Thème

Numéros des NCS

 
Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Grève et tensions dans les universités et les cégeps
Introduction
lundi 3 février 2020
Numéros des NCS

La pré­pa­ra­tion de ce numéro des Nouveaux Cahiers du socia­lisme (NCS) s’est faite dans un contexte par­ti­cu­lier. Le thème du dos­sier s’est imposé au sein du col­lec­tif à l’été 2011, donc près d’une demi-année avant le déclenche- ment de ce qui devien­dra la plus longue et la plus impor­tante grève étu­diante du Québec. Mais il y a là bien loin du hasard. Le plan d’action des orga­ni­sa­tions étu­diantes, celui de l’Association pour une soli­da­rité syn­di­cale étu­diante (ASSÉ) prin­ci­pa­le­ment, com­pre­nait la pos­si­bi­lité de grève, et l’escalade des moyens de pres­sion sui­vait son cours. Sans une volte-face du gou­ver­ne­ment annu­lant la hausse annon­cée de 75 % des frais de sco­la­rité, l’organisation et la mobi­lisa- tion vers la grève la ren­daient très pro­bable. Il appa­rais­sait alors essen­tiel qu’un numéro des NCS aborde la ques­tion de l’enseignement supé­rieur. Or, les délais de pro­duc­tion d’un tel numéro ne sont pas en phase avec la tem­po­ra­lité de la lutte de sorte que l’essentiel du numéro fut pré­paré pen­dant la grève elle-même, sans que les auteures en connaissent l’issue. Plus encore, cette intro­duc­tion a été rédi­gée alors que l’inique loi spé­ciale (loi 12 issue du projet de loi 78) venait tout juste d’être adop­tée. Ainsi, les textes ici réunis ne sont pas le résul­tat de la grève. Nous avons tou­te­fois pu saisir, à défaut d’une ana­lyse appro­fon­die de cette lutte sociale, plu­sieurs rai­son­ne­ments, pen­sées et thèses qui étaient, en amont, pré­sents dans l’air du temps au moment où la grève fut orga­ni­sée et déclen­chée. À ce titre, on compte parmi les contri­bu­teurs plu­sieurs auteurs qui avaient, durant la saison pré­cé­dant la grève, lancé des ouvrages direc­te­ment per­ti­nents au sou­lè­ve­ment étu­diant (1). D’autres avaient publié, dans les mois et années anté­rieures, divers docu­ments de recherche d’une impor­tance immé­diate pour la lutte étu­diante (2).

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Haïti actuelle Les nouvelles formes d’un blocage historique
Perspectives
samedi 1 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

Il faut se sou­ve­nir qu’avant même le départ de Jean-Claude Duvalier, en 1986, les classes domi­nantes haï­tiennes étaient déjà empê­trées dans une crise inex­tri­cable : chan­ge­ments répé­tés de gou­ver­ne­ment, mas­ca­rade de réfé­ren­dum, répres­sion accen­tuée, etc. Poursuivies et rat­tra­pées par une mobi­li­sa­tion popu­laire exas­pé­rée et avec l’accord de l’impérialisme, lui aussi inca­pable de conti­nuer à jus­ti­fier cette pré­sence qu’il avait cepen­dant défen­due par tous les moyens, ces classes domi­nantes se rési­gnèrent à accep­ter le renvoi de leur « pré­sident à vie » et à ins­tau­rer à contre­cœur une période dite de « démo­cra­tie ». Cela n’a cepen­dant pas résolu la situa­tion de crise. Au contraire, la situa­tion se com­plique davan­tage. Non seule­ment des mobi­li­sa­tions popu­laires per­ma­nentes conti­nuent d’acculer ces domi­nants apeu­rés, mais un popu­lisme oppor­tu­niste et de grande échelle a fait son appa­ri­tion sur la scène poli­tique. Pendant ce temps-là une misère effa­rante et une insa­lu­brité crasse frappent la popu­la­tion, ce qui démontre, s’il en était besoin, l’incapacité de l’État en place, en pleine décom­po­si­tion et pourri jusqu’à la moelle…

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Le laboratoire bolivien
Perspectives
samedi 1 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

Dans le pay­sage contem­po­rain, la Bolivie a vu de nou­veaux mou­ve­ments se déve­lop­per paral­lè­le­ment aux orga­ni­sa­tions syn­di­cales pro­lé­ta­riennes qui ont occupé une place impor­tante au ving­tième siècle et qui se sont effon­drées dans les années 1980 sous l’assaut des poli­tiques néo­li­bé­rales. Les mou­ve­ments com­mu­nau­taires, qui ont rem­placé les orga­ni­sa­tions syn­di­cales, dis­posent d’assises eth­niques et ter­ri­to­riales. Les popu­la­tions des bidon­villes se sont sou­le­vées lors d’immenses mobi­li­sa­tions, telles la « guerre du gaz » et la « guerre de l’eau ». Plus tard, elles ont même ren­versé des gou­ver­ne­ments. En octobre 2003, elles ont mené une véri­table insur­rec­tion à El Alto, un immense bidon­ville à côté de La Paz, pour reven­di­quer la natio­na­li­sa­tion du sec­teur des hydro­car­bures, l’arrêt des pri­va­ti­sa­tions, l’élection d’une assem­blée consti­tuante et la rédac­tion d’une nou­velle consti­tu­tion. Le Mouvement vers le socia­lisme (MAS) s’est défini comme l’expression élec­to­rale de ces mou­ve­ments ; il a rem­porté des vic­toires au niveau muni­ci­pal et au par­le­ment natio­nal ; enfin, avec l’élection d’Evo Morales, il a rem­porté la pré­si­dence de la République en 2006.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Construire une politique du peuple
Perspectives
samedi 1 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

Les sou­lè­ve­ments popu­laires du « prin­temps arabe », qui por­taient des reven­di­ca­tions sociales et poli­tiques, n’ont pas trouvé jusqu’à main­te­nant de réponses poli­tiques claires. Aujourd’hui, les popu­la­tions révol­tées sont tou­jours dans l’attente d’un chan­ge­ment tan­gible en termes de liber­tés, de tra­vail, de pro­tec­tion sociale et de res­pect de la dignité humaine. Entre temps, les mou­ve­ments semblent en perte de vitesse et, ici et là, le désen­chan­te­ment gagne les esprits. Comment s’en sortir ?

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Démocratiser la démocratie[1]
Perspectives
samedi 1 février 2020
No. 17 - Hiver 2017

La démo­cra­tie n’est pas seule­ment une méthode, elle consti­tue en réa­lité le lieu du véri­table pro­ces­sus révo­lu­tion­naire. C’est en démo­cra­tie que les pro­ces­sus révo­lu­tion­naires latino-amé­ri­cains se déploient, tant par le déve­lop­pe­ment des capa­ci­tés d’organisations auto­nomes de la société que par le déve­lop­pe­ment du pou­voir de par­ti­ci­pa­tion et d’intervention dans la chose publique. La reven­di­ca­tion de la démo­cra­tie comme lieu inévi­table et indis­pen­sable de la révo­lu­tion exige qu’on réin­vente et qu’on refonde la démo­cra­tie, au lieu de la voir seule­ment comme une façon d’élire le gou­ver­ne­ment ou un moyen de res­pec­ter l’associativité, la pensée et l’activité poli­tique. Il faut conce­voir la démo­cra­tie dans son essence même, comme étant la par­ti­ci­pa­tion tou­jours plus grande dans la prise de déci­sions de la société. Nous voyons la démo­cra­tie au-delà d’une concep­tion sta­tique qui nous vient, en géné­ral, des pays du Nord, tra­di­tion­nel­le­ment appe­lés démo­cra­tiques. Dans ces pays, sou­vent moins de la moitié de la popu­la­tion par­ti­cipe aux élec­tions. Ces démo­cra­ties sta­tiques ne sont pas pour nous des modèles à imiter ou à suivre. La démo­cra­tie dont nous par­lons en Amérique latine, c’est une démo­cra­tie du peuple, de la rue, de l’action col­lec­tive et de la mobi­li­sa­tion. Dans le fond, le socia­lisme, c’est la radi­ca­li­sa­tion abso­lue de la démo­cra­tie, au tra­vail, au par­le­ment, dans le pou­voir de l’État et dans la vie quo­ti­dienne elle-même.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Les dessous de la crise en Syrie
Perspectives

Entretien avec Gilbert Achcar[1]

Propos recueillis par Pierre Beaudet[2]

PBLa crise en Syrie a éclaté au moment où au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sur­gis­sait le « prin­temps arabe ». Il y avait un fond commun de reven­di­ca­tions démo­cra­tiques, ainsi que des mou­ve­ments popu­laires rela­ti­ve­ment spon­ta­nés, non vio­lents. En quoi la situa­tion en Syrie s’est-elle déve­lop­pée d’une manière spé­ci­fique ?

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Démocratie, entre dérives et recomposition
L’effet hacker sur la démocratie
Résistances
jeudi 30 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

L’arrivée de nou­velles tech­no­lo­gies comme l’impression, le télé­graphe, la radio ou la télé­vi­sion a engen­dré des espoirs de trans­for­ma­tions poli­tiques rela­tives à la dif­fu­sion de l’information et à l’élargissement de la par­ti­ci­pa­tion aux débats publics. L’usage de ces inven­tions a été l’objet de luttes : l’État et quelques grandes cor­po­ra­tions se sont donné un quasi-mono­pole sur leur uti­li­sa­tion en met­tant en place des régle­men­ta­tions de plus en plus com­plexes. Si le marché a pu rendre ces nou­velles tech­no­lo­gies dis­po­nibles à tous et à toutes, les pos­si­bi­li­tés d’appropriation citoyenne et mili­tante de ces tech­no­lo­gies se sont para­doxa­le­ment réduites. L’informatisation d’une part gran­dis­sante des acti­vi­tés humaines et l’arrivée d’Internet ont créé des espoirs simi­laires de renou­veau démo­cra­tique par un accès plus facile à l’information et la mul­ti­pli­ca­tion des débats publics, mais éga­le­ment une même volonté de contrôle des États et des inté­rêts privés.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Démocratie et éducation : à retenir du FSM 2016
Résistances
mardi 28 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

Nous vou­lons dans cet article pro­blé­ma­ti­ser le rap­port entre édu­ca­tion et démo­cra­tie à partir de la réflexion éla­bo­rée dans des ate­liers sur l’éducation tenus au Forum social mon­dial (FSM) de 2016, bien que ce rap­port y ait été somme toute peu thé­ma­tisé. On a certes dis­cuté des pro­blèmes de condi­tions d’apprentissage, de condi­tions de tra­vail, de syn­di­ca­lisme, d’égalité, d’accessibilité, de droit à l’éducation, voire d’émancipation par l’éducation, mais on a peu ques­tionné les impli­ca­tions de tout cela sur la vie démo­cra­tique en tant que telle. Or, peu importe le point de vue à partir duquel la gauche en édu­ca­tion for­mule ses diag­nos­tics cri­tiques, peu importe la norme par­ti­cu­lière au nom de laquelle elle ana­lyse l’éducation réelle, celle-ci implique tou­jours en même temps une aspi­ra­tion impli­cite à plus de démo­cra­tie. Que les luttes portent sur l’école publique, les tests stan­dar­di­sés, l’évaluation des ensei­gnantes et des ensei­gnants, les frais de sco­la­rité, la col­lé­gia­lité, elles sont à chaque fois des com­bats contre la dépos­ses­sion des peuples et des com­mu­nau­tés à l’égard de leur édu­ca­tion. Le pro­blème est que cette com­po­sante des luttes en édu­ca­tion, le fait qu’elles soient por­tées par une aspi­ra­tion géné­rale à la démo­cra­tie, n’est sou­vent ni dis­cu­tée ni assu­mée par les orga­ni­sa­tions qui militent en édu­ca­tion. Ce n’est pour­tant que si elle l’était qu’on pour­rait tra­vailler à l’articulation des luttes en édu­ca­tion les unes aux autres à l’échelle inter­na­tio­nale, d’une part, et à leur arti­cu­la­tion aux autres grandes luttes sociales et envi­ron­ne­men­tales de notre époque, d’autre part.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Retrouver la force démocratisante du syndicalisme
Résistances
dimanche 26 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

À mon ami Jean-Marc Piotte

Depuis un cer­tain temps déjà, le mot renou­veau est sur bien des lèvres dans le mou­ve­ment syn­di­cal qué­bé­cois. Si l’expression a donné l’occasion à un col­lec­tif d’auteur-e-s de mener des réflexions rafrai­chis­santes à ce sujet[2], il a le défaut d’être équi­voque et com­pris bien dif­fé­rem­ment par les tenants d’un retour à un syn­di­ca­lisme « de trans­for­ma­tion sociale », – voire « de combat » – et par les adeptes d’un syn­di­ca­lisme par­te­na­rial qui sou­haitent regar­nir leurs rangs de recrues prêtes à leur suc­cé­der dans la même voie.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Comment le mouvement étudiant démocratise les structures du militantisme
Résistances
vendredi 24 janvier 2020
No. 17 - Hiver 2017

Au prin­temps 2012, le mou­ve­ment étu­diant qué­bé­cois rejoi­gnait la vague de contes­ta­tion inter­na­tio­nale contre les mesures d’austérité. Pendant plu­sieurs mois, plus de 200 000 étu­diantes et étu­diants – soit envi­ron 50 % de l’effectif post­se­con­daire – ont fait grève contre une hausse des frais de sco­la­rité. Semaine après semaine se suc­cé­daient actions artis­tiques, mani­fes­ta­tions noc­turnes, blo­cages de cibles éco­no­miques et mani­fes­ta­tions monstres. Pour plu­sieurs obser­va­teurs inter­na­tio­naux, cette grève s’inscrivait dans la lignée directe des indi­gnés, du mou­ve­ment Occupy, des luttes étu­diantes au Chili et en Angleterre. S’il est vrai que le mou­ve­ment étu­diant de 2012 répon­dait à une mesure d’austérité, son émer­gence tient davan­tage de la longue his­toire des grèves étu­diantes qué­bé­coises. Le mou­ve­ment étu­diant tire sa force de son mode d’organisation et de ses tac­tiques de pra­tiques mili­tantes pro­fon­dé­ment ancrées dans des orga­ni­sa­tions démo­cra­tiques.

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