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L'accès à la justice, quelle justice?
La justiciabilité des droits économiques et sociaux en 2016 au Québec : une tempête dans un verre d’eau ?
Luttes contemporaines-alternatives-résistances
11 avril 2020
No 16 - Automne 2016

Au moment où ces lignes sont écrites[2], nous atten­dons avec impa­tience le résul­tat de l’examen par le Comité des droits éco­no­miques, sociaux et cultu­rels des Nations unies du 6e rap­port de mise en œuvre du Pacte inter­na­tio­nal rela­tif aux droits éco­no­miques, sociaux et cultu­rels (PIDESC), un traité que le Canada a rati­fié et auquel le Québec a adhéré en 1976[3]. Ce résul­tat pren­dra la forme d’observations finales que le Comité des droits éco­no­miques, sociaux et cultu­rels deman­dera au Canada de dif­fu­ser lar­ge­ment, comme ce fut le cas pré­cé­dem­ment[4]. Et comme lors des édi­tions anté­rieures, les gou­ver­ne­ments fédé­ral et qué­bé­cois – et ceux des autres pro­vinces et ter­ri­toires – omet­tront pro­ba­ble­ment de donner suite à cette demande.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Remettre à l’endroit le développement des régions
Valleyfield, un enjeu québécois
10 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Le déclin est-il irréversible ?

Depuis long­temps et sous plu­sieurs aspects, le débat sur l’avenir des régions est empreint de confu­sion un peu par­tout dans le monde, y com­pris au Québec. Il y a un dis­cours qu’on pour­rait qua­li­fier de fata­liste, selon lequel l’avenir des régions est déter­miné par la proxi­mité des grandes villes. On parle d’une ten­dance uni­ver­selle, mar­quée, entre autres, par la concen­tra­tion des acti­vi­tés à haute valeur ajou­tée dans les grandes villes, ainsi que par le déclin de vieilles régions indus­trielles et péri­phé­riques[1]. Certaines régions peuvent sur­vivre, à condi­tion qu’elles se spé­cia­lisent en deve­nant davan­tage inté­grées à l’économie « glo­bale ». Devant cela, la pers­pec­tive consiste plus ou moins à « gérer le déclin », sans égard aux régions comme telles, et encore moins, aux besoins et aspi­ra­tions des popu­la­tions et des com­mu­nau­tés direc­te­ment concer­nées. Dans notre his­toire récente, ce débat sur les régions a été relancé plu­sieurs fois. Nous vou­lons ici argu­men­ter en faveur d’une approche régio­nale aux pro­blèmes des régions, afin de faire face à d’importants défis qui se pré­sentent sou­vent comme de grandes menaces.

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L'accès à la justice, quelle justice?
Les organismes en défense collective des droits, une voie vers la justice compromise
Luttes contemporaines-alternatives-résistances
9 avril 2020
No 16 - Automne 2016

La jus­tice n’est pas seule­ment l’affaire des juges et des tri­bu­naux. D’autres voies et d’autres acteurs per­mettent l’accès à la jus­tice. C’est le cas notam­ment des orga­nismes com­mu­nau­taires œuvrant en défense col­lec­tive des droits (DCD). L’objectif de cet article sera de démon­trer com­ment peut se tra­duire l’accès à la jus­tice et à la pleine réa­li­sa­tion des droits humains par le tra­vail de ce type d’organismes com­mu­nau­taires, étant donné leur rela­tion par­ti­cu­lière avec l’État qué­bé­cois. D’entrée de jeu, nous cir­cons­cri­rons ce qu’est l’approche pré­co­ni­sée par les groupes en DCD, pour ensuite réflé­chir aux enjeux aux­quels ceux-ci sont confron­tés. Nous démon­tre­rons qu’en dépit d’une recon­nais­sance éta­tique du rôle et de l’importance de ces orga­nismes au tout début des années 2000, les der­nières années ont été le théâtre de leur remise en cause par le gou­ver­ne­ment du Québec, ce der­nier cher­chant à modi­fier leur rôle et à limi­ter leur capa­cité d’action.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Valleyfield 2019 : un militantisme en mutation
Valleyfield, un enjeu québécois
8 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Au terme de l’enquête sur Valleyfield, il nous a semblé impor­tant de prendre un pas de côté et de réflé­chir à tout ce qui a été réuni à tra­vers l’ensemble des dis­cus­sions, enquêtes et entre­vues. Vous l’aurez lu dans les pages pré­cé­dentes, ce riche maté­riel four­nit un bon por­trait de la région, de ses luttes et résis­tances, de son état éco­no­mique et social, et de divers débats qui tra­versent les géné­ra­tions mili­tantes.

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L'accès à la justice, quelle justice?
Les femmes et la justice au Canada : quelle justice ?
Luttes contemporaines-alternatives-résistances
7 avril 2020
No 16 - Automne 2016

L’accès plein et entier à un sys­tème de jus­tice neutre et effi­cace est pré­senté comme l’un des grands acquis, si ce n’est le plus grand, de la démo­cra­tie libé­rale. Le droit à un juge­ment « juste et équi­table » est d’ailleurs garanti consti­tu­tion­nel­le­ment au Canada. Ce sont de très belles garan­ties sur papier ; tou­te­fois, qu’en est-il dans les faits ? Dans cet article, nous allons nous inter­ro­ger sur l’accès à la jus­tice, plus par­ti­cu­liè­re­ment pour les femmes[2].

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Valleyfield, mémoires et résistances
La grande bataille du Suroît contre la centrale thermique – Entrevue avec Marc Laviolette
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant
6 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

En 2001, Hydro-Québec et le gou­ver­ne­ment du Parti qué­bé­cois (PQ) annoncent un méga­pro­jet de construc­tion d’une cen­trale ther­mique au gaz à Beauharnois, la ville-sœur, si on peut dire, de Valleyfield. Le budget du projet est évalué à plus de 550 mil­lions de dol­lars. On estime qu’une fois com­plé­tée, la cen­trale pourra pro­duire plus de 850 méga­watts et qu’on pourra expor­ter l’électricité vers l’Ontario et les États-Unis. En 2003, cepen­dant, le projet reçoit une éva­lua­tion néga­tive du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) qui estime que, « malgré sa contri­bu­tion impor­tante à l’essor éco­no­mique de la région de Beauharnois et malgré les impacts réduits qu’il aura sur l’environnement, le projet aug­men­tera de façon sub­stan­tielle les émis­sions de gaz à effet de serre du Québec[2] ». Malgré cet avis néga­tif, le nou­veau gou­ver­ne­ment du Parti libé­ral remet le projet sur les rails à la fin de 2003. Rapidement, l’opposition s’organise. Une vaste coa­li­tion d’organisations envi­ron­ne­men­ta­listes, la coa­li­tion Québec-Vert-Kyoto, orga­nise une mani­fes­ta­tion en février 2004 où se retrouvent plus de 4000 per­sonnes devant le siège d’Hydro-Québec à Montréal.

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L'accès à la justice, quelle justice?
Le mouvement étudiant face au système de justice pénale
Luttes contemporaines-alternatives-résistances
5 avril 2020
No 16 - Automne 2016

Le rap­port ambigu qu’entretiennent les mou­ve­ments sociaux avec le droit touche direc­te­ment à la ques­tion de l’« accès à la jus­tice » pour les popu­la­tions éloi­gnées du pou­voir. Le droit est sou­vent perçu comme un méca­nisme de répres­sion plutôt qu’un outil ou une sphère de pro­tec­tion pour les membres des classes subor­don­nées. Les mou­ve­ments sociaux, pri­vi­lé­giant l’action poli­tique, forment en ce sens un moyen, un véhi­cule, pour l’accession réelle à des condi­tions de vie dignes pour le plus grand nombre. Le recours à « des modes d’action trans­gres­sifs qui se déploient en dehors des canaux ins­ti­tu­tion­nels et qui cherchent […] à per­tur­ber la rou­tine de l’ordre établi pour se faire voir et entendre[2] » s’avère néces­saire pour les mou­ve­ments sociaux, mais expose leurs membres au risque de dif­fé­rentes mesures répres­sives de l’État, notam­ment la déten­tion, l’arrestation et la mise en accu­sa­tion. À cet égard, le mou­ve­ment étu­diant ne fait pas excep­tion.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Le « soviet » de Valleyfield – Succès et échecs du travail communiste en usine
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant
4 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Dans les années 1970 et au début des années 1980, le mou­ve­ment mar­xiste-léni­niste regroupe des mil­liers de sym­pa­thi­sants et sym­pa­thi­santes et consti­tue un des pôles domi­nants de la gauche qué­bé­coise. La plus impor­tante orga­ni­sa­tion du mou­ve­ment, la Ligue com­mu­niste (mar­xiste-léni­niste) du Canada, devient le Parti com­mu­niste ouvrier (PCO) en 1979. Ce parti qui se conçoit dans la tra­di­tion de la Troisième Internationale prône l’implantation en usine. Il encou­rage les mili­tants à se faire embau­cher en usine pour y faire du tra­vail syn­di­cal et poli­tique. Valleyfield est alors un des endroits où cette pré­sence com­mu­niste est la plus forte. On retrouve des mili­tants dans la plu­part des grandes usines de la ville et des envi­rons. Dans cer­tains cas, les mar­xistes-léni­nistes se font élire à des postes syn­di­caux et exercent une influence déter­mi­nante sur les luttes dans les milieux de tra­vail. Un leader du parti déclare à l’époque que « dans la région, tous les élé­ments avan­cés ont été ral­liés » et cer­tains parlent du « soviet de Valleyfield » pour décrire la vigueur de l’engagement com­mu­niste. Dans ce texte, j’analyse l’implantation dans quatre usines de la région afin de faire surgir quelques-unes des rai­sons der­rière les succès et les échecs de ces expé­riences[1].

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L'accès à la justice, quelle justice?
Les délais judiciaires comme modalité d’organisation d’une justice de classe : la hiérarchisation des causes à la Régie du logement
Luttes contemporaines-alternatives-résistances
3 avril 2020
No 16 - Automne 2016

Cette mise au rôle est-elle éthique ? Il fau­drait d’abord se poser la ques­tion : quelles valeurs sous-tendent les actes qui sont posés ? Le pré­sident [de la Régie du loge­ment] l’a d’ailleurs men­tionné dans son témoi­gnage : il est sou­vent pris entre deux feux, soit entre dif­fé­rentes asso­cia­tions qui exercent leur influence soit dans la réa­li­sa­tion de cibles stra­té­giques par­fois dif­fi­ci­le­ment conci­liables[1].

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Valleyfield, mémoires et résistances
Valleyfield 1946
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant

Pour la classe ouvrière au Québec, 1946 est une année excep­tion­nelle, alors que le capi­ta­lisme nord-amé­ri­cain tente un retour à la nor­male après cinq années de guerre. La guerre froide pointe à l’horizon, les États-Unis, à peine sortis du conflit avec l’Allemagne nazie, déci­dant de confron­ter l’Union sovié­tique. En Angleterre, le pre­mier ministre conser­va­teur Winston Churchill affirme qu’un rideau de fer s’est abattu sur l’Europe la divi­sant en zones, com­mu­niste à l’est et « libre » à l’ouest, et qu’il appar­tient aux pays capi­ta­listes d’aider à « libé­rer » l’Europe. Au Canada, ce tour­nant bel­li­queux prend forme au sein du gou­ver­ne­ment. Des mili­tantes et des mili­tants de gauche et des syn­di­ca­listes sont sus­pec­tés d’être « à la solde » de l’URSS. Plusieurs sont arrê­tés à la suite d’une affaire d’« espion­nage » qui don­nera lieu à des accu­sa­tions, des empri­son­ne­ments et des vies bri­sées, même si la plu­part des per­sonnes « accu­sées » seront fina­le­ment dis­cul­pées.

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