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Douze thèses sur l’anti-pouvoir

Par John HOLLOWAY *

1. Le point de départ est l’acte de néga­tion

Au début il y a le cri, pas la parole. Face à la muti­la­tion des vies humaines par le capi­ta­lisme, un cri de tris­tesse, un cri d’horreur, un cri de rage, un cri de néga­tion : NON !

La pensée, pour dire la vérité du cri, doit être néga­tive. Nous ne vou­lons pas com­prendre le monde mais le nier. L’objet de la théo­rie est de concep­tua­li­ser le monde néga­ti­ve­ment, non pas comme quelque chose de séparé de la pra­tique, mais comme un moment de la pra­tique, comme une partie de la lutte pour chan­ger le monde, pour en faire un lieu digne de l’humanité. Mais, après tout ce qui s’est passé, com­ment pou­vons-nous ne serait-ce que com­men­cer à songer chan­ger le monde ?

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Les mouvements sociaux et la construction d’un nouveau sujet historique
24 septembre 2007
Gauche / Mouvements sociaux

La ren­contre : « Non à l’ALCA – Une autre Amérique est pos­sible », devient une tra­di­tion et fait partie de manière stra­té­gique de la mise au monde du nou­veau sujet his­to­rique. Nous pou­vons situer ce pro­ces­sus à la fin des années 80, vingt-cinq ans après le Consensus de Washington et dix ans après la chute du mur de Berlin. Un tel pas en avant fut pré­paré par plu­sieurs ini­tia­tives : le PPXXI (People’s Power 21) en Asie, qui réunis­sait plu­sieurs dizaines d’ONG et quelques mou­ve­ments sociaux asia­tiques, la ren­contre « inter­ga­lac­tique » des Zapatistes à Chiapas contre le néo­li­bé­ra­lisme, L’Autre Davos qui réunit au début de 1999, plu­sieurs mou­ve­ments sociaux de quatre conti­nents à Zurich et à Davos, la semaine même du Forum éco­no­mique mon­dial.

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Le nouveau mouvement social et la politique
24 septembre 2007
Gauche / Mouvements sociaux

Le nou­veau mou­ve­ment social et la poli­tique ? Vaste pro­gramme, comme aurait dit le géné­ral, puisque trai­ter de cette ques­tion c’est, en somme, abor­der ce qu’il en est aujourd’hui de la contes­ta­tion sociale et poli­tique, ce qu’elle apporte de neuf ; mais aussi les pro­blèmes et dif­fi­cul­tés que cette contes­ta­tion sou­lève et qu’il lui faut affron­ter. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille d’emblée mettre un signe d’égalité entre “mou­ve­ment social” actuel et nou­velle radi­ca­lité. Le nou­veau dans les deux cas est à ques­tion­ner.

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La gauche radicale et le pouvoir, entre réserve libertaire et vanité de la rebellitude

Par Philippe CORCUFF

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Écologie politique et mondialisation
24 septembre 2007
Gauche / Mouvements sociaux

Longtemps, les choses ont été simples. Il y avait les pays domi­nants et les pays domi­nés. Les pre­miers asser­vis­saient, colo­ni­saient les seconds. C’est-à-dire que les pre­miers trai­taient les habi­tants des seconds non en citoyens mais en sujets, privés de droits poli­tiques, et qu’ils exploi­taient à leur profit les richesses de leurs ter­ri­toires. Être de gauche signi­fiait d’abord, dans les pays domi­nés, conqué­rir la citoyen­neté à tra­vers l’indépendance poli­tique, puis se battre contre le « néo-colo­nia­lisme », pour la récu­pé­ra­tion de ses richesses natu­relles. Dans les pays domi­nants comme la France, être de gauche, c’était à la fois sou­te­nir les luttes des peuples domi­nés (d’abord par la France), et refu­ser le « pillage du tiers-monde » : ce qu’on appe­lait l’internationalisme.

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Faire de la politique autrement ?

Ateliers pro­po­sés par le Collectif d’analyse poli­tique (CAP) dans le cadre du Forum social Québécois, tenu à Montréal le samedi 24 août 2007.

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Un projet néoconservateur pour le Québec ?

On a beau­coup écrit sur les rai­sons mul­tiples de l’impressionnante percée de l’ADQ lors des der­nières élec­tions qué­bé­coises. Remontée du sen­ti­ment iden­ti­taire, revenges des régions contre Montréal, aspi­ra­tions des familles de la « classe moyenne » à mieux vivre avec moins de contraintes de l’État, etc. Cependant, il est néces­saire d’examiner éga­le­ment les dimen­sions sociales et éco­no­miques de cette irrup­tion.

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La guerre de position

Depuis quelques années, le mou­ve­ment social orga­nise régu­liè­re­ment de gigan­tesques mobi­li­sa­tions, sou­vent en fai­sant recu­ler les domi­nants. Pourtant ceux-ci semblent bien solides au poste. Comment expli­quer ce para­doxe ?

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La résistance des mouvements sociaux et la construction des alternatives

Les mou­ve­ments sociaux semblent les seuls rem­parts effi­caces contre le capi­ta­lisme néo­li­bé­ral. Un peu par­tout, ils mettent de gros grains de sable dans l’engrenage. Ils résistent, pro­posent, construisent des alter­na­tives. Est-ce assez pour vrai­ment blo­quer le bull­do­zer ? Est-ce qu’un réel pro­ces­sus de construc­tion des alter­na­tives est en marche ?

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La social-démocratie est-elle en phase terminale ?

Par Pierre Beaudet

La « crise » du capi­ta­lisme « réel­le­ment exis­tant »

Pour abor­der cette ques­tion, il faut ana­ly­ser le moment actuel. Le capi­ta­lisme « réel­le­ment exis­tant » (le néo­li­bé­ra­lisme) pour­suit son cours. Il est affecté de graves tur­bu­lences qui s’accélèrent avec l’intensification des com­pé­ti­tions à l’intérieur de la « triade » (États-Unis, Union euro­péenne, Japon) d’une part. Et entre celle-ci et cer­tains pays dits « émer­gents », notam­ment la Chine, d’autre part. Par ailleurs, la finan­cia­ri­sa­tion extrême qui est sur­ve­nue depuis une décen­nie, sur­tout aux Etats-Unis, révèle de grosses frac­tures dans l’édifice de l’accumulation. La can­ni­ba­li­sa­tion inces­sante des petits par les gros et des gros par les ultra-gros concentre la richesse dans un pro­ces­sus de pola­ri­sa­tion de classes dont l’évolution avait été prévue par Marx. La crise est donc là, immi­nente. Mais contrai­re­ment à une illu­sion bien ancrée à gauche, il faut voir que ce pro­ces­sus d’autodestruction sans fin ne conduit pas néces­sai­re­ment à détruire le capi­ta­lisme, au contraire.

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