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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Financement des universités et reconfiguration marchande
Mutations de l'éducation supérieure

Le finan­ce­ment des uni­ver­si­tés connaît de fortes modi­fi­ca­tions depuis les années 1980. Lorsqu’on l’analyse de près, ce phé­no­mène révèle un lien serré entre le détour­ne­ment des ins­ti­tu­tions d’enseignement de leur mis­sion tradi- tion­nelle de for­ma­tion d’esprits libres et com­plets et leur réduc­tion au rôle de sou­tien de la crois­sance éco­no­mique. Étudier l’évolution du finan­ce­ment des uni­ver­si­tés, c’est donc, sans grande sur­prise, étu­dier la direc­tion prise par ces der­nières.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Démocratie universitaire : l’expérience de l’UQAM
Mutations de l'éducation supérieure
17 février 2020
No. 8 - Automne 2012

La pro­blé­ma­tique de la démo­cra­tie à l’université peut être abor­dée sous plu- sieurs angles. Elle l’est le plus sou­vent à tra­vers l’enjeu, tou­jours très actuel, de l’accessibilité aux études uni­ver­si­taires pour le plus grand nombre, et notam- ment pour ceux et celles qui ne dis­posent pas des res­sources finan­cières pour les pour­suivre. On peut aussi la trai­ter sous l’angle de l’administration, de la ges­tion de l’institution elle-même, de ce que l’on appelle aujourd’hui pom­peuse- ment la gou­ver­nance, dans la pers­pec­tive donc du pou­voir et de sa répar­ti­tion dans ce type d’établissement. L’expérience de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) est par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sante, car cette ins­ti­tu­tion a été créée pour rele­ver le double défi de l’accessibilité et de la ges­tion démo­cra­tique, aspect sur lequel j’insisterai sur­tout dans cette contri­bu­tion.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Le Rapport Parent et l’enseignement supérieur : alors et depuis
Mutations de l'éducation supérieure
15 février 2020
No. 8 - Automne 2012

On ne l’a pas fait sou­vent : il n’est pour­tant pas incon­gru de rap­pro­cher le Rapport Parent et l’enseignement supé­rieur. Loin de là ! En effet lorsque, au prin­temps de 1961, le gou­ver­ne­ment du Québec créa la Commission Parent (offi­ciel­le­ment nommée Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la Province de Québec, selon la Loi des com­mis­sions d’enquête), l’université était le sujet de débats publics, bien plus que tout le reste du sys­tème d’enseignement. On l’a sans doute oublié aujourd’hui. En réa­lité, on évo­quait les pro­blèmes de l’en- semble du sys­tème par et à tra­vers la ques­tion du déve­lop­pe­ment uni­ver­si­taire. En effet un projet avait accro­ché le grelot : celui de créer une nou­velle uni­ver­sité de langue fran­çaise à Montréal, sous la direc­tion des Jésuites, à partir des res­sources humaines et maté­rielles de leurs deux col­lèges clas­siques, Sainte-Marie, situé sur la rue Bleury, entre Sainte-Catherine et René-Lévesque, qui devait servir de noyau cen­tral, et Brébeuf, logé chemin Côte-Sainte-Catherine à Outremont.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
L’état mondial de l’éducation supérieure : les barbares sont aux portes
Mutations de l'éducation supérieure

Malgré la diver­sité des tra­jec­toires et des tra­di­tions des uni­ver­si­tés de par le monde, il existe un cer­tain consen­sus quant au rôle qu’elles jouent pour la pro­mo­tion du déve­lop­pe­ment social, cultu­rel et éco­no­mique des peuples. Elles ont pour mis­sion de pré­ser­ver, de trans­mettre et de faire avan­cer la connais­sance par l’enseignement, la recherche et le ser­vice aux col­lec­ti­vi­tés. On convient aussi géné­ra­le­ment que cette mis­sion requiert une auto­no­mie des ins­ti­tu­tions – sur les plans poli­tique, idéo­lo­gique, orga­ni­sa­tion­nel et reli­gieux – et une liberté aca­dé­mique de leurs membres.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Capitalisme financier et régime d’endettement
Chantiers théoriques
11 février 2020
No. 8 - Automne 2012

« Il est plus que temps que la géné­ra­tion actuelle paie sa juste part des frais de sco­la­rité. Il faut cesser de voir l’endettement étu­diant comme un endet­te­ment, mais bien comme un inves­tis­se­ment à long terme[1] . » C’est ce qu’affirmait le Mouvement des étu­diants socia­le­ment res­pon­sables du Québec (MESRQ), « un regrou­pe­ment d’étudiants auto­nomes » mis sur pied pour défendre la hausse des droits de sco­la­rité uni­ver­si­taires décré­tée par le gou­verne- ment de Jean Charest en 2011 et s’opposant au « boy­cot­tage des cours » déclen­ché à l’hiver 2012 en réac­tion à cette déci­sion. Un inves­tis­se­ment, l’endette- ment ? Tout à fait, à condi­tion que l’on consi­dère les indi­vi­dus comme des entre- prises vouées à faire croître l’économie. Mais il est aussi juste de dire que pour les indi­vi­dus et les fonds qui gèrent des por­te­feuilles d’actifs finan­ciers, inves­tir dans l’achat de titres ados­sés à des prêts étu­diants peut s’avérer un inves­tis­se­ment fort ren­table ! C’est du moins ce que pré­ten­dait l’agence de nota­tion DBRS (Dominion Bond Rating Service) en 2006, soit un an avant l’éclatement de la bulle des hypo­thèques à risque : « En com­pa­rai­son avec d’autres formes de prêts à la consom­ma­tion, DBRS croit que les prêts étu­diants devraient conti­nuer d’afficher une per­for­mance supé­rieure due au profil avan­ta­geux des emprun­teurs et aux garan­ties ins­ti­tu­tion­nelles qui s’y rat­tachent[2]. »

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Le devenir total de capital : l’université comme lieu d’accumulation du capital humai
Chantiers théoriques
9 février 2020
No. 8 - Automne 2012

Ainsi donc, cama­rades, si nous vou­lons remé­dier à la pénu­rie d’hommes et obte­nir que notre pays dis­pose de cadres suf­fi­sants, capables de faire pro­gres­ser la tech­nique et la mettre en action, nous devons savoir avant tout appré­cier les hommes, appré­cier les cadres, appré­cier chaque tra­vailleur pou­vant être utile

à l’œuvre com­mune. Il faut enfin com­prendre que de tous les capi­taux pré­cieux dans le monde, le plus pré­cieux et le plus déci­sif ce sont les hommes, les cadres.

Il faut com­prendre que dans les condi­tions actuelles, « les cadres décident de tout ».

Joseph Staline, L’homme, le capi­tal le plus pré­cieux, 1935.

Ce texte vise à ana­ly­ser les trans­for­ma­tions qui s’opèrent au sein des ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires dans le contexte de la crise struc­tu­relle dans laquelle le capi­ta­lisme est plongé depuis plus d’une qua­ran­taine d’années. Cette crise s’ins- crit au cœur même d’une des contra­dic­tions cen­trales du capi­ta­lisme qui repose sur le fait qu’en même temps que le Capital a besoin du tra­vail vivant pour se valo­ri­ser, la dyna­mique d’accumulation néces­site de rem­pla­cer le tra­vail humain par des machines. Dans ce texte, nous mon­tre­rons com­ment le Capital cherche à dépas­ser cette contra­dic­tion en modi­fiant la nature du savoir, de la connais­sance et de l’être humain, pour en faire un inves­tis­se­ment pro­duc­tif dont la ren­ta­bi­lité serait mesu­rable.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
L’augmentation de l’accessibilité à l’enseignement supérieur au Québec : une démocratisation (trop) tranquille
Chantiers théoriques

Au cours de la mobi­li­sa­tion étu­diante contre l’augmentation des droits de sco­la­rité qui a débuté à l’hiver 2012, nom­breuses ont été les inter­ven­tions dénon­çant l’impact de cette déci­sion du gou­ver­ne­ment du Québec sur l’accessi- bilité à l’enseignement supé­rieur. Le coût des études uni­ver­si­taires – et l’endette- ment qui s’en suit – peuvent en effet décou­ra­ger plus d’un jeune à s’engager dans de longues études. Le gou­ver­ne­ment libé­ral et plu­sieurs rec­teurs répli­quaient en arguant d’un besoin de finan­ce­ment pour assu­rer la qua­lité des uni­ver­si­tés qué­bé­coises et deman­daient éga­le­ment une trans­for­ma­tion du régime de prêts et bourses en faveur des étu­diantes les moins favo­ri­sées.

À l’occasion de ces dis­cus­sions fon­da­men­tales sur le droit à l’éducation et sur son finan­ce­ment, un élé­ment semble pour­tant avoir été quelque peu exclu du débat. Sans doute parce qu’il s’agissait avant tout de défendre le statu quo, c’est- à-dire le gel des droits de sco­la­rité (bien que plu­sieurs reven­di­quaient la gra­tuité), on a peu cri­ti­qué l’état actuel de l’accessibilité à l’université. En d’autres mots, dans la lutte légi­time contre l’augmentation des droits de sco­la­rité et des frais d’inscription et en faveur de l’égalité des chances, on a peut-être trop sou­vent oublié de rap­pe­ler que, au cours des der­nières décen­nies, l’augmentation de l’ac- ces­si­bi­lité à l’enseignement supé­rieur au Québec n’a pas eu pour corol­laire une réduc­tion aussi remar­quable des inéga­li­tés sco­laires, ni des inéga­li­tés sociales. Dans cet article, après avoir rap­pelé la dis­tinc­tion entre acces­si­bi­lité et démo­cra­ti­sa­tion, nous obser­ve­rons l’évolution des inéga­li­tés sco­laires liées au genre, à la langue et aux ori­gines sociales. La per­sis­tance de cer­taines formes d’inégalités d’accès nous fait conclure à une démo­cra­ti­sa­tion un peu trop tran­quille de l’enseignement supé­rieur qué­bé­cois, notam­ment des uni­ver­si­tés. Ce constat nous per­met­tra d’avancer cer­taines pistes d’action visant à favo­ri­ser l’égalité des chances tout en inter­ro­geant les liens entre inéga­li­tés sco­laires et sociales.

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Croisée des chemins
Chantiers théoriques
5 février 2020
Numéros des NCS

Two roads diver­ged in a yellow wood, And sorry I could not travel both And be one tra­ve­ler, long I stood

And looked down one as far as I could To where it bent in the under­growth. Robert Frost, The Road not Taken

Introduction

Dans un pas­sage immen­sé­ment célèbre d’un ouvrage consa­cré à la phi­loso- phie de l’esprit[1] Gilbert Ryle nous demande d’imaginer une per­sonne à qui on ferait visi­ter l’université d’Oxford ou celle de Cambridge.

Après qu’on lui en a montré tous les bâti­ments (la biblio­thèque, les salles de classe, la café­té­ria, etc.), elle demande : « Fort bien, mais où est l’université ? »

Cette per­sonne commet, selon Ryle, ce qu’il a appelé une « erreur de caté­go­rie ». C’est qu’elle ne com­prend pas que l’université n’est pas un bâti­ment autre et en sus de tous ceux qu’on lui a fait visi­ter, mais leur réunion en un tout qui les sub­sume. L’université n’est ni un autre bâti­ment, ni la simple jux­ta­po­si­tion de divers bâti­ments : elle est ce pour quoi tous ceux-là et bien d’autres choses encore existent.

Il est très facile de com­mettre de telles erreurs de caté­go­rie à propos de l’université. On pourra par exemple être tenté de la défi­nir, certes pas par son patri­moine immo­bi­lier, mais, disons, par le nombre de ses ensei­gnantes, de ses char­gées de cours et de ses étu­diantes ; par le nombre de ses diplô­mées ; par l’importance quan­ti­ta­tive et qua­li­ta­tive de ses sub­ven­tions de recherche ; ou par bien d’autres cri­tères sem­blables.

Mais pour utiles que puissent être de telles défi­ni­tions pour cer­taines fins pra­tiques, pro­cé­der ainsi serait, cette fois encore et du moins pour nombre de ques­tions fort per­ti­nentes, com­mettre une erreur de caté­go­rie et nous ferait per- dre de vue une pers­pec­tive phi­lo­so­phique, poli­tique et cultu­relle cru­ciale qui demande : dans quel but, pour quelles fins, tout cela existe-t-il ?

Dans les pages qui suivent, je pro­pose, ins­pi­rée d’un récent ouvrage(2), une réflexion sur ce qu’on devrait attendre qu’apporte la for­ma­tion dis­pen­sée par une uni­ver­sité, tant aux indi­vi­dus qui la fré­quentent qu’à la col­lec­ti­vité qui l’abrite. Or je pense, comme bien d’autres, que nous vivons une période de trans­for­ma­tion rapide et pro­fonde de l’université et qu’il y a tout lieu de pré­dire que si celle d’aujourd’hui est déjà bien dif­fé­rente de celle qui exis­tait il y a cin­quante ans, l’université de demain sera elle aussi, de manières encore insoup­çon­nées, très éloi­gnée de celle que nous connais­sons. Dans de telles condi­tions, alors que nous sommes à une croi­sée de che­mins, il est impé­ra­tif de placer une réflexion sur l’université non sur son hypo­thé­tique et sur bien des plans impré­vi­sible deve­nir, mais dans une pers­pec­tive nor­ma­tive, et donc en par­tant de ce qu’il est sou­hai­table qu’il en soit pré­servé par-delà les inévi­tables trans­for­ma­tions, voire muta­tions, qui ne man­que­ront pas de se pro­duire.

Je com­men­ce­rai donc (sec­tion 1) par dire ce que je pense qu’est, en sub­stance, et devrait demeu­rer une uni­ver­sité. J’aborderai ensuite, en deux sec­tions suc­ces­sives, mon sujet prin­ci­pal : ce qu’il est permis à ceux et celles qui la fré- quentent d’attendre d’une uni­ver­sité (sec­tion 2) ; puis, ce qu’il est permis, à la col­lec­ti­vité qui l’abrite, d’attendre d’une uni­ver­sité (sec­tion 3).

En conclu­sion, je rap­pel­le­rai quelques-uns des prin­cipes que devraient défendre les per­sonnes qui ont à cœur l’université et cer­tains des obs­tacles qui se dressent contre la défense de l’université telle que je la conçois.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Notes de lecture
5 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

Francis Dupuis-Déri, La peur du peuple. Agoraphobie et ago­ra­phi­lie poli­tiques,

Montréal, Lux, 2016

Emanuel Guay

Dans son plus récent ouvrage, Dupuis-Déri nous offre une pers­pec­tive par­ti­cu­liè­re­ment riche sur les liens qui unissent des concepts tels que la démo­cra­tie, le peuple et le pou­voir, à partir d’une dis­tinc­tion qu’il pro­pose entre l’ago­ra­pho­bie et l’ago­ra­phi­lie poli­tique. Ces deux termes dési­gnent des atti­tudes oppo­sées face à la capa­cité qu’ont les per­sonnes ordi­naires de se réunir afin de déli­bé­rer et de prendre des déci­sions en commun : si les ago­ra­phobes se méfient du peuple assem­blé, en lui repro­chant entre autres d’être irra­tion­nel, faci­le­ment influen­çable, prompt à la vio­lence, etc., les ago­ra­philes estiment pour leur part que les pra­tiques de démo­cra­tie directe sont la meilleure manière de se pré­mu­nir contre les abus de pou­voir et la concen­tra­tion de ce der­nier dans quelques mains. Dans l’opposition entre ces deux pers­pec­tives se dis­cernent des enjeux lourds de sens – les pra­tiques ago­ra­philes consti­tuent en effet un scan­dale pour l’élite parce qu’elles inva­lident la néces­sité d’une cou­pure entre les per­sonnes qui obéissent et celles qui com­mandent, en démon­trant que les dominé-e-s peuvent se gou­ver­ner par et pour eux et elles-mêmes.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Forum social mondial 2016
Rapports d’atelier de l’espace émancipation
3 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

L’espace éman­ci­pa­tion orga­nisé par les NCS lors du Forum social mon­dial de Montréal com­pre­nait quelque 25 ses­sions ali­men­tées par une cen­taine de per­sonnes res­sources. Un tra­vail colos­sal a été réa­lisé pour enri­chir les dis­cus­sions qui ont réuni plus de 1000 per­sonnes. Plusieurs de ces ate­liers ont fait l’objet d’une syn­thèse, pour per­mettre aux lec­teurs et aux lec­trices de capter une partie des débats denses et nuan­cés qui ont eu lieu. Cet espace éman­ci­pa­tion a joué le rôle d’université popu­laire que les NCS orga­nisent à chaque mois d’août depuis 2010.

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