Occupy et les droits des femmes

Par Mis en ligne le 10 janvier 2012

Parmi les dif­fé­rents types de pro­blèmes sociaux sou­le­vés par le mou­ve­ment Occupy, il existe un débat qui tra­verse le mou­ve­ment lui-même : la ques­tion des inéga­li­tés hommes-femmes. Nous publions ici l’article d’une mili­tante d’Occupy mis en ligne sur le site socia​list​wor​ker​.org le 13 décembre 2011.
Sur l’impact d’ensemble du mou­ve­ment Occupy et sa dyna­mique, nous ferons le point au tra­vers d’autres contri­bu­tions dans les mois à venir. (Rédaction A l’Encontre)

Les femmes consti­tuent la majo­rité des 99%.

Nous sommes tou­jours payées, en moyenne, seule­ment 77 cents pour 1 dollar gagné par un homme (ce chiffre tombe à 68 cents pour les femmes afro-amé­ri­caines et à 58 cents pour les Latinas). Lorsque l’on intègre à ce chiffre l’impact de la pro­créa­tion et le fait que les femmes sup­portent encore le poids du tra­vail domes­tique non payé, ce chiffre dimi­nue encore. Une étude mesu­rant l’impact cumulé sur 15 ans de la dif­fé­rence de revenu indique que les femmes, en fait, gagnent 38 cents pour chaque dollar gagné par un homme.

Cela ne devrait pas être une sur­prise puisque l’on vit dans l’un des seuls pays au monde – avec le Swaziland et la Papouasie-Nouvelle-Guinée – dans lequel les employeurs ne doivent pas amé­na­ger des congés mater­nité payés.

Les femmes subissent d’une façon dis­pro­por­tion­née les consé­quences des coupes bud­gé­taires qui lacèrent le filet de sécu­rité sociale. Au niveau natio­nal, près des deux tiers des béné­fi­ciaires du Supplemental Nutrition Assistance Program [1] sont des femmes. Les femmes et les per­sonnes de cou­leur sont éga­le­ment sur­re­pré­sen­tées dans les emplois du sec­teur public et, de ce fait, sont par­ti­cu­liè­re­ment vul­né­rables devant la vague de licen­cie­ments et de dimi­nu­tions des salaires qu’entraînent les réduc­tions bud­gé­taires. Selon le Département fédé­ral du tra­vail, sur les 378’000 sup­pres­sions d’emplois dans le sec­teur public des Etats entre juillet 2009 et mars 2010, 72% étaient des femmes.

Dans mon propre Etat, Washington, les femmes consti­tuent 54% des per­sonnes ins­crites auprès du pro­gramme gou­ver­ne­men­tal Medicare Health Care. Le der­nier budget pro­posé par le gou­ver­neur de l’Etat inclut des coupes à hau­teur de 2 mil­lions de dol­lars dans le sec­teur des soins à la mater­nité et aux enfants ainsi que de 1,8 mil­lion dans le plan­ning fami­lial – en plus d’une sup­pres­sion com­plète du Basic Health Program, four­nis­sant une cou­ver­ture médi­cale aux habitant·e·s les plus pauvres de l’Etat. Ces coupes affectent à nou­veau, répé­tons-le, de façon dis­pro­por­tion­née les femmes.

Et cela alors que le 1%, ici dans l’Etat de Washington, conti­nue de récol­ter les avan­tages offerts par de géné­reuses niches fis­cales ainsi que par la plus injuste struc­ture d’impôts du pays. Dans cet Etat résident quatre des 23 per­sonnes les plus riches du pays : Bill Gates, Jeff Bezos [fon­da­teur et pré­sident d’Amazon.com], Steve Ballmer [CEO de Microsoft] et Paul Allen [cofon­da­teur de Microsoft et patron d’un empire finan­cier dans le domaine des hautes tech­no­lo­gies]. Il semble qu’il y ait ici aussi un dés­équi­libre entre les sexes…

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Pour toutes ces rai­sons et pour d’autres encore, il n’est pas sur­pre­nant qu’un nombre impor­tant de femmes soient enga­gées, et animent le mou­ve­ment Occupy tant au niveau local que natio­nal.

Pourtant, ce mou­ve­ment n’est pas à l’abri du sexisme, diffus dans la société dans son ensemble. Un exemple à ce sujet a été la vidéo sexiste inti­tu­lée Hot Chicks of Occupy Wall Street [lit­té­ra­le­ment les « pou­lettes chaudes d’OWS»] sur laquelle j’ai écrit un article il y a quelques mois (No place for sexisme in Occupy). Il a aussi été rap­porté des cas de har­cè­le­ments et d’agressions sexuels lors des occu­pa­tions. D’une façon plus géné­rale, malgré les exemples incroyables de lea­der­ship fémi­nin, le lea­der­ship le plus entendu et visible à Seattle, et je soup­çonne qu’il en soit de même ailleurs, est tou­jours exerçé de façon dis­pro­por­tion­née par des hommes blancs.

Il n’est donc pas sur­pre­nant qu’au cours de l’évolution du mou­ve­ment Occupy un débat sur la ques­tion de l’égalité de genre ait surgit ainsi que sur la façon dont cette ques­tion est en rap­port avec les inté­rêts des 99%.

La ques­tion est deve­nue prio­ri­taire à Seattle autour de celle des repro­duc­tive rights [2]. Je fais partie du groupeSeattle Clinic Defense qui s’est consti­tué au début de l’année 2011 pour défendre les cli­niques des attaques menées par les bigots « anti-choix » [contre le droit à l’avortement, qui se dénomment « pro-life», pro-vie] qui tiennent régu­liè­re­ment des piquets à l’entrée des cli­niques.

Nous avons décidé de publier notre récente action – un contre-piquet face à la cam­pagne « 40 jours pour la vie » (40 jours de har­cè­le­ment en réa­lité) menée par des militant·e·s contre l’avortement – sur le site d’Occupy Seattle dans sa rubrique « agenda mili­tant ». Ce calen­drier est ouvert à tous les groupes mili­tants de la région qui peuvent infor­mer sur leurs acti­vi­tés et actions – des groupes socia­listes, par exemple, y ont publié l’annonce de nom­breux cours de for­ma­tion et de mee­tings, ce qui n’a sus­cité aucune contro­verse même si tout le monde dans le mou­ve­ment ne se consi­dère pas comme socia­liste.

Nous avons rapi­de­ment réa­lisé, tou­te­fois, que les mêmes règles ne s’appliquaient pas lorsqu’il était ques­tion des droits à l’avortement. La publi­ca­tion des acti­vi­tés menées par le groupe de défense des cli­niques sur le calen­drier a presque aus­si­tôt pro­vo­qué un débat massif sur la page Facebook d’Occupy Seattle. Le prin­ci­pal ins­ti­ga­teur de ce débat était un bigot pur et simple qui croit clai­re­ment que les fœtus sont une partie plus impor­tante des 99% que les femmes vivantes.

Mais je crois que ce qui m’a le plus conster­née ainsi que d’autres militant·e·s anti-sexistes a été le nombre de per­sonne qui nous ont dit que même si elles nous sou­te­naient per­son­nel­le­ment, elles ne pen­saient pas vrai­ment que ces ques­tions devaient être intro­duites dans le mou­ve­ment Occupy parce qu’elles sont consi­dé­rées comme secon­daires et por­teuses de divi­sions, que le mou­ve­ment devrait se cen­trer exclu­si­ve­ment sur l’avidité des entre­prises et sur les ques­tions qui uni­fient les 99%.

J’ai été recon­nais­sante de remar­quer que je n’étais pas la seule per­sonne à trou­ver cet argu­ment pour le moins pro­blé­ma­tique. Ainsi que quelqu’un l’a écrit sur Internet : « Les repro­duc­tive rights [voir note 2] sont au centre de l’égalité éco­no­mique des femmes. Ce n’est pas une ques­tion vague en rap­port avec celle-ci – ils figurent véri­ta­ble­ment au cœur de la capa­cité des femmes à tra­vailler, à pla­ni­fier, à contrô­ler leurs vies. Les attaques contre l’accès au contrôle des nais­sances, aux exa­mens annuels, et, oui, à l’avortement, sont des attaques directes contre les femmes pauvres qui comptent sur les ser­vices gra­tuits que pro­cure le Planned Parenthood[plan­ning fami­lial]. Ce n’est pas une ques­tion secon­daire pour le mou­ve­ment Occupy – à moins de consi­dé­rer que les femmes sont secon­daires pour ce mou­ve­ment. Les banques ne sont pas la seule affaire qui nous concerne et ce serait une immense erreur que nous ferions en ima­gi­nant qu’elles le sont. »

Je suis convain­cue qu’elle met le doigt sur le pro­blème. En dépit des obs­tacles crois­sants mis devant le droit à l’avortement, des périodes d’attente et de conseils à la néga­tion du rem­bour­se­ment des coûts par les assu­rances pri­vées – plus de 80 lois ont été votées à ce sujet au cours de l’année, plus du double de l’année pré­cé­dente –, les femmes conti­nuent à recou­rir aux avor­te­ments. Une femme sur trois y aura recours pen­dant sa vie – ce qui n’en fait pas pré­ci­sé­ment un évé­ne­ment rare.

Selon un rap­port récent du Guttmacher Institute, la demande aug­mente de façon dis­pro­pro­tion­née parmi les femmes pauvres dans le sillage de la crise éco­no­mique. Ce ne devrait pas être une sur­prise lorsque l’on sait que le coût moyen pour élever un enfant jusqu’à 18 ans (les coûts liés à l’éducation ne sont pas com­pris dans ce chiffre) est estimé à 226’920 dol­lars [près de 218’ooo francs] par le Département fédé­ral de l’agriculture.

A elle seule cette sta­tis­tique devrait rendre claire comme de l’eau de roche pour­quoi le droit de déci­der si et quand vou­loir des enfants est une pré­con­di­tion fon­da­men­tale pour l’égalité des femmes dans la société. Ainsi que le déclare, sans équi­voque pos­sible, un rap­port récent des Nations unies : « Les lois qui péna­lisent et restreignent l’IVG [inter­rup­tion volon­taire de gros­sesse] sont des exemples types d’obstacles inad­mis­sibles à la réa­li­sa­tion du droit des femmes à la santé et doivent être abro­gées. Ces lois consti­tuent une vio­la­tion de la dignité et de l’autonomie des femmes en restrei­gnant for­te­ment leur liberté de déci­sion en matière de santé sexuelle et géné­sique. » [3]

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Ce rai­son­ne­ment ne peut gagner la convic­tion au sein du mou­ve­ment Occupy du jour au len­de­main. La teneur de ce débat et le carac­tère défen­sif qu’il prend même parmi les militant·e·s « pro-choix » dans le mou­ve­ment témoignent à quel point la droite a avancé sur la ques­tion de l’avortement au cours des der­nières décen­nies.

En ce sens, il est abso­lu­ment exact que l’avortement est devenu une ques­tion qui divise – et le 1% n’aime rien mieux que de nous main­te­nir divi­sés. L’avortement et d’autres ques­tions jetant pré­ten­duem­ment la « dis­corde » parmi nous consti­tuent un moyen clé dans leur stra­té­gie nous ame­nant à nous com­battre les uns les autres plutôt que de nous atta­quer à eux. Toutefois, la seule voie pour réa­li­ser une véri­table unité des 99% se réa­li­sera sur le base de la défense des droits des opprimé·e·s, non en les igno­rant.

Nous vou­lons convaincre les hommes dans le mou­ve­ment que le sexisme se main­tient au détri­ment d’eux-mêmes – parce que c’est le cas. Qui béné­fi­cie du fait que la grande majo­rité des coûts pour nour­rir et élever la pro­chaine géné­ra­tion de tra­vailleurs et tra­vailleurses reposent sur les familles ? Réponse : le 1%, qui s’épargne l’obligation de payer la garde des enfants de la classe labo­rieuse et les congés mater­nité des tra­vailleuses ou encore qui ne paie pas les impôts des­ti­nés à finan­cer les pro­grammes publics four­ni­sant des ser­vices dans ces domaines.

Joan Williams illustre bien cela dans son livre Reshaping the Work-Family Debate [Repenser le débat tra­vail-famille]: « Beaucoup d’américain·e·s actifs/​ves dans des emplois non qua­li­fiés doivent bri­co­ler en per­ma­nence pour la garde des enfants, avec par­fois jusqu’à cinq arran­ge­ments dif­fé­rents – un pour chaque jour de la semaine. Ou alors ils orga­nisent une répar­ti­tion des moments de tra­vail où lorsque maman tra­vaille à tel moment, papa tra­vaille à un autre moment, de telle sorte que l’un s’occupe de la garde des enfants pen­dant que l’autre tra­vaille. Il n’est pas facile de vivre ainsi : tout le monde finit épuisé et de nom­breux parents ne se voient pas pen­dant la jour­née. Par ailleurs, si l’un des parents est contraint d’effectuer des heures de tra­vail sup­plé­men­taires, la famille doit choi­sir entre le tra­vail de maman ou celui de papa, dans une situa­tion où les deux ont besoin d’un emploi pour sur­vivre. »

Le 1% pro­fite éga­le­ment des inéga­li­tés sala­riales entre les hommes et les femmes. Cette dyna­mique se remarque bien lorsque l’on observe les ten­dances sala­riales au cours des années 1970. Bien que l’écart entre les salaires des hommes et des femmes s’est réduit au cours de cette période, cela est dû avant tout à une chute des salaires des hommes, non à une crois­sance des salaires des femmes. En d’autres termes, l’arrivée sur le marché du tra­vail d’une force de tra­vail fémi­nine à bas salaire a entraîné, en réa­lité, éga­le­ment une dimi­nu­tion des salaires des hommes – tout cela, encore une fois, pour le plus grand profit du 1%.

Il y a donc de solides argu­ments à avan­cer pour prou­ver que les inéga­li­tés de genre font entiè­re­ment partie des inéga­li­tés éco­no­miques dans leur ensemble. Combattre les unes ne peut être séparé d’un combat contre les autres. En tant que socia­liste, c’est une chose que je n’ai eu de cesse de sou­te­nir pen­dant des années. Ce qui est main­te­nant inté­res­sant c’est qu’il ne s’agit plus d’un rai­son­ne­ment abs­trait. Nous sommes en fait dans une situa­tion où nous pou­vons réa­li­ser ce combat unifié.

Le résul­tat de ce débat a été qu’une poi­gnée de per­sonnes d’Occupy Seattle a par­ti­cipé à notre action de défense des cli­niques, l’une des actions que nous avons voulu orga­ni­ser pour sen­si­bi­lier à ces ques­tions Occupy Seattle. Ainsi, j’ai ensuite assisté le len­de­main, ainsi que d’autres membres du groupe de défense des cli­niques de Seattle, à la réunion fon­da­trice du Caucus de l’égalité hommes-femmes.

Notre pre­mière étape fut l’organisation de réunions pour former les per­sonnes du mou­ve­ment sur les rai­sons pour les­quelles nous devons relier les ques­tions de l’égalité hommes-femmes avec celles de la jus­tice sociale et éco­no­mique. Nous nous sommes éga­le­ment mobi­li­sés récem­ment pour occu­per le Capitole de l’Etat pour nous oppo­ser aux der­nières dis­cus­sions sur les coupes bud­gé­taires et pour tenter de sauver le Seattle Central Community College Childcare Center, dont la fer­me­ture était prévue pour la semaine pro­chaine.

A partir de début jan­vier, nous avons prévu de tenir des réunions autour de la ques­tion de la repro­duc­tive jus­tice, condui­sant à une grande marche pour fêter l’anniversaire de l’arrêt Roe versus Wade [arrêt de 1973 de la Cour suprême amé­ri­caine consi­dé­rant que les lois restrei­gnant ou inter­di­sant l’avortement sont en contra­dic­tion avec le 14e amen­de­ment de la Constitution et doivent donc être abo­lies], le 22 jan­vier. Il s’agit de mar­quer une impor­tante occa­sion d’unifier le mou­ve­ment Occupy avec les cen­taines de jeunes acti­vistes qui ont par­ti­cipé à la Marche pour le choix [droit à l’avortement] et la Marche des salopes [mou­ve­ment de mani­fes­ta­tions fémi­nistes parti du Canada début 2011 qui a été suivi dans de nom­breux pays du monde] le prin­temps der­nier.

Ainsi que le montre notre expé­rience à Seattle, il est néces­saire de défier le sexisme parmi ceux qui se consi­dèrent comme fai­sant partie du mou­ve­ment Occupy et de débattre avec d’autres militant·e·s sur pour­quoi le mou­ve­ment devrait inté­grer dans son combat celui pour l’égalité de genre. Ces argu­ments valent la peine en ce qu’ils créent la base pour un mou­ve­ment fort – un mou­ve­ment qui voit la lutte contre l’oppression comme étant cen­trale pour la libé­ra­tion des 99%. (Traduction A l’Encontre)

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[1] Programme d’assistance ali­men­taire des­tiné aux familles à faibles reve­nus ou sans revenu, piloté par le Département fédé­ral de l’agriculture, mais sous la res­pon­sa­bi­lité de chacun des Etats. En 2010, 64,7 mil­liards de dol­lars d’aide ali­men­taire ont été dis­tri­bués ; en juin 2011 le nombre d’américain reçe­vant une aide ali­men­taire s’élevait à plus de 45 mil­lions. Dans les Etats de Washington D.C. et du Mississippi, un cin­quième de la popu­la­tion est béné­fi­ciaire de ce pro­gramme. (réd)
[2] Par l’expression repro­duc­tive rights, on peut entendre les droits liés à l’avortement, au contrôle des nais­sances, c’est-à-dire la capa­cité pour les femmes à déci­der quand elles veulent avoir des enfants, ainsi que tout ce qui est lié à la « santé sexuelle et repro­duc­tive » (géné­sique), c’est-à-dire les exa­mens médi­caux gyné­co­lo­giques en géné­ral, et au droit à jouir d’une vie sexuelle épa­nouie sans mise en danger de la santé et de l’intégrité phy­sique et psy­chique des indi­vi­dus. (réd)
[3] Rapport inter­mé­diaire établi par Anand Grover, rap­por­teur spé­cial du Conseil des droits de l’homme, sur le droit qu’a toute per­sonne de jouir du meilleur état de santé phy­sique et men­tale pos­sible, confor­mé­ment aux réso­lu­tions 15/22 et 6/29 du Conseil des droits de l’homme, pt. 21, page 9 de la tra­duc­tion fran­çaise,http://​www​.un​.org/​g​a​/​s​e​a​r​c​h​/​v​i​e​w​_​d​o​c​.​a​s​p​?​s​y​m​b​o​l​=​A​/​6​6​/​2​5​4​&​a​m​p​;​L​ang=F (réd.)

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