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No. 12 – Automne 2014

 
La santé malade du capitalisme
Christian Nadeau, Liberté, égalité, solidarité. Refonder la démocratie et la justice sociale, Montréal, Boréal, 2013
Notes de lecture
mercredi 3 juin 2020
No. 12 - Automne 2014

Christian Nadeau, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie poli­tique à l’Université de Montréal, écrit dans la conclu­sion de son livre que « ce plai­doyer phi­lo­so­phique pour la soli­da­rité et pour la gauche au Québec a pré­senté l’esquisse d’une argu­men­ta­tion, qui deman­de­rait bien entendu à être déve­lop­pée davan­tage, sur le type de gauche qui a fait et fait tou­jours partie de notre pay­sage poli­tique, et dont nous avons ten­dance par­fois à oublier le sens et la raison d’être » (p. 257).

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La santé malade du capitalisme
Sheila Rowbotham, Lynne Segal et Hilary Wainwright, Beyond the Fragments : Feminism and the Making of Socialism, Black Point (Nouvelle-Écosse), Fernwood Publishing, 2013 [1979]
Notes de lecture
mercredi 3 juin 2020
No. 12 - Automne 2014

Beyond the Fragments demeure un ouvrage clas­sique de la lit­té­ra­ture fémi­niste anti­ca­pi­ta­liste. Une pre­mière ver­sion a été publiée dans la foulée de la défer­lante conser­va­trice ayant porté Margaret Thatcher au pou­voir en 1979. Elle visait, de l’avis même des auteures, à penser la lutte à tra­vers « la rela­tion du mou­ve­ment fémi­niste à la gauche domi­née par les hommes ; les manières dont nous nous orga­ni­sons pour le socia­lisme et ce que nous enten­dons par socia­lisme ; com­ment nous ren­dons compte et com­pre­nons la variété des expé­riences […] qui ont été partie inté­grante du mou­ve­ment anti­ca­pi­ta­liste »[1] (p. 105).

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La santé malade du capitalisme
Stéphane Haber, Penser le néocapitalisme. Vie, capital et aliénation, Paris, Les Prairies ordinaires, 2013
Notes de lecture
mercredi 3 juin 2020
No. 12 - Automne 2014

Professeur de phi­lo­so­phie à l’Université de Nanterre, Stéphane Haber tra­vaille depuis une quin­zaine d’années en théo­rie sociale, en par­ti­cu­lier dans le sillage de la récep­tion fran­çaise de l’école de Francfort. Son der­nier livre, Penser le néo­ca­pi­ta­lisme, est une étude d’ontologie sociale visant à expli­ci­ter le cadre concep­tuel adé­quat pour com­prendre le « néo­ca­pi­ta­lisme ». Une dou­zaine d’analyses sont regrou­pées en trois par­ties : une pre­mière où l’auteur étudie l’opposition entre la dyna­mique expan­sive du capi­ta­lisme et la « vie » (on par­court ici des ana­lyses de Marx, Michel Henry et Freud) ; une deuxième où sont dis­cu­tées les contri­bu­tions de cer­tains phi­lo­sophes contem­po­rains à la cri­tique du néo­li­bé­ra­lisme (notam­ment Hardt et Negri, Honneth et Foucault); et une troi­sième où sont pro­po­sés trois essais cri­tiques ori­gi­naux sur le néo­ca­pi­ta­lisme (le pre­mier por­tant sur le consu­mé­risme, un second sur l’espace public et le troi­sième sur le concept de « monde de la vie »).

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La santé malade du capitalisme
Franck Gaudichaud, Chili 1970-1973. Mille jours qui ébranlèrent le monde, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013
Notes de lecture
mercredi 3 juin 2020
No. 12 - Automne 2014

Le rappel des 40 ans du coup d’État au Chili a donné lieu à une mul­ti­tude de revues his­to­riques, de docu­men­taires et d’ouvrages s’ajoutant à la mon­tagne déjà écrite sur les évé­ne­ments qui ont pré­cédé et suivi le fati­dique 11 sep­tembre 1973. Parmi les nou­velles publi­ca­tions sur le sujet, Chili 1970-1973. Mille jours qui ébran­lèrent le monde de Frank Gaudichaud, apporte une brise rafrai­chis­sante sur l’interprétation de cette période mou­ve­men­tée.

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La santé malade du capitalisme
Tunisie : les dilemmes de la démocratie
Perspectives
mardi 2 juin 2020
No. 12 - Automne 2014

Plus de trois ans après la chute du dic­ta­teur Ben Ali, la Tunisie, ber­ceau du prin­temps arabe, semble len­te­ment sortir d’une crise poli­tique dont les déra­pages avaient refroidi les ardeurs de ceux qui voyaient dans cette révo­lu­tion le labo­ra­toire d’une forme spé­ci­fi­que­ment arabe de tran­si­tion à la démo­cra­tie.

L’impasse

Le 23 octobre 2011, les pre­mières élec­tions légis­la­tives portent au pou­voir le Parti (isla­miste) de la renais­sance, Ennhada. Simultanément, l’Assemblée consti­tuante issue des urnes est man­da­tée pour accou­cher d’une nou­velle consti­tu­tion à la fois garante du res­pect des liber­tés indi­vi­duelles et du fonc­tion­ne­ment des grandes ins­ti­tu­tions qui sous-tendent l’État de droit. Or rapi­de­ment, les débats entre les isla­mistes et la mou­vance démo­cra­tique et pro­gres­siste s’enveniment. Le pays semble vou­loir som­brer dans le chaos avec en toile de fond la peur d’une guerre civile et une éco­no­mie exsangue. Se récla­mant offi­ciel­le­ment d’un islam poli­tique « modéré », Ennhada est accusé de jouer le jeu des grou­pus­cules extré­mistes, dits « sala­fistes », après les assas­si­nats, en février et juillet 2013, des lea­ders de la gauche laïque Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

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La santé malade du capitalisme
Guy Debord à Istanbul Mobilisation populaire et critique émancipatrice en Turquie
Perspectives
lundi 1 juin 2020
No. 12 - Automne 2014

Le 31 mai 2013, une mani­fes­ta­tion locale contre la des­truc­tion d’un parc public au cœur d’Istanbul (le parc Gezi) ouvre un cycle de pro­tes­ta­tion anti­gou­ver­ne­men­tale à une échelle natio­nale sans pré­cé­dent dans l’histoire moderne de la Turquie. Avant l’aube, la police inter­vient pour dis­per­ser vio­lem­ment quelques cen­taines de mani­fes­tants qui occu­paient l’espace pour empê­cher la des­truc­tion du parc dans le cadre d’un projet de réno­va­tion urbaine. À la fin de la jour­née, des cen­taines de mil­liers de per­sonnes à tra­vers tout le pays des­cendent dans les rues pour pro­tes­ter contre l’autoritarisme et le conser­va­tisme du Parti pour la jus­tice et le déve­lop­pe­ment (AKP). Un parc urbain modeste est ainsi trans­formé en un sym­bole de résis­tance contre la domi­na­tion de plus en plus auto­ri­taire et inter­ven­tion­niste de l’AKP et du pre­mier ministre, Recep Tayyip Erdoğan. Dans les semaines sub­sé­quentes, plus de 2,5 mil­lions de per­sonnes occupent les lieux publics dans 79 villes, où la vio­lence de la police cause plus de 7500 bles­sés et 5 morts.

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La santé malade du capitalisme
Pourquoi Lavalas n’est pas une alternative pour Haïti
Perspectives
dimanche 31 mai 2020
No. 12 - Automne 2014

Vous, appre­nez à voir, plutôt que de rester
Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavar­der.
Voilà ce qui aurait pour un peu dominé le monde !
Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut
Pas nous chan­ter vic­toire, il est encore trop tôt :
Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde.

Bertolt Brecht, Théâtre com­plet, 1941.

Au tour­nant des années 1980, le mou­ve­ment Lavalas est par­venu au pou­voir en Haïti. Sous la pous­sée du mou­ve­ment popu­laire, il a mis fin au règne san­gui­naire de Papa Doc. Par la suite, Lavalas n’est pas arrivé à décons­truire le sys­tème, celui des gran­dons (grands pro­prié­taires ter­riens) et des bour­geois com­pra­dores. Ce sys­tème, en péri­phé­rie de l’impérialisme, consti­tue le nœud gor­dien de la crise sociale haï­tienne, au cœur de cette société depuis l’Indépendance (1804). Au total, les régimes suc­ces­sifs n’ont jamais pris en consi­dé­ra­tion les reven­di­ca­tions sociales des classes labo­rieuses et même plus encore, ils les ont tou­jours répri­mées.

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La santé malade du capitalisme
Anarchisme, marxisme et socialisme : le débat continue
Perspectives
samedi 30 mai 2020
No. 12 - Automne 2014

Depuis déjà quelques années, les pers­pec­tives anar­chistes et liber­taires connaissent un regain d’intérêt au Québec et dans le monde. Et pour cause. Il y a dans cette tra­di­tion de belles valeurs de com­ba­ti­vité, de révolte, d’authenticité, de cou­rage. Des mili­tantes et des mili­tants anars et liber­taires ont sou­vent joué un rôle impor­tant dans les mou­ve­ments popu­laires et dans les luttes pour la démo­cra­tie et la jus­tice. Au moment de la Commune de Paris, lors de la révo­lu­tion sovié­tique ou de la lutte anti­fas­ciste en Espagne, et plus récem­ment dans l’essor des luttes popu­laires en Argentine, en Grèce, au Québec et ailleurs, dra­peaux noirs et dra­peaux rouges ont flotté ensemble dans les mobi­li­sa­tions, témoi­gnant des espoirs et des pro­po­si­tions mises de l’avant par les diverses com­po­santes des nou­veaux mou­ve­ments sociaux.

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La santé malade du capitalisme
Le Québec et l’Empire Dominations et résistances[1]
Perspectives
vendredi 29 mai 2020
No. 12 - Automne 2014

Il a été beau­coup ques­tion au Québec, ces der­nières années, de répu­blique, de laï­cité, de neu­tra­lité reli­gieuse dans l’espace public. Le débat se déroule, comme d’habitude, sans réfé­rence à une dimen­sion fon­da­men­tale de l’histoire, soit la rela­tion de domi­na­tion éta­blie à l’origine entre la popu­la­tion cana­dienne-fran­çaise et l’Empire bri­tan­nique. Cette amné­sie nous empêche de com­prendre des pans entiers de l’histoire natio­nale, mais éga­le­ment de faire le vide sur la tra­di­tion de résis­tance qui n’a cessé contre cet Empire, non seule­ment au Canada, mais dans l’Empire bri­tan­nique dans sa tota­lité, en Irlande par exemple.

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La santé malade du capitalisme
La voie de la rupture démocratique
Perspectives
jeudi 28 mai 2020
No. 12 - Automne 2014

Au terme de la cam­pagne élec­to­rale du prin­temps 2014, les ques­tions res­tent nom­breuses pour les par­ti­sanes et les par­ti­sans de Québec soli­daire (QS). Au-delà d’une pro­gres­sion modeste au niveau des suf­frages, on peut craindre que QS reste un parti à la marge, juste bon à épicer les débats publics et à avan­cer quelques idées géné­reuses, une sorte de « sel de la terre » inof­fen­sif. Quelles sont les options pour éviter cette « douce » mar­gi­na­li­sa­tion ? Certains diront que pour avan­cer, il faut deve­nir un peu comme tout le monde, c’est-à-dire social-libé­ral[1], ce qui veut revient à dire qu’il faut s’en tenir à pro­mou­voir des réformes réa­li­sables dans le contexte du capi­ta­lisme nord-amé­ri­cain. Entre ce réa­lisme fri­leux et la chi­mère d’un « grand soir » pensé pour demain, est-ce qu’il y a une autre voie ? Je pense que oui. QS peut conti­nuer à explo­rer d’autres voies en tenant auda­cieu­se­ment le dra­peau d’une société sou­cieuse de jus­tice sociale, fémi­niste, indé­pen­dan­tiste, alter­mon­dia­liste et éco­lo­giste. On pour­rait appe­ler cela la voie de la rup­ture démo­cra­tique.

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