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Numéros des NCS

 
L’université populaire des NCS
Canada-Québec : comment penser la convergence des gauches ?
Axe 1 - Le Canada, d’hier à aujourd’hui : capitalisme, patriarcat et colonialisme
lundi 23 septembre 2019
No. 19 - Hiver 2018

Avec Andrea Levy, Richard Fidler, Corvin Russel et André Frappier

Les tra­vailleuses et les tra­vailleurs, comme les mou­ve­ments pro­gres­sistes et les syn­di­cats, sont confron­tés à l’État cana­dien et à ses agences qui servent à struc­tu­rer et à ins­ti­tu­tion­na­li­ser la domi­na­tion du capi­ta­lisme sur le pays. Si les gauches du Québec et du Canada anglais s’entendent pour recon­naître cette réa­lité, les approches des der­nières décen­nies n’ont pas permis de dépas­ser l’isolement dans lequel cha­cune a envi­sagé son action et même sa réflexion poli­tique et stra­té­gique. D’un côté, le mou­ve­ment natio­nal qué­bé­cois a ébranlé les fon­de­ments de l’État cana­dien ; de l’autre, la gauche du Canada a eu une nette pro­pen­sion à s’identifier à cet État comme l’armature de sa résis­tance contre l’impérialisme amé­ri­cain. Alors que la montée popu­laire au Québec mena­çait l’État du capi­ta­lisme au Canada, la gauche cana­dienne confé­rait à cet État un rôle cen­tral. S’il est vrai que depuis quelque temps un esprit cri­tique face à l’État cana­dien appa­raît dans la gauche cana­dienne, les ponts sont tou­jours peu déve­lop­pés. Cela dit, il est vrai que d’un côté comme de l’autre, on res­sent davan­tage le besoin d’une réflexion conjointe et d’une coor­di­na­tion dans l’action, face à la montée de l’extrême droite, l’hégémonie poli­tique et idéo­lo­gique du néo­li­bé­ra­lisme, les reculs sociaux mul­tiples qui incitent à l’unité, aux ren­contres et au tra­vail en commun.

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L’université populaire des NCS
Le nouveau projet républicain Avec Ronald Cameron, Nora Loreto, Emiliano Arpin-Simonetti, Jean-Marie Van der Maren, Niki Ashton et André Frappier
Axe 1 - Le Canada, d’hier à aujourd’hui : capitalisme, patriarcat et colonialisme
dimanche 22 septembre 2019
No. 19 - Hiver 2018

Des dyna­miques dis­tinctes

La gauche sociale du « Reste du Canada » (ROC) est faible, frag­men­tée sur une base pro­vin­ciale et concen­trée dans les prin­ci­pales villes. Elle n’a pas de pers­pec­tive glo­ba­li­sante. Pour cette gauche, la défense du droit à l’autodétermination se mani­feste par un appui réservé aux Premières Nations, et son sup­port à l’autodétermination du Québec reste mar­gi­nal. Ce blo­cage repose sur le refus de tenir une réflexion et de prendre posi­tion sur la réa­lité du fédé­ra­lisme cana­dien. La dis­per­sion et la frag­men­ta­tion des luttes sociales et de cette gauche consti­tuent la base maté­rielle sur laquelle repose cette atti­tude. Le Québec, pour sa part, est un maillon faible de l’État cana­dien en raison de son double statut de pro­vince et de ter­ri­toire natio­nal d’un peuple opprimé dans cet État. Cette situa­tion assure un cadre natio­nal à la résis­tance popu­laire qui faci­lite la cen­tra­li­sa­tion, le ren­for­ce­ment et l’impact des luttes sociales. Au Québec, le mou­ve­ment sou­ve­rai­niste dirigé par le Parti qué­bé­cois (PQ) qui a struc­turé le mou­ve­ment indé­pen­dan­tiste depuis 50 ans est en déroute. Il a repris à son compte les poli­tiques néo­li­bé­rales et la défense du libre-échange. Il s’est replié sur une poli­tique iden­ti­taire faute de stra­té­gie concrète de lutte pour l’indépendance.

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L’université populaire des NCS
L’économie politique du capitalisme canadien.
Axe 1 - Le Canada, d’hier à aujourd’hui : capitalisme, patriarcat et colonialisme
samedi 21 septembre 2019
No. 19 - Hiver 2018

Avec Mathieu Perron-Dufour, Audrey Laurin-Lamothe et Ariane Gobeil [1]

Le 150e anni­ver­saire de la Confédération cana­dienne a été l’occasion pour nos élites de rabâ­cher le récit libé­ral van­tant ce « beau et grand pays », pré­ten­du­ment carac­té­risé par un esprit de tolé­rance et d’ouverture. Loin de ces âne­ries, une autre his­toire du Canada se des­sine lorsqu’on s’intéresse à l’économie poli­tique. Le Canada perd du coup ses habits de « plus beau pays au monde » pour retrou­ver, plus légi­ti­me­ment, ceux d’un État qui s’est construit selon les inté­rêts de sa classe domi­nante.

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L’université populaire des NCS
Colonialisme et apartheid Avec Julien Vadeboncoeur, Shannon Chief, Myriam Thirnish et Pierre Trudel
Axe 1 - Le Canada, d’hier à aujourd’hui : capitalisme, patriarcat et colonialisme
vendredi 20 septembre 2019
No. 19 - Hiver 2018

L’anthropologue Pierre Trudel a d’abord rap­pelé que la ren­contre se tenait sur un ter­ri­toire non cédé occupé pen­dant plu­sieurs mil­lé­naires par des com­mu­nau­tés autoch­tones.

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Perspectives
Se souvenir du Che
jeudi 19 septembre 2019
No. 19 - Hiver 2018

L’année 2017 a marqué le 50e anni­ver­saire de l’assassinat d’Ernesto « Che » Guevara, com­mandé par la CIA[2]. À la lumière d’un regain récent des dénon­cia­tions du Che et de la révo­lu­tion cubaine, il importe de dépar­ta­ger les faits des fic­tions. Voici cinq points saillants dont il faut tenir compte.

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Perspectives
La leçon de Lénine
mercredi 18 septembre 2019
No. 19 - Hiver 2018

Quelques mois avant octobre 1917, Lénine est en exil, loin de sa chère Russie. Néanmoins, il voit, il observe, la révolte, les sou­lè­ve­ments. Les sol­dats quittent les tran­chées, les ouvriers orga­nisent l’insurrection. De toute évi­dence, la société russe est enceinte d’une révo­lu­tion. Pour com­prendre ce qui se passe, Lénine va à contre-cou­rant, contre les grands pontes mar­xistes de son temps, comme l’Autrichien Karl Kautsky et d’autres chefs de la Deuxième Internationale. Le prin­ci­pal débat, affirme-t-il, porte sur l’État. C’est ce qu’il explore dans un pam­phlet qui marque l’époque, L’État et la révo­lu­tion.

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Penser la Grande Transition, utopies et stratégies
mardi 17 septembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans le sillon de la confé­rence La Grande Transition, une masse cri­tique de mili­tantes et de mili­tants intel­lec­tuels s’est mise à la tâche de com­prendre le monde qui s’esquisse à tra­vers les résis­tances et les ten­ta­tives de construire des contre-pou­voirs. Les débats ont été vifs, s’appuyant sur des enquêtes, des explo­ra­tions théo­riques et des bilans d’expériences extrê­me­ment riches.

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Perspectives
Entre retour et rupture : penser les révolutions…
mardi 17 septembre 2019
No. 19 - Hiver 2018

Les révo­lu­tions arabes, les Indignados, les Occupy et d’autres mou­ve­ments d’émancipation appa­rus au cou­rant des der­nières années obligent à une réflexion sur les rap­ports entre crises, actes et situa­tions révo­lu­tion­naires, pou­voirs éta­blis, formes et lieux de résis­tance. Si, d’un côté, la révo­lu­tion ne peut être réduite aux jac­que­ries, révoltes, rébel­lions, émeutes, orga­ni­sa­tions micro­so­ciales alter­na­tives ou chan­ge­ments de régime éphé­mères, d’un autre côté, on doit se pen­cher sur les condi­tions socio­po­li­tiques qui servent de ter­rain fer­tile pour leur appa­ri­tion. À leur tour, ces dif­fé­rents contextes exigent un retour cri­tique sur les diverses concep­tions du phé­no­mène révo­lu­tion­naire. Enfin, il est impé­ra­tif de tenir compte de la réflexi­vité des acteurs et de la diver­sité des ins­crip­tions socio­his­to­riques des agirs révo­lu­tion­naires dans des situa­tions concrètes. C’est en cher­chant à décor­ti­quer les arti­cu­la­tions et les contra­dic­tions qui émanent de ces dif­fé­rents élé­ments consti­tu­tifs du phé­no­mène qu’il devient pos­sible de repen­ser la révo­lu­tion au XXIe siècle, sur­tout que, si les élé­ments de la pou­drière sont réunis, per­sonne ne peut pré­voir l’étincelle qui mettra le feu.

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Perspectives
Syndicats et mouvements sociaux d’Amérique du Nord Coalisés contre l’ALENA !
lundi 16 septembre 2019
No. 19 - Hiver 2018

Depuis 1994, on assiste à une pro­li­fé­ra­tion d’emplois mal rému­né­rés, tem­po­raires et pré­caires,

ainsi qu’à une stag­na­tion des salaires. […]

Ce modèle a échoué à amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail

et de vie des popu­la­tions des trois pays[2].

Fédération des tra­vailleurs et tra­vailleuses du Québec (FTQ)

En 1994, l’Accord de libre-échange nord-amé­ri­cain (ALENA) signé par los tres amigos (Brian Mulroney, Ronald Reagan et Carlos Salinas de Gortari) entre en vigueur. Cet accord pion­nier devait servir de modèle aux mul­tiples accords de néo­libre-échange conclus par la suite à tra­vers le monde. Aujourd’hui, Trump vou­drait une refonte de l’ALENA dans une pers­pec­tive de droite. Les orga­ni­sa­tions sociales d’Amérique du Nord veulent elles aussi remettre en cause l’ALENA, mais dans une pers­pec­tive de gauche

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Perspectives
Les défis du féminisme autochtone Entretien avec Widia Larivière
samedi 14 septembre 2019
No. 19 - Hiver 2018

Je suis la lune la terre la mer

ma mémoire

mes entrailles mon sang

un trem­ble­ment ter­ri­toire

un gron­de­ment d’ancêtres

le cœur les matrices vidées

Je heurte

un tam­bour immense

assé­ché.

Natasha Kanapé Fontaine[2]

Melissa Mollen-Dupuis, d’origine innue, et Widia Larivière, d’origine algon­quine, ont coor­ga­nisé la pre­mière marche Idle No More au Québec à laquelle ont par­ti­cipé 400 per­sonnes autoch­tones et non autoch­tones en décembre 2012 à Montréal. Dans le sillage d’Ellen Gabriel et de Viviane Michel, les deux jeunes femmes sont deve­nues la figure visible d’un fémi­nisme autoch­tone incon­tour­nable. Selon Widia : « Le fémi­nisme a été asso­cié au monde occi­den­tal compte tenu du colo­nia­lisme. Mais c’est devenu indis­pen­sable aujourd’hui d’avoir une pers­pec­tive fémi­niste sur les ques­tions autoch­tones. Le racisme et le sexisme prennent des formes de vio­lence par­ti­cu­lière envers les femmes autoch­tones. La sur­ex­ploi­ta­tion des terres ances­trales sans le consen­te­ment des peuples autoch­tones est une nou­velle forme de colo­nia­lisme qui empire les condi­tions d’existence des femmes. On a qu’à regar­der ce qui se passe à Fort McMurray, par exemple. L’exploitation des sables bitu­mi­neux pro­voque une aug­men­ta­tion des prix du loyer, la mar­gi­na­li­sa­tion des plus dému­nis, l’itinérance, la traite à des fins d’exploitation sexuelle, des pro­blèmes mul­ti­di­men­sion­nels qui menacent les femmes autoch­tones. »

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