Thème

No. 20 – Automne 2018

Les groupes populaires face à l’État
Hoodstock à Montréal-Nord, un carburant pour le socialisme ?
Résistances
lundi 18 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Hoodstock est à la fois un évé­ne­ment et un mou­ve­ment. Créé en 2009 pour deve­nir le pre­mier forum social de Montréal-Nord, son objec­tif consis­tait à cana­li­ser dans un projet construc­tif et éman­ci­pa­teur la colère popu­laire causée par l’assassinat de Fredy Villanueva en août 2008. Depuis, Hoodstock s’est tenu quatre fois et est devenu au fil du temps un fer de lance du mou­ve­ment anti­ra­ciste au Québec. Le pré­sent texte revient d’abord sur les ori­gines du mou­ve­ment, relate les faits saillants de l’événement orga­nisé en 2017 et montre enfin com­ment Hoodstock est un car­re­four des luttes et idées. Il cherche à mon­trer que la gauche qué­bé­coise doit prendre très au sérieux les batailles anti­ra­cistes faute de quoi elle se pri­vera d’un bassin de mili­tantes et mili­tants dont elle ne peut abso­lu­ment pas se passer.

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Les groupes populaires face à l’État
La bataille des 15 dollars de l’heure L’expérience du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants
Résistances
vendredi 15 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Depuis 2012, les cam­pagnes pour la hausse du salaire mini­mum à 15 dol­lars de l’heure se mul­ti­plient à tra­vers les États-Unis et le Canada. Au Québec, plu­sieurs orga­ni­sa­tions s’y sont impli­quées, dont le Centre des tra­vailleurs et tra­vailleuses immi­grants. Les dyna­miques ont évolué depuis. Cet article exa­mine les défis sou­le­vés par ces cam­pagnes ainsi que les pers­pec­tives qui s’ouvrent à partir des inter­ven­tions dans les régions de Montréal et du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

États des lieux

Le Centre des tra­vailleurs et tra­vailleuses immi­grants (CTI) a tou­jours reven­di­qué un salaire décent. Cette demande consti­tue l’une des cinq reven­di­ca­tions pro­po­sées à la Coalition contre le tra­vail pré­caire que le Centre a mise sur pied. Mais la coa­li­tion a décidé de mettre de l’avant le salaire décent, et ce, pour deux rai­sons : son carac­tère rela­ti­ve­ment uni­ver­sel ainsi que le succès des cam­pagnes pour les 15 dol­lars ($) aux États-Unis et en Ontario. Autrement dit, la hausse du salaire mini­mum, plus que les autres reven­di­ca­tions, concerne un large seg­ment de la popu­la­tion, les tra­vailleuses et les tra­vailleurs de dif­fé­rents sec­teurs, syn­di­qués ou non, sans égard à leur statut d’immigration. En octobre 2015, la Coalition contre le tra­vail pré­caire lance donc la cam­pagne 15 et jus­tice, et au début de 2017, le CTI se joint à la cam­pagne régio­nale pour les 15 $ au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans cette région, il faut tenir compte de cer­taines par­ti­cu­la­ri­tés, dont les grandes dis­tances qui rendent la mobi­li­sa­tion plus ardue et de la volonté de donner un ton plus local aux argu­ments afin de sen­si­bi­li­ser la popu­la­tion et de la mobi­li­ser.

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Les groupes populaires face à l’État
Lutte unitaire contre l’austérité : bilan et perspectives de la Coalition Main rouge
Résistances
mercredi 13 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Leur grand projet de trans­for­ma­tion sociale ne pou­vant se réa­li­ser en vase clos, les mou­ve­ments popu­laires qué­bé­cois ont par­ti­cipé à maintes reprises par le passé à des coa­li­tions visant à dénon­cer les poli­tiques néo­li­bé­rales ou les poli­tiques d’austérité (pen­sons à Solidarité popu­laire Québec ou au Réseau de vigi­lance). La plus récente, la Coalition Main rouge, a été formée pour créer un mou­ve­ment d’opposition aux poli­tiques d’austérité du gou­ver­ne­ment libé­ral de Jean Charest et pour reven­di­quer un finan­ce­ment adé­quat des ser­vices publics et des pro­grammes sociaux, dans une pers­pec­tive de lutte contre la pri­va­ti­sa­tion et la mar­chan­di­sa­tion du bien commun et pour une meilleure redis­tri­bu­tion de la richesse.

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Les groupes populaires face à l’État
Le FRAPRU : quarante ans de luttes face à l’État
Résistances
lundi 11 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Le Front d’action popu­laire en réamé­na­ge­ment urbain, mieux connu sous l’acronyme FRAPRU, aura qua­rante ans cet automne. C’est le 22 octobre 1978 qu’un col­loque réunis­sant des groupes de plu­sieurs régions du Québec lui a donné nais­sance, en déci­dant de « mettre sur pied une orga­ni­sa­tion com­mune autour de l’aménagement urbain, dont le carac­tère sera prin­ci­pa­le­ment reven­di­ca­tif, appuyé par des ser­vices, et visant à éta­blir le rap­port de forces qui obli­gera l’État à adop­ter des mesures qui pro­fi­te­ront à chacun de nos quar­tiers[1] ». La néces­sité de bâtir un rap­port de forces consti­tue donc la pierre d’assise du FRAPRU. Depuis 1981, c’est sur la pro­blé­ma­tique du loge­ment social[2] qu’il inter­vient en prio­rité. Ce dos­sier appa­raît d’emblée comme le véhi­cule pri­vi­lé­gié pour per­mettre aux classes popu­laires de vivre en ville et pour assu­rer leur droit au loge­ment bafoué par « l’entreprise privée, basée sur la seule logique du profit et qui fait du loge­ment une mar­chan­dise comme les autres[3] ».

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Les groupes populaires face à l’État
Luttes populaires à Pointe-Saint-Charles : résistance et résilience
Résistances
vendredi 8 mars 2019
No. 20 – Automne 2018

Dans toutes les « aven­tures » du mou­ve­ment popu­laire à Montréal, il y en a une qui est consis­tante. À Pointe-Saint-Charles, au sud-ouest de la ville, il y a eu et il y a tou­jours des luttes, des mobi­li­sa­tions, et sur­tout, des orga­ni­sa­tions qui conti­nuent, bon an mal an, à ras­sem­bler, agir, édu­quer, inter­ve­nir, confron­ter. Comment com­prendre ce par­cours extra­or­di­naire ? Qu’est-ce qui permet à cette ini­tia­tive citoyenne de per­sis­ter ? Et sur­tout, com­ment les gens de la Pointe conti­nuent-ils à résis­ter aux assauts inces­sants de l’État et des entre­pre­neurs ?

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Les groupes populaires face à l’État
Du municipal au municipalisme
Histoire et théories
lundi 17 décembre 2018
No. 20 – Automne 2018

Les luttes régio­nales au Québec se déroulent prin­ci­pa­le­ment sur deux fronts. Le front éco­lo­gique vise à contrer les pro­jets d’exploration, d’exploitation et de trans­port des hydro­car­bures qui menacent les milieux de vie, tandis que le front éco­no­mique lutte contre le déman­tè­le­ment des outils de déve­lop­pe­ment local et régio­nal qui fra­gi­lise les com­mu­nau­tés face à l’État et aux grandes indus­tries. Loin d’être sépa­rées, ces mobi­li­sa­tions citoyennes se rejoignent dans un besoin commun de défendre les condi­tions d’existence des com­mu­nau­tés ter­ri­to­riales, et elles prennent une signi­fi­ca­tion par­ti­cu­lière à l’échelle muni­ci­pale. En effet, les villes et les vil­lages consti­tuent un ter­rain d’action pri­vi­lé­gié de ces mou­ve­ments sociaux, les­quels auraient avan­tage à déve­lop­per une stra­té­gie poli­tique visant la réap­pro­pria­tion démo­cra­tique des ins­ti­tu­tions locales.

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Les groupes populaires face à l’État
Que retenir de la lutte des garderies populaires ?
Histoire et théories
jeudi 13 décembre 2018
No. 20 – Automne 2018

« Pour un réseau uni­ver­sel de gar­de­ries gra­tuites, finan­cées par l’État, mais contrô­lées conjoin­te­ment par les parents et par les tra­vailleuses ». Tel était l’objectif ambi­tieux for­mulé par celles et ceux ayant mis sur pied les pre­mières gar­de­ries popu­laires. Dans quelle mesure cet objec­tif a-t-il été atteint ? Où en sommes-nous cin­quante ans plus tard ?

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Les groupes populaires face à l’État
Regarder dans le rétroviseur pour mieux avancer… Les luttes urbaines d’aujourd’hui à hier
Histoire et théories
jeudi 6 décembre 2018
No. 20 – Automne 2018

S’inscrivant dans la foulée du projet initié par le Front d’action poli­tique (FRAP) des sala­riés à Montréal et, aux yeux de cer­tains[1], à la suite d’une lutte élec­to­rale « sur­pre­nante » en novembre 1974, le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) est par­venu à faire élire 18 conseillers muni­ci­paux. Un fait signi­fi­ca­tif sur une scène poli­tique locale où la tra­di­tion des partis poli­tiques demeu­rait faible, face à un pou­voir incon­testé depuis qua­torze ans, celui du maire Jean Drapeau et de son « Parti civique », dont les seuls membres étaient les can­di­dats, voire les élus.

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Les groupes populaires face à l’État
La transformation sociale au cœur de la lutte pour la reconnaissance
Enjeux contemporains
lundi 3 décembre 2018
No. 20 – Automne 2018

C’est en 2001 que le gou­ver­ne­ment du Québec adopte la poli­tique inti­tu­lée L’action com­mu­nau­taire : une contri­bu­tion essen­tielle à l’exercice de la citoyen­neté et au déve­lop­pe­ment social du Québec[2]. Cette poli­tique était le résul­tat d’une longue lutte soli­daire pour la recon­nais­sance de l’action com­mu­nau­taire, sous le lea­der­ship du Comité avi­seur de l’action com­mu­nau­taire auto­nome. En dépit des enga­ge­ments pris en faveur du res­pect de l’autonomie et de la mis­sion de trans­for­ma­tion sociale des orga­nismes, le contenu de cette poli­tique n’a pas fait l’unanimité. Une partie du mou­ve­ment com­mu­nau­taire a craint de se retrou­ver inféodé aux prio­ri­tés de l’État. D’autres cepen­dant y ont vu un levier pour la pro­mo­tion de l’action com­mu­nau­taire auto­nome et de ses valeurs de jus­tice et de soli­da­rité sociale. Malgré cer­taines lacunes consta­tées dans sa mise en œuvre, elle a néan­moins permis à des mil­liers d’organismes d’action com­mu­nau­taire auto­nome de béné­fi­cier d’un finan­ce­ment en appui à leur mis­sion glo­bale.

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Les groupes populaires face à l’État
« Aider les pauvres » Les revers de la philanthropie[1]
Enjeux contemporains
jeudi 29 novembre 2018
No. 20 – Automne 2018

À la fin des années 2000, l’arrivée de la Fondation Lucie et André Chagnon (FLAC) a sus­cité beau­coup de réac­tions dans l’espace média­tique et dans les milieux com­mu­nau­taires au Québec. La FLAC s’est rapi­de­ment asso­ciée à la dif­fu­sion d’idées et de pra­tiques phi­lan­thro­piques ou de fon­da­tions sup­po­sé­ment nou­velles, regrou­pées sous l’étiquette du « phi­lan­thro­ca­pi­ta­lisme » ou de la ven­ture phi­lan­thropy, géné­ra­le­ment défi­nies à partir de deux carac­té­ris­tiques. Ces fon­da­tions cher­chaient d’une part à faire nou­veauté, en se dif­fé­ren­ciant à la fois de pra­tiques plus anciennes, mais éga­le­ment de pra­tiques du sec­teur public. Inspirée par cer­taines fon­da­tions aux États-Unis et en Angleterre, la « nou­velle » phi­lan­thro­pie pro­po­sait une cri­tique sévère de l’efficacité des ser­vices publics, ceux-ci n’ayant pas fait la démons­tra­tion de leur capa­cité à solu­tion­ner les pro­blèmes sociaux[2]. Ces fon­da­tions devaient d’autre part impor­ter du savoir-faire et des modèles exté­rieurs à l’administration publique, venant notam­ment de la finance, pour opérer « un chan­ge­ment de para­digmes scien­ti­fiques et poli­tiques[3] » dans le domaine social. La « nou­velle » phi­lan­thro­pie intro­dui­sait ainsi la logique du capi­tal-risque, en cher­chant à « opti­mi­ser » le ren­de­ment des pro­jets qu’elle finance, à la manière de n’importe quel autre inves­tis­se­ment.

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