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Valleyfield, mémoires et résistances
Luttes citoyennes à Valleyfield : des batailles gagnées et d’autres perdues
Les enjeux pour le mouvement populaire
19 mars 2020
No. 22 - Automne 2019

On connaît Valleyfield par ses luttes syn­di­cales, par­fois héroïques, comme les luttes contre la Montreal Cotton. Tout au long des années 1960 à 1990, les tra­vailleuses et les tra­vailleurs syn­di­qués de plu­sieurs usines ont résisté, sou­vent dans des condi­tions très dures, pour abou­tir par­fois à des vic­toires impor­tantes. Plus récem­ment, en 2017, les 371 membres du syn­di­cat des Métallos ont fait grève pen­dant neuf mois contre la mul­ti­na­tio­nale CEZinc. La grève a permis de pré­ser­ver le sys­tème de pen­sions et de pro­té­ger les jeunes tra­vailleurs. Moins connues sont les mobi­li­sa­tions citoyennes qui ont par­semé la région et qui, encore aujourd’hui, témoignent d’une volonté des gens ordi­naires de ne pas se lais­ser faire, sur­tout quand il est ques­tion de leur envi­ron­ne­ment et de leur santé.

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L'accès à la justice, quelle justice?
L’accès à la justice : perspectives sociologiques
Dimension historique et théorique
18 mars 2020
No 16 - Automne 2016

Regard socio­lo­gique sur l’accès à la jus­tice

« La vie géné­rale de la société ne peut s’étendre sur un point, disait Émile Durkheim, sans que la vie juri­dique s’y étende en même temps et dans le même rap­port »[2]. S’il en est ainsi, force est alors de recon­naître que le monde juri­dique repré­sente un superbe labo­ra­toire de recherche pour com­prendre le monde social. L’interrogation socio­lo­gique peut en effet consi­dé­rer le droit en géné­ral et la jus­tice en par­ti­cu­lier comme autant de phé­no­mènes à même d’éclairer, sous un angle par­ti­cu­lier, la consti­tu­tion, le main­tien et la trans­for­ma­tion de la société, de même que l’état des rap­ports sociaux qui y pré­valent. L’accès à la jus­tice est une porte d’entrée à pri­vi­lé­gier pour per­mettre cet éclai­rage.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Résistance et mobilisation dans le secteur public
Les enjeux pour le mouvement populaire
17 mars 2020
No. 22 - Automne 2019

L’origine des poli­tiques néo­li­bé­rales en ter­ri­toire qué­bé­cois ne fait pas consen­sus au sein des sphères de recherche et de mili­tance. Certaines évoquent l’année 1982 lorsque le gou­ver­ne­ment péquiste de René Lévesque impose une coupe sala­riale uni­la­té­rale de 20 % aux sala­rié-e-s du sec­teur public, ainsi qu’un gel des salaires sur trois ans. D’autres men­tionnent les années 1985 et 1986 au cours des­quelles le gou­ver­ne­ment libé­ral de Robert Bourassa met sur pied des groupes de réflexion ins­pi­rés de pos­tu­lats éco­no­mi­cistes. Finalement, aux yeux des autres, « ce sont le défi­cit zéro et les poli­tiques d’austérité […] impo­sées par Lucien Bouchard et le Parti qué­bé­cois en 1996[1] » qui en sont l’origine. Malgré ces désac­cords sur le moment ini­tia­teur, il demeure que tous ces moments ont contri­bué à la mise en place, au Québec, du néo­li­bé­ra­lisme en tant que pro­ces­sus his­to­rique. Pour le syn­di­ca­lisme qué­bé­cois des sec­teurs tant privé que public, l’année 1996 revêt une signi­fi­ca­tion par­ti­cu­lière. En effet, au Sommet socioé­co­no­mique, les grandes orga­ni­sa­tions syn­di­cales vont sous­crire à cer­taines exi­gences patro­nales, notam­ment, à la « crois­sance, à la flexi­bi­lité, à la com­pé­ti­ti­vité et au droit des entre­prises de ratio­na­li­ser en échange d’une vague pro­messe d’une créa­tion future d’emplois[2] ».

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Andreas Bieler,Ingemar Lindberg et Devan Pillay
Notes de lecture
16 mars 2020
No. 8 - Automne 2012

Andreas Bieler, Ingemar Lindberg et Devan Pillay, (éd.), Labour and the Challenges of Globalization. What Prospects for International Solidarity ?

Ann Arbor, Pluto Press, 2008

Andreas Bieler et Ingemar Lindberg (éd.), Global Restructuring, Labour and the Challenge for Transnational Solidarity, New York, Routledge, 2010

Le tra­vail, formel ou infor­mel, est devenu la prin­ci­pale source de reve­nus d’une majo­rité de la popu­la­tion mon­diale. Le pou­voir que repré­sente cette force nou­velle du tra­vail échappe tou­te­fois en grande partie aux orga­ni­sa­tions ssyynn­di­cales. Avec la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale et après la chute du mur de Berlin, on constate tou­te­fois l’émergence de nou­velles soli­da­ri­tés trans­na­tio­nales. Deux ouvrages col­lec­tifs scrutent cette pro­blé­ma­tique pour iden­ti­fier à la fois les oppor­tu­ni­tés et les limites de la mon­dia­li­sa­tion du monde du tra­vail.

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L'accès à la justice, quelle justice?
Kafka et l’accès à la justice
Dimension historique

La jus­tice est, d’une part, un idéal et, d’autre part, une ins­ti­tu­tion, un pou­voir censé réa­li­ser l’idéal de jus­tice.

Thomas d’Aquin a défini la jus­tice-idéal comme une volonté : la volonté constante et per­pé­tuelle de rendre à chaque être humain ce qui lui est dû. Or, ce qui est dû à tout être humain, c’est le res­pect de sa dignité et de ses droits fon­da­men­taux. Selon Pierre-Joseph Proudhon, la jus­tice est le res­pect de la dignité humaine.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Judith Butler, Ce qui fait une vie. Essai sur la violence, la guerre et le deuil, Paris, Zones, 2010
Notes de lecture
16 mars 2020
No. 8 - Automne 2012

Judith Butler est une phi­lo­sophe qui a sou­vent sus­cité la contro­verse. Rap- pelons-nous son coup d’éclat lors de la Gay Pride de Berlin en 2010 où elle a refusé un prix pour son tra­vail accom­pli en faveur des gais et les­biennes. Selon elle, plu­sieurs orga­ni­sa­tions de défense des LGBT[1] avaient défendu une poli- tique raciste. Elle avait donc choisi de se déso­li­da­ri­ser d’une cer­taine forme de com­pli­cité avec l’antisémitisme et l’anti-islamisme et avait dénoncé l’instrumentalisation des LGBT dans cette guerre cultu­relle contre les immi­grantes et l’Is- lam. Cette contra­dic­tion est jus­te­ment trai­tée dans son nouvel essai tra­duit l’an der­nier en fran­çais. Mais la trame de fond, l’enjeu struc­tu­rant de cet essai, est la guerre en Irak. En phi­lo­sophe enga­gée, Judith Butler décor­tique cer­taines pra­tiques et cer­tains concepts qui res­sortent de cette guerre sor­dide : la tor­ture, l’absence de la recon­nais­sance de la vie, la vio­lence. Autant d’éléments qui rendent la guerre per­ma­nente insup­por­table.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Michel Beaud, Face au pire des mondes, Paris, Seuil, 2011
Notes de lecture
16 mars 2020
No. 8 - Automne 2012

Michel Beaud s’intéresse, depuis long­temps, à l’impact du déve­lop­pe­ment éco­no­mique sur l’environnement et à l’élaboration d’une solu­tion de rechange au capi­ta­lisme. Sa manière d’aborder la ques­tion déborde stricto sensu le simple objet de l’économie poli­tique. Dans Face au pire des mondes, il nous offre un ouvrage monu­men­tal qui porte à la fois sur le déve­lop­pe­ment éco­no­mique capi­ta­liste débridé et sur les ravages éco­lo­giques qui l’accompagnent.

L’analyse pré­sen­tée vise à nous mettre de nou­veau en garde contre des échéances qui se rap­prochent dan­ge­reu­se­ment. Même si « rien encore n’est scellé » (p. 232), nous sommes doré­na­vant enga­gés dans un engre­nage sus­cep­tible de se révé­ler fatal pour l’humanité. Pour éviter le pire des mondes, de nou­velles règles du jeu, des rup­tures et de nou­velles pra­tiques s’avèrent néces­saires.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Françoise David, De colère et d’espoir, Montréal, Écosociété, 2011
Notes de lecture
16 mars 2020
No. 8 - Automne 2012

Au Québec, qu’on soit de gauche, de droite ou de centre, il n’est plus pos­sible de ne pas connaître Françoise David. Femme de cœur, fémi­niste, démo­crate, sou­ve­rai­niste, éco­lo­giste, mili­tante de gauche depuis tou­jours, elle incarne le sens pro­fond de la soli­da­rité. Après des études uni­ver­si­taires en orga­ni­sa­tion com­mu­nau­taire, elle pour­suit ses luttes pour la jus­tice sociale dans divers milieux. Notamment à l’origine de la marche Du pain et des roses (1995) et de la Marche mon­diale des femmes (2000) qu’elle a ini­tiées lorsqu’elle était pré­si­dente de la Fédération des femmes du Québec, elle est main­te­nant pré­si­dente et co-porte-parole de Québec soli­daire et pour­suit ses com­bats dans un enga­ge­ment poli­tique et social auda­cieux et ins­pi­rant.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Dongping Han, The Unknown Cultural Revolution. Life and Change in a Chinese Village, New York, Monthly Review, 2008
Notes de lecture

Les médias et les intel­lec­tuelles nous racontent que la Révolution cultu­relle (1966-1976) en Chine a été une sorte de « coup monté » par Mao pour conso­li­der son pou­voir et que cela a été fait sur le dos de jeunes braillards qui vou­laient tout casser et bru­ta­li­ser les pauvres gens. Cette ima­ge­rie domine le cinéma et la lit­té­ra­ture, où abondent des vic­times se retrou­vant dans un vil­lage sor­dide à ramas­ser la merde des cochons[1]. La même lec­ture est reprise dans les ana­lyses « savantes » sur la Chine d’aujourd’hui, qui expliquent que le pays est en voie de se « débar­ras­ser » de son utopie com­mu­niste en s’engageant soli­de­ment dans le capi­ta­lisme, seule voie de la moder­nité et du pro­grès.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Susan George, Leurs crises, nos solutions, Paris, Albin Michel, 2010
Notes de lecture
16 mars 2020
No. 8 - Automne 2012

Membre d’ATTAC (France) et du Transnational Institute (Pays-Bas), Susan George, mili­tante alter­mon­dia­liste de longue date, signe ici un nouvel ouvrage contri­buant à construire une alter­na­tive à la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale dans laquelle nous vivons. Après Un autre monde est pos­sible si… (Fayard, 2004), qui visait la conso­li­da­tion du mou­ve­ment pour une autre mon­dia­li­sa­tion, Leurs crises, nos solu­tions a pour objec­tif de four­nir des pistes concrètes afin de sortir du néo­li­bé­ra­lisme qui, avec la pro­fonde crise qui nous affecte, vient une nou­velle fois de prou­ver son carac­tère socia­le­ment et humai­ne­ment des­truc­teur. L’ouvrage est acces­sible et l’auteure arrive habi­le­ment, avec nombre d’exemples, chiffres et com­pa­rai­sons, à décrire sim­ple­ment les phé­no­mènes com­plexes, notam­ment finan­ciers, qui sous-tendent la mon­dia­li­sa­tion telle qu’elle se confi­gure actuel­le­ment. L’ouvrage se pré­sente aussi, de même que bon nombre de publi­ca­tions d’ATTAC, comme un outil de sen­si­bi­li­sa­tion et de mobi­li­sa­tion. Il est, en soi, une arme de com­pré­hen­sion mas­sive qui contri­bue à lutter contre l’inertie qui faci­lite la repro­duc­tion des élites et du sys­tème en place, en démon­trant qu’un autre monde est non seule­ment pos­sible et néces­saire, mais sur­tout réa­li­sable. Ne manque que la volonté poli­tique d’opérer de vrais chan­ge­ments.

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