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Numéro 22, Automne 2019

Valleyfield, mémoires et résistances

Couverture du numéro

À propos de ce numéro

Pourquoi un dossier sur Valleyfield ?

Ce dossier des Nouveaux Cahiers du socialisme (NCS) a été conçu en partant del’idée que ce qui se passe à Salaberry-de-Valleyfield peut offrir des enseignements à toute la gauche au Québec. Sans nier les importants défis qu’elle doit relever, on peut dire que cette gauche campivallensienne est bien vivante. Elle a su notamment créer, consolider et entretenir un pôle combatif qui a remporté des victoires importantes, entre autres lors de luttes syndicales et environnementales. Pour les NCS, il s’agissait d’aller à la rencontre des protagonistes de cette gauche pour voir comment son expérience peut nous aider à mieux couvrir certains angles morts de la pratique et de la pensée militantes au Québec.

« Je me souviens »

Pour plusieurs générations militantes du Québec, Valleyfield a longtemps représenté un site de mémoire et de réjouissances. Au moment où la Révolution pas-si-tranquille s’esquissait, une grève héroïque paralysait la Montreal Cotton, la plus grosse entreprise de textile au Canada. Pendant 100 jours, de juin à septembre 1946, 3000 ouvrières et ouvriers ont tenu tête aux patrons, aux briseurs de grève, aux gros bras de la Sûreté du Québec déployés par le premier ministre Maurice Duplessis. Finalement, la victoire a été arrachée par toute une communauté soudée derrière les grévistes, et avec l’aide de deux militants syndicalistes et communistes exceptionnels, Madeleine Parent et Kent Rowley (voir le texte d’Andrée Lévesque et Pierre LaGrenade). Soixante-treize ans plus tard, si notre devise nationale nous dit qu’il faut se souvenir, ce sont les luttes de Valleyfield que nous devons commémorer.

Le syndicalisme de combat.

Plus tard, dans le tourbillon des années 1970, des jeunes de Valleyfield et des environs ont plongé tête première dans le militantisme, en particulier dans les syndicats des grandes usines de la région (voir le texte de Guillaume T.-Boily). En plus de leurs succès syndicaux – renforcement de la santé et sécurité au travail, maintien des emplois, amélioration des conditions, etc. – ils et elles ont mis sur pied un réseau militant qui a su se mobiliser à des moments clés (comme la bataille du Suroît contre la centrale thermique que raconte Marc Laviolette). Parallèlement au syndicalisme de combat, une gauche campivallensienne prenait forme à travers des luttes à plusieurs niveaux renforcées par des coalitions syndicales-populaires inédites. En s’enracinant dans un milieu et en s’impliquant dans la durée, un noyau militant a pu laisser des traces qui se perpétuent depuis.

Table des matières

Introduction au dossier
Pierre Beaudet, Denise Boileau, Louis-Philippe Boucher, Yvon Boucher, Pierre LaGrenade, Dominique Reynolds et Guillaume Tremblay-Boily

Il était une fois Valleyfield

  • Salaberry-de-Valleyfield : un nom, une histoire
    Pierre LaGrenade
  • Bref portrait d’une ville fragile
    Louis-Philippe Boucher
  • Une région en mal d’éducation
    Dominique Reynolds
  • Une ville sous influence
    Yvon Boucher
  • Une économie en transition
    Pierre Spénard
  • L’Église catholique, du pouvoir occulte à la solidarité
    Yvon Boucher

Les enjeux pour le mouvement populaire

  • Une classe ouvrière qui résiste
    Pierre LaGrenade
  • Les syndicats à Salaberry-de-Valleyfield : résistants et innovateurs. Entrevue avec Daniel Mallette
    Pierre Beaudet
  • Résistances et mobilisations dans le secteur public
    Jonathan Scott et Pierre LaGrenade
  • Luttes citoyennes à Valleyfield : des batailles gagnées et d’autres perdues
    Yvon Boucher
  • Mouvement communautaire et enjeux de la pauvreté à Salaberry-de-Valleyfield
    Louis-Philippe Boucher
  • Le mouvement étudiant et l’« école de Valleyfield »
    Trycia Lanthier et Jonathan Scott
  • Un mouvement féministe fort et engagé
    Denise Boileau et Marie Reynolds
  • Des enjeux urbains en mutation
    Pierre Spénard
  • Socialistes à Valleyfield
    Pierre Beaudet
  • L’indépendance, toujours à l’ordre du jour. Entrevue avec Pierre LaGrenade
    Pierre Beaudet

Revenir en arrière pour regarder vers l’avant

  • Valleyfield 1946
    Andrée Lévesque et Pierre LaGrenade
  • Le « soviet » de Valley eld. Succès et échecs du travail communiste en usine
    Guillaume Tremblay-Boily
  • La grande bataille du Suroît contre la centrale thermique. Entrevue avec Marc Laviolette
    Pierre Beaudet

Valleyfield, un enjeu québécois

  • Valleyfield 2019 : un militantisme en mutation
    Pierre LaGrenade et Pierre Beaudet
  • Le grand dé des régions
    Guy Chiasson

PARCOURS MILITANT

  • MARIE BLAIS. Profession : chargée de cours en urbanisme. Posture syndicale : éternelle battante. Entrevue
    Jean Trudelle

BILAN DE LUTTES

  • Négociations ardues dans les CPE de Montréal et de Laval.
    Nathalie Fontaine
  • Les enseignantes et enseignants d’Oakland ont gagné leur grève
    Eric Blanc
  • Le mouvement pour 15 dollars l’heure : où en sommes-nous ?
    Mylène Fauvel

DÉBAT SUR LE MUNICIPALISME

  • Réflexions engagées sur le municipalisme au Québec
    Donald Cuccioletta et Emanuel Guay
  • La gentri cation contre le droit à la ville. Le cas de Parc-Extension
    Emanuel Guay, Alex Megelas et Naomi Nichols
  • Les défis de Projet Montréal. Entretien avec Michel Camus
    Pierre Beaudet
  • Un fragile « printemps » municipal en Turquie
    Bengi Akbulut

PERSPECTIVES

NOTES DE LECTURE

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Valleyfield, mémoires et résistances
Valleyfield 2019 : un militantisme en mutation
Valleyfield, un enjeu québécois
8 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Au terme de l’enquête sur Valleyfield, il nous a semblé impor­tant de prendre un pas de côté et de réflé­chir à tout ce qui a été réuni à tra­vers l’ensemble des dis­cus­sions, enquêtes et entre­vues. Vous l’aurez lu dans les pages pré­cé­dentes, ce riche maté­riel four­nit un bon por­trait de la région, de ses luttes et résis­tances, de son état éco­no­mique et social, et de divers débats qui tra­versent les géné­ra­tions mili­tantes.

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Valleyfield, mémoires et résistances
La grande bataille du Suroît contre la centrale thermique – Entrevue avec Marc Laviolette
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant
6 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

En 2001, Hydro-Québec et le gou­ver­ne­ment du Parti qué­bé­cois (PQ) annoncent un méga­pro­jet de construc­tion d’une cen­trale ther­mique au gaz à Beauharnois, la ville-sœur, si on peut dire, de Valleyfield. Le budget du projet est évalué à plus de 550 mil­lions de dol­lars. On estime qu’une fois com­plé­tée, la cen­trale pourra pro­duire plus de 850 méga­watts et qu’on pourra expor­ter l’électricité vers l’Ontario et les États-Unis. En 2003, cepen­dant, le projet reçoit une éva­lua­tion néga­tive du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) qui estime que, « malgré sa contri­bu­tion impor­tante à l’essor éco­no­mique de la région de Beauharnois et malgré les impacts réduits qu’il aura sur l’environnement, le projet aug­men­tera de façon sub­stan­tielle les émis­sions de gaz à effet de serre du Québec[2] ». Malgré cet avis néga­tif, le nou­veau gou­ver­ne­ment du Parti libé­ral remet le projet sur les rails à la fin de 2003. Rapidement, l’opposition s’organise. Une vaste coa­li­tion d’organisations envi­ron­ne­men­ta­listes, la coa­li­tion Québec-Vert-Kyoto, orga­nise une mani­fes­ta­tion en février 2004 où se retrouvent plus de 4000 per­sonnes devant le siège d’Hydro-Québec à Montréal.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Le « soviet » de Valleyfield – Succès et échecs du travail communiste en usine
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4 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Dans les années 1970 et au début des années 1980, le mou­ve­ment mar­xiste-léni­niste regroupe des mil­liers de sym­pa­thi­sants et sym­pa­thi­santes et consti­tue un des pôles domi­nants de la gauche qué­bé­coise. La plus impor­tante orga­ni­sa­tion du mou­ve­ment, la Ligue com­mu­niste (mar­xiste-léni­niste) du Canada, devient le Parti com­mu­niste ouvrier (PCO) en 1979. Ce parti qui se conçoit dans la tra­di­tion de la Troisième Internationale prône l’implantation en usine. Il encou­rage les mili­tants à se faire embau­cher en usine pour y faire du tra­vail syn­di­cal et poli­tique. Valleyfield est alors un des endroits où cette pré­sence com­mu­niste est la plus forte. On retrouve des mili­tants dans la plu­part des grandes usines de la ville et des envi­rons. Dans cer­tains cas, les mar­xistes-léni­nistes se font élire à des postes syn­di­caux et exercent une influence déter­mi­nante sur les luttes dans les milieux de tra­vail. Un leader du parti déclare à l’époque que « dans la région, tous les élé­ments avan­cés ont été ral­liés » et cer­tains parlent du « soviet de Valleyfield » pour décrire la vigueur de l’engagement com­mu­niste. Dans ce texte, j’analyse l’implantation dans quatre usines de la région afin de faire surgir quelques-unes des rai­sons der­rière les succès et les échecs de ces expé­riences[1].

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Valleyfield, mémoires et résistances
Valleyfield 1946
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant

Pour la classe ouvrière au Québec, 1946 est une année excep­tion­nelle, alors que le capi­ta­lisme nord-amé­ri­cain tente un retour à la nor­male après cinq années de guerre. La guerre froide pointe à l’horizon, les États-Unis, à peine sortis du conflit avec l’Allemagne nazie, déci­dant de confron­ter l’Union sovié­tique. En Angleterre, le pre­mier ministre conser­va­teur Winston Churchill affirme qu’un rideau de fer s’est abattu sur l’Europe la divi­sant en zones, com­mu­niste à l’est et « libre » à l’ouest, et qu’il appar­tient aux pays capi­ta­listes d’aider à « libé­rer » l’Europe. Au Canada, ce tour­nant bel­li­queux prend forme au sein du gou­ver­ne­ment. Des mili­tantes et des mili­tants de gauche et des syn­di­ca­listes sont sus­pec­tés d’être « à la solde » de l’URSS. Plusieurs sont arrê­tés à la suite d’une affaire d’« espion­nage » qui don­nera lieu à des accu­sa­tions, des empri­son­ne­ments et des vies bri­sées, même si la plu­part des per­sonnes « accu­sées » seront fina­le­ment dis­cul­pées.

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Valleyfield, mémoires et résistances
L’indépendance, toujours à l’ordre du jour, Entrevue avec Pierre LaGrenade
Les enjeux pour le mouvement populaire

Ce n’est pas d’hier que la ques­tion dite natio­nale domine la société à Valleyfield et dans la région du Suroît. Après la Conquête, le nou­veau sei­gneur de Beauharnois nommé par l’administration colo­niale, Edward Ellice, s’empare des terres et devient « une sorte de tyran régio­nal, très impo­pu­laire, fré­quem­ment dénoncé[2] ». Lors de l’insurrection répu­bli­caine de 1837-1838, les Patriotes sont très actifs dans la région. Dans les années sub­sé­quentes, les capi­ta­listes anglo-cana­diens prennent le contrôle de l’économie locale qui culmine avec l’installation de la Montreal Cotton. Les pro­fits sont énormes, les salaires misé­rables. L’intervention de l’armée colo­niale est fré­quente pour répri­mer les mou­ve­ments de grève. Des « admi­nis­tra­teurs » délé­gués par la Cotton, tous anglo­phones, sont pré­sents aux séances du conseil muni­ci­pal pour sur­veiller ce qui se passe, car, jusque dans les années 1950, Valleyfield est une véri­table « com­pany town ». Dans la ville ségré­gée, il y a les quar­tiers pour les patrons anglo­phones, ceux pour le per­son­nel tech­nique et d’encadrement (majo­ri­tai­re­ment bri­tan­niques et écos­sais) et ceux pour la masse ouvrière cana­dienne-fran­çaise à 95 %.

Durant les années 1970, une nou­velle géné­ra­tion de mou­ve­ments sociaux prend forme avec au pre­mier plan les syn­di­cats. Valleyfield devient une ville mili­tante où les syn­di­ca­listes en mènent large. En 1976, un jeune ensei­gnant, Laurent Lavigne, est élu dans le comté sous la ban­nière du Parti qué­bé­cois (PQ). La défaite du OUI au pre­mier réfé­ren­dum de 1980 fait mal. Pour plu­sieurs mili­tantes et mili­tants, la stra­té­gie « éta­piste » pensée par le ministre Claude Morin consti­tue une erreur, qui fait glis­ser le PQ dans le piège de la « gou­ver­nance pro­vin­ciale ».

En 1995, Jacques Parizeau relance le projet. Le deuxième réfé­ren­dum fait appel à une coa­li­tion large au sein de laquelle les syn­di­cats et les mou­ve­ments popu­laires trouvent leur place. Un orga­nisme visant à coa­li­ser les indé­pen­dan­tistes, les Partenaires pour la sou­ve­rai­neté, est créé pour mobi­li­ser la popu­la­tion qui vient très près de l’emporter contre l’État fédé­ral ; celui-ci s’efforce de contrer la vague sou­ve­rai­niste par tous les moyens, y com­pris par la vio­la­tion des lois élec­to­rales. Plus tard, le gou­ver­ne­ment péquiste crée le Conseil de la sou­ve­rai­neté du Québec. Quand le PQ perd les élec­tions en 2003, ce conseil devient un peu plus auto­nome, et intègre les indé­pen­dan­tistes de l’Union des forces pro­gres­sistes (UFP). En 2013, le Conseil adopte un nou­veau nom, les Organisations unies pour l’indépendance du Québec, les OUI Québec. Des col­lec­tifs (des tables régio­nales) se mettent en place un peu par­tout au Québec, y com­pris à Valleyfield, où Pierre LaGrenade, tou­jours très impli­qué dans la vie poli­tique et sociale de sa ville, devient son porte-parole.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Des enjeux urbains en mutation
Les enjeux pour le mouvement populaire

À l’été 2017, Denis Lapointe, le pre­mier magis­trat de la ville annonce qu’il ne bri­guera pas le poste de maire qu’il occupe depuis 22 ans. Il affirme que « des jeunes ont leurs idées » et qu’il est normal de leur lais­ser la place pour qu’ils pour­suivent la crois­sance de la ville de Salaberry-de-Valleyfield. En face de lui s’ébauche un nou­veau projet, le Mouvement Renouveau Valleyfield. Mais rapi­de­ment, ce mou­ve­ment s’estompe, ses trois fon­da­teurs, Miguel Lemieux, Sébastien Poiré et Guillaume Massicotte, ayant décidé de faire cam­pagne comme can­di­dats indé­pen­dants. Néanmoins, on sent un cer­tain vent de chan­ge­ment. Plus de 25 per­sonnes déposent leur for­mu­laire de can­di­da­ture, ce qui est un nombre inédit, dont six femmes (une pre­mière !). Le 4 novembre 2017, le ver­dict tombe. Le conseil de ville fait peau neuve : un nou­veau maire, Miguel Lemieux, est élu, de même que cinq nou­veaux membres, deux femmes et trois élus de moins de 35 ans. Les élec­trices et les élec­teurs n’ont pour­tant montré la porte à aucun can­di­dat sor­tant. Le mot chan­ge­ment est sur toutes les lèvres : en réa­lité, il s’agit d’une muta­tion plutôt que d’une trans­for­ma­tion.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Un mouvement féministe fort et engagé
Les enjeux pour le mouvement populaire

Le mou­ve­ment des femmes s’est orga­nisé et struc­turé à Valleyfield dans les années 1970, une époque de grande effer­ves­cence. Plusieurs groupes de femmes se sont formés dans la région et des comi­tés de condi­tion fémi­nine dans les syn­di­cats. En ras­sem­blant les femmes, en fai­sant de l’éducation popu­laire, en déve­lop­pant des res­sources, ces groupes ont joué un rôle majeur dans l’organisation de la lutte pour faire pro­gres­ser l’égalité entre les hommes et les femmes.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Le mouvement étudiant et « l’école de Valleyfield »
Les enjeux pour le mouvement populaire

Historiquement recon­nue comme un des mou­ve­ments de masse les plus impor­tants du Québec[1], la mobi­li­sa­tion citoyenne du prin­temps 2012, qui s’est ter­mi­née par la défaite élec­to­rale du gou­ver­ne­ment libé­ral de Jean Charest, a com­mencé avec la grève du mou­ve­ment étu­diant et elle fut sou­te­nue par dif­fé­rentes autres actions col­lec­tives. La soli­da­rité étu­diante a su conver­tir des reven­di­ca­tions étu­diantes en enjeux socio­po­li­tiques élar­gis, ce qui consti­tue sa plus grande réa­li­sa­tion. Elle est notam­ment inter­ve­nue dans la lutte contre les poli­tiques d’austérité et la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale, afin de fédé­rer d’autres orga­ni­sa­tions de la société civile et inter­pel­ler un nombre impor­tant de citoyennes et de citoyens sur ces enjeux[2].

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Valleyfield, mémoires et résistances
Mouvement communautaire et enjeux de la pauvreté à Salaberry-de-Valleyfield
Les enjeux pour le mouvement populaire

Le mou­ve­ment com­mu­nau­taire peut-il endi­guer la pau­vreté ? La réponse à cette ques­tion est sans équi­voque : non. Les orga­nismes com­mu­nau­taires consti­tuent une réponse par­tielle de soli­da­rité à un pro­blème d’ordre struc­tu­rel lié à un sys­tème éco­no­mique qui génère et main­tient une partie impor­tante des citoyennes et des citoyens en situa­tion de pau­vreté, un sys­tème qui crée de la richesse, mais dont les méca­nismes de redis­tri­bu­tion de cette richesse demeurent inéqui­tables. Ce qui ne veut pas dire pour autant que tous les efforts déployés pour venir en aide aux plus démuni-e-s et atté­nuer leurs dif­fi­cul­tés n’ont pas leur raison d’être. Au contraire, les orga­nismes com­mu­nau­taires assurent la survie d’un nombre crois­sant de per­sonnes vivant de façon pré­caire.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Luttes citoyennes à Valleyfield : des batailles gagnées et d’autres perdues
Les enjeux pour le mouvement populaire
19 mars 2020
No. 22 - Automne 2019

On connaît Valleyfield par ses luttes syn­di­cales, par­fois héroïques, comme les luttes contre la Montreal Cotton. Tout au long des années 1960 à 1990, les tra­vailleuses et les tra­vailleurs syn­di­qués de plu­sieurs usines ont résisté, sou­vent dans des condi­tions très dures, pour abou­tir par­fois à des vic­toires impor­tantes. Plus récem­ment, en 2017, les 371 membres du syn­di­cat des Métallos ont fait grève pen­dant neuf mois contre la mul­ti­na­tio­nale CEZinc. La grève a permis de pré­ser­ver le sys­tème de pen­sions et de pro­té­ger les jeunes tra­vailleurs. Moins connues sont les mobi­li­sa­tions citoyennes qui ont par­semé la région et qui, encore aujourd’hui, témoignent d’une volonté des gens ordi­naires de ne pas se lais­ser faire, sur­tout quand il est ques­tion de leur envi­ron­ne­ment et de leur santé.

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