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Numéros des NCS

 
LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Coalition avenir Québec, des impasses en perspective
Enjeux nationaux et internationaux
mardi 8 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Les élec­tions qué­bé­coises de 2018 ont consti­tué un choc pour plu­sieurs. Les partis domi­nants, le Parti qué­bé­cois (PQ) et le Parti libé­ral du Québec (PLQ), sur la scène poli­tique qué­bé­coise depuis des décen­nies, ont été radi­ca­le­ment affai­blis. Ces élec­tions auront sur­tout révélé le carac­tère frag­menté de la société qué­bé­coise qui se tra­duit par des cli­vages inquié­tants tant sur le plan eth­no­cul­tu­rel et géné­ra­tion­nel que sur le plan idéo­lo­gique (l’axe gauche-droite) et régio­nal. Plus de cent cir­cons­crip­tions ont par ailleurs élu une ou un député fédé­ra­liste à l’Assemblée natio­nale alors qu’elles por­taient au pou­voir la Coalition avenir Québec (CAQ), un parti qui se dit à la fois natio­na­liste et fédé­ra­liste.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Le climatoscepticisme sous l’aile de la droite radicale
État des lieux
lundi 7 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Dans le meilleur des mondes, on rejet­te­rait le cli­ma­tos­cep­ti­cisme du revers de la main. Nier la science avec autant d’acharnement ne mérite pas tant d’attention. Mais les pro­grès de cette ten­dance dans l’opinion publique ont fait des ravages. Au point de contri­buer à faire élire, dans deux des pays les plus puis­sants du monde, les États-Unis et le Brésil, des cli­ma­tos­cep­tiques notoires, avec un gigan­tesque pou­voir de nui­sance. Nous en res­sen­ti­rons les consé­quences à long terme. Combattre cette ten­dance devient alors un enjeu vital.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Le paradigme populiste – Identité, peuple et représentation
État des lieux
dimanche 6 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Phénomène récur­rent dans l’histoire du der­nier siècle, le popu­lisme serait-il devenu le para­digme domi­nant au sein des démo­cra­ties libé­rales ? Il serait pour ainsi dire à la fois l’expression d’une crise de la repré­sen­ta­tion et, sur le plan du dis­cours, la réfé­rence arché­ty­pale d’un ensemble de pra­tiques met­tant en jeu le corps du peuple et celui du pou­voir. En science, on dira qu’il y a chan­ge­ment de para­digme (modèle théo­rique, concepts, équa­tion) lorsque se déploient les moyens de contour­ner une ou des ano­ma­lies géné­rant, à terme, le pas­sage à un nou­veau cadre concep­tuel[1]. Or, nous assis­te­rions, du point de vue poli­tique, à l’émergence d’un nou­veau para­digme jus­te­ment au sens où le popu­lisme tend aujourd’hui à s’imposer comme seule langue légi­time de la trans­pa­rence alors que, du point de vue per­for­ma­tif, il s’incarne dans une série d’actions tou­jours mieux assu­mées. Projet de « régé­né­ra­tion » d’une démo­cra­tie confis­quée par les élites autant de gauche que de droite, il se pré­sente aux yeux des sans-voix, des sans-part et des désabusé·e·s, comme un sub­sti­tut uni­fi­ca­teur à un sys­tème qui frag­mente et court-cir­cuite les aspi­ra­tions les plus pro­fondes du peuple. Il est devenu un mode de faire de la poli­tique en rup­ture avec les formes ins­ti­tu­tion­nelles et repré­sen­ta­tives qu’il se charge d’attaquer. Il est en cela, para­doxa­le­ment, consub­stan­tiel à la démo­cra­tie au sens où il se pré­sente comme une réponse déri­vée à l’altération des méca­nismes de délé­ga­tion et du prin­cipe de volonté géné­rale dans un contexte où la démo­cra­tie paraît, plus que jamais, fonc­tion­ner sans démos.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Une résistance émerge face à des élites particulièrement cruelles
État des lieux
samedi 5 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Entrevue avec Beverly J. Silver[1]

C.Y. – Avec l’équipe du Global Social Protest Research Group, vous tra­vaillez sur les conflits sociaux et de tra­vailleurs depuis la fin du XIXe siècle. Vos tra­vaux mettent en évi­dence des vagues de conflits à des moments-clés ou des « points tour­nants » de l’histoire de nos socié­tés. Ils révèlent en par­ti­cu­lier une inten­si­fi­ca­tion des conflits depuis la crise de 2008, simi­laire à celle des années 1930 qui était carac­té­ri­sée par une « montée des extrêmes » face à l’intensification de la mar­chan­di­sa­tion. Comment expli­quer le retour de cette utopie du libre-marché qui sévit avec le néo­li­bé­ra­lisme, dont on croyait pour­tant, avec Polanyi, avoir retenu que cela peut mener à une grande catas­trophe comme le nazisme et la Seconde Guerre mon­diale ?

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Les droites canadiennes face aux peuples autochtones
État des lieux
vendredi 4 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

L’histoire de la colo­ni­sa­tion n’est qu’une his­toire des rap­ports entre les droites libé­rale et conser­va­trice d’une part et les peuples autoch­tones d’autre part. S’il existe une forte pro­pen­sion du dis­cours commun sur la déco­lo­ni­sa­tion à nommer l’adversaire sous une appel­la­tion géné­rique telle que « Canada » ou « État colo­nial », cela ne signi­fie pas pour autant que les droites conser­va­trice et libé­rale ont ins­tauré ou ins­ti­tuent aujourd’hui les mêmes poli­tiques en matière autoch­tone. Cette repré­sen­ta­tion mono­chrome se jus­ti­fie aux pre­miers temps de la colo­ni­sa­tion mais l’écho que trouvent les mou­ve­ments autoch­tones dans la sphère publique cana­dienne à partir de la fin des années 1960 voit l’apparition de stra­té­gies de dif­fé­ren­cia­tion poli­tique. Les périodes élec­to­rales ou de conflits rendent par­ti­cu­liè­re­ment visibles ces diver­gences entre conser­va­teurs et libé­raux. L’extractivisme, la recon­nais­sance des droits autoch­tones, la qua­li­fi­ca­tion des pen­sion­nats indiens ou des assas­si­nats de femmes et de filles autoch­tones sont deve­nus autant d’enjeux sociaux cris­tal­li­sant des dyna­miques ins­ti­tu­tion­nelles, poli­tiques et par­ti­sanes propres aux droites cana­diennes.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Backlash : comment l’ultradroite s’infiltre au sommet de l’État[1]
État des lieux
jeudi 3 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

L’extrémisme de droite est devenu presque banal un peu par­tout dans le monde. Bien avant l’arrivée de Donald Trump au pou­voir, on a observé avec stu­pé­fac­tion et dégoût ses « per­for­mances » en matière de racisme. Aujourd’hui, on constate qu’un phé­no­mène sem­blable fait son chemin au Canada. Doug Ford, que cer­tains soup­çonnent d’avoir été impli­qué dans un trafic de drogue à Etobicoke[2], est main­te­nant pre­mier ministre de l’Ontario. Son hos­ti­lité envers cer­tains groupes de la popu­la­tion est mani­feste. Jason Kenney, pre­mier ministre de l’Alberta, nour­rit de toute évi­dence une hargne contre les musul­mans[3]. Au Québec, la nou­velle Loi sur la laï­cité de l’État consti­tue pour plu­sieurs « une vio­la­tion des droits des Canadiens ori­gi­naires du Moyen-Orient, en par­ti­cu­lier des musul­mans cana­diens[4] ». À l’échelle fédé­rale, des proches du chef du Parti conser­va­teur sont ouver­te­ment asso­ciés à l’extrême droite, telle l’ancienne can­di­date à la mairie de Toronto et blo­gueuse bien connue Faith Goldy[5]. Il est impor­tant que nous puis­sions démê­ler cette nébu­leuse avan­cée de l’extrême droite et com­prendre com­ment elle peut exer­cer une influence sur la scène poli­tique.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Les droites, quelques définitions pour comprendre et agir
État des lieux
mercredi 2 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Construire la gauche implique de com­prendre ce qu’est la droite, ou plutôt les droites. Libérale ou conser­va­trice, popu­liste ou car­ré­ment fas­ciste, la droite poli­tique se divise en de nom­breux cou­rants, sou­vent contra­dic­toires. Nous n’aurons pas ici l’espace néces­saire pour décrire l’évolution his­to­rique de ces dif­fé­rents cou­rants ni faire une pré­sen­ta­tion des forces actuel­le­ment en place. Ce texte théo­rique et intro­duc­tif cherche plutôt à pré­ci­ser quelques concepts afin de faire res­sor­tir les nuances néces­saires à une réplique ciblée contre les attaques d’une droite mul­ti­forme.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Comprendre les droites, renforcer les gauches
Introduction au dossier
mardi 1 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Tel un irré­duc­tible mou­ve­ment de balan­cier, nous entrons à nou­veau dans un cycle marqué par le retour de la droite au pou­voir alors que des dis­cours plus radi­caux enva­hissent l’espace public. La décen­nie 2010 a débuté avec un impor­tant cycle de contes­ta­tion mené par la gauche, des sou­lè­ve­ments popu­laires en Espagne et en Grèce jusqu’au conflit étu­diant de 2012 au Québec, en pas­sant par le mou­ve­ment Occupy, le Printemps arabe et le sommet de la vague rose en Amérique latine en 2011. Nous pou­vons affir­mer que la décen­nie 2020 s’ouvre plutôt sur une divi­sion du monde entre dif­fé­rents blocs réac­tion­naires, dans un contexte de crise pro­lon­gée des partis de centre gauche et de centre droit et de dis­lo­ca­tion sociale encou­ra­gée par l’austérité bud­gé­taire et la répres­sion vio­lente des mobi­li­sa­tions popu­laires, tant dans le Nord que dans le Sud. Aux côtés des vieux partis répu­bli­cains pré­ten­du­ment prag­ma­tiques et pré­oc­cu­pés par une « saine ges­tion » éco­no­mique des affaires de l’État se pro­file, par ailleurs, le spectre de mou­ve­ments et de partis ouver­te­ment racistes, homo­phobes et rétro­grades, habiles à légi­ti­mer des actes d’intolérance.

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La santé malade du capitalisme
Christian Nadeau, Liberté, égalité, solidarité. Refonder la démocratie et la justice sociale, Montréal, Boréal, 2013
Notes de lecture
mercredi 3 juin 2020
No. 12 - Automne 2014

Christian Nadeau, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie poli­tique à l’Université de Montréal, écrit dans la conclu­sion de son livre que « ce plai­doyer phi­lo­so­phique pour la soli­da­rité et pour la gauche au Québec a pré­senté l’esquisse d’une argu­men­ta­tion, qui deman­de­rait bien entendu à être déve­lop­pée davan­tage, sur le type de gauche qui a fait et fait tou­jours partie de notre pay­sage poli­tique, et dont nous avons ten­dance par­fois à oublier le sens et la raison d’être » (p. 257).

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La santé malade du capitalisme
Sheila Rowbotham, Lynne Segal et Hilary Wainwright, Beyond the Fragments : Feminism and the Making of Socialism, Black Point (Nouvelle-Écosse), Fernwood Publishing, 2013 [1979]
Notes de lecture
mercredi 3 juin 2020
No. 12 - Automne 2014

Beyond the Fragments demeure un ouvrage clas­sique de la lit­té­ra­ture fémi­niste anti­ca­pi­ta­liste. Une pre­mière ver­sion a été publiée dans la foulée de la défer­lante conser­va­trice ayant porté Margaret Thatcher au pou­voir en 1979. Elle visait, de l’avis même des auteures, à penser la lutte à tra­vers « la rela­tion du mou­ve­ment fémi­niste à la gauche domi­née par les hommes ; les manières dont nous nous orga­ni­sons pour le socia­lisme et ce que nous enten­dons par socia­lisme ; com­ment nous ren­dons compte et com­pre­nons la variété des expé­riences […] qui ont été partie inté­grante du mou­ve­ment anti­ca­pi­ta­liste »[1] (p. 105).

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