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Numéro 21, Hiver 2019

Penser la Grande Transition

Couverture du numéro

À propos de ce numéro

Dans le sillon de la conférence La Grande Transition, une masse critique de militantes et de militants intellectuels s’est mise à la tâche de comprendre le monde qui s’esquisse à travers les résistances et les tentatives de construire des contre-pouvoirs. Les débats ont été vifs, s’appuyant sur des enquêtes, des explorations théoriques et des bilans d’expériences extrêmement riches.

Table des matières

Reconstruire nos mouvements

  • Le mouvement écologique en transition
    Anne-Céline Guyon
  • Le projet socialiste peut-il passer à côté du féminisme?
    Diane Lamoureux
  • Repolitiser l’accumulation primitive
    Dalie Giroux
  • Au-delà de la social-démocratie
    Emanuel Guay et Alessandro Drago
  • Les défis des gauches en France
    Hendrik Davi
  • Syndicats et mouvements dans la lutte
    Dominique Daigneault
  • Reconstruire un rapport de force
    Nancy Bédard
  • La grève, outil incontournable des travailleurs et
    des travailleuses
    Jane McAlevey
  • Syndicalisme, pouvoir ouvrier et économie
    Shannon Ikebe
  • Les infrastructures de la contestation
    Entretien avec David McNally
    Xavier Lafrance

La crise des crises

  • Libre-échange et néo-néolibéralisme
    Claude Vaillancourt
  • Les États-Unis dans le monde:
    hégémoniques et déclinants
    Donald Cuccioletta
  • Les classes sociales au prisme de la financiarisation
    Audrey Laurin-Lamothe
  • Capitalisme et décroissance
    Jean-Marie Harribey
  • Amérique latine: après la vague rose
    Maristella Svampa
  • La double transformation
    Michael Brie
  • Les trois transitions
    Frédéric Legault

Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste

  • Le pouvoir après l’émancipation:
    propositions pour un socialisme postmoderne
    Alain Savard
  • Repenser la révolution. Utopie, imagination, pratique
    Christian Laval
  • Le commun dans la ville
    Pouvoir citoyen à Pointe-Saint-Charles
    Anne Kruzynski
  • Marx et la Grande Tortue. Entrevue avec Glen Coulthard
    Pierre Beaudet
  • Le modèle Debout!
    Esquisse d’une nouvelle organisation politique
    Jonathan Durand Folco
  • Les communs comme stratégie de décroissance
    Bengi Akbulut
  • Valeur, marchandise et transition
    Peter Hudis

Parcours militant

  • Gilles Bourque et la question nationale. Entrevue
    Jean Trudelle

Bilan des élections 2018

  • La patience de notre impatience
    Réflexions militantes sur les élections 2018
    Pierre Beaudet
  • Exaltantes percées et grandes responsabilités
    Pierre Mouterde
  • L’avancée électorale de Québec solidaire
    Nouveaux défis, nouveaux débats, nouvelles pratiques
    Bernard Rioux
  • Des urnes et de la rue
    Richard Fidler
  • Bilan de campagne dans Chicoutimi
    Pierre Dostie
  • Les solidaires dans Québec-Chaudière-Appalaches:
    une avancée de la gauche en terrain difficile
    Sébastien Bouchard
  • Les grands défis
    Rosa Pires
  • Montée des extrêmes: motifs de crainte et d’espoir
    Carole Yerochewski
  • Réalignement, systèmes partisans et facteurs de polarisation
    Philippe Boudreau

NOTES DE LECTURE

Articles en lien avec ce numéro

NOTES DE LECTURE
Grève et paix. Une histoire des lois spéciales au Québec
Martin Petitclerc et Martin Robert, Montréal, Lux, 2018
19 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Pour quelqu’un de ma géné­ra­tion, dont la poli­ti­sa­tion s’est faite au cours des années 2000, il est par­fois dif­fi­cile de conce­voir qu’à plu­sieurs reprises au cours des der­nières décen­nies, des dizaines de mil­liers de tra­vailleurs et de tra­vailleuses du sec­teur public se sont mis en grève illé­ga­le­ment pour défier une loi spé­ciale. L’ouvrage de Petitclerc et Robert nous rap­pelle plu­sieurs de ces luttes. Il nous montre aussi que des mobi­li­sa­tions syn­di­cales d’envergure deviennent de plus en plus dif­fi­ciles à mesure que se ren­force un dis­po­si­tif répres­sif dont les lois spé­ciales sont une com­po­sante essen­tielle. Malgré des efforts inven­tifs pour contour­ner les impacts de ces lois, les grandes cen­trales syn­di­cales sont pro­gres­si­ve­ment ame­nées à adop­ter une stra­té­gie de repli pour éviter d’y être confron­tées. Les lois spé­ciales contri­buent donc à la mar­gi­na­li­sa­tion poli­tique des syn­di­cats et favo­risent en même temps la mise en place d’un mode de gou­ver­ne­ment néo­li­bé­ral.

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NOTES DE LECTURE
Hegemony How-To. A Roadmap for Radicals
Jonathan Matthew Smucker, Oakland, AK Press, 2017
19 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Parmi les ques­tions qui reviennent cou­ram­ment dans les dis­cus­sions stra­té­giques à gauche, celle de la conver­gence des luttes et celle de la conti­nuité entre les grandes vagues de mobi­li­sa­tion occupent une place de choix : com­ment nous unir autour d’objectifs com­muns tout en recon­nais­sant et en valo­ri­sant notre diver­sité interne ? Comment assu­rer à nos prin­cipes et à nos orga­ni­sa­tions une pré­sence durable dans l’espace public, sur la base de laquelle nous pou­vons espé­rer de nou­velles avan­cées ? Ces deux inter­ro­ga­tions ren­voient à une pro­blé­ma­tique com­mune, soit l’identification des moyens qui per­mettent à la gauche de gagner en puis­sance et de rem­por­ter des vic­toires, même dans un contexte poli­tique hos­tile. C’est à cette pro­blé­ma­tique que s’attaque l’ouvrage de Jonathan Matthew Smucker, doc­to­rant en socio­lo­gie à l’Université Berkeley et mili­tant de longue date dans les mou­ve­ments anti­guerre et, plus récem­ment, actif au sein d’Occupy Wall Street. En mobi­li­sant des auteurs tels que Gramsci et Habermas, Smucker pro­pose des clés d’analyse per­met­tant de lier les dyna­miques internes aux groupes mili­tants à des consi­dé­ra­tions stra­té­giques plus larges, avec comme objec­tif de par­ve­nir à une conci­lia­tion entre les prin­cipes anti­au­to­ri­taires de la gauche et ses visées hégé­mo­niques.

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NOTES DE LECTURE
Être, agir, enseigner en tant qu’anarchiste à l’école secondaire
Sylvain Larose, Saint-Joseph-du-Lac, M Éditeur, 2018

Est-il pos­sible, lorsqu’on est anar­chiste, d’enseigner dans une école secon­daire dans le res­pect de ses convic­tions poli­tiques et valeurs per­son­nelles, tout en répon­dant à des pro­grammes et à des règles offi­cielles édic­tées par l’État ? C’est le défi que Sylvain Larose, ensei­gnant des sciences humaines au secon­daire, relève depuis une ving­taine d’années. Il livre dans cet essai les leçons de son expé­rience, et pro­pose des orien­ta­tions et outils pour ini­tier ses col­lègues, actuels et futurs, à sa démarche.

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NOTES DE LECTURE
Les luttes fécondes. Libérer le désir en amour et en politique
Catherine Dorion

Montréal, Atelier 10, 2017

Le vibrant plai­doyer pour la liberté en amour comme en poli­tique de Catherine Dorion, ex-can­di­date d’Option natio­nale, puis can­di­date élue de Québec soli­daire aux élec­tions d’octobre 2018, s’ouvre avec une cita­tion d’Arthur Koestler qui témoigne du lien ténu entre « l’instinct poli­tique » des indi­vi­dus et les lois psy­cho­lo­giques gou­ver­nant leur libido sexuelle. Sur les ailes du désir, Catherine Dorion déploie dans ce bref ouvrage des plus ins­pi­rants quelques pro­po­si­tions qui, bien qu’elles ne soient pas expli­ci­te­ment défen­dues d’un point de vue théo­rique, se veulent incon­tes­ta­ble­ment d’enivrantes ins­pi­ra­tions pour une ima­gi­na­tion poli­tique à construire. À tra­vers une plume sen­sible, vive et char­nelle, le lien entre la soif d’engagement poli­tique et le désir amou­reux se pré­sente par de courts cha­pitres nar­rant situa­tions vécues et inté­res­santes réflexions. Notons au pas­sage les illus­tra­tions mono­chromes de l’artiste Martin Bureau qui se glissent au sein de Luttes fécondes, notam­ment celle repré­sen­tant le Parlement du Québec en ruines pour que le nou­veau advienne « là où tout peut com­men­cer ».

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Réalignement, systèmes partisans et facteurs de polarisation
16 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Il y a de ces élec­tions qui marquent l’histoire poli­tique du Québec et celle du 1er octobre der­nier en est une assu­ré­ment. D’aucuns la qua­li­fient d’élection de réali­gne­ment en ce qu’elle inau­gure l’entrée dans un nou­veau sys­tème par­ti­san, dominé par deux partis de droite fédé­ra­listes, la Coalition Avenir Québec (CAQ) et le Parti libé­ral du Québec (PLQ). Comment inter­pré­ter la signi­fi­ca­tion d’un tel chan­ge­ment de para­digme et quelles pos­si­bi­li­tés celui-ci recèle-t-il pour les forces pro­gres­sistes ? Un bref retour sur l’histoire élec­to­rale du Québec moderne peut four­nir quelques pistes de nature à enri­chir la réflexion.

La période de réfé­rence prin­ci­pa­le­ment uti­li­sée dans le cadre du pré­sent texte est celle de la pre­mière moitié des années 1970, qui annonce l’entrée dans un nou­veau sys­tème par­ti­san, dominé celui-là par le PLQ et le Parti qué­bé­cois (PQ). La rup­ture avec l’ancien sys­tème, dominé par le duo­pole Union natio­nale et PLQ, s’effectue sur plu­sieurs années. L’élection de 1970 sonne d’abord le glas du règne de l’Union natio­nale comme parti de gou­ver­ne­ment, puis deux autres élec­tions, en 1973 et en 1976, consacrent la pous­sée ful­gu­rante du PQ dans le suf­frage popu­laire.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Montée des extrêmes : motifs de crainte et d’espoir
13 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Dans plu­sieurs pays, on assiste à une prise de pou­voir, démo­cra­tique, d’une droite dure, par­fois même fas­ciste, comme c’est le cas au Brésil depuis le 28 octobre der­nier. Comme avec Trump aux États-Unis, per­sonne, y com­pris les « experts » qui sont cités abon­dam­ment par les médias, ne l’avait vue venir.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Les grands défis
10 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

La vic­toire du 1er octobre 2018 marque une grande étape pour Québec soli­daire (QS). Et bien sûr, elle résulte du tra­vail acharné des mili­tantes et des mili­tants de l’ombre, sans comp­ter celui des par­le­men­taires et des per­son­na­li­tés qui y sont rat­ta­chés. Quand on fait des gains impor­tants, il y a par­fois le « ver­tige du succès ». C’est une ten­dance natu­relle qui consiste à sur­es­ti­mer ses forces et à sous-esti­mer ses adver­saires. Il faut cepen­dant faire le constat que le Québec suit une mou­vance mon­diale inquié­tante en éli­sant un gou­ver­ne­ment de droite. Comme on l’a vu à peine quelques jours après l’élection, les membres du gou­ver­ne­ment affichent déjà beau­coup d’assurance sachant que leur majo­rité au sein d’un sys­tème par­le­men­taire qui reflète très mal toutes les franges poli­tiques leur donne beau­coup de pou­voir au cours des quatre pro­chaines années. Ces élu-e-s ont dit qu’ils allaient tra­vailler avec les autres partis et qu’ils ont « de bonnes idées ». Leur logique néo­li­bé­rale est en contra­dic­tion avec la révo­lu­tion colos­sale que l’on doit faire pour entrer dans une ère d’économie verte.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Les solidaires dans Québec-Chaudière-Appalaches : une avancée de la gauche en terrain difficile
7 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Un balayage caquiste

L’analyse des résul­tats des élec­tions du 1er octobre 2018 pour la région de Québec-Chaudière-Appalaches révèle trois constats prin­ci­paux. Premièrement, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a gagné presque par­tout, ce qui confirme que la droite est plus forte dans la grande région de Québec qu’ailleurs au Québec. Dans le comté de Chauveau, le Parti conser­va­teur du Québec (PCQ) a obtenu 8,6 % des votes. Ensuite, le Parti libé­ral (PLQ) est arrivé en seconde posi­tion presque par­tout, mais en baisse majeure, sur­tout dans Chaudière-Appalaches, mais il a gagné le comté de Jean-Talon à Sainte-Foy, le fief his­to­rique de la bour­geoi­sie libé­rale dans la région. Finalement, le Parti qué­bé­cois (PQ) est déclassé, il n’est plus que la qua­trième force poli­tique de la région.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Bilan de campagne dans Chicoutimi

La Coalition Avenir Québec (CAQ) l’a emporté dans Chicoutimi avec 12 123 voix, soit 4 416 de majo­rité et 6 432 de plus qu’en 2014. Une vague, à l’instar de celle du Québec, que les son­dages lui pré­di­saient. Le Parti qué­bé­cois (PQ), qui avait gagné en 2014 avec 1 605 voix de majo­rité, est arrivé second avec 3 538 voix de moins qu’en 2014. Le Parti libé­ral (PLQ) a lui aussi perdu 3 546 voix. Quant à Québec soli­daire (QS), il est passé de 2 105 voix en 2014 à 3 977 en 2018, un gain de 1 872. Au total, 7 084 voix sont pas­sées du PLQ et du PQ vers la CAQ prin­ci­pa­le­ment, et, dans une moindre mesure, vers QS. Si cer­tains avaient sou­haité addi­tion­ner les votes de QS et du PQ, en admet­tant qu’ils puissent être trans­fé­rables, cela n’aurait pas suffi à battre la CAQ qui aurait main­tenu une majo­rité de 439 voix. Fait non négli­geable, 937 élec­trices et élec­teurs de moins ont exercé cette année leur droit de vote, le taux de par­ti­ci­pa­tion s’étant abaissé de 70,57 à 68,53 %. En fait, une partie des élec­teurs péquistes et libé­raux n’ont pas vu l’utilité de se dépla­cer, tandis que les sup­por­teurs de QS ont com­pris l’importance de le faire pour mar­quer leur dif­fé­rence.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Des urnes et de la rue
1 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Avec ses dix dépu­tés, Québec soli­daire (QS) se concen­trera au cours des mois à venir sur l’intervention par­le­men­taire, le déve­lop­pe­ment de son exper­tise dans divers domaines poli­tiques ainsi que sur l’apprentissage de la per­ti­nence et de la com­pré­hen­sion de ses prin­cipes et de son pro­gramme pour un public beau­coup plus large. Parallèlement, puisque QS n’est pas un parti « comme les autres », il doit récon­ci­lier cette inter­ven­tion avec la mobi­li­sa­tion de ses membres en phase avec les mou­ve­ments popu­laires (la « rue »).

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