Thème

No. 21 – Hiver 2019

Ce numéro des Nouveaux Cahiers du socia­lisme s’inscrit dans le sillon de la confé­rence La Grande Transition où une masse cri­tique de mili­tantes et de mili­tants intel­lec­tuels s’est mise à la tâche de com­prendre le monde qui s’esquisse à tra­vers les résis­tances et les ten­ta­tives de construire des contre-pou­voirs. Les débats ont été vifs, s’appuyant sur des enquêtes, des explo­ra­tions théo­riques et des bilans d’expériences extrê­me­ment riches.

Ce numéro veut en rendre compte.

 
BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Réalignement, systèmes partisans et facteurs de polarisation
jeudi 16 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Il y a de ces élec­tions qui marquent l’histoire poli­tique du Québec et celle du 1er octobre der­nier en est une assu­ré­ment. D’aucuns la qua­li­fient d’élection de réali­gne­ment en ce qu’elle inau­gure l’entrée dans un nou­veau sys­tème par­ti­san, dominé par deux partis de droite fédé­ra­listes, la Coalition Avenir Québec (CAQ) et le Parti libé­ral du Québec (PLQ). Comment inter­pré­ter la signi­fi­ca­tion d’un tel chan­ge­ment de para­digme et quelles pos­si­bi­li­tés celui-ci recèle-t-il pour les forces pro­gres­sistes ? Un bref retour sur l’histoire élec­to­rale du Québec moderne peut four­nir quelques pistes de nature à enri­chir la réflexion.

La période de réfé­rence prin­ci­pa­le­ment uti­li­sée dans le cadre du pré­sent texte est celle de la pre­mière moitié des années 1970, qui annonce l’entrée dans un nou­veau sys­tème par­ti­san, dominé celui-là par le PLQ et le Parti qué­bé­cois (PQ). La rup­ture avec l’ancien sys­tème, dominé par le duo­pole Union natio­nale et PLQ, s’effectue sur plu­sieurs années. L’élection de 1970 sonne d’abord le glas du règne de l’Union natio­nale comme parti de gou­ver­ne­ment, puis deux autres élec­tions, en 1973 et en 1976, consacrent la pous­sée ful­gu­rante du PQ dans le suf­frage popu­laire.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Montée des extrêmes : motifs de crainte et d’espoir
lundi 13 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Dans plu­sieurs pays, on assiste à une prise de pou­voir, démo­cra­tique, d’une droite dure, par­fois même fas­ciste, comme c’est le cas au Brésil depuis le 28 octobre der­nier. Comme avec Trump aux États-Unis, per­sonne, y com­pris les « experts » qui sont cités abon­dam­ment par les médias, ne l’avait vue venir.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Les grands défis
vendredi 10 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

La vic­toire du 1er octobre 2018 marque une grande étape pour Québec soli­daire (QS). Et bien sûr, elle résulte du tra­vail acharné des mili­tantes et des mili­tants de l’ombre, sans comp­ter celui des par­le­men­taires et des per­son­na­li­tés qui y sont rat­ta­chés. Quand on fait des gains impor­tants, il y a par­fois le « ver­tige du succès ». C’est une ten­dance natu­relle qui consiste à sur­es­ti­mer ses forces et à sous-esti­mer ses adver­saires. Il faut cepen­dant faire le constat que le Québec suit une mou­vance mon­diale inquié­tante en éli­sant un gou­ver­ne­ment de droite. Comme on l’a vu à peine quelques jours après l’élection, les membres du gou­ver­ne­ment affichent déjà beau­coup d’assurance sachant que leur majo­rité au sein d’un sys­tème par­le­men­taire qui reflète très mal toutes les franges poli­tiques leur donne beau­coup de pou­voir au cours des quatre pro­chaines années. Ces élu-e-s ont dit qu’ils allaient tra­vailler avec les autres partis et qu’ils ont « de bonnes idées ». Leur logique néo­li­bé­rale est en contra­dic­tion avec la révo­lu­tion colos­sale que l’on doit faire pour entrer dans une ère d’économie verte.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Les solidaires dans Québec-Chaudière-Appalaches : une avancée de la gauche en terrain difficile
mardi 7 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Un balayage caquiste

L’analyse des résul­tats des élec­tions du 1er octobre 2018 pour la région de Québec-Chaudière-Appalaches révèle trois constats prin­ci­paux. Premièrement, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a gagné presque par­tout, ce qui confirme que la droite est plus forte dans la grande région de Québec qu’ailleurs au Québec. Dans le comté de Chauveau, le Parti conser­va­teur du Québec (PCQ) a obtenu 8,6 % des votes. Ensuite, le Parti libé­ral (PLQ) est arrivé en seconde posi­tion presque par­tout, mais en baisse majeure, sur­tout dans Chaudière-Appalaches, mais il a gagné le comté de Jean-Talon à Sainte-Foy, le fief his­to­rique de la bour­geoi­sie libé­rale dans la région. Finalement, le Parti qué­bé­cois (PQ) est déclassé, il n’est plus que la qua­trième force poli­tique de la région.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Bilan de campagne dans Chicoutimi

La Coalition Avenir Québec (CAQ) l’a emporté dans Chicoutimi avec 12 123 voix, soit 4 416 de majo­rité et 6 432 de plus qu’en 2014. Une vague, à l’instar de celle du Québec, que les son­dages lui pré­di­saient. Le Parti qué­bé­cois (PQ), qui avait gagné en 2014 avec 1 605 voix de majo­rité, est arrivé second avec 3 538 voix de moins qu’en 2014. Le Parti libé­ral (PLQ) a lui aussi perdu 3 546 voix. Quant à Québec soli­daire (QS), il est passé de 2 105 voix en 2014 à 3 977 en 2018, un gain de 1 872. Au total, 7 084 voix sont pas­sées du PLQ et du PQ vers la CAQ prin­ci­pa­le­ment, et, dans une moindre mesure, vers QS. Si cer­tains avaient sou­haité addi­tion­ner les votes de QS et du PQ, en admet­tant qu’ils puissent être trans­fé­rables, cela n’aurait pas suffi à battre la CAQ qui aurait main­tenu une majo­rité de 439 voix. Fait non négli­geable, 937 élec­trices et élec­teurs de moins ont exercé cette année leur droit de vote, le taux de par­ti­ci­pa­tion s’étant abaissé de 70,57 à 68,53 %. En fait, une partie des élec­teurs péquistes et libé­raux n’ont pas vu l’utilité de se dépla­cer, tandis que les sup­por­teurs de QS ont com­pris l’importance de le faire pour mar­quer leur dif­fé­rence.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Des urnes et de la rue
mercredi 1 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Avec ses dix dépu­tés, Québec soli­daire (QS) se concen­trera au cours des mois à venir sur l’intervention par­le­men­taire, le déve­lop­pe­ment de son exper­tise dans divers domaines poli­tiques ainsi que sur l’apprentissage de la per­ti­nence et de la com­pré­hen­sion de ses prin­cipes et de son pro­gramme pour un public beau­coup plus large. Parallèlement, puisque QS n’est pas un parti « comme les autres », il doit récon­ci­lier cette inter­ven­tion avec la mobi­li­sa­tion de ses membres en phase avec les mou­ve­ments popu­laires (la « rue »).

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
L’avancée électorale de Québec solidaire
Nouveaux défis, nouveaux débats, nouvelles pratiques
dimanche 29 décembre 2019
Conjonctures et actualités, No. 21 - Hiver 2019

L’avancée élec­to­rale de Québec soli­daire (QS), sa nou­velle dépu­ta­tion et sa recon­nais­sance comme un parti poli­tique dans le jeu ins­ti­tu­tion­nel redé­fi­ni­ront le cadre de son action et lui pose­ront de nou­veaux défis, tant dans les orien­ta­tions qu’il aura à défi­nir, les alliances qu’il devra nouer, que les nou­velles pra­tiques qu’il devra déve­lop­per.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Exaltantes percées et grandes responsabilités
jeudi 26 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Si l’on veut, après cette élec­tion de 2018, cher­cher à com­prendre quel chemin pour­rait prendre Québec soli­daire (QS) dans les années à venir, il faut partir d’une for­mi­dable contra­dic­tion : celle qui oppose les indé­niables per­cées à gauche que ce parti a effec­tuées au très hégé­mo­nique consen­sus de droite qu’il doit affron­ter. En effet, alors que QS est par­venu à capter 16,10 % du vote, les voix obte­nues par la Coalition Avenir Québec (CAQ) et le Parti libé­ral (PLQ), deux partis ouver­te­ment néo­li­bé­raux, repré­sentent près de 62,24 % des per­sonnes qui sont allées voter. Si l’on rajoute à cela les 17,06 % du Parti qué­bé­cois, parti sou­ve­rai­niste et social-libé­ral qui, lorsqu’il est au pou­voir, tend géné­ra­le­ment à mener des poli­tiques d’austérité, on se trouve devant une situa­tion pas­sa­ble­ment dif­fi­cile, plus par­ti­cu­liè­re­ment lorsqu’on aspire, comme QS, à des chan­ge­ments de fond. Comment dans un tel contexte faire bouger ce consen­sus de droite ? Comment, dans une situa­tion appa­rem­ment si contra­dic­toire, penser le déve­lop­pe­ment de QS ? Il faut d’abord com­prendre les rai­sons du succès de QS, aussi par­tiel soit-il. Et pour cela, il n’y a rien de mieux que d’avoir suivi de près la cam­pagne de Catherine Dorion dans le comté de Taschereau, et de s’être laissé peu à peu happer par l’immense espoir qui n’a cessé de gran­dir parmi les par­ti­sans et les par­ti­sanes, et com­prendre qu’à force de volonté, d’énergie et d’organisation, il était pos­sible de gagner.

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PARCOURS MILITANT
Gilles Bourque et la question nationale
vendredi 20 décembre 2019
Conjonctures et actualités, No. 21 - Hiver 2019

Gilles Bourque a reçu les NCS au fond de sa cam­pagne, dans les Cantons de l’Est, où il habite une magni­fique maison ancienne entou­rée de champs et de boisés. Survol de l’évolution de la ques­tion natio­nale par un socio­logue et his­to­rien réputé qui l’a suivie (et vécue !) de près[1].

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Valeur, marchandise et transition[1]
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
mardi 17 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Aujourd’hui, la ques­tion de la tran­si­tion du capi­ta­lisme vers une société post­ca­pi­ta­liste sans exploi­ta­tion est reve­nue dans les débats. Par contre, la dis­cus­sion sur la nature de cette éven­tuelle société post­ca­pi­ta­liste reste encore peu abor­dée. Certes, aujourd’hui, mili­tantes, mili­tants et cher­cheur-e-s radi­caux com­prennent bien qu’une nou­velle société ne peut pas consis­ter en une pla­ni­fi­ca­tion cen­tra­li­sée par un État auto­ri­taire qui mono­po­lise le pou­voir poli­tique et éco­no­mique entre les mains d’une « avant-garde révo­lu­tion­naire ». Il est à peu près évident pour tout le monde que les défaillances irré­mé­diables des régimes dits « socia­listes » ou « com­mu­nistes » ont en réa­lité pro­longé la vie du capi­ta­lisme, plutôt que de construire une alter­na­tive viable. Et alors s’ouvre une nou­velle inter­ro­ga­tion sur com­ment dépas­ser le capi­ta­lisme et sur ce qui consti­tue en fin de compte son « noyau » fon­da­men­tal, la pro­duc­tion de la valeur.

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