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Numéros des NCS

 
Parcours militant
Entrevue avec Alain Proulx, militant syndical à l’Alcan d’Arvida
Entrevu
vendredi 13 septembre 2019
No. 19 - Hiver 2018

NCS – Alain, je te ren­contre pour que tu me racontes ton par­cours mili­tant afin de nous aider à réflé­chir sur notre enga­ge­ment. Est-ce que tu te consi­dères comme un mili­tant et penses-tu que tu as eu un par­cours mili­tant ?

A.P. – Oui, pas mal, par­fois un peu trop, j’ai de la misère avec la mesure… Même à la retraite, je suis encore très actif. C’est pas facile de se calmer, car l’époque nous rentre dans le corps, on a l’impression que tout ce qu’on avait acquis, qu’on croyait être des acquis res­te­rait. Eh bien non, on recule à plein de niveaux, pas juste sur le plan syn­di­cal. Moi, ça m’affecte beau­coup.

NCS – Comment es-tu devenu mili­tant ?

A.P. – Chez nous, on était huit enfants et mon père a été impli­qué syn­di­ca­le­ment une bonne partie de sa vie : il était élec­tri­cien de l’Alcan à l’usine d’Arvida et était délé­gué syn­di­cal, puis res­pon­sable de l’éducation au Conseil cen­tral de la CSN (Confédération des syn­di­cats natio­naux) pen­dant des années, mais pas libéré à plein temps. D’ailleurs, mon père connais­sait ton père, qui est venu lors de la grève de 1957 ; mais je pense que c’est autour des élec­tions fédé­rales de 1958 dans Lapointe (Jonquière), où Michel [Chartrand] s’est pré­senté pour le CCF (Co-ope­ra­tive Commonwealth Federation), qu’il l’a ren­con­tré. Mon père m’amenait aux réunions syn­di­cales quand j’avais 10-11 ans. Ma mère, qui était une « veuve syn­di­cale », devait lui dire « débar­rasse-moi d’un ou deux enfants », alors il m’amenait et j’écoutais les hommes. C’est sûr que ça m’a influencé. Par papa, on a appris c’était quoi, la mili­tance.

Je suis parti jeune de la maison, la pre­mière fois à 16 ans, puis je suis revenu un petit bout et suis reparti pour aller au cégep de Jonquière. À l’époque, on par­tait tôt et sans rien ; il ne nous venait pas à l’idée de deman­der à nos parents de payer nos études. Je vou­lais m’inscrire en sciences de la santé parce que je vou­lais deve­nir vété­ri­naire, mais comme je n’avais pas les pré­re­quis, fina­le­ment je me suis retrouvé en arts et lettres et, comme je n’avais pas fait assez de sciences, ayant fait mon cours clas­sique, je n’ai pas réussi à entre­prendre ces études.

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Numéro 22, Automne 2019
Valleyfield, mémoires et résistances
mercredi 28 août 2019
No. 22 - Automne 2019

Nouveaux Cahiers du socialisme, numéro 22, Automne 2019 : VALLEYFIELD, mémoires et résistances

Pour consul­ter des extraits de ce numéro, cli­quer sur l’image.

Pourquoi un dossier sur Valleyfield ?

Ce dos­sier des Nouveaux Cahiers du socia­lisme (NCS) a été conçu en par­tant del’idée que ce qui se passe à Salaberry-de-Valleyfield peut offrir des ensei­gne­ments à toute la gauche au Québec. Sans nier les impor­tants défis qu’elle doit rele­ver, on peut dire que cette gauche cam­pi­val­len­sienne est bien vivante. Elle a su notam­ment créer, conso­li­der et entre­te­nir un pôle com­ba­tif qui a rem­porté des vic­toires impor­tantes, entre autres lors de luttes syn­di­cales et envi­ron­ne­men­tales. Pour les NCS, il s’agissait d’aller à la ren­contre des pro­ta­go­nistes de cette gauche pour voir com­ment son expé­rience peut nous aider à mieux cou­vrir cer­tains angles morts de la pra­tique et de la pensée mili­tantes au Québec.

Par
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Syndicalisme : Institution ou mouvement
Le numérique et ses appropriations syndicales
Avenues à explorer
mercredi 17 avril 2019
No. 19 - Hiver 2018

Dès sa genèse, le réseau Internet a été investi d’espoirs de grande enver­gure, notam­ment à l’égard de la démo­cra­tie qui en sor­ti­rait renou­ve­lée. Sa struc­ture décen­tra­li­sée et ouverte, annon­çait-on, per­met­trait d’éviter le contrôle de quelques grandes orga­ni­sa­tions sur la cir­cu­la­tion de l’information. Il don­ne­rait une plus grande voix au public, qui en vien­drait à quit­ter une pos­ture de récep­tion du contenu média­tique pour entrer dans une dyna­mique plus par­ti­ci­pa­tive.

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Syndicalisme : Institution ou mouvement
Pour un syndicalisme écosocialiste
Avenues à explorer
mercredi 17 avril 2019
No. 19 - Hiver 2018

Bonne nou­velle ! Les syn­di­cats semblent plus que jamais réso­lus à s’associer à la lutte contre la des­truc­tion en cours de notre habi­tat ter­restre. Sur le front éco­lo­gique, où les batailles per­dues ne se comptent plus, le sou­tien de ces acteurs poli­tiques majeurs est cru­cial. Mauvaise nou­velle : les prin­ci­pales pro­po­si­tions syn­di­cales pour mener à bien cette lutte sont telles qu’elles risquent fina­le­ment d’aggraver la situa­tion plutôt que de l’améliorer. Quel est le pro­blème et com­ment le résoudre ?[2]

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Les initiatives parasyndicales : pour ou contre le syndicalisme ?
mardi 16 avril 2019
No. 19 - Hiver 2018

De quoi l’apparition récente de groupes et réseaux para­syn­di­caux au Québec est-elle la consé­quence et quel poten­tiel de trans­for­ma­tion du syn­di­ca­lisme porte-t-elle ? À l’heure où de nom­breuses voix appellent à dres­ser un état des lieux du syn­di­ca­lisme qué­bé­cois[2] et où la ques­tion du renou­veau syn­di­cal pré­oc­cupe les grandes cen­trales[3], nous nous pro­po­sons dans ce texte de réflé­chir aux contri­bu­tions des réseaux para­syn­di­caux pour la revi­ta­li­sa­tion de l’action col­lec­tive en milieu de tra­vail.

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Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Démocratie et syndicalisme
Avenues à explorer
mardi 16 avril 2019
No. 19 - Hiver 2018

Démocratie et syn­di­ca­lisme sont deux termes qui vont de pair pour les uns alors que pour d’autres, leur asso­cia­tion ne va pas de soi. Je ne sau­rais pré­tendre résoudre la ten­sion qui existe entre ces deux pôles. Déjà plu­sieurs écrits récents ont abordé cette ques­tion. C’est à la lumière de ma pra­tique syn­di­cale ainsi que des ques­tion­ne­ments sou­le­vés en regard de la démo­cra­tie syn­di­cale que je ten­te­rai de cir­cons­crire les causes menant à l’affaiblissement de la démo­cra­tie syn­di­cale. Les deux com­po­santes de cette pro­blé­ma­tique ici étu­diées concernent l’institutionnalisation du syn­di­ca­lisme et ses orien­ta­tions poli­tiques. Quelques pistes de réflexion com­plé­te­ront mon propos.

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Notes de lecture
Pierre Dardot et Christian Laval, L’ombre d’Octobre. La Révolution russe et le spectre des soviets, Montréal, Lux, 2017
vendredi 12 avril 2019
No. 20 – Automne 2018

Dans leur der­nier ouvrage, Dardot et Laval nous convient à dis­si­per l’ombre que fut la révo­lu­tion russe ainsi que l’ombre qu’elle a pro­duite depuis. Pour les auteurs, l’expérience d’Octobre et ses suites his­to­riques à gauche (notam­ment par l’intermédiaire des partis com­mu­nistes) ont conduit à occul­ter d’autres révo­lu­tions, comme la révo­lu­tion mexi­caine de 1910 et la révo­lu­tion espa­gnole de 1936, et ont conduit à limi­ter les manières de penser les com­mu­nismes. À cause de l’ombre de 1917, autant la sphère des idées et du débat poli­tique que celle des pra­tiques poli­tiques se sont res­treintes à cer­taines pos­si­bi­li­tés et cer­taines direc­tions qui ne sont, en fin de compte, que des hori­zons dépas­sables.

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Perspectives
Réalité et dérives de l’extrême droite au Québec Entrevue avec David Morin
mercredi 10 avril 2019
No. 20 – Automne 2018

S.C. – Commençons par défi­nir ce qu’est l’extrême droite. Dans son ouvrage Pourquoi les pauvres votent-ils à droite ?[2], Thomas Franck fai­sait la radio­gra­phie de cette frange de l’électorat séduite par le popu­lisme de droite. En quoi la montée des popu­lismes atteste-t-elle tou­jours de ce phé­no­mène ?

D. M. – Il faut ici éviter un double piège : celui de mettre tout le monde dans le même sac, les caté­go­ries fourre-tout étant rare­ment pro­pices à des ana­lyses éclai­rées et celui de repro­duire sans les ques­tion­ner les nou­velles caté­go­ries (droite alter­na­tive, ultra-droite, droite radi­cale, etc.) le plus sou­vent créées par les groupes eux-mêmes, passés maîtres dans l’art des euphé­mismes et du double dis­cours pour éviter l’anathème, sous cou­vert de propos poli­ti­que­ment plus cor­rects. Il fau­drait plutôt parler des extrêmes droites au plu­riel, car ce terme recouvre des réa­li­tés his­to­riques et des mou­ve­ments assez variés et dis­pa­rates. Ainsi, l’extrême droite « clas­sique », ouver­te­ment raciste, hai­neuse et par­fois vio­lente, semble de manière géné­rale moins attrac­tive – encore que ce ne soit pas vrai par­tout si l’on regarde les États-Unis, la Grèce ou la Hongrie – par rap­port à la montée de mou­ve­ments natio­naux popu­listes ou néo­po­pu­listes, aux dis­cours xéno­phobes plus poli­cés, qui tentent de s’insérer dans le jeu démo­cra­tique, comme en Europe ou à Washington. Ces extrêmes droites prennent les visages de leur époque et s’adaptent aux contextes inter­na­tio­naux et natio­naux dans les­quels elles puisent leurs argu­ments. La plu­part de ces groupes par­tagent néan­moins des valeurs et des cri­tères idéo­lo­giques com­muns, tels que la réi­fi­ca­tion d’une com­mu­nauté (natio­nale, eth­nique, etc.) et d’une iden­tité à pro­té­ger, une cer­taine xéno­pho­bie, la pro­mo­tion d’un ordre moral, etc. Au bout du compte, l’utilisation de la caté­go­rie d’analyse « extrêmes droites » me semble per­ti­nente, mais avec des nuances qui s’imposent eu égard notam­ment à la place qu’elles accordent ou non à la vio­lence dans leur dis­cours et dans leurs actes.

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Perspectives
La mondialisation d’hier à aujourd’hui[1]
lundi 8 avril 2019
No. 20 – Automne 2018

À la fin des années 1980, le socio­logue bré­si­lien Ruy Mauro Marini[2] notait que le capi­tal était en train de s’internationaliser afin d’augmenter la plus-value extraite des tra­vailleurs et des tra­vailleuses, grâce à plu­sieurs trans­for­ma­tions dans le trans­port, les nou­velles tech­no­lo­gies et la concen­tra­tion des entre­prises. Avant tout le monde, Marini a com­pris que cette opé­ra­tion à l’échelle mon­diale était une ten­dance struc­tu­relle, et non seule­ment cyclique, de l’accumulation. Aujourd’hui, cette ana­lyse est vali­dée.

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Perspectives
Pour relancer les perspectives anti-impérialistes
vendredi 5 avril 2019
No. 20 – Automne 2018

Depuis 2016, la situa­tion mon­diale évolue sous l’impact du lea­der­ship de Donald Trump. Parmi les effets saillants :

L’assaut pra­tique et expli­cite contre ce qui reste de mul­ti­la­té­ra­lisme (l’ONU);

Les efforts pour « restruc­tu­rer » les règles régis­sant le com­merce et les inves­tis­se­ments (dont les accords de libre-échange). La ten­dance est davan­tage sur les moda­li­tés que sur les fina­li­tés, de façon à trans­fé­rer des coûts et des res­pon­sa­bi­li­tés aux alliés-subal­ternes et aux pays dits « émer­gents » ;

Le dis­cours bel­li­queux contre l’Iran et la Corée du Nord, mais aussi contre la Chine et la Russie, pays consi­dé­rés comme des « adver­saires », ce qui débouche sur des aug­men­ta­tions sub­stan­tielles des bud­gets mili­taires, y com­pris dans le domaine nucléaire ;

Des trans­for­ma­tions aux États-Unis, telles d’immenses coupes dans les fonc­tions sociales de l’État cou­plées à des baisses sub­stan­tielles d’impôts, mise en place d’un dis­po­si­tif encore plus répres­sif contre les immi­grantes, les immi­grants, les réfu­giés-e-s, les syn­di­cats et les groupes envi­ron­ne­men­ta­listes, aggra­va­tion du dis­cours raciste, etc.

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