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Numéros des NCS

 
Notes de lecture
Ce cauchemar qui n’en finit pas.
samedi 17 février 2018
No. 18 - Automne 2017

Pierre Dardot et Christian Laval,

Ce cau­che­mar qui n’en finit pas. Comment le néo­li­bé­ra­lisme défait la démo­cra­tie,

Paris, La Découverte, 2016

Les auteurs, Dardot et Laval, sou­lignent le sen­ti­ment d’urgence qui a pré­sidé à l’écriture de ce livre dont l’essentiel porte sur l’analyse des méca­nismes par les­quels l’oligarchie néo­li­bé­rale est en train de détruire, à un rythme accé­léré, ce qui reste de la démo­cra­tie libé­rale. Malgré le carac­tère très sombre de leur ana­lyse du cau­che­mar néo­li­bé­ral, les auteurs estiment qu’il n’y a aucune fata­lité à ce que la régres­sion fas­ci­sante à laquelle on assiste un peu par­tout nous conduise iné­luc­ta­ble­ment à la catas­trophe. Ils abordent la ques­tion de l’élaboration d’une stra­té­gie de sortie du capi­ta­lisme dans la conclu­sion. Cette stra­té­gie devrait, selon eux, oppo­ser la logique du commun à la logique du capi­tal.

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Perspectives
L’État n’est pas un bloc monolithique, mais un champ stratégique
vendredi 16 février 2018
No. 18 - Automne 2017

Introduction

Dans le numéro pré­cé­dent des NCS, l’histoire com­plexe de la « ren­contre » entre démo­cra­tie et socia­lisme a été abor­dée. Évidemment, cette ques­tion ne date pas d’hier ! La démo­cra­tie arra­chée par les révo­lu­tions bour­geoises euro­péennes a été un avan­ce­ment pour les classes popu­laires. Peu à peu, l’espace des droits s’est élargi, y com­pris le droit d’association et de parole. Après maintes luttes, le droit de vote a été concédé à tous les hommes citoyens et, beau­coup plus tard, aux femmes. Dans le mou­ve­ment de déco­lo­ni­sa­tion, des peuples se sont libé­rés. Des acquis sociaux, notam­ment l’accès aux ser­vices publics, à la santé, à l’éducation, ont été gagnés, tou­jours après de longues luttes. Tout cela n’est pas rien.

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Perspectives
La révolution soviétique : 100 ans plus tard
jeudi 15 février 2018
No. 18 - Automne 2017
Pierre Beaudet

Pierre Beaudet

En février 1917, une révo­lu­tion éclate à Petrograd et à Moscou. Un régime d’une dureté abso­lue, qui dure depuis 300 ans, tombe comme un châ­teau de cartes. Les révo­lu­tion­naires russes, qui luttent dans des condi­tions extrê­me­ment dif­fi­ciles, sont sur­pris comme tout le monde. La Russie et une grande partie du monde bas­culent alors dans une ère nou­velle.

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Le mouvement étudiant de 2015 : retour sur un échec
mercredi 14 février 2018
No. 18 - Automne 2017

Après l’incroyable effer­ves­cence du Printemps 2012, le gou­ver­ne­ment du Parti libé­ral du Québec (PLQ) était expulsé du pou­voir. Durant un bref inter­règne, le Parti qué­bé­cois (PQ) a réussi à dila­pi­der en grande partie le capi­tal d’appui qui l’avait mené au gou­ver­ne­ment. Lors du Sommet sur l’enseignement supé­rieur tenu dans la foulée de la grève étu­diante, la conclu­sion qui s’imposa fut d’indexer les frais de sco­la­rité. Les étu­diantes et les étu­diants furent plutôt désar­çon­nés par ce recul, d’autant plus qu’il y avait durant la même période une accen­tua­tion de la répres­sion dans les ins­ti­tu­tions post­se­con­daires. Par la suite, le PQ passa à l’offensive avec son projet de charte des valeurs, d’où décou­lèrent le cafouillage et la défaite élec­to­rale qui condui­sirent à remettre en selle le PLQ dès 2014, ce qui était d’autant plus trou­blant qu’il gagnait les élec­tions en se fai­sant l’apôtre du « chan­ge­ment » en tant que noyau uto­pique de l’idéologie du capi­ta­lisme néo­li­bé­ral. Plus tard, en 2015, le mou­ve­ment étu­diant a tenté de réani­mer la flamme du Printemps 2012, mais ce fut une défaite catas­tro­phique.

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Notes de lecture
Frantz Fanon, Écrits sur l’aliénation et la liberté
lundi 12 février 2018
No. 18 - Automne 2017

Frantz Fanon Écrits sur l’aliénation et la liberté. Textes réunis, intro­duits et pré­sen­tés

par Jean Khalfa et Robert Young, Paris, La Découverte, 2015

Ce volume de près de 700 pages met en lumière toute une partie de l’œuvre de Frantz Fanon que peu de gens connaissent. En par­ti­cu­lier, on y découvre deux pièces de théâtre écrites par Fanon, L’œil se noie et Les Mains paral­lèles, les­quelles vrai­sem­bla­ble­ment consti­tuent les « pre­miers textes que l’on pos­sède » de l’auteur. S’y trouvent éga­le­ment ses écrits psy­chia­triques, y com­pris sa thèse de doc­to­rat en psy­chia­trie, qui abordent la pro­blé­ma­tique de l’aliénation, ses écrits poli­tiques, dont cer­tains textes sont connus, rela­tant les com­bats idéo­lo­giques du pen­seur mar­ti­ni­quais au cours de la guerre de l’indépendance de l’Algérie.

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Quel bilan pour le Printemps érable ?
mardi 6 février 2018
No. 18 - Automne 2017

Extraits choi­sis du livre de Arnaud Theurillat-Cloutier, Printemps de force, une his­toire enga­gée du mou­ve­ment étu­diant au Québec (1958-2013), Montréal, Lux édi­teur, 2017

La pos­si­bi­lité de la grève de 2012 trou­vait sa source dans la conver­gence de forces vives autour de l’Association pour une soli­da­rité syn­di­cale étu­diante (ASSÉ). L’échec de 2007 avait plongé cette orga­ni­sa­tion dans une crise qui avait sus­cité une pre­mière cri­tique, celle de la ten­dance « prag­ma­tiste », laquelle elle-même avait appelé une « cri­tique de la cri­tique », pour l’essentiel regrou­pée autour de Force étu­diante cri­tique. Le com­pro­mis prag­ma­tiste, tout en main­te­nant les pra­tiques du syn­di­ca­lisme de combat, a fina­le­ment rallié la majo­rité des asso­cia­tions étu­diantes, avec des consé­quences favo­rables pour l’élargissement du mou­ve­ment : le pacte de non-agres­sion avec les fédé­ra­tions étu­diantes a foca­lisé l’attention sur l’antagonisme entre les gré­vistes et le gou­ver­ne­ment ; la par­ti­ci­pa­tion à la joute média­tique a permis à la CLASSE (Coalition large de l’ASSÉ) de conqué­rir une place consi­dé­rable dans le débat et de faire entendre un dis­cours de gauche peu commun (déso­béis­sance civile, mar­chan­di­sa­tion de l’éducation, fis­ca­lité pro­gres­sive, etc.); les alliances for­gées avec les groupes com­mu­nau­taires et syn­di­caux ont assuré le déve­lop­pe­ment de foyers de soli­da­rité et permis d’amasser des dons consi­dé­rables ; enfin, le renou­vè­le­ment esthé­tique de l’ASSÉ a permis une cer­taine dé-mar­gi­na­li­sa­tion dans la popu­la­tion étu­diante.

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Perspectives
Cinq ans plus tard… Les étincelles d’espérance du Printemps érable 2012
lundi 5 février 2018
No. 18 - Automne 2017

L’annonce d’une aurore ardente, Si fra­gile et ténue, Si petite, Dans la paume de la main,

Une césure de feu, D’un coup de serpe, Une éra­flure de sang léger,

Un carré rouge, Minuscule mémoire,

Qu’on trans­met de main en main, Et réveille comme une arme et un ser­ment.

L’annonce d’une aurore ardente[2]

Faire œuvre d’historien ne signi­fie pas savoir « com­ment les choses se sont réel­le­ment pas­sées ».

Cela signi­fie s’emparer d’un sou­ve­nir, tel qu’il surgit à l’instant du danger. […]

Le don d’attiser dans le passé l’étincelle de l’espérance n’appartient qu’à l’historiographie inti­me­ment per­suadé que, si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sûreté.

Et cet ennemi n’a pas fini de triom­pher.

Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire[3]

Printemps 2012, prin­temps 2017 : si on s’en tient aux impres­sions pre­mières d’un bon nombre de citoyens et de citoyennes du Québec, on n’aura aucune peine à conclure qu’il ne reste pas grand-chose, cinq ans plus tard, du fameux Printemps érable qué­bé­cois. Ou plutôt qu’il s’agit d’une sorte de rêve loin­tain, irré­mé­dia­ble­ment enfoui dans le passé, en somme bien irréel tant le pay­sage socio­po­li­tique du Québec de ce début d’année 2017 semble s’être figé autour des pon­cifs néo­li­bé­raux et de leurs pra­tiques sociales et poli­tiques inéga­li­taires ; avec qui plus est à l’horizon – pensez à Donald Trump ou à Marine Le Pen – ces ten­ta­tions popu­listes et xéno­phobes de droite chaque fois plus inquié­tantes et enva­his­santes.

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Perspectives
Le « nous » du Printemps québécois : entre récit national et solidarités internationales
dimanche 4 février 2018
No. 18 - Automne 2017

À tort ou à raison, la grève étu­diante de 2012 a sou­vent été pré­sen­tée comme un exemple de spé­ci­fi­cité du Québec en Amérique du Nord. La com­pa­rai­son était facile. Après tout, le Québec était un cas à part, avec ses frais de sco­la­rité consi­dé­ra­ble­ment infé­rieurs à ceux des uni­ver­si­tés cana­diennes et amé­ri­caines – ce que n’ont pas manqué de rap­pe­ler plu­sieurs com­men­ta­teurs qui sou­hai­taient que soit rec­ti­fiée cette excep­tion par une hausse de 75 % des frais de sco­la­rité.

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Règlement P-6 : état de la lutte
samedi 3 février 2018
No. 18 - Automne 2017
Bilan de luttes
De l’importance de la lutte contre l’exploitation sexuelle
et les autres formes de violences des hommes envers les femmes
vendredi 2 février 2018
No. 18 - Automne 2017

Cet article pro­pose de rap­pe­ler le combat fémi­niste mené depuis plus de 10 ans par la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES[2]) et ses alliées afin de dénon­cer la pros­ti­tu­tion des femmes et des filles.

Après avoir pré­senté som­mai­re­ment l’organisme, nous insis­te­rons sur l’importance de rendre compte du regard cri­tique sur l’exploitation sexuelle et l’industrie du sexe que portent nombre de femmes ayant un vécu en lien avec la pros­ti­tu­tion. Nous insis­te­rons ensuite sur l’importance de déve­lop­per des lieux fémi­nistes de sou­tien pour les femmes, en les consi­dé­rant comme nos sœurs et non des béné­fi­ciaires, en recon­nais­sant leurs besoins et en valo­ri­sant leur point de vue. Ces ini­tia­tives doivent être por­tées par les groupes de femmes, mais aussi par la société civile en géné­ral. Les gou­ver­ne­ments se doivent d’être soli­daires pour que l’égalité de fait se réa­lise et les hommes doivent être res­pon­sa­bi­li­sés en lien avec les consé­quences de leurs choix et de leurs actes. Enfin, nous rap­pel­le­rons que les fémi­nistes abo­li­tion­nistes refusent d’être cyniques, exigent l’abolition de tous les sys­tèmes de domi­na­tion et valo­risent les savoirs, pra­tiques et expé­riences fémi­nistes.

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