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Numéros des NCS

 
PENSER LA GRANDE TRANSITION, UTOPIES ET STRATÉGIES
Les classes sociales au prisme de la financiarisation
La crise des crises
jeudi 14 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans ce texte, nous pro­po­sons quelques pistes de réflexion pour repen­ser les classes sociales. Il s’agit ainsi de regar­der la concep­tua­li­sa­tion des classes sociales au prisme des trans­for­ma­tions éco­no­miques récentes et par là com­prendre les nou­velles formes d’exploitation finan­cière.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION, UTOPIES ET STRATÉGIES
Les États-Unis dans le monde : hégémoniques et déclinants
La crise des crises
lundi 11 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Avant, pen­dant et sur­tout après la Deuxième Guerre mon­diale, les États-Unis sont deve­nus LA grande puis­sance mon­diale, la puis­sance incon­tour­nable disait-on. Par la suite, durant la guerre froide (1950-1980), les États-Unis se pré­sen­taient comme le centre de gra­vité du monde capable d’assurer la sta­bi­lité des pays capi­ta­listes et des États qui avaient évité de tomber dans l’orbite de l’Union sovié­tique. Au tour­nant des années 1980, l’hégémonie amé­ri­caine a semblé se raf­fer­mir avec l’implosion de l’adversaire sovié­tique. De vastes opé­ra­tions mili­taires ont été enclen­chées pour sécu­ri­ser la domi­na­tion des États-Unis sur le Moyen-Orient, les Balkans, l’Asie cen­trale. On par­lait alors du nou­veau « siècle amé­ri­cain » qui se met­tait en place dans un contexte où il ne res­tait qu’une seule super­puis­sance, l’hyperpuissance, selon l’expression du ministre fran­çais des Affaires exté­rieures de l’époque, Hubert Védrine. Un poli­ti­co­logue état­su­nien réputé, Francis Fukuyama, par­lait de la fin de l’histoire, défi­ni­ti­ve­ment orga­ni­sée autour des États-Unis et de son sys­tème[1]. Mais, par la suite, le vent a tourné. Les échecs du projet de « réin­gé­nie­rie » de Washington se sont accu­mu­lés en Afghanistan, en Irak et ailleurs. La montée en puis­sance de la Chine en Asie a déplacé le centre de gra­vité. La com­pé­ti­tion entre les États-Unis et l’Union euro­péenne s’est aggra­vée. Tout cela a abouti en 2016 au triomphe d’un nou­veau projet sous l’égide de Donald Trump.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Libre-échange et néo-néolibéralisme
La crise des crises
vendredi 8 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Il n’y a pas si long­temps, tout était au beau fixe dans le domaine du libre-échange. Le dis­cours domi­nant était à l’effet qu’on devait conti­nuer de s’attaquer aux bar­rières non tari­faires, c’est-à-dire aux lois et règle­men­ta­tions contrai­gnant les entre­prises et que les gou­ver­ne­ments avaient eu la mau­vaise idée d’adopter. Il y avait bien sûr des oppo­sants, et cela depuis les tout pre­miers accords, mais disait-on, c’était des per­sonnes inca­pables de s’adapter à un chan­ge­ment néces­saire.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Les infrastructures de la contestation Entretien avec David McNally[1]
Reconstruire nos mouvements
mardi 5 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

X.L. – En quoi la crise éco­no­mique mon­diale de 2008 a-t-elle été déter­mi­nante ? Quelles sont ses causes et consé­quences ?

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Syndicalisme, pouvoir ouvrier et économie[1]
Reconstruire nos mouvements
samedi 2 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans cet article, j’examine l’évolution du Plan Meidner-Hedborg (PMH) en Suède dans les années 1970, en ce qu’il illustre une ten­ta­tive de tran­si­tion du capi­ta­lisme avancé au socia­lisme, ainsi que ses impli­ca­tions pour la poli­tique du contrôle ouvrier et de la démo­cra­tie éco­no­mique. Le plan, éla­boré par Rudolf Meidner et Anna Hedborg – les deux éco­no­mistes de la puis­sante fédé­ra­tion syn­di­cale social-démo­crate sué­doise Landsorganisationen (LO) –, envi­sa­geait une tran­si­tion pro­gres­sive et à long terme vers le contrôle des tra­vailleurs et des tra­vailleuses sur l’ensemble des actions des plus grandes entre­prises par l’entremise d’un fonds appar­te­nant aux syn­di­cats. Le plan Meidner-Hedborg est signi­fi­ca­tif en tant qu’exemple de la voie social-démo­crate vers le socia­lisme, mais sa tra­jec­toire démontre aussi un carac­tère par­ti­cu­lier de la poli­tique de for­ma­tion col­lec­tive de capi­tal dans une société capi­ta­liste avan­cée, ce qui en fait une leçon impor­tante pour le monde contem­po­rain et les ten­ta­tives de tran­si­tion à venir.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
La grève, outil incontournable des travailleurs et des travailleuses
Reconstruire nos mouvements
mercredi 30 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Au prin­temps 2018, des mil­liers d’enseignantes et d’enseignants amé­ri­cains ont cessé le tra­vail dans des régions où il n’y avait pas de grande tra­di­tion syn­di­cale, en Oklahoma, en Virginie-Occidentale, au Kentucky, au Colorado et en Arizona. Partout, le sou­tien popu­laire à la grève était stu­pé­fiant : plus de 72 %, selon divers son­dages. La société amé­ri­caine en entier a été secouée par cette résis­tance inat­ten­due. Dans un contexte où le mou­ve­ment syn­di­cal état­su­nien est très faible, cette confron­ta­tion a beau­coup sur­pris. Comment cela s’est-il passé ? Quelles sont les leçons ?

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Construire un rapport de force
Reconstruire nos mouvements
dimanche 27 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Le capi­ta­lisme repose en grande partie sur l’exploitation de la force de tra­vail. Et le sys­tème de santé n’échappe pas à cette logique. On exploite, d’une part, le tra­vail rému­néré réa­lisé par les tra­vailleuses et les tra­vailleurs au quo­ti­dien auprès des patientes et des patients. Et on ne recon­naît pas, d’autre part, le tra­vail de la sphère domes­tique, ce tra­vail invi­sible, non rému­néré, qui incombe, encore en 2018, majo­ri­tai­re­ment aux femmes. Cette double exploi­ta­tion que subissent les femmes, sur laquelle comptent notre sys­tème et nos diri­geants poli­tiques pour conti­nuer d’accumuler du capi­tal, est venue à bout des pro­fes­sion­nelles en soin.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Les défis des gauches en France
Reconstruire nos mouvements
lundi 21 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

L’offensive d’ampleur du capi­tal, sui­vant la stra­té­gie de choc décrite par Naomi Klein[2], vise à détri­co­ter métho­di­que­ment les acquis sociaux du XXe siècle. L’objectif est à la fois éco­no­mique, pour réta­blir des taux de pro­fits en baisse, et idéo­lo­gique, pour affai­blir les capa­ci­tés de résis­tance du mou­ve­ment ouvrier. Ces poli­tiques, menées tant par la droite que par les partis sociaux-démo­crates, ont dura­ble­ment affai­bli les mou­ve­ments d’émancipation. Entretemps, le sys­tème est pris dans une fuite en avant pro­duc­ti­viste et consu­mé­riste, qui a des consé­quences éco­lo­giques de plus en plus désas­treuses, des­quelles découle un nou­veau cycle de luttes. D’autre part, ces crises ren­forcent les ten­sions inter­im­pé­ria­listes et mul­ti­plient les situa­tions de chaos, favo­ri­sant guerres, ter­ro­rismes et migra­tions, qui per­mettent aux diri­geants de jouer de la corde raciste et de divi­ser dura­ble­ment les classes popu­laires. De ces crises émerge une nou­velle géné­ra­tion de mili­tants asso­cia­tifs et poli­tiques, fémi­nistes, anti­ra­cistes, éco­lo­gistes ou alter­mon­dia­listes, par­fois en oppo­si­tion, par­fois en conver­gence avec l’ancien mou­ve­ment ouvrier.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Au-delà de la social-démocratie
Reconstruire nos mouvements
vendredi 18 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans un article paru en 2017, l’historien Robert Brenner sou­ligne que la gauche semble para­ly­sée par une double impasse. D’une part, on observe des mou­ve­ments sociaux qui, en aspi­rant à une auto­no­mie com­plète par rap­port aux ins­ti­tu­tions éta­blies, se condamnent trop sou­vent à l’isolement poli­tique. D’autre part, nous avons des partis poli­tiques pro­gres­sistes qui, à défaut d’être sou­te­nus par des actions directes de masse, peinent à appli­quer leur pro­gramme de réformes, aussi modeste soit-il[2]. Ce qui se pro­file der­rière l’analyse de Brenner est la ques­tion des orga­ni­sa­tions et mou­ve­ments les plus aptes à trans­for­mer les ins­ti­tu­tions, avec les condi­tions poli­tiques et éco­no­miques qui per­mettent à ces mêmes orga­ni­sa­tions et mou­ve­ments de gagner plus ou moins aisé­ment en force.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Repolitiser l’accumulation primitive
Reconstruire nos mouvements
mardi 15 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Il y a une logique de néces­sité dans la lec­ture pro­gres­siste de l’accumulation pri­mi­tive. Selon celle-ci, dont on trouve des frag­ments chez Marx, l’histoire devait passer par un pro­ces­sus d’accumulation pri­mi­tive, et celui-ci, bien que ter­rible et regret­table dans ses effets immé­diats, serait néces­saire pour trans­for­mer les fon­de­ments maté­riels de la société. Dit autre­ment, la vio­lence qui a été exer­cée sur les peuples libres pour les sou­mettre au capi­tal, sur les femmes dans le cadre de leur domes­ti­ca­tion, et sur la nature dans le cadre de sa trans­for­ma­tion mar­chande serait une étape mal­heu­reuse, mais inévi­table de la marche col­lec­tive vers le pro­grès. Cette pers­pec­tive pro­gres­siste, pré­gnante dans le socia­lisme, le mar­xisme et les mou­ve­ments de gauche, com­porte quelques failles.

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