Thème

No. 20 – Automne 2018

Parcours militant
Entrevue avec Édith Cloutier, directrice du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or
mercredi 27 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Édith Cloutier est direc­trice géné­rale du Centre d’amitié autoch­tone de Val-d’Or depuis 1989. Elle s’est dis­tin­guée comme pré­si­dente du Regroupement des centres d’amitié autoch­tones du Québec pen­dant plu­sieurs années et a reçu de nom­breux prix sou­li­gnant son enga­ge­ment et sa car­rière, dont le pres­ti­gieux prix de l’Ordre natio­nal du Québec. Très impli­quée dans la défense du fait autoch­tone en milieu urbain, elle nous offre une vision de la déco­lo­ni­sa­tion à l’avant-garde des nou­velles poli­tiques autoch­tones.

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Bilan des luttes
Soutien ou animation : quel rôle pour une association de circonscription d’un parti politique comme Québec solidaire ?
lundi 25 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

De nos jours, la joute poli­tique se joue beau­coup autour de la per­son­na­lité des chefs de parti et de leur capa­cité de placer quelques « lignes » dans les médias. L’information en continu et les réseaux sociaux ne font qu’accentuer cette ten­dance. Or, dans cer­taines cir­cons­crip­tions où les résul­tats sont serrés, la force d’une asso­cia­tion de cir­cons­crip­tion peut peser suf­fi­sam­ment lourd pour faire pen­cher la balance lors d’un scru­tin géné­ral. Pour un parti en émer­gence ne béné­fi­ciant pas du sou­tien de l’élite média­tique ou finan­cière, la base mili­tante est sou­vent la seule res­source sur laquelle comp­ter. Ce fut et c’est encore le cas pour Québec soli­daire (QS), un parti qui se réclame des urnes et de la rue. Dans le pré­sent texte, nous ana­ly­se­rons le cas de l’association de QS dans Hochelaga-Maisonneuve (QSHM) à Montréal pour com­prendre à l’intérieur de quelles balises elle situe son action poli­tique en dehors d’une cam­pagne élec­to­rale.

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Les groupes populaires face à l’État
CPE en péril : l’histoire d’un saccage
Résistances
vendredi 22 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

La préhistoire

L’histoire de ce qu’on appelle main­te­nant les centres de la petite enfance (CPE) débute dans les années 1970. À l’époque, des parents, en majo­rité des femmes, créent « des gar­de­ries popu­laires ». Ce sys­tème fonc­tionne : il permet aux femmes un retour sur le marché du tra­vail et donne aux enfants un milieu de vie sécu­ri­taire et adapté à leurs besoins. On recon­naît par le fait même que la société a un rôle à jouer dans le domaine de la petite enfance. Des groupes de femmes, des orga­nismes com­mu­nau­taires et le mou­ve­ment syn­di­cal décident alors de se mobi­li­ser et de reven­di­quer la mise en place d’un réseau uni­ver­sel de gar­de­ries sans but lucra­tif acces­sible à tous. Après moult mani­fes­ta­tions et pres­sions, le gou­ver­ne­ment accepte en 1974 d’offrir des sub­ven­tions de démar­rage à de nou­velles gar­de­ries. Parallèlement, il déve­loppe une offre de sub­ven­tions aux parents selon leur revenu. Résultat : on a enfin des gar­de­ries gérées par les parents-usa­gers et finan­cées en partie par l’État. En 1979, nou­veau rebon­dis­se­ment, le gou­ver­ne­ment du Parti qué­bé­cois (PQ) adopte la Loi sur les ser­vices de garde à l’enfance qui pri­vi­lé­gie les coopé­ra­tives et les entre­prises à but non lucra­tif admi­nis­trées majo­ri­tai­re­ment par les parents. Le nou­veau cadre pré­voit éga­le­ment une exo­né­ra­tion finan­cière pour les parents (deux dol­lars par jour par enfant), versée direc­te­ment aux gar­de­ries. On parle d’un ser­vice uni­ver­sel, acces­sible et d’égalité des chances par­tant du prin­cipe que l’aide finan­cière n’est plus accor­dée en fonc­tion de la capa­cité de payer des parents. On recon­naît aussi léga­le­ment la garde en milieu fami­lial.

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Les groupes populaires face à l’État
Le nouveau pouvoir noir aux États-Unis[1]
Résistances
mercredi 20 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Les années soixante et soixante-dix ont été témoins d’une grande révolte des popu­la­tions afro-amé­ri­caines qui a pris nais­sance dans les ghet­tos indus­triels de plu­sieurs grandes villes. À Détroit, des mou­ve­ments inédits ins­pi­rés par une gauche mar­xiste ont secoué ce qui était à l’époque la capi­tale de l’industrie auto­mo­bile. Sur la côte ouest, les Black Panthers ont de leur côté cana­lisé un mou­ve­ment popu­laire centré sur la jeu­nesse révol­tée et les com­mu­nau­tés en détresse. Ces mou­ve­ments élar­gis­saient alors leur influence et les élites poli­tiques noires (dont Martin Luther King) pen­chaient plus vers la gauche, construi­sant de nou­velles alliances avec le mou­ve­ment contre la guerre au Vietnam. Face à cet acti­visme, le pou­voir poli­tique ne pou­vait rester passif et une vague de répres­sion de forte inten­sité s’en est suivie. Les Black Panthers, empor­tés par leur ten­dance à se consi­dé­rer comme une « avant-garde » armée, ont été lit­té­ra­le­ment anéan­tis. Les sec­teurs ouvriers radi­ca­li­sés ont été répri­més par les syn­di­cats, les poli­tiques néo­li­bé­rales ont décimé les usines, même celles de Détroit, qui est peu à peu deve­nue une ville fan­tôme. Une nou­velle classe moyenne noire, encou­ra­gée par les démo­crates (notam­ment sous le gou­ver­ne­ment Clinton), mieux arti­cu­lée et plus agres­sive s’est affir­mée. Refoulant le radi­ca­lisme des années pré­cé­dentes, elle s’est affi­chée ouver­te­ment pour l’économie de marché et par­ti­sane de l’impérialisme.https://​www​.youth​linkmn​.org/​2​0​1​7​/​0​2​/​h​i​s​t​o​r​y​-​i​n​-​t​h​e​-​m​a​k​i​n​g​-​d​r​-​r​o​s​e​-​b​r​ewer/

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Les groupes populaires face à l’État
Hoodstock à Montréal-Nord, un carburant pour le socialisme ?
Résistances
lundi 18 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Hoodstock est à la fois un évé­ne­ment et un mou­ve­ment. Créé en 2009 pour deve­nir le pre­mier forum social de Montréal-Nord, son objec­tif consis­tait à cana­li­ser dans un projet construc­tif et éman­ci­pa­teur la colère popu­laire causée par l’assassinat de Fredy Villanueva en août 2008. Depuis, Hoodstock s’est tenu quatre fois et est devenu au fil du temps un fer de lance du mou­ve­ment anti­ra­ciste au Québec. Le pré­sent texte revient d’abord sur les ori­gines du mou­ve­ment, relate les faits saillants de l’événement orga­nisé en 2017 et montre enfin com­ment Hoodstock est un car­re­four des luttes et idées. Il cherche à mon­trer que la gauche qué­bé­coise doit prendre très au sérieux les batailles anti­ra­cistes faute de quoi elle se pri­vera d’un bassin de mili­tantes et mili­tants dont elle ne peut abso­lu­ment pas se passer.

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Les groupes populaires face à l’État
La bataille des 15 dollars de l’heure L’expérience du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants
Résistances
vendredi 15 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Depuis 2012, les cam­pagnes pour la hausse du salaire mini­mum à 15 dol­lars de l’heure se mul­ti­plient à tra­vers les États-Unis et le Canada. Au Québec, plu­sieurs orga­ni­sa­tions s’y sont impli­quées, dont le Centre des tra­vailleurs et tra­vailleuses immi­grants. Les dyna­miques ont évolué depuis. Cet article exa­mine les défis sou­le­vés par ces cam­pagnes ainsi que les pers­pec­tives qui s’ouvrent à partir des inter­ven­tions dans les régions de Montréal et du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

États des lieux

Le Centre des tra­vailleurs et tra­vailleuses immi­grants (CTI) a tou­jours reven­di­qué un salaire décent. Cette demande consti­tue l’une des cinq reven­di­ca­tions pro­po­sées à la Coalition contre le tra­vail pré­caire que le Centre a mise sur pied. Mais la coa­li­tion a décidé de mettre de l’avant le salaire décent, et ce, pour deux rai­sons : son carac­tère rela­ti­ve­ment uni­ver­sel ainsi que le succès des cam­pagnes pour les 15 dol­lars ($) aux États-Unis et en Ontario. Autrement dit, la hausse du salaire mini­mum, plus que les autres reven­di­ca­tions, concerne un large seg­ment de la popu­la­tion, les tra­vailleuses et les tra­vailleurs de dif­fé­rents sec­teurs, syn­di­qués ou non, sans égard à leur statut d’immigration. En octobre 2015, la Coalition contre le tra­vail pré­caire lance donc la cam­pagne 15 et jus­tice, et au début de 2017, le CTI se joint à la cam­pagne régio­nale pour les 15 $ au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans cette région, il faut tenir compte de cer­taines par­ti­cu­la­ri­tés, dont les grandes dis­tances qui rendent la mobi­li­sa­tion plus ardue et de la volonté de donner un ton plus local aux argu­ments afin de sen­si­bi­li­ser la popu­la­tion et de la mobi­li­ser.

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Les groupes populaires face à l’État
Lutte unitaire contre l’austérité : bilan et perspectives de la Coalition Main rouge
Résistances
mercredi 13 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Leur grand projet de trans­for­ma­tion sociale ne pou­vant se réa­li­ser en vase clos, les mou­ve­ments popu­laires qué­bé­cois ont par­ti­cipé à maintes reprises par le passé à des coa­li­tions visant à dénon­cer les poli­tiques néo­li­bé­rales ou les poli­tiques d’austérité (pen­sons à Solidarité popu­laire Québec ou au Réseau de vigi­lance). La plus récente, la Coalition Main rouge, a été formée pour créer un mou­ve­ment d’opposition aux poli­tiques d’austérité du gou­ver­ne­ment libé­ral de Jean Charest et pour reven­di­quer un finan­ce­ment adé­quat des ser­vices publics et des pro­grammes sociaux, dans une pers­pec­tive de lutte contre la pri­va­ti­sa­tion et la mar­chan­di­sa­tion du bien commun et pour une meilleure redis­tri­bu­tion de la richesse.

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Les groupes populaires face à l’État
Le FRAPRU : quarante ans de luttes face à l’État
Résistances
lundi 11 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Le Front d’action popu­laire en réamé­na­ge­ment urbain, mieux connu sous l’acronyme FRAPRU, aura qua­rante ans cet automne. C’est le 22 octobre 1978 qu’un col­loque réunis­sant des groupes de plu­sieurs régions du Québec lui a donné nais­sance, en déci­dant de « mettre sur pied une orga­ni­sa­tion com­mune autour de l’aménagement urbain, dont le carac­tère sera prin­ci­pa­le­ment reven­di­ca­tif, appuyé par des ser­vices, et visant à éta­blir le rap­port de forces qui obli­gera l’État à adop­ter des mesures qui pro­fi­te­ront à chacun de nos quar­tiers[1] ». La néces­sité de bâtir un rap­port de forces consti­tue donc la pierre d’assise du FRAPRU. Depuis 1981, c’est sur la pro­blé­ma­tique du loge­ment social[2] qu’il inter­vient en prio­rité. Ce dos­sier appa­raît d’emblée comme le véhi­cule pri­vi­lé­gié pour per­mettre aux classes popu­laires de vivre en ville et pour assu­rer leur droit au loge­ment bafoué par « l’entreprise privée, basée sur la seule logique du profit et qui fait du loge­ment une mar­chan­dise comme les autres[3] ».

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Les groupes populaires face à l’État
Luttes populaires à Pointe-Saint-Charles : résistance et résilience
Résistances
vendredi 8 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Dans toutes les « aven­tures » du mou­ve­ment popu­laire à Montréal, il y en a une qui est consis­tante. À Pointe-Saint-Charles, au sud-ouest de la ville, il y a eu et il y a tou­jours des luttes, des mobi­li­sa­tions, et sur­tout, des orga­ni­sa­tions qui conti­nuent, bon an mal an, à ras­sem­bler, agir, édu­quer, inter­ve­nir, confron­ter. Comment com­prendre ce par­cours extra­or­di­naire ? Qu’est-ce qui permet à cette ini­tia­tive citoyenne de per­sis­ter ? Et sur­tout, com­ment les gens de la Pointe conti­nuent-ils à résis­ter aux assauts inces­sants de l’État et des entre­pre­neurs ?

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Les groupes populaires face à l’État
Du municipal au municipalisme
Histoire et théories
lundi 17 décembre 2018
No. 20 – Automne 2018

Les luttes régio­nales au Québec se déroulent prin­ci­pa­le­ment sur deux fronts. Le front éco­lo­gique vise à contrer les pro­jets d’exploration, d’exploitation et de trans­port des hydro­car­bures qui menacent les milieux de vie, tandis que le front éco­no­mique lutte contre le déman­tè­le­ment des outils de déve­lop­pe­ment local et régio­nal qui fra­gi­lise les com­mu­nau­tés face à l’État et aux grandes indus­tries. Loin d’être sépa­rées, ces mobi­li­sa­tions citoyennes se rejoignent dans un besoin commun de défendre les condi­tions d’existence des com­mu­nau­tés ter­ri­to­riales, et elles prennent une signi­fi­ca­tion par­ti­cu­lière à l’échelle muni­ci­pale. En effet, les villes et les vil­lages consti­tuent un ter­rain d’action pri­vi­lé­gié de ces mou­ve­ments sociaux, les­quels auraient avan­tage à déve­lop­per une stra­té­gie poli­tique visant la réap­pro­pria­tion démo­cra­tique des ins­ti­tu­tions locales.

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