Plus un sou du gouvernement fédéral pour de nouveaux logements sociaux

Par Mis en ligne le 03 avril 2011

C’est aujourd’hui, le 31 mars, que prennent fin tous les inves­tis­se­ments du gou­ver­ne­ment fédé­ral pour la construc­tion de nou­veaux loge­ments sociaux. Selon le Front d’action popu­laire en réamé­na­ge­ment urbain (FRAPRU), la contri­bu­tion fédé­rale se retrouve à zéro, avec la fin simul­ta­née du Plan d’action éco­no­mique du Canada lancé en 2009 et de l’Initiative en matière de loge­ment abor­dable (ILA) en place depuis 2002. Le Québec se retrouve privé de 85,6 mil­lions $ par année. Ces sommes étaient uti­li­sées dans le pro­gramme qué­bé­cois AccèsLogis où elles repré­sen­taient l’équivalent des sub­ven­tions pour 1223 loge­ments sociaux par an.

Le FRAPRU consi­dère la fin de ces minces inves­tis­se­ments d’autant plus inad­mis­sible que ses effets vien­dront s’ajouter à ceux que conti­nue d’engendrer le retrait, depuis 17 ans, du finan­ce­ment à long terme de loge­ments sociaux par le gou­ver­ne­ment fédé­ral. L’organisme évalue à 60 000 le nombre de loge­ments qui ont été perdus en raison de ce retrait décidé par les conser­va­teurs de Brian Mulroney en 1993 et pour­suivi par tous les gou­ver­ne­ments qui se sont suc­cé­dés à Ottawa. Il en arrive à ce résul­tat effa­rant en sous­trayant les 36 217 loge­ments sociaux finan­cés au Québec entre 1994 et 2011, que ce soit ou non avec des fonds fédé­raux, des 96 250 unités qui auraient pu se réa­li­ser si Ottawa avait seule­ment pour­suivi le finan­ce­ment à long terme de loge­ments sociaux au même rythme qu’auparavant.

Le FRAPRU estime que ce retrait a fait perdre autour de 34 000 loge­ments sociaux dans la seule région métro­po­li­taine de Montréal. La perte se chiffre à 5300 loge­ments à Québec, 2200 à Gatineau, 1400 loge­ments à Sherbrooke et Trois-Rivières, ainsi que 1000 à Saguenay.

À la pour­suite des partis

Le FRAPRU entend talon­ner tous les partis fédé­raux, à com­men­cer par les Conservateurs et les Libéraux pour qu’ils mettent fin à cette situa­tion inac­cep­table. Il mul­ti­pliera donc les actions et les coups d’éclat tout au long de la cam­pagne pour forcer la main des partis récal­ci­trants. Il a débuté, hier soir, par un bruyant comité d’accueil lors de la pré­sence du chef conser­va­teur, Stephen Harper, à Dollard-des-Ormeaux.

« Tous les partis doivent s’engager non seule­ment à conti­nuer d’investir en loge­ment social, mais à accroître ces inves­tis­se­ments. Nous ne nous conten­te­rons pas de miettes », pré­vient François Saillant, coor­don­na­teur du FRAPRU. Il rap­pelle que le gou­ver­ne­ment fédé­ral recon­naît lui-même que 982 000 ménages loca­taires ont des besoins impé­rieux de loge­ment au Canada, dont 261 000 au Québec. Dans la région de Montréal, ce chiffre est de 156 000. Il est de 24 000 à Québec, 9000 à Gatineau, 6700 à Sherbrooke, 6500 à Trois-Rivières et 4100 à Saguenay.

Le FRAPRU réclame que les partis s’engagent à haus­ser de manière récur­rente le finan­ce­ment pour de nou­veaux loge­ments sociaux à 2 mil­liards $ par année.

Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

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