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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
L’état mondial de l’éducation supérieure : les barbares sont aux portes
Mutations de l'éducation supérieure

Malgré la diver­sité des tra­jec­toires et des tra­di­tions des uni­ver­si­tés de par le monde, il existe un cer­tain consen­sus quant au rôle qu’elles jouent pour la pro­mo­tion du déve­lop­pe­ment social, cultu­rel et éco­no­mique des peuples. Elles ont pour mis­sion de pré­ser­ver, de trans­mettre et de faire avan­cer la connais­sance par l’enseignement, la recherche et le ser­vice aux col­lec­ti­vi­tés. On convient aussi géné­ra­le­ment que cette mis­sion requiert une auto­no­mie des ins­ti­tu­tions – sur les plans poli­tique, idéo­lo­gique, orga­ni­sa­tion­nel et reli­gieux – et une liberté aca­dé­mique de leurs membres.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Capitalisme financier et régime d’endettement
Chantiers théoriques
11 février 2020
No. 8 - Automne 2012

« Il est plus que temps que la géné­ra­tion actuelle paie sa juste part des frais de sco­la­rité. Il faut cesser de voir l’endettement étu­diant comme un endet­te­ment, mais bien comme un inves­tis­se­ment à long terme[1] . » C’est ce qu’affirmait le Mouvement des étu­diants socia­le­ment res­pon­sables du Québec (MESRQ), « un regrou­pe­ment d’étudiants auto­nomes » mis sur pied pour défendre la hausse des droits de sco­la­rité uni­ver­si­taires décré­tée par le gou­verne- ment de Jean Charest en 2011 et s’opposant au « boy­cot­tage des cours » déclen­ché à l’hiver 2012 en réac­tion à cette déci­sion. Un inves­tis­se­ment, l’endette- ment ? Tout à fait, à condi­tion que l’on consi­dère les indi­vi­dus comme des entre- prises vouées à faire croître l’économie. Mais il est aussi juste de dire que pour les indi­vi­dus et les fonds qui gèrent des por­te­feuilles d’actifs finan­ciers, inves­tir dans l’achat de titres ados­sés à des prêts étu­diants peut s’avérer un inves­tis­se­ment fort ren­table ! C’est du moins ce que pré­ten­dait l’agence de nota­tion DBRS (Dominion Bond Rating Service) en 2006, soit un an avant l’éclatement de la bulle des hypo­thèques à risque : « En com­pa­rai­son avec d’autres formes de prêts à la consom­ma­tion, DBRS croit que les prêts étu­diants devraient conti­nuer d’afficher une per­for­mance supé­rieure due au profil avan­ta­geux des emprun­teurs et aux garan­ties ins­ti­tu­tion­nelles qui s’y rat­tachent[2]. »

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Le devenir total de capital : l’université comme lieu d’accumulation du capital humai
Chantiers théoriques
9 février 2020
No. 8 - Automne 2012

Ainsi donc, cama­rades, si nous vou­lons remé­dier à la pénu­rie d’hommes et obte­nir que notre pays dis­pose de cadres suf­fi­sants, capables de faire pro­gres­ser la tech­nique et la mettre en action, nous devons savoir avant tout appré­cier les hommes, appré­cier les cadres, appré­cier chaque tra­vailleur pou­vant être utile

à l’œuvre com­mune. Il faut enfin com­prendre que de tous les capi­taux pré­cieux dans le monde, le plus pré­cieux et le plus déci­sif ce sont les hommes, les cadres.

Il faut com­prendre que dans les condi­tions actuelles, « les cadres décident de tout ».

Joseph Staline, L’homme, le capi­tal le plus pré­cieux, 1935.

Ce texte vise à ana­ly­ser les trans­for­ma­tions qui s’opèrent au sein des ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires dans le contexte de la crise struc­tu­relle dans laquelle le capi­ta­lisme est plongé depuis plus d’une qua­ran­taine d’années. Cette crise s’ins- crit au cœur même d’une des contra­dic­tions cen­trales du capi­ta­lisme qui repose sur le fait qu’en même temps que le Capital a besoin du tra­vail vivant pour se valo­ri­ser, la dyna­mique d’accumulation néces­site de rem­pla­cer le tra­vail humain par des machines. Dans ce texte, nous mon­tre­rons com­ment le Capital cherche à dépas­ser cette contra­dic­tion en modi­fiant la nature du savoir, de la connais­sance et de l’être humain, pour en faire un inves­tis­se­ment pro­duc­tif dont la ren­ta­bi­lité serait mesu­rable.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
L’augmentation de l’accessibilité à l’enseignement supérieur au Québec : une démocratisation (trop) tranquille
Chantiers théoriques

Au cours de la mobi­li­sa­tion étu­diante contre l’augmentation des droits de sco­la­rité qui a débuté à l’hiver 2012, nom­breuses ont été les inter­ven­tions dénon­çant l’impact de cette déci­sion du gou­ver­ne­ment du Québec sur l’accessi- bilité à l’enseignement supé­rieur. Le coût des études uni­ver­si­taires – et l’endette- ment qui s’en suit – peuvent en effet décou­ra­ger plus d’un jeune à s’engager dans de longues études. Le gou­ver­ne­ment libé­ral et plu­sieurs rec­teurs répli­quaient en arguant d’un besoin de finan­ce­ment pour assu­rer la qua­lité des uni­ver­si­tés qué­bé­coises et deman­daient éga­le­ment une trans­for­ma­tion du régime de prêts et bourses en faveur des étu­diantes les moins favo­ri­sées.

À l’occasion de ces dis­cus­sions fon­da­men­tales sur le droit à l’éducation et sur son finan­ce­ment, un élé­ment semble pour­tant avoir été quelque peu exclu du débat. Sans doute parce qu’il s’agissait avant tout de défendre le statu quo, c’est- à-dire le gel des droits de sco­la­rité (bien que plu­sieurs reven­di­quaient la gra­tuité), on a peu cri­ti­qué l’état actuel de l’accessibilité à l’université. En d’autres mots, dans la lutte légi­time contre l’augmentation des droits de sco­la­rité et des frais d’inscription et en faveur de l’égalité des chances, on a peut-être trop sou­vent oublié de rap­pe­ler que, au cours des der­nières décen­nies, l’augmentation de l’ac- ces­si­bi­lité à l’enseignement supé­rieur au Québec n’a pas eu pour corol­laire une réduc­tion aussi remar­quable des inéga­li­tés sco­laires, ni des inéga­li­tés sociales. Dans cet article, après avoir rap­pelé la dis­tinc­tion entre acces­si­bi­lité et démo­cra­ti­sa­tion, nous obser­ve­rons l’évolution des inéga­li­tés sco­laires liées au genre, à la langue et aux ori­gines sociales. La per­sis­tance de cer­taines formes d’inégalités d’accès nous fait conclure à une démo­cra­ti­sa­tion un peu trop tran­quille de l’enseignement supé­rieur qué­bé­cois, notam­ment des uni­ver­si­tés. Ce constat nous per­met­tra d’avancer cer­taines pistes d’action visant à favo­ri­ser l’égalité des chances tout en inter­ro­geant les liens entre inéga­li­tés sco­laires et sociales.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Croisée des chemins
Chantiers théoriques
5 février 2020
Numéros des NCS

Two roads diver­ged in a yellow wood, And sorry I could not travel both And be one tra­ve­ler, long I stood

And looked down one as far as I could To where it bent in the under­growth. Robert Frost, The Road not Taken

Introduction

Dans un pas­sage immen­sé­ment célèbre d’un ouvrage consa­cré à la phi­loso- phie de l’esprit[1] Gilbert Ryle nous demande d’imaginer une per­sonne à qui on ferait visi­ter l’université d’Oxford ou celle de Cambridge.

Après qu’on lui en a montré tous les bâti­ments (la biblio­thèque, les salles de classe, la café­té­ria, etc.), elle demande : « Fort bien, mais où est l’université ? »

Cette per­sonne commet, selon Ryle, ce qu’il a appelé une « erreur de caté­go­rie ». C’est qu’elle ne com­prend pas que l’université n’est pas un bâti­ment autre et en sus de tous ceux qu’on lui a fait visi­ter, mais leur réunion en un tout qui les sub­sume. L’université n’est ni un autre bâti­ment, ni la simple jux­ta­po­si­tion de divers bâti­ments : elle est ce pour quoi tous ceux-là et bien d’autres choses encore existent.

Il est très facile de com­mettre de telles erreurs de caté­go­rie à propos de l’université. On pourra par exemple être tenté de la défi­nir, certes pas par son patri­moine immo­bi­lier, mais, disons, par le nombre de ses ensei­gnantes, de ses char­gées de cours et de ses étu­diantes ; par le nombre de ses diplô­mées ; par l’importance quan­ti­ta­tive et qua­li­ta­tive de ses sub­ven­tions de recherche ; ou par bien d’autres cri­tères sem­blables.

Mais pour utiles que puissent être de telles défi­ni­tions pour cer­taines fins pra­tiques, pro­cé­der ainsi serait, cette fois encore et du moins pour nombre de ques­tions fort per­ti­nentes, com­mettre une erreur de caté­go­rie et nous ferait per- dre de vue une pers­pec­tive phi­lo­so­phique, poli­tique et cultu­relle cru­ciale qui demande : dans quel but, pour quelles fins, tout cela existe-t-il ?

Dans les pages qui suivent, je pro­pose, ins­pi­rée d’un récent ouvrage(2), une réflexion sur ce qu’on devrait attendre qu’apporte la for­ma­tion dis­pen­sée par une uni­ver­sité, tant aux indi­vi­dus qui la fré­quentent qu’à la col­lec­ti­vité qui l’abrite. Or je pense, comme bien d’autres, que nous vivons une période de trans­for­ma­tion rapide et pro­fonde de l’université et qu’il y a tout lieu de pré­dire que si celle d’aujourd’hui est déjà bien dif­fé­rente de celle qui exis­tait il y a cin­quante ans, l’université de demain sera elle aussi, de manières encore insoup­çon­nées, très éloi­gnée de celle que nous connais­sons. Dans de telles condi­tions, alors que nous sommes à une croi­sée de che­mins, il est impé­ra­tif de placer une réflexion sur l’université non sur son hypo­thé­tique et sur bien des plans impré­vi­sible deve­nir, mais dans une pers­pec­tive nor­ma­tive, et donc en par­tant de ce qu’il est sou­hai­table qu’il en soit pré­servé par-delà les inévi­tables trans­for­ma­tions, voire muta­tions, qui ne man­que­ront pas de se pro­duire.

Je com­men­ce­rai donc (sec­tion 1) par dire ce que je pense qu’est, en sub­stance, et devrait demeu­rer une uni­ver­sité. J’aborderai ensuite, en deux sec­tions suc­ces­sives, mon sujet prin­ci­pal : ce qu’il est permis à ceux et celles qui la fré- quentent d’attendre d’une uni­ver­sité (sec­tion 2) ; puis, ce qu’il est permis, à la col­lec­ti­vité qui l’abrite, d’attendre d’une uni­ver­sité (sec­tion 3).

En conclu­sion, je rap­pel­le­rai quelques-uns des prin­cipes que devraient défendre les per­sonnes qui ont à cœur l’université et cer­tains des obs­tacles qui se dressent contre la défense de l’université telle que je la conçois.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Notes de lecture
5 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

Francis Dupuis-Déri, La peur du peuple. Agoraphobie et ago­ra­phi­lie poli­tiques,

Montréal, Lux, 2016

Emanuel Guay

Dans son plus récent ouvrage, Dupuis-Déri nous offre une pers­pec­tive par­ti­cu­liè­re­ment riche sur les liens qui unissent des concepts tels que la démo­cra­tie, le peuple et le pou­voir, à partir d’une dis­tinc­tion qu’il pro­pose entre l’ago­ra­pho­bie et l’ago­ra­phi­lie poli­tique. Ces deux termes dési­gnent des atti­tudes oppo­sées face à la capa­cité qu’ont les per­sonnes ordi­naires de se réunir afin de déli­bé­rer et de prendre des déci­sions en commun : si les ago­ra­phobes se méfient du peuple assem­blé, en lui repro­chant entre autres d’être irra­tion­nel, faci­le­ment influen­çable, prompt à la vio­lence, etc., les ago­ra­philes estiment pour leur part que les pra­tiques de démo­cra­tie directe sont la meilleure manière de se pré­mu­nir contre les abus de pou­voir et la concen­tra­tion de ce der­nier dans quelques mains. Dans l’opposition entre ces deux pers­pec­tives se dis­cernent des enjeux lourds de sens – les pra­tiques ago­ra­philes consti­tuent en effet un scan­dale pour l’élite parce qu’elles inva­lident la néces­sité d’une cou­pure entre les per­sonnes qui obéissent et celles qui com­mandent, en démon­trant que les dominé-e-s peuvent se gou­ver­ner par et pour eux et elles-mêmes.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Grève et tensions dans les universités et les cégeps
Introduction
3 février 2020
No. 8 - Automne 2012

La pré­pa­ra­tion de ce numéro des Nouveaux Cahiers du socia­lisme (NCS) s’est faite dans un contexte par­ti­cu­lier. Le thème du dos­sier s’est imposé au sein du col­lec­tif à l’été 2011, donc près d’une demi-année avant le déclenche- ment de ce qui devien­dra la plus longue et la plus impor­tante grève étu­diante du Québec. Mais il y a là bien loin du hasard. Le plan d’action des orga­ni­sa­tions étu­diantes, celui de l’Association pour une soli­da­rité syn­di­cale étu­diante (ASSÉ) prin­ci­pa­le­ment, com­pre­nait la pos­si­bi­lité de grève, et l’escalade des moyens de pres­sion sui­vait son cours. Sans une volte-face du gou­ver­ne­ment annu­lant la hausse annon­cée de 75 % des frais de sco­la­rité, l’organisation et la mobi­lisa- tion vers la grève la ren­daient très pro­bable. Il appa­rais­sait alors essen­tiel qu’un numéro des NCS aborde la ques­tion de l’enseignement supé­rieur. Or, les délais de pro­duc­tion d’un tel numéro ne sont pas en phase avec la tem­po­ra­lité de la lutte de sorte que l’essentiel du numéro fut pré­paré pen­dant la grève elle-même, sans que les auteures en connaissent l’issue. Plus encore, cette intro­duc­tion a été rédi­gée alors que l’inique loi spé­ciale (loi 12 issue du projet de loi 78) venait tout juste d’être adop­tée. Ainsi, les textes ici réunis ne sont pas le résul­tat de la grève. Nous avons tou­te­fois pu saisir, à défaut d’une ana­lyse appro­fon­die de cette lutte sociale, plu­sieurs rai­son­ne­ments, pen­sées et thèses qui étaient, en amont, pré­sents dans l’air du temps au moment où la grève fut orga­ni­sée et déclen­chée. À ce titre, on compte parmi les contri­bu­teurs plu­sieurs auteurs qui avaient, durant la saison pré­cé­dant la grève, lancé des ouvrages direc­te­ment per­ti­nents au sou­lève- ment étu­diant.[1] D’autres avaient publié, dans les mois et années anté­rieures, divers docu­ments de recherche d’une impor­tance immé­diate pour la lutte étu­diante[2].

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Forum social mondial 2016
Rapports d’atelier de l’espace émancipation
3 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

L’espace éman­ci­pa­tion orga­nisé par les NCS lors du Forum social mon­dial de Montréal com­pre­nait quelque 25 ses­sions ali­men­tées par une cen­taine de per­sonnes res­sources. Un tra­vail colos­sal a été réa­lisé pour enri­chir les dis­cus­sions qui ont réuni plus de 1000 per­sonnes. Plusieurs de ces ate­liers ont fait l’objet d’une syn­thèse, pour per­mettre aux lec­teurs et aux lec­trices de capter une partie des débats denses et nuan­cés qui ont eu lieu. Cet espace éman­ci­pa­tion a joué le rôle d’université popu­laire que les NCS orga­nisent à chaque mois d’août depuis 2010.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Haïti actuelle Les nouvelles formes d’un blocage historique
Perspectives
1 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

Il faut se sou­ve­nir qu’avant même le départ de Jean-Claude Duvalier, en 1986, les classes domi­nantes haï­tiennes étaient déjà empê­trées dans une crise inex­tri­cable : chan­ge­ments répé­tés de gou­ver­ne­ment, mas­ca­rade de réfé­ren­dum, répres­sion accen­tuée, etc. Poursuivies et rat­tra­pées par une mobi­li­sa­tion popu­laire exas­pé­rée et avec l’accord de l’impérialisme, lui aussi inca­pable de conti­nuer à jus­ti­fier cette pré­sence qu’il avait cepen­dant défen­due par tous les moyens, ces classes domi­nantes se rési­gnèrent à accep­ter le renvoi de leur « pré­sident à vie » et à ins­tau­rer à contre­cœur une période dite de « démo­cra­tie ». Cela n’a cepen­dant pas résolu la situa­tion de crise. Au contraire, la situa­tion se com­plique davan­tage. Non seule­ment des mobi­li­sa­tions popu­laires per­ma­nentes conti­nuent d’acculer ces domi­nants apeu­rés, mais un popu­lisme oppor­tu­niste et de grande échelle a fait son appa­ri­tion sur la scène poli­tique. Pendant ce temps-là une misère effa­rante et une insa­lu­brité crasse frappent la popu­la­tion, ce qui démontre, s’il en était besoin, l’incapacité de l’État en place, en pleine décom­po­si­tion et pourri jusqu’à la moelle…

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Le laboratoire bolivien
Perspectives
1 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

Dans le pay­sage contem­po­rain, la Bolivie a vu de nou­veaux mou­ve­ments se déve­lop­per paral­lè­le­ment aux orga­ni­sa­tions syn­di­cales pro­lé­ta­riennes qui ont occupé une place impor­tante au ving­tième siècle et qui se sont effon­drées dans les années 1980 sous l’assaut des poli­tiques néo­li­bé­rales. Les mou­ve­ments com­mu­nau­taires, qui ont rem­placé les orga­ni­sa­tions syn­di­cales, dis­posent d’assises eth­niques et ter­ri­to­riales. Les popu­la­tions des bidon­villes se sont sou­le­vées lors d’immenses mobi­li­sa­tions, telles la « guerre du gaz » et la « guerre de l’eau ». Plus tard, elles ont même ren­versé des gou­ver­ne­ments. En octobre 2003, elles ont mené une véri­table insur­rec­tion à El Alto, un immense bidon­ville à côté de La Paz, pour reven­di­quer la natio­na­li­sa­tion du sec­teur des hydro­car­bures, l’arrêt des pri­va­ti­sa­tions, l’élection d’une assem­blée consti­tuante et la rédac­tion d’une nou­velle consti­tu­tion. Le Mouvement vers le socia­lisme (MAS) s’est défini comme l’expression élec­to­rale de ces mou­ve­ments ; il a rem­porté des vic­toires au niveau muni­ci­pal et au par­le­ment natio­nal ; enfin, avec l’élection d’Evo Morales, il a rem­porté la pré­si­dence de la République en 2006.

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