trans­for­ma­tion en tant que bras armé de l’hégémonie éta­su­nienne inter­ve­nant par­tout dans le monde et en tant que man­da­taire de l’ONU, jetant ainsi un pro­fond dis­cré­dit sur l’ONU aux yeux de l’opinion publique mon­diale ;

• les menaces et les plans de désta­bi­li­sa­tion à l’égard de cer­tains pays qui refusent de se sou­mettre au « Nouvel ordre mon­dial » imposé par les États-Unis ;

• la relance d’une course aux arme­ments, y com­pris le déve­lop­pe­ment de nou­velles armes nucléaires et une mili­ta­ri­sa­tion accrue de l’espace.

4. NOUS APPELONS LA POPULATION QUÉBÉCOISE À SE MOBILISER pour contri­buer à ren­ver­ser cette dyna­mique mon­diale des­truc­trice en exi­geant du Gouvernement du Canada :

• le retrait immé­diat des troupes cana­diennes de l’Afghanistan ;

• la réduc­tion impor­tante des dépenses mili­taires et la tenue d’un vaste débat public sur la poli­tique étran­gère cana­dienne, le rôle de l’armée, l’industrie mili­taire et le com­merce des armes ; • la fin du par­te­na­riat mili­taire avec les États-Unis, y com­pris le retrait du Canada de l’OTAN ;

• la fin de son dis­cours d’instrumentalisation des droits des femmes et de pro­mo­tion de la « res­pon­sa­bi­lité de pro­té­ger » pour jus­ti­fier la guerre et la condam­na­tion ferme de toute inter­ven­tion non conforme au droit inter­na­tio­nal ;

et de la com­mu­nauté inter­na­tio­nale :

• le renou­vel­le­ment démo­cra­tique de l’ONU, notam­ment par le res­pect inté­gral de sa Charte, le ren­for­ce­ment du rôle de l’Assemblée géné­rale et une réforme en pro­fon­deur du Conseil de sécu­rité dont l’abolition du droit de veto ;

• l’application de la réso­lu­tion 1325 du Conseil de sécu­rité de l’ONU concer­nant l’implication des femmes dans la pré­ven­tion et le règle­ment des conflits ainsi que les pro­ces­sus de paix.

21 novembre 2010

Signataires de la Déclaration

Action Autonomie Alternatives Les Artistes pour la paix L’Association Bel Agir, cha­pitre de Québec L’Association des reli­gieuses pour la pro­mo­tion des femmes (ARPF) L’Association qué­bé­coise des orga­nismes de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale (AQOCI) L’Association pour une soli­da­rité syn­di­cale étu­diante (ASSÉ) L’Autre Parole (Collective de femmes chré­tiennes et fémi­nistes) ATTAC-Québec Base de paix de Montréal Le Caucus des ÉtudiantEs de l’UQTR Le Centre d’organisation mau­ri­cien de ser­vices et d’éducation popu­laire (COMSEP) Le Centre de F.A.M. des Moulins Le Centre de femmes Avec des Elles Le Centre de femmes l’Essentielle Le Centre de femmes l’Étincelle Le Centre de femmes Mieux-Être de Jonquière Le Centre de recherche sur la mon­dia­li­sa­tion Le Centre de res­sources sur la non-vio­lence Le Centre de Spiritualité Manrèse Le Centre Halte-Femmes Montréal-Nord Le Centre Justice et Foi Le Collectif de Québec pour la paix Le Comité d’action inter­na­tio­nale du Syndicat des pro­fes­seur-e-s du Cégep de Trois-Rivières Le Comité de loge­ment de Trois-Rivières Le Comité de Solidarité/Trois-Rivières Le Comité Solidarité Internationale du CEGEP du Vieux Montréal Le Conseil cana­dien des femmes musul­manes, cha­pitre de Montréal Le Conseil cen­tral du Montréal métro­po­li­tain (CSN) Le Conseil régio­nal FTQ Montréal métro­po­li­tain Engagement citoyen afri­cain – Fondation inter­na­tio­nale d’appui au déve­lop­pe­ment L’Entraide mis­sion­naire La Fédération des femmes du Québec La Fédération inter­pro­fes­sion­nelle de la santé du Québec (FIQ) La Fédération natio­nale des ensei­gnantes et ensei­gnants du Québec (FNEEQ) Femmes en Mouvement, le Centre de femmes de la MRC Bonaventure en Gaspésie Les Filles de la Sagesse du Canada Le Forum des femmes de Montréal Le Front commun des per­sonnes assis­tées sociales du Québec (FCPASQ) Le Front d’action popu­laire en réamé­na­ge­ment urbain (FRAPRU) Le Groupe Samidoun Le Groupe Solidarité Justice (Congrégation de Notre-Dame) L’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil La Ligue des droits et liber­tés La Maison popu­laire de Joliette Le Mouvement d’éducation popu­laire et d’action com­mu­nau­taire du Québec (MÉPACQ) Le Mouvement qué­bé­cois pour une décrois­sance convi­viale Le Parti mar­xiste-léni­niste du Québec (PMLQ) Le Parti Rhinocéros du Canada Pax Christi Montréal (Antennes de paix) Project Ploughshares, Montréal Québec soli­daire L’R des centres de femmes du Québec Religions pour la Paix – Québec Le Réseau des femmes des Laurentides Le Réseau qué­bé­cois des groupes éco­lo­gistes La sec­tion cana­dienne de WILPF (Women’s International League for Peace and Freedom) Le Service Intercommunautaire d’Animation Franciscaine (SIAF) Les Sœurs Auxiliatrices Les Sœurs de Notre-Dame des Apôtres Les Sœurs de Sainte Croix Les Sœurs de Sainte-Croix (Résidence Le Mans) Les Sœurs de St-Joseph de St-Vallier Solidarité Ahuntsic Solidarité Laurentides Amérique cen­trale (SLAM) Solidarité popu­laire Estrie Le Syndicat de l’enseignement du Cégep André-Laurendeau (SECAL) La Table de concer­ta­tion du mou­ve­ment des femmes de la Mauricie (TCMFM) La Table régio­nale des centres de femmes de Montréal métro­po­li­tain-Laval

La Déclaration est éga­le­ment appuyée par les orga­ni­sa­tions sui­vantes :

Canadian Peace Alliance Canadian Peace Congress Committee for the Defence of the Iranian People’s Rights Comox Valley Peace Group Manitoba Peace Council Religions for Peace – Canada Windsor Peace Coalition



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