Thème

No. 22 – Automne 2019

 
Valleyfield, mémoires et résistances
La gentrification contre le droit à la ville Le cas de Parc-Extension
Débat sur le municipalisme
mercredi 22 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Que ce soit par des mobi­li­sa­tions popu­laires, des lettres ouvertes ou même des actes de van­da­lisme, les ten­sions autour de la gen­tri­fia­tion[1] des quar­tiers cen­traux mont­réa­lais se font régu­liè­re­ment sentir. Souvent au cœur de l’actualité, la notion de gen­tri­fi­ca­tion n’est cepen­dant pas évi­dente à défi­nir, puisqu’elle désigne plu­sieurs phé­no­mènes à la fois. Nous nous pro­po­sons ici de pré­ci­ser les causes et les effets de la gen­tri­fi­ca­tion à partir du cas de Parc-Extension, un quar­tier situé au nord-ouest de Montréal. Cet exemple nous per­met­tra de mettre en lumière les liens entre la gen­tri­fi­ca­tion et d’autres enjeux sociaux, pour ensuite appe­ler au déve­lop­pe­ment d’un pro­gramme poli­tique axé sur le droit au loge­ment comme com­po­sante cen­trale du droit à la ville, tel que promu par le géo­graphe David Harvey.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Réflexions engagées sur le municipalisme au Québec
Débat sur le municipalisme

L’automne mont­réa­lais de 2017 a été marqué, avec l’élection de Projet Montréal (PM) et la créa­tion du col­lec­tif Gauche urbaine de Montréal (GUM), par un regain d’intérêt pour les pers­pec­tives pro­gres­sistes sur le droit à la ville. L’année 2019, pour sa part, consti­tue non seule­ment l’année de mi-mandat de PM, mais com­porte aussi deux anni­ver­saires impor­tants pour la gauche muni­ci­pale qué­bé­coise, soit le cin­quan­te­naire de la fon­da­tion du Front d’action poli­tique (FRAP) et le 45e anni­ver­saire de la fon­da­tion du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), ce der­nier ayant été au pou­voir de la métro­pole entre 1986 et 1994.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Le mouvement pour 15 dollars l’heure : où en sommes-nous ?
Bilan des luttes

Dans la foulée des mou­ve­ments amé­ri­cains et onta­riens pour un salaire mini­mum à 15 dol­lars l’heure, un mou­ve­ment qué­bé­cois s’est mis en place afin de reven­di­quer à son tour une aug­men­ta­tion sub­stan­tielle du salaire mini­mum. En fai­sant le por­tait du mou­ve­ment pour le 15 dol­lars au Québec, un pre­mier constat s’impose : le mou­ve­ment qué­bé­cois pour l’augmentation du salaire mini­mum n’est pas unifié. Contrairement à l’Ontario et à la cam­pagne 15 and Fairness, nous ne sommes pas devant une seule et unique coa­li­tion regrou­pant l’ensemble des orga­ni­sa­tions sou­hai­tant se mobi­li­ser pour le 15 dol­lars. Les dif­fé­rents acteurs orga­nisent tout de même des actions com­munes.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Les enseignantes et enseignants d’Oakland ont gagné leur grève
Bilan des luttes

Bien qu’elle n’ait pas atteint tous ses objec­tifs, la grève des ensei­gnantes et ensei­gnants d’Oakland a trans­formé la ville, permis des gains impor­tants et donné aux édu­ca­teurs un rap­port de force contre les mil­liar­daires qui pour­suivent l’objectif de la pri­va­ti­sa­tion de l’éducation.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Négociations ardues dans les CPE de Montréal et Laval
Bilan de luttes

Le syn­di­cat des tra­vailleuses en CPE de la région de Montréal et Laval affi­lié à la Confédération des syn­di­cats natio­naux (CSN) existe depuis 1980. Au fil des décen­nies, les condi­tions de tra­vail des édu­ca­trices se sont amé­lio­rées grâce à des luttes épiques pour la recon­nais­sance de leur pro­fes­sion. La pre­mière bataille fut de pou­voir négo­cier au niveau natio­nal les trois points que sont la for­ma­tion, l’assurance col­lec­tive et le congé de mater­nité. Dans les années 1990, tou­jours plus nom­breuses à se syn­di­quer avec la CSN, les tra­vailleuses obtiennent des aug­men­ta­tions de salaire par le biais de sub­ven­tions directes aux gar­de­ries plutôt qu’aux parents, ainsi qu’un congé de mater­nité plus décent. En 1997, Pauline Marois dévoile une poli­tique fami­liale créant le réseau des centres à la petite enfance (CPE). Les gar­de­ries deviennent alors des CPE, ce qui permet de valo­ri­ser la pro­fes­sion des édu­ca­trices.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Marie Blais Profession : chargée de cours en urbanisme – Posture syndicale : éternelle battante – Entrevue réalisée par Jean Trudelle
Parcours militant

Quiconque a fré­quenté, entre 2005 et 2012, les ins­tances de la Fédération natio­nale des ensei­gnantes et des ensei­gnants du Québec (FNEEQ) ou de la Confédération des syn­di­cats natio­naux (CSN), se sou­vien­dra des inter­ven­tions enflam­mées de Marie Blais. Brandissant un copieux texte de réfé­rence déjà lu, annoté, com­menté et ana­lysé avant même que d’autres l’aient déni­ché ! elle pré­sen­tait avec fougue des ana­lyses poli­tiques sans conces­sion qui allaient tou­jours direc­te­ment au coeur du pro­blème.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Remettre à l’endroit le développement des régions
Valleyfield, un enjeu québécois
vendredi 10 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Le déclin est-il irréversible ?

Depuis long­temps et sous plu­sieurs aspects, le débat sur l’avenir des régions est empreint de confu­sion un peu par­tout dans le monde, y com­pris au Québec. Il y a un dis­cours qu’on pour­rait qua­li­fier de fata­liste, selon lequel l’avenir des régions est déter­miné par la proxi­mité des grandes villes. On parle d’une ten­dance uni­ver­selle, mar­quée, entre autres, par la concen­tra­tion des acti­vi­tés à haute valeur ajou­tée dans les grandes villes, ainsi que par le déclin de vieilles régions indus­trielles et péri­phé­riques[1]. Certaines régions peuvent sur­vivre, à condi­tion qu’elles se spé­cia­lisent en deve­nant davan­tage inté­grées à l’économie « glo­bale ». Devant cela, la pers­pec­tive consiste plus ou moins à « gérer le déclin », sans égard aux régions comme telles, et encore moins, aux besoins et aspi­ra­tions des popu­la­tions et des com­mu­nau­tés direc­te­ment concer­nées. Dans notre his­toire récente, ce débat sur les régions a été relancé plu­sieurs fois. Nous vou­lons ici argu­men­ter en faveur d’une approche régio­nale aux pro­blèmes des régions, afin de faire face à d’importants défis qui se pré­sentent sou­vent comme de grandes menaces.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Valleyfield 2019 : un militantisme en mutation
Valleyfield, un enjeu québécois
mercredi 8 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Au terme de l’enquête sur Valleyfield, il nous a semblé impor­tant de prendre un pas de côté et de réflé­chir à tout ce qui a été réuni à tra­vers l’ensemble des dis­cus­sions, enquêtes et entre­vues. Vous l’aurez lu dans les pages pré­cé­dentes, ce riche maté­riel four­nit un bon por­trait de la région, de ses luttes et résis­tances, de son état éco­no­mique et social, et de divers débats qui tra­versent les géné­ra­tions mili­tantes.

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Valleyfield, mémoires et résistances
La grande bataille du Suroît contre la centrale thermique – Entrevue avec Marc Laviolette
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant
lundi 6 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

En 2001, Hydro-Québec et le gou­ver­ne­ment du Parti qué­bé­cois (PQ) annoncent un méga­pro­jet de construc­tion d’une cen­trale ther­mique au gaz à Beauharnois, la ville-sœur, si on peut dire, de Valleyfield. Le budget du projet est évalué à plus de 550 mil­lions de dol­lars. On estime qu’une fois com­plé­tée, la cen­trale pourra pro­duire plus de 850 méga­watts et qu’on pourra expor­ter l’électricité vers l’Ontario et les États-Unis. En 2003, cepen­dant, le projet reçoit une éva­lua­tion néga­tive du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) qui estime que, « malgré sa contri­bu­tion impor­tante à l’essor éco­no­mique de la région de Beauharnois et malgré les impacts réduits qu’il aura sur l’environnement, le projet aug­men­tera de façon sub­stan­tielle les émis­sions de gaz à effet de serre du Québec[2] ». Malgré cet avis néga­tif, le nou­veau gou­ver­ne­ment du Parti libé­ral remet le projet sur les rails à la fin de 2003. Rapidement, l’opposition s’organise. Une vaste coa­li­tion d’organisations envi­ron­ne­men­ta­listes, la coa­li­tion Québec-Vert-Kyoto, orga­nise une mani­fes­ta­tion en février 2004 où se retrouvent plus de 4000 per­sonnes devant le siège d’Hydro-Québec à Montréal.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Le « soviet » de Valleyfield – Succès et échecs du travail communiste en usine
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant
samedi 4 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Dans les années 1970 et au début des années 1980, le mou­ve­ment mar­xiste-léni­niste regroupe des mil­liers de sym­pa­thi­sants et sym­pa­thi­santes et consti­tue un des pôles domi­nants de la gauche qué­bé­coise. La plus impor­tante orga­ni­sa­tion du mou­ve­ment, la Ligue com­mu­niste (mar­xiste-léni­niste) du Canada, devient le Parti com­mu­niste ouvrier (PCO) en 1979. Ce parti qui se conçoit dans la tra­di­tion de la Troisième Internationale prône l’implantation en usine. Il encou­rage les mili­tants à se faire embau­cher en usine pour y faire du tra­vail syn­di­cal et poli­tique. Valleyfield est alors un des endroits où cette pré­sence com­mu­niste est la plus forte. On retrouve des mili­tants dans la plu­part des grandes usines de la ville et des envi­rons. Dans cer­tains cas, les mar­xistes-léni­nistes se font élire à des postes syn­di­caux et exercent une influence déter­mi­nante sur les luttes dans les milieux de tra­vail. Un leader du parti déclare à l’époque que « dans la région, tous les élé­ments avan­cés ont été ral­liés » et cer­tains parlent du « soviet de Valleyfield » pour décrire la vigueur de l’engagement com­mu­niste. Dans ce texte, j’analyse l’implantation dans quatre usines de la région afin de faire surgir quelques-unes des rai­sons der­rière les succès et les échecs de ces expé­riences[1].

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