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Démocratie, entre dérives et recomposition
Construire une politique du peuple
Perspectives
1 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

Les sou­lè­ve­ments popu­laires du « prin­temps arabe », qui por­taient des reven­di­ca­tions sociales et poli­tiques, n’ont pas trouvé jusqu’à main­te­nant de réponses poli­tiques claires. Aujourd’hui, les popu­la­tions révol­tées sont tou­jours dans l’attente d’un chan­ge­ment tan­gible en termes de liber­tés, de tra­vail, de pro­tec­tion sociale et de res­pect de la dignité humaine. Entre temps, les mou­ve­ments semblent en perte de vitesse et, ici et là, le désen­chan­te­ment gagne les esprits. Comment s’en sortir ?

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Démocratiser la démocratie[1]
Perspectives
1 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

La démo­cra­tie n’est pas seule­ment une méthode, elle consti­tue en réa­lité le lieu du véri­table pro­ces­sus révo­lu­tion­naire. C’est en démo­cra­tie que les pro­ces­sus révo­lu­tion­naires latino-amé­ri­cains se déploient, tant par le déve­lop­pe­ment des capa­ci­tés d’organisations auto­nomes de la société que par le déve­lop­pe­ment du pou­voir de par­ti­ci­pa­tion et d’intervention dans la chose publique. La reven­di­ca­tion de la démo­cra­tie comme lieu inévi­table et indis­pen­sable de la révo­lu­tion exige qu’on réin­vente et qu’on refonde la démo­cra­tie, au lieu de la voir seule­ment comme une façon d’élire le gou­ver­ne­ment ou un moyen de res­pec­ter l’associativité, la pensée et l’activité poli­tique. Il faut conce­voir la démo­cra­tie dans son essence même, comme étant la par­ti­ci­pa­tion tou­jours plus grande dans la prise de déci­sions de la société. Nous voyons la démo­cra­tie au-delà d’une concep­tion sta­tique qui nous vient, en géné­ral, des pays du Nord, tra­di­tion­nel­le­ment appe­lés démo­cra­tiques. Dans ces pays, sou­vent moins de la moitié de la popu­la­tion par­ti­cipe aux élec­tions. Ces démo­cra­ties sta­tiques ne sont pas pour nous des modèles à imiter ou à suivre. La démo­cra­tie dont nous par­lons en Amérique latine, c’est une démo­cra­tie du peuple, de la rue, de l’action col­lec­tive et de la mobi­li­sa­tion. Dans le fond, le socia­lisme, c’est la radi­ca­li­sa­tion abso­lue de la démo­cra­tie, au tra­vail, au par­le­ment, dans le pou­voir de l’État et dans la vie quo­ti­dienne elle-même.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Les dessous de la crise en Syrie
Perspectives

Entretien avec Gilbert Achcar[1]

Propos recueillis par Pierre Beaudet[2]

PBLa crise en Syrie a éclaté au moment où au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sur­gis­sait le « prin­temps arabe ». Il y avait un fond commun de reven­di­ca­tions démo­cra­tiques, ainsi que des mou­ve­ments popu­laires rela­ti­ve­ment spon­ta­nés, non vio­lents. En quoi la situa­tion en Syrie s’est-elle déve­lop­pée d’une manière spé­ci­fique ?

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Démocratie, entre dérives et recomposition
L’effet hacker sur la démocratie
Résistances
30 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

L’arrivée de nou­velles tech­no­lo­gies comme l’impression, le télé­graphe, la radio ou la télé­vi­sion a engen­dré des espoirs de trans­for­ma­tions poli­tiques rela­tives à la dif­fu­sion de l’information et à l’élargissement de la par­ti­ci­pa­tion aux débats publics. L’usage de ces inven­tions a été l’objet de luttes : l’État et quelques grandes cor­po­ra­tions se sont donné un quasi-mono­pole sur leur uti­li­sa­tion en met­tant en place des régle­men­ta­tions de plus en plus com­plexes. Si le marché a pu rendre ces nou­velles tech­no­lo­gies dis­po­nibles à tous et à toutes, les pos­si­bi­li­tés d’appropriation citoyenne et mili­tante de ces tech­no­lo­gies se sont para­doxa­le­ment réduites. L’informatisation d’une part gran­dis­sante des acti­vi­tés humaines et l’arrivée d’Internet ont créé des espoirs simi­laires de renou­veau démo­cra­tique par un accès plus facile à l’information et la mul­ti­pli­ca­tion des débats publics, mais éga­le­ment une même volonté de contrôle des États et des inté­rêts privés.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Démocratie et éducation : à retenir du FSM 2016
Résistances
28 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

Nous vou­lons dans cet article pro­blé­ma­ti­ser le rap­port entre édu­ca­tion et démo­cra­tie à partir de la réflexion éla­bo­rée dans des ate­liers sur l’éducation tenus au Forum social mon­dial (FSM) de 2016, bien que ce rap­port y ait été somme toute peu thé­ma­tisé. On a certes dis­cuté des pro­blèmes de condi­tions d’apprentissage, de condi­tions de tra­vail, de syn­di­ca­lisme, d’égalité, d’accessibilité, de droit à l’éducation, voire d’émancipation par l’éducation, mais on a peu ques­tionné les impli­ca­tions de tout cela sur la vie démo­cra­tique en tant que telle. Or, peu importe le point de vue à partir duquel la gauche en édu­ca­tion for­mule ses diag­nos­tics cri­tiques, peu importe la norme par­ti­cu­lière au nom de laquelle elle ana­lyse l’éducation réelle, celle-ci implique tou­jours en même temps une aspi­ra­tion impli­cite à plus de démo­cra­tie. Que les luttes portent sur l’école publique, les tests stan­dar­di­sés, l’évaluation des ensei­gnantes et des ensei­gnants, les frais de sco­la­rité, la col­lé­gia­lité, elles sont à chaque fois des com­bats contre la dépos­ses­sion des peuples et des com­mu­nau­tés à l’égard de leur édu­ca­tion. Le pro­blème est que cette com­po­sante des luttes en édu­ca­tion, le fait qu’elles soient por­tées par une aspi­ra­tion géné­rale à la démo­cra­tie, n’est sou­vent ni dis­cu­tée ni assu­mée par les orga­ni­sa­tions qui militent en édu­ca­tion. Ce n’est pour­tant que si elle l’était qu’on pour­rait tra­vailler à l’articulation des luttes en édu­ca­tion les unes aux autres à l’échelle inter­na­tio­nale, d’une part, et à leur arti­cu­la­tion aux autres grandes luttes sociales et envi­ron­ne­men­tales de notre époque, d’autre part.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Retrouver la force démocratisante du syndicalisme
Résistances
26 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

À mon ami Jean-Marc Piotte

Depuis un cer­tain temps déjà, le mot renou­veau est sur bien des lèvres dans le mou­ve­ment syn­di­cal qué­bé­cois. Si l’expression a donné l’occasion à un col­lec­tif d’auteur-e-s de mener des réflexions rafrai­chis­santes à ce sujet[2], il a le défaut d’être équi­voque et com­pris bien dif­fé­rem­ment par les tenants d’un retour à un syn­di­ca­lisme « de trans­for­ma­tion sociale », – voire « de combat » – et par les adeptes d’un syn­di­ca­lisme par­te­na­rial qui sou­haitent regar­nir leurs rangs de recrues prêtes à leur suc­cé­der dans la même voie.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Comment le mouvement étudiant démocratise les structures du militantisme
Résistances
24 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

Au prin­temps 2012, le mou­ve­ment étu­diant qué­bé­cois rejoi­gnait la vague de contes­ta­tion inter­na­tio­nale contre les mesures d’austérité. Pendant plu­sieurs mois, plus de 200 000 étu­diantes et étu­diants – soit envi­ron 50 % de l’effectif post­se­con­daire – ont fait grève contre une hausse des frais de sco­la­rité. Semaine après semaine se suc­cé­daient actions artis­tiques, mani­fes­ta­tions noc­turnes, blo­cages de cibles éco­no­miques et mani­fes­ta­tions monstres. Pour plu­sieurs obser­va­teurs inter­na­tio­naux, cette grève s’inscrivait dans la lignée directe des indi­gnés, du mou­ve­ment Occupy, des luttes étu­diantes au Chili et en Angleterre. S’il est vrai que le mou­ve­ment étu­diant de 2012 répon­dait à une mesure d’austérité, son émer­gence tient davan­tage de la longue his­toire des grèves étu­diantes qué­bé­coises. Le mou­ve­ment étu­diant tire sa force de son mode d’organisation et de ses tac­tiques de pra­tiques mili­tantes pro­fon­dé­ment ancrées dans des orga­ni­sa­tions démo­cra­tiques.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Mouvements sociaux et approfondissement de la démocratie : expériences québécoises
Résistances
22 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

Dans une fresque remar­quable[2] retra­çant plus de deux siècles d’action des mou­ve­ments sociaux, Charles Tilly et Lesley Wood se penchent sur la rela­tion contra­dic­toire liant ceux-ci au déve­lop­pe­ment des ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques modernes. L’enracinement de l’idéal de sou­ve­rai­neté popu­laire, l’épanouissement du par­le­men­ta­risme et l’extension du suf­frage uni­ver­sel doivent beau­coup à ces cou­ra­geuses mobi­li­sa­tions popu­laires ayant ponc­tué l’histoire des États occi­den­taux depuis 1768.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Après le communisme : le commun et la commune
Résistances
20 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

Le commun, sujet de l’heure pour une cer­taine gauche, n’est ni une idée nou­velle, ni quelque chose de pure­ment théo­rique. Au Québec, il suffit de penser à l’exemple des CLSC qui sont aujourd’hui en train de dis­pa­raître sous le coup des coupes bud­gé­taires, mais aussi et sur­tout en raison des réor­ga­ni­sa­tions du sys­tème de santé. Avant d’être inté­grées aux ins­ti­tu­tions publiques, les cli­niques popu­laires sont nées d’initiatives locales à la fois de mili­tantes et de mili­tants et de per­sonnes rési­dentes des quar­tiers ; elles ont été construites sur la base des prin­cipes d’autonomie et de démo­cra­tie, favo­ri­sant l’écoute des besoins des usa­gères et des usa­gers. Au fil du temps, mais par­ti­cu­liè­re­ment depuis l’acharnement « aus­té­ri­taire » du gou­ver­ne­ment Couillard, les CLSC sont peu à peu évidés de ce qui les fai­sait appa­raître comme un exemple qué­bé­cois de ce que Pierre Dardot et Christian Laval appellent les com­muns.

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NOTES DE LECTURE
Grève et paix. Une histoire des lois spéciales au Québec
Martin Petitclerc et Martin Robert, Montréal, Lux, 2018
19 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Pour quelqu’un de ma géné­ra­tion, dont la poli­ti­sa­tion s’est faite au cours des années 2000, il est par­fois dif­fi­cile de conce­voir qu’à plu­sieurs reprises au cours des der­nières décen­nies, des dizaines de mil­liers de tra­vailleurs et de tra­vailleuses du sec­teur public se sont mis en grève illé­ga­le­ment pour défier une loi spé­ciale. L’ouvrage de Petitclerc et Robert nous rap­pelle plu­sieurs de ces luttes. Il nous montre aussi que des mobi­li­sa­tions syn­di­cales d’envergure deviennent de plus en plus dif­fi­ciles à mesure que se ren­force un dis­po­si­tif répres­sif dont les lois spé­ciales sont une com­po­sante essen­tielle. Malgré des efforts inven­tifs pour contour­ner les impacts de ces lois, les grandes cen­trales syn­di­cales sont pro­gres­si­ve­ment ame­nées à adop­ter une stra­té­gie de repli pour éviter d’y être confron­tées. Les lois spé­ciales contri­buent donc à la mar­gi­na­li­sa­tion poli­tique des syn­di­cats et favo­risent en même temps la mise en place d’un mode de gou­ver­ne­ment néo­li­bé­ral.

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