Démocratie, entre dérives et recomposition

Penser ensemble la vie et la politique : exception, violence, démocratie

Histoire et théorie

Par Mis en ligne le 18 janvier 2020

L’homme, pen­dant des mil­lé­naires, est resté

ce qu’il était pour Aristote :

un animal vivant et de plus capable d’une exis­tence poli­tique ;

l’homme moderne est un animal dans la poli­tique duquel

sa vie d’être vivant est en ques­tion[3].

Peu de notions sont à la fois aussi cen­trales dans notre tra­di­tion phi­lo­so­phique et aussi dif­fi­ciles à construire que celle de la vie. À la fois éprou­vée dans notre inti­mité la plus pro­fonde et défi­nie par des savoirs et des ins­ti­tu­tions telles que le droit et la méde­cine, la vie se com­plique d’autant plus lorsqu’elle s’applique à l’espèce humaine, car on doit alors la sépa­rer en deux ensembles : d’une part, la vie réduite à ses com­po­santes bio­lo­giques, constam­ment expo­sée à la mort et, d’autre part, l’existence régie et pro­té­gée par les lois com­munes[4]. Dans cette scis­sion de la notion de vie se situent d’innombrables contra­dic­tions et vio­lences, puisque les manières de mettre en apport ces deux dimen­sions ont constam­ment servi à jus­ti­fier l’exclusion et l’oppression. De la dis­tinc­tion entre vie poli­tique et vie bio­lo­gique, vie vouée à l’action et vie vouée essen­tiel­le­ment à la repro­duc­tion, pro­cèdent effec­ti­ve­ment la relé­ga­tion his­to­rique des femmes à l’espace privé – sous pré­texte qu’elles seraient assi­gnées aux tâches repro­duc­tives et que leur vie ne serait donc pas des­ti­née aux périls et à la plé­ni­tude de la sphère publique – ainsi que la mise sous tutelle de popu­la­tions entières, sous pré­texte qu’elles ne seraient pas en mesure de se gou­ver­ner elles-mêmes – on recon­naît ici la rhé­to­rique du colo­nia­lisme.

La vie ne se réflé­chit donc qu’en fonc­tion des par­tages qui s’y opèrent entre les chances de vie, sui­vant des dis­tinc­tions de sexe, de race, de classe, etc. – la pos­si­bi­lité de sépa­rer la vie venant effec­ti­ve­ment éta­blir une dis­tinc­tion entre les per­sonnes qu’il s’agit de pro­té­ger et celles qui peuvent être sou­mises à un régime d’exception, c’est-à-dire de non-recon­nais­sance de leurs droits.

Ce cli­vage struc­tu­rel des chances de vie évolue actuel­le­ment dans un contexte par­ti­cu­lier, soit un enca­dre­ment de plus en plus mili­ta­risé de la mobi­lité des pauvres, sorte de visage sombre d’une mon­dia­li­sa­tion dont les cénacles néo­li­bé­raux ne cessent de chan­ter les louanges lorsqu’il est ques­tion de capi­taux, mais qui se rai­dissent dès que des êtres humains dému­nis sont en jeu[5]. Le déploie­ment de stra­té­gies sécu­ri­taires visant à ren­for­cer les fron­tières des pays les plus déve­lop­pés, tout en ren­for­çant les mesures répres­sives à l’endroit des immi­grants et des immi­grantes pré­caires et des sans-papiers à l’intérieur de ces mêmes fron­tières, dénote sans doute une double crise : d’abord celle de l’État-nation et du contrôle que cette entité devrait nor­ma­le­ment exer­cer sur la déli­mi­ta­tion juri­dique de sa popu­la­tion et, d’autre part, la crise d’un ordre mon­dial qui pré­sente de plus en plus ouver­te­ment une divi­sion main­te­nue de force entre les socié­tés capi­ta­listes avan­cées et les pays lais­sés pour compte par la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale[6].

Ces phé­no­mènes, nous pré­vient Achille Mbembe, s’inscrivent dans un deve­nir-nègre du monde : « Pour la pre­mière fois dans l’histoire humaine, le nom Nègre ne ren­voie plus seule­ment à la condi­tion faite aux gens d’origine afri­caine à l’époque du pre­mier capi­ta­lisme (dépré­da­tions de divers ordres, dépos­ses­sion de tout pou­voir d’autodétermination et, sur­tout, du futur et du temps, ces deux matrices du pos­sible)[7] ».

Victimes et bloc social des opprimé-e-s

Si la démo­cra­tie se trouve dans un état cri­tique à l’échelle mon­diale, cette situa­tion n’est tou­te­fois pas le propre du contexte his­to­rique de ce début de troi­sième mil­lé­naire. Le déve­lop­pe­ment de la démo­cra­tie moderne – celle qui com­mence à prendre forme len­te­ment, lorsque les pre­miers aven­tu­riers por­tu­gais et espa­gnols de la deuxième moitié du XVe siècle osèrent défier l’Atlantique – s’est en effet accom­pa­gné de pra­tiques non moins condam­nables que le sys­tème éco­no­mique qui s’organisait éga­le­ment, soit le capi­ta­lisme. Car ce que le socio­logue Ramón Grosfoguel appelle les quatre géno­cides-épis­té­mi­cides[8] consti­tu­tifs de la moder­nité – c’est-à-dire la conquête et la colo­ni­sa­tion des Amériques, la sou­mis­sion de peuples afri­cains à l’esclavage, la per­sé­cu­tion des musul­mans et des juifs en Espagne au XVIe siècle et la condam­na­tion totale de la vie publique des femmes[9], aux­quelles nous pour­rions ajou­ter la pro­lé­ta­ri­sa­tion d’un nombre consi­dé­rable de pay­sans et de pay­sannes – ont été les corol­laires des pre­mières ten­ta­tives de construc­tion des iden­ti­tés natio­nales qui se sont conso­li­dées sous l’égide de l’État-nation. Toutefois, il serait faux et dan­ge­reux de pré­tendre que la situa­tion d’aujourd’hui est iden­tique ou ne pré­sente pas de grands chan­ge­ments par rap­port à celle d’il y a plus de cinq siècles. Ainsi, nous nous inté­res­sons aux élé­ments qui peuvent être retra­cés his­to­ri­que­ment dans la longue durée, ceux ayant été déployés dans le passé et qui conti­nuent à avoir cours et à condi­tion­ner, voire à déter­mi­ner, le sys­tème contem­po­rain.

En les recon­nais­sant comme consti­tu­tifs de la moder­nité pri­mi­tive, les géno­cides-épis­té­mi­cides nous per­mettent effec­ti­ve­ment de com­prendre de façon plus pré­cise les logiques à l’oeuvre dans les États contem­po­rains ainsi que les rela­tions qui les unissent. De plus, ils nous per­mettent de saisir les sub­jec­ti­vi­tés qui leur sont propres, tout en ren­dant pos­sible une com­pré­hen­sion dia­lec­tique de l’État : dia­lec­tique de la pro­tec­tion et de l’agression. C’est cette dia­lec­tique qui rend d’autant plus com­plexe la vie en tant que concept poli­tique.

Nous par­ta­geons ainsi l’avis d’Enrique Dussel lorsqu’il parle de la vic­time « comme point de départ de toute décons­truc­tion cri­tique du sys­tème en place ». Victimes, dit-il, parce que ces sujets ne peuvent vivre sim­ple­ment et conve­na­ble­ment, dans des condi­tions maté­rielles suf­fi­santes pour repro­duire leur propre vie ; elles sont « oppri­mées, répri­mées, exclues, quand elles ne sont pas tor­tu­rées ou assas­si­nées par toutes les “guerres sales” de l’histoire récente[10]». De plus, le concept de vic­time nous permet éga­le­ment de saisir les mises à l’écart, les dénis de recon­nais­sance et autres formes de l’État d’exception per­ma­nent que Giorgio Agamben nomme le gou­ver­ne­ment par l’abandon[11].

Ainsi, en dehors de tout regard qui, face à ce qu’on appelle la mon­dia­li­sa­tion, appelle à « faire machine arrière[12] », notre manière de réagir à l’effritement, à la frag­men­ta­tion et à l’affaiblissement de la sou­ve­rai­neté popu­laire n’est pas à trou­ver là où cinq siècles d’histoire poli­tique, éco­no­mique et sociale ont été néces­saires pour la conso­li­da­tion de l’État natio­nal et l’essor d’une éco­no­mie mon­dia­li­sée. Les contra­dic­tions propres aux for­ma­tions sociales et natio­nales modernes auront pro­ba­ble­ment raison du sys­tème qui les a engen­drées, soit un sys­tème qui se base sur la sépa­ra­tion radi­cale entre les vies à pro­té­ger et celles sou­mises à l’état d’exception.

Parmi ces contra­dic­tions, nous insis­tons ici sur celles qui font l’actualité depuis quelques années et qui opposent d’un côté les citoyennes et les citoyens juri­di­que­ment pro­té­gés et la migrante « légale-mais-vul­né­rable[13]» et l’étrangère « illé­gale[14]» de l’autre. Les dépla­ce­ments forcés et la manière dont on traite (que cela soit dans le com­plexe média­tique ou dans le droit inter­na­tio­nal) la masse « mons­trueuse » des mil­lions de réfu­gié-e-s nous mettent effec­ti­ve­ment face aux limites que com­porte le cadre juri­dique et nor­ma­tif de la sou­ve­rai­neté natio­nale, tout en témoi­gnant d’un échec de plus en plus fla­grant dans la « ges­tion » de ladite masse de réfu­gié-e-s. La situa­tion des tra­vailleuses migrantes n’est pas moins pro­blé­ma­tique. En effet, la réa­lité à laquelle elles sont sou­mises repose essen­tiel­le­ment sur la ruée vers les res­sources natu­relles des grandes com­pa­gnies mul­ti­na­tio­nales qui s’installent dans les ter­ri­toires de com­mu­nau­tés rurales en péri­phé­rie de l’économie mon­diale, en les dépouillant de leur vie.

C’est ainsi que nous voyons, notam­ment, les expro­pria­tions for­cées menées par des groupes de mer­ce­naires ou de para­mi­li­taires, lorsque les auto­ri­tés légales (minis­tères, police, armée) ne réus­sissent pas à déve­lop­per « conve­na­ble­ment » un sec­teur indus­triel ou agri­cole en par­ti­cu­lier. Ces com­mu­nau­tés, ne dis­po­sant plus des moyens appro­priés pour sub­ve­nir à leurs besoins maté­riels immé­diats, se voient for­cées dans un pre­mier temps de s’installer en ville (ce qui accé­lère leur pro­lé­ta­ri­sa­tion), puis, faute d’alternatives, de tenter leur chance dans les pro­grammes de tra­vail tem­po­raire dans les pays capi­ta­listes avan­cés. Gilles Gagné cerne le pro­blème en des termes caté­go­riques : « Quant à la coopé­ra­tion entre les États, elle n’existe en fait que pour libé­rer l’argent de la poli­tique et il ne sera pas simple de ren­ver­ser cette alliance mon­diale entre les bour­geoi­sies com­pra­dores et les machines pro­duc­tives basées sur l’extraction[15] ». En effet, les dis­po­si­tifs de pou­voir que consti­tuent les trai­tés et accords de libre-échange, de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale, les pro­grammes d’aide huma­ni­taire et autres arran­ge­ments que nous serions tentés d’appeler dis­po­si­tifs de la colo­nia­lité, ne consti­tuent en fait que la façon dont, aujourd’hui comme à ses ori­gines, le capi­tal se repro­duit en éva­cuant de leur vie des popu­la­tions entières. Qu’il nous suf­fise de men­tion­ner le régime des plan­ta­tions d’Haïti, du Brésil et de Cuba, ainsi que l’extraction minière de Potosí (Bolivie) et de Zacatecas (Mexique) implan­tée dès 1546 pour s’en convaincre.

Comme nous venons de le signa­ler, partir des vic­times pour pro­duire une cri­tique pro­fonde du sys­tème contem­po­rain nous permet non seule­ment de prendre parti et de nous soli­da­ri­ser avec elles, mais aussi de situer notre réflexion dans un contexte plus géné­ral, car mon­dial. Il ne nous est plus pos­sible de nous limi­ter aux contraintes que déter­minent les fron­tières natio­nales ; ce qui implique de renou­ve­ler l’internationalisme qui n’a pas cessé, malgré tout, de carac­té­ri­ser une pensée de trans­for­ma­tion totale du capi­ta­lisme actuel. Mais si nous vou­lons, par ce fait même, nous soli­da­ri­ser avec les plus démuni-e-s au sein de l’économie mon­diale, il nous faut sans doute déployer des stra­té­gies concrètes qui nous per­met­traient de nous défaire du capi­ta­lisme (en le trans­for­mant radi­ca­le­ment), sans tou­te­fois repro­duire les méca­nismes ana­ly­sés ici, c’est-à-dire les géno­cides-épis­té­mi­cides modernes et la divi­sion struc­tu­relle des chances de vie. Ainsi pou­vons-nous espé­rer la créa­tion d’un bloc social des opprimé-e-s[16] comme force sociale à même de résis­ter et de trans­for­mer la tota­lité du sys­tème. À défaut d’être un sujet pré­dé­ter­miné his­to­ri­que­ment – comme a pu l’être le pro­lé­ta­riat pour une partie de la tra­di­tion mar­xiste –, le concept de bloc social met plei­ne­ment en lumière la com­po­si­tion hété­ro­gène des luttes sociales qui se déve­lop­pe­ront à partir d’exigences com­munes.

Repenser la cri­tique de l’État-nation, repen­ser la vie démo­cra­tique

En contre­par­tie, si notre lec­ture du sys­tème mon­dial fait preuve d’un cer­tain opti­misme – puisque nous le jugeons dans une situa­tion cri­tique et donc sus­cep­tible de chan­ge­ment – nous ne croyons pas qu’il faille se réjouir hâti­ve­ment. Si l’on assiste bien à la fin d’une époque et, par ce fait même, au com­men­ce­ment d’une nou­velle, il faut garder les pieds sur terre car la situa­tion n’est pas des plus faciles. Ce n’est effec­ti­ve­ment pas parce que l’on peut pos­tu­ler le déclin rela­tif d’une confi­gu­ra­tion sociale et poli­tique à l’échelle mon­diale que l’on peut par là même pré­tendre qu’elle soit dépas­sée et désuète. Au contraire, cela amène plus de pro­blèmes et de défis – et, ce qui est ras­su­rant, plus de pos­si­bi­li­tés et d’espoirs – que de solu­tions toutes faites. Si nous regar­dons, par exemple, du côté des États-Unis et de leur stra­té­gie des der­nières années, nous pou­vons consta­ter la vio­lence inouïe que tout déclin d’un empire amène avec lui, comme le signale Atilio Borón[17].

Penser l’État-nation aujourd’hui sup­pose donc d’affronter ce déclin, cette réa­lité qui nous semble dif­fi­cile à accep­ter encore aujourd’hui – soit la fin de l’Europe, et dans une plus large mesure, celle de l’Occident en tant que centre du monde[18]. Si ce déclin peut ouvrir la voie à une nou­velle pensée cos­mo­po­lite, ouverte aux voix des vic­times de l’ordre mon­dial actuel, la rigi­dité de l’identité natio­nale et des ins­ti­tu­tions qui l’accompagnent – l’État-nation, le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste, le mas­quage des anta­go­nismes de classe, de sexe, de race, etc. – est un pro­blème per­sis­tant, comme l’atteste notam­ment le retour en force de la droite et de l’extrême droite au centre de l’économie mon­diale.

Plus géné­ra­le­ment, penser la vie démo­cra­tique aujourd’hui nous semble passer par une nou­velle pro­blé­ma­ti­sa­tion des rap­ports entre les États et leurs popu­la­tions res­pec­tives, les vies qu’ils pro­tègent et celles qu’ils excluent. Une telle pro­blé­ma­ti­sa­tion permet de relan­cer une cri­tique forte du capi­ta­lisme, pour autant que le déve­lop­pe­ment de ce der­nier repose sur le déve­lop­pe­ment inégal des dif­fé­rentes régions de la pla­nète – comme l’a indi­qué avec brio David Graeber : « S’il n’était pas pos­sible d’emprisonner la majo­rité de la popu­la­tion mon­diale dans des enclaves pau­pé­ri­sées, il n’y aurait pas au départ d’incitatif pour que Nike ou Gap y délo­ca­lisent leur pro­duc­tion[19] ». Soulever ces ques­tions n’apporte pas d’emblée de réponses, mais permet au moins d’établir une grille d’analyse de la situa­tion mon­diale dans laquelle ins­crire, par un ensemble de mou­ve­ments et de luttes, l’exigence d’une vie démo­cra­tique, c’est-à-dire une vie qui ne serait pas sou­mise aux divi­sions struc­tu­relles entre pro­tégé-e-s et exclu-e-s, dési­rables et indé­si­rables, etc. Une fois que nous avons adopté cette grille d’analyse, notre tâche consiste en l’identification des forces et des stra­té­gies qui nous per­met­tront de porter cette exi­gence – quant aux obs­tacles et défis qui accom­pa­gne­ront inévi­ta­ble­ment un tel pro­ces­sus, nous affir­mons avec Mariatégui que la créa­tion héroïque des peuples per­met­tra d’y faire face.

Emanuel Guay[1] et Nicolas Villamarin[2] sont res­pec­ti­ve­ment étu­diant à la mai­trise à l’Université McGill et Cinéaste indé­pen­dant et titu­laire d’un Baccalauréat en science poli­tique de l’Université Laval.


  1. Étudiant à la maî­trise en socio­lo­gie à l’Université McGill.
  2. Cinéaste indé­pen­dant et titu­laire d’un bac­ca­lau­réat en science poli­tique de l’Université Laval.
  3. Michel Foucault, Histoire de la sexua­lité. I. La volonté de savoir, Paris, Gallimard, 2012, p. 188.
  4. Giorgio Agamben, Homo sacer. Le pou­voir sou­ve­rain et la vie nue, Paris, Seuil, 1997.
  5. Zygmunt Bauman, Le coût humain de la mon­dia­li­sa­tion, Paris, Hachette, 2010, p. 131-143.
  6. Mark Duffield, « The libe­ral way of deve­lop­ment and the deve­lop­ment-secu­rity impasse : explo­ring the global life-chance divide », Security Dialogue, vol. 41, n° 1, 2010, p. 56-57.
  7. Achille Mbembe, Critique de la raison nègre, Paris, La Découverte, 2013, p. 17.
  8. Ramón Grosfoguel, « Racismo/​sexismo epis­té­mico, uni­ver­si­dades occi­den­ta­li­za­das y los cuatro genocidios/​epistemicidios del largo siglo XVI », Tabula Rasa (Bogotá, Colombie), n° 19, juillet-décembre 2013, p. 35.
  9. Silvia Federici, Caliban et la sor­cière. Femmes, corps et accu­mu­la­tion pri­mi­tive, Paris, Entremonde, 2014.
  10. Enrique Dussel, 20 tesis de polí­tica, Romero de Terreros (Mexique), coédi­tion Editorial XXI siècle – CREFAL, 2010 [2006], p. 61. Nous tra­dui­sons.
  11. Agamben, op. cit., p. 195-196.
  12. Gilles Gagné, « La sou­ve­rai­neté à la défense du poli­tique », Liberté, n° 310, hiver 2016, p. 44.
  13. Grace Chang, Disposable Domestics. Immigrant Women Workers in the Global Economy, Chicago, Haymarket, 2016.
  14. Nicholas P. De Genova, « Migrant “ille­ga­lity” and depor­ta­bi­lity in eve­ry­day life », Annual Review of Anthropology, vol. 31, 2002, p. 419-447.
  15. Gagné, op. cit., p. 45.
  16. Dussel, op. cit. deuxième partie, p. 53 et sui­vantes.
  17. Atilio Boron, América Latina en la geo­polí­tica del impe­ria­lismo, Hondarribia (Espagne), Hiru, 2013.
  18. Cependant il serait faux de pré­tendre qu’elle ne l’est plus du point de vue com­mer­cial et éco­no­mique. En effet, l’Europe et les États-Unis conti­nuent d’être les lieux de pré­di­lec­tion pour les trans­ferts com­mer­ciaux et le tran­sit des mar­chan­dises. En ce sens, ils conti­nuent à être le centre de l’économie-monde capi­ta­liste.
  19. David Graeber, « The new anar­chists », New Left Review, n° 13, 2002, p. 65.

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