Thème

No. 21 – Hiver 2019

Ce numéro des Nouveaux Cahiers du socia­lisme s’inscrit dans le sillon de la confé­rence La Grande Transition où une masse cri­tique de mili­tantes et de mili­tants intel­lec­tuels s’est mise à la tâche de com­prendre le monde qui s’esquisse à tra­vers les résis­tances et les ten­ta­tives de construire des contre-pou­voirs. Les débats ont été vifs, s’appuyant sur des enquêtes, des explo­ra­tions théo­riques et des bilans d’expériences extrê­me­ment riches.

Ce numéro veut en rendre compte.

 
BILAN DES ÉLECTIONS 2018
L’avancée électorale de Québec solidaire
Nouveaux défis, nouveaux débats, nouvelles pratiques
dimanche 29 décembre 2019
Conjonctures et actualités, No. 21 - Hiver 2019

L’avancée élec­to­rale de Québec soli­daire (QS), sa nou­velle dépu­ta­tion et sa recon­nais­sance comme un parti poli­tique dans le jeu ins­ti­tu­tion­nel redé­fi­ni­ront le cadre de son action et lui pose­ront de nou­veaux défis, tant dans les orien­ta­tions qu’il aura à défi­nir, les alliances qu’il devra nouer, que les nou­velles pra­tiques qu’il devra déve­lop­per.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Exaltantes percées et grandes responsabilités
jeudi 26 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Si l’on veut, après cette élec­tion de 2018, cher­cher à com­prendre quel chemin pour­rait prendre Québec soli­daire (QS) dans les années à venir, il faut partir d’une for­mi­dable contra­dic­tion : celle qui oppose les indé­niables per­cées à gauche que ce parti a effec­tuées au très hégé­mo­nique consen­sus de droite qu’il doit affron­ter. En effet, alors que QS est par­venu à capter 16,10 % du vote, les voix obte­nues par la Coalition Avenir Québec (CAQ) et le Parti libé­ral (PLQ), deux partis ouver­te­ment néo­li­bé­raux, repré­sentent près de 62,24 % des per­sonnes qui sont allées voter. Si l’on rajoute à cela les 17,06 % du Parti qué­bé­cois, parti sou­ve­rai­niste et social-libé­ral qui, lorsqu’il est au pou­voir, tend géné­ra­le­ment à mener des poli­tiques d’austérité, on se trouve devant une situa­tion pas­sa­ble­ment dif­fi­cile, plus par­ti­cu­liè­re­ment lorsqu’on aspire, comme QS, à des chan­ge­ments de fond. Comment dans un tel contexte faire bouger ce consen­sus de droite ? Comment, dans une situa­tion appa­rem­ment si contra­dic­toire, penser le déve­lop­pe­ment de QS ? Il faut d’abord com­prendre les rai­sons du succès de QS, aussi par­tiel soit-il. Et pour cela, il n’y a rien de mieux que d’avoir suivi de près la cam­pagne de Catherine Dorion dans le comté de Taschereau, et de s’être laissé peu à peu happer par l’immense espoir qui n’a cessé de gran­dir parmi les par­ti­sans et les par­ti­sanes, et com­prendre qu’à force de volonté, d’énergie et d’organisation, il était pos­sible de gagner.

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PARCOURS MILITANT
Gilles Bourque et la question nationale
vendredi 20 décembre 2019
Conjonctures et actualités, No. 21 - Hiver 2019

Gilles Bourque a reçu les NCS au fond de sa cam­pagne, dans les Cantons de l’Est, où il habite une magni­fique maison ancienne entou­rée de champs et de boisés. Survol de l’évolution de la ques­tion natio­nale par un socio­logue et his­to­rien réputé qui l’a suivie (et vécue !) de près[1].

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Valeur, marchandise et transition[1]
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
mardi 17 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Aujourd’hui, la ques­tion de la tran­si­tion du capi­ta­lisme vers une société post­ca­pi­ta­liste sans exploi­ta­tion est reve­nue dans les débats. Par contre, la dis­cus­sion sur la nature de cette éven­tuelle société post­ca­pi­ta­liste reste encore peu abor­dée. Certes, aujourd’hui, mili­tantes, mili­tants et cher­cheur-e-s radi­caux com­prennent bien qu’une nou­velle société ne peut pas consis­ter en une pla­ni­fi­ca­tion cen­tra­li­sée par un État auto­ri­taire qui mono­po­lise le pou­voir poli­tique et éco­no­mique entre les mains d’une « avant-garde révo­lu­tion­naire ». Il est à peu près évident pour tout le monde que les défaillances irré­mé­diables des régimes dits « socia­listes » ou « com­mu­nistes » ont en réa­lité pro­longé la vie du capi­ta­lisme, plutôt que de construire une alter­na­tive viable. Et alors s’ouvre une nou­velle inter­ro­ga­tion sur com­ment dépas­ser le capi­ta­lisme et sur ce qui consti­tue en fin de compte son « noyau » fon­da­men­tal, la pro­duc­tion de la valeur.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Les communs comme stratégie de décroissance
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
samedi 14 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

La décrois­sance, comme cadre concep­tuel et projet poli­tique, ouvre de nou­veaux débats et sti­mule de nou­velles pra­tiques mili­tantes pour arti­cu­ler les liens entre société, éco­no­mie et nature. Aujourd’hui, le concept est pré­sent dans la lit­té­ra­ture scien­ti­fique, le voca­bu­laire des mou­ve­ments sociaux, le débat public sur l’élaboration des poli­tiques, et même dans des ins­ti­tu­tions comme le Parlement euro­péen. Est ainsi abor­dée une vaste gamme de thèmes, allant de l’adaptation des infra­struc­tures à la réor­ga­ni­sa­tion du tra­vail, en pas­sant par l’économie soli­daire, les limites de res­sources et les solu­tions de rechange au PIB.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le modèle DEBOUT ! – Esquisse d’une nouvelle organisation politique
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
mercredi 11 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans un contexte que carac­té­rise la recon­fi­gu­ra­tion du pay­sage poli­tique qué­bé­cois, la gauche doit entre­prendre une réflexion fon­da­men­tale, non seule­ment sur ses orien­ta­tions, son dis­cours et ses tac­tiques élec­to­rales, mais sur sa forme orga­ni­sa­tion­nelle elle-même. Le pré­sent texte ne vise pas ici à cri­ti­quer Québec soli­daire (QS), ni à pro­po­ser la créa­tion d’un nou­veau parti qui le rem­pla­ce­rait, mais à esquis­ser les contours d’une nou­velle orga­ni­sa­tion poli­tique d’un genre inédit. La gauche s’est sou­vent empê­trée dans des débats oppo­sant, d’un côté, les mou­ve­ments sociaux auto­nomes, groupes popu­laires, syn­di­cats, comi­tés citoyens, coa­li­tions de la société civile, puis, de l’autre, un parti de gauche chargé de faire conver­ger les reven­di­ca­tions sociales grâce à un projet poli­tique commun de trans­for­ma­tion des ins­ti­tu­tions. Cette ten­sion entre parti et mou­ve­ments, pre­nant par­fois la forme d’un cli­vage rigide, par­fois celle d’une rela­tion dia­lec­tique com­plexe, contri­bue à lais­ser à la forme parti un carac­tère immuable et indé­pas­sable.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Marx et la Grande Tortue
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
dimanche 8 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Entrevue avec Glen Coulthard[1]

Membre de la Nation dénée des Couteaux-Jaunes et pro­fes­seur à l’Université de Colombie-Britannique

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le commun dans la ville – Pouvoir citoyen à Pointe-Saint-Charles
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
jeudi 5 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Avec d’autres cher­cheuses et cher­cheurs enga­gés, je lutte pour rompre avec une concep­tion uni­ver­sa­liste du monde et opérer une tran­si­tion vers un vivre-ensemble « centré sur le plu­ri­vers consti­tué d’une mul­ti­pli­cité de mondes enche­vê­trés et co-consti­tu­tifs, mais dis­tincts[2] ». Dans le sillon de Dardot et Laval[3], je com­prends la révo­lu­tion comme un moment d’accélération, d’intensification et de col­lec­ti­vi­sa­tion d’une acti­vité auto­nome et auto-orga­ni­sée dans toutes les sphères de la vie éco­no­mique, sociale, poli­tique ou cultu­relle. Avec eux, je crois que le prin­cipe du commun est au cœur de ce projet révo­lu­tion­naire.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le pouvoir après l’émancipation : propositions pour un socialisme postmoderne
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
vendredi 29 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Pour décrire le projet anar­chiste, Proudhon par­lait de « l’ordre sans le pou­voir[2] ». Engels, quant à lui, décri­vait la pro­po­si­tion com­mu­niste comme celle où « le gou­ver­ne­ment des per­sonnes fera place à l’administration des choses[3] ». Dans les deux tra­di­tions, on retrouve une emphase sur la dis­pa­ra­tion du pou­voir, de l’État et de la contrainte, qui lais­se­rait alors la place à une société sans classe, sans oppres­sion où régne­rait une sorte d’harmonie, d’absence de conflits en dehors de la ges­tion des affaires quo­ti­diennes. Ces pro­po­si­tions por­taient le sceau du pro­gres­sisme du XIXe siècle – une convic­tion pro­fonde d’une cer­taine marche de l’histoire, incar­née par le pro­grès scien­ti­fique et social, qui mène­rait, un jour, à la fin de l’histoire elle-même, à une société pros­père, juste et har­mo­nieuse.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Les trois transitions
La crise des crises
mardi 26 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

La tran­si­tion éner­gé­tique qui s’entame tant bien que mal ne sera pas la pre­mière de notre his­toire. Au début du XVIIIe siècle, l’Europe a vécu sa pre­mière tran­si­tion éner­gé­tique en pas­sant d’une éco­no­mie de sub­sis­tance ali­men­tée par l’énergie hydrau­lique à une éco­no­mie indus­trielle basée sur le char­bon et la machine à vapeur. Près d’un siècle plus tard, le pétrole se joint au char­bon comme source d’énergie struc­tu­rante de l’économie capi­ta­liste. À l’aube d’une poten­tielle sortie du pétrole, quels ensei­gne­ments pou­vons-nous tirer de ces tran­si­tions ?

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