Suivez-nous sur Facebook
BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Exaltantes percées et grandes responsabilités
26 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Si l’on veut, après cette élec­tion de 2018, cher­cher à com­prendre quel chemin pour­rait prendre Québec soli­daire (QS) dans les années à venir, il faut partir d’une for­mi­dable contra­dic­tion : celle qui oppose les indé­niables per­cées à gauche que ce parti a effec­tuées au très hégé­mo­nique consen­sus de droite qu’il doit affron­ter. En effet, alors que QS est par­venu à capter 16,10 % du vote, les voix obte­nues par la Coalition Avenir Québec (CAQ) et le Parti libé­ral (PLQ), deux partis ouver­te­ment néo­li­bé­raux, repré­sentent près de 62,24 % des per­sonnes qui sont allées voter. Si l’on rajoute à cela les 17,06 % du Parti qué­bé­cois, parti sou­ve­rai­niste et social-libé­ral qui, lorsqu’il est au pou­voir, tend géné­ra­le­ment à mener des poli­tiques d’austérité, on se trouve devant une situa­tion pas­sa­ble­ment dif­fi­cile, plus par­ti­cu­liè­re­ment lorsqu’on aspire, comme QS, à des chan­ge­ments de fond. Comment dans un tel contexte faire bouger ce consen­sus de droite ? Comment, dans une situa­tion appa­rem­ment si contra­dic­toire, penser le déve­lop­pe­ment de QS ? Il faut d’abord com­prendre les rai­sons du succès de QS, aussi par­tiel soit-il. Et pour cela, il n’y a rien de mieux que d’avoir suivi de près la cam­pagne de Catherine Dorion dans le comté de Taschereau, et de s’être laissé peu à peu happer par l’immense espoir qui n’a cessé de gran­dir parmi les par­ti­sans et les par­ti­sanes, et com­prendre qu’à force de volonté, d’énergie et d’organisation, il était pos­sible de gagner.

Suite...
Démocratie, entre dérives et recomposition
Justin Trudeau dans la matrice « people »
Enjeux contemporains
25 décembre 2019
No. 17 - Hiver 2017

Il n’est pas néces­saire d’avoir toutes les qua­li­tés

d’un prince (ou d’un homme d’État) pour gou­ver­ner,

mais il est bien néces­saire de paraître les avoir.

Nicolas Machiavel[2]

Il existe bel et bien une guerre des classes,

mais c’est ma classe, la classe des riches

qui fait la guerre et nous la gagnons.

Warren Buffet[3]

« Il n’est pas prêt », scan­dait Stephen Harper en par­lant de Justin Trudeau lors de la der­nière cam­pagne élec­to­rale. Et pour­tant, le come-back kid[4] est bien ins­tallé au 24 Sussex, sus­ci­tant l’intérêt des jeunes, voire même un cer­tain enthou­siasme de la géné­ra­tion selfie. Un peu plus d’an plus tard, com­ment expli­quer la vic­toire sans équi­voque des libé­raux et une lune de miel pérenne avec celui que l’on disait « vide en sub­stance » ? Regard sur le « Kennedy du Canada[5] » à l’intérieur d’un sys­tème où la démo­cra­tie est d’abord affaire d’images, de simu­lacres et de spec­tacle.

Suite...
Démocratie, entre dérives et recomposition
Premières nations, histoires et attentes à l’endroit de la démocratie au Canada[1]
Enjeux contemporains
23 décembre 2019
No. 17 - Hiver 2017

Chaque fois qu’un anni­ver­saire d’importance de la Confédération approche, une atten­tion consi­dé­rable est accor­dée à l’histoire de la démo­cra­tie au Canada, la célé­bra­tion pro­chaine des 150 ans de la Confédération cana­dienne en 2017 ne fai­sant pas excep­tion. Or une pré­oc­cu­pa­tion véri­table pour notre avenir démo­cra­tique exige que nous exa­mi­nions sérieu­se­ment cette his­toire, en met­tant en lumière ses limites et ses forces. Le rap­port récem­ment paru de la Commission de vérité et récon­ci­lia­tion du Canada signale en outre une dimen­sion nou­velle de cette ques­tion. Il existe en effet une his­toire de la démo­cra­tie, peu sou­vent prise en consi­dé­ra­tion, pra­ti­quée par les Premières Nations sur les terres que l’on connaît aujourd’hui comme étant l’Amérique du Nord incluant le Canada. Les Européens qui se sont éta­blis ici ont ren­con­tré une forme de démo­cra­tie supé­rieure à celle qui était pra­ti­quée sur leur conti­nent à cette époque. Le but de cet article est de pré­sen­ter une étude cri­tique de l’histoire de la démo­cra­tie au Canada pre­nant en compte la contri­bu­tion de la Confédération des Six Nations iro­quoises à la théo­rie démo­cra­tique et à l’élaboration d’une pra­tique démo­cra­tique.

Suite...
Démocratie, entre dérives et recomposition
Introduction au dossier

Démocratie : demos et kratos

La démo­cra­tie est une vieille idée qui s’est déve­lop­pée à tra­vers les luttes et les résis­tances des peuples. L’étymologie du mot (demos : peuple et kratos : pou­voir) réfère à la cité grecque, à l’agora des citoyens (sans les femmes et sans les esclaves, qui sont la majo­rité des habi­tants), où les déci­sions sont prises sur les prio­ri­tés et l’allocation des rôles et des res­pon­sa­bi­li­tés par tout un chacun. Mais l’expérience démo­cra­tique dépasse de loin le péri­mètre athé­nien. Elle découle éga­le­ment de peuples et de com­mu­nau­tés qui s’inventent des pro­ces­sus et des struc­tures par­ti­ci­pa­tives, par­fois même sans État ni struc­ture impo­sée sur et au-dessus de la société[1].

Suite...
PARCOURS MILITANT
Gilles Bourque et la question nationale

Gilles Bourque a reçu les NCS au fond de sa cam­pagne, dans les Cantons de l’Est, où il habite une magni­fique maison ancienne entou­rée de champs et de boisés. Survol de l’évolution de la ques­tion natio­nale par un socio­logue et his­to­rien réputé qui l’a suivie (et vécue !) de près[1].

Suite...
PENSER LA GRANDE TRANSITION
Valeur, marchandise et transition[1]
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
17 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Aujourd’hui, la ques­tion de la tran­si­tion du capi­ta­lisme vers une société post­ca­pi­ta­liste sans exploi­ta­tion est reve­nue dans les débats. Par contre, la dis­cus­sion sur la nature de cette éven­tuelle société post­ca­pi­ta­liste reste encore peu abor­dée. Certes, aujourd’hui, mili­tantes, mili­tants et cher­cheur-e-s radi­caux com­prennent bien qu’une nou­velle société ne peut pas consis­ter en une pla­ni­fi­ca­tion cen­tra­li­sée par un État auto­ri­taire qui mono­po­lise le pou­voir poli­tique et éco­no­mique entre les mains d’une « avant-garde révo­lu­tion­naire ». Il est à peu près évident pour tout le monde que les défaillances irré­mé­diables des régimes dits « socia­listes » ou « com­mu­nistes » ont en réa­lité pro­longé la vie du capi­ta­lisme, plutôt que de construire une alter­na­tive viable. Et alors s’ouvre une nou­velle inter­ro­ga­tion sur com­ment dépas­ser le capi­ta­lisme et sur ce qui consti­tue en fin de compte son « noyau » fon­da­men­tal, la pro­duc­tion de la valeur.

Suite...
PENSER LA GRANDE TRANSITION
Les communs comme stratégie de décroissance
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
14 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

La décrois­sance, comme cadre concep­tuel et projet poli­tique, ouvre de nou­veaux débats et sti­mule de nou­velles pra­tiques mili­tantes pour arti­cu­ler les liens entre société, éco­no­mie et nature. Aujourd’hui, le concept est pré­sent dans la lit­té­ra­ture scien­ti­fique, le voca­bu­laire des mou­ve­ments sociaux, le débat public sur l’élaboration des poli­tiques, et même dans des ins­ti­tu­tions comme le Parlement euro­péen. Est ainsi abor­dée une vaste gamme de thèmes, allant de l’adaptation des infra­struc­tures à la réor­ga­ni­sa­tion du tra­vail, en pas­sant par l’économie soli­daire, les limites de res­sources et les solu­tions de rechange au PIB.

Suite...
PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le modèle DEBOUT ! – Esquisse d’une nouvelle organisation politique
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
11 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans un contexte que carac­té­rise la recon­fi­gu­ra­tion du pay­sage poli­tique qué­bé­cois, la gauche doit entre­prendre une réflexion fon­da­men­tale, non seule­ment sur ses orien­ta­tions, son dis­cours et ses tac­tiques élec­to­rales, mais sur sa forme orga­ni­sa­tion­nelle elle-même. Le pré­sent texte ne vise pas ici à cri­ti­quer Québec soli­daire (QS), ni à pro­po­ser la créa­tion d’un nou­veau parti qui le rem­pla­ce­rait, mais à esquis­ser les contours d’une nou­velle orga­ni­sa­tion poli­tique d’un genre inédit. La gauche s’est sou­vent empê­trée dans des débats oppo­sant, d’un côté, les mou­ve­ments sociaux auto­nomes, groupes popu­laires, syn­di­cats, comi­tés citoyens, coa­li­tions de la société civile, puis, de l’autre, un parti de gauche chargé de faire conver­ger les reven­di­ca­tions sociales grâce à un projet poli­tique commun de trans­for­ma­tion des ins­ti­tu­tions. Cette ten­sion entre parti et mou­ve­ments, pre­nant par­fois la forme d’un cli­vage rigide, par­fois celle d’une rela­tion dia­lec­tique com­plexe, contri­bue à lais­ser à la forme parti un carac­tère immuable et indé­pas­sable.

Suite...
PENSER LA GRANDE TRANSITION
Marx et la Grande Tortue
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
8 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Entrevue avec Glen Coulthard[1]

Membre de la Nation dénée des Couteaux-Jaunes et pro­fes­seur à l’Université de Colombie-Britannique

Suite...
Tuerie de Polytechnique, 30 ans plus tard : dire les mots qui avaient été tus
6 décembre 2019
Conjonctures et actualités

Comment nommer l’innommable ? Pendant des années, la dimen­sion anti­fé­mi­niste de la tuerie de l’École poly­tech­nique a été dif­fi­cile à assu­mer dans la société qué­bé­coise. Le temps qui a passé a permis de rap­pro­cher des camps autre­fois éloi­gnés, en appa­rence du moins.

Suite...