Référendum en Grèce le 5 juillet

Non à l’austérité, la parole au peuple !

Par Mis en ligne le 01 juillet 2015

Dans la nuit du ven­dredi 26 juin le Premier ministre grec Alexis Tsipras refuse les der­nières pro­po­si­tions faites à la Grèce par les « ins­ti­tu­tions » (la BCE, la Commission euro­péenne et le FMI) et annonce un réfé­ren­dum. Moins de 24h plus tard, les « ins­ti­tu­tions » ripostent en asphyxiant l’économie de la Grèce. Elles refusent d’augmenter les liqui­di­tés accor­dées au pays et forcent le gou­ver­ne­ment à fermer tem­po­rai­re­ment les banques et ins­tau­rer un contrôle sur les capi­taux.

Ainsi sont cam­pées les deux grandes options de ce réfé­ren­dum : d’un côté, une aus­té­rité décu­plée et un chan­tage finan­cier per­ma­nent, et de l’autre, la déci­sion sou­ve­raine et démo­cra­tique du peuple.

Une déci­sion cou­ra­geuse

Confondant tous ses adver­saires ainsi que les scep­tiques qui le croyaient pris au piège, Tsipras a pris une déci­sion auda­cieuse et ferme. Il choisi de s’en remettre au peuple.
En effet le mandat sur lequel s’est fait élire Syriza le 25 jan­vier der­nier était double : en finir avec les mesures d’austérité désas­treuses qui ont rui­nées le pays et accu­lées la popu­la­tion à une pau­vreté gran­dis­sante et négo­cier un nouvel accord avec les cré­di­teurs visant à allé­ger le far­deau de la dette et sortir le pays du marasme.

La stra­té­gie des puis­sances euro­péennes dès le début a été de sou­mettre la Grèce à un chan­tage finan­cier per­ma­nent visant à faire capi­tu­ler le gou­ver­ne­ment de gauche radi­cale sur son objec­tif de mettre fin à l’austérité. Elle cherchent ainsi à envoyer un mes­sage des plus clairs à toutes ceux et celles qui veulent faire sauter le verrou aus­té­ri­taire : hors du régime néo­li­bé­ral, point de salut.

Après 6 mois de vaines négo­cia­tions, Tsipras brise l’étau en fai­sant appel au peuple pour tran­cher : en finir avec l’austérité ou accep­ter un accord désas­treux.

La réac­tion furieuse des puis­sances euro­péennes qui appellent les grecs à voter « oui » aux mesures d’austérité sous peine de subir une ter­rible guerre éco­no­mique, révèle au grand jour la nature vis­cé­ra­le­ment anti-démo­cra­tique du régime finan­cier inter­na­tio­nal. Nul besoin dans l’Europe moderne de faire sortir les tanks et les baïon­nettes des casernes. Désormais les coups d’état sont « softs ». Ils se font par l’entremise des grandes ins­ti­tu­tions finan­cières et la mani­pu­la­tion des dettes sou­ve­raines.

Unité popu­laire pour le non

Alexis Tsipras à lancé sa cam­pagne pour le « non » en fai­sant appel à l’unité du peuple grec pour mettre fin à « une poli­tique d’austérité extrême et puni­tive ». Toutefois la cam­pagne s’annonce dure. La situa­tion éco­no­mique est cri­tique. La popu­la­tion est en butte à de mul­tiples tracas avec notam­ment la fer­me­ture des banques et les lea­ders euro­péens, relayés par les grands réseaux média­tiques, qui tentent de créer un climat de panique. Mais dès lundi soir (29 juin) une grande mani­fes­ta­tion popu­laire pour appuyer le gou­ver­ne­ment a réuni 17,000 per­sonnes à Athènes. D’autres grands ras­sem­ble­ments sont annon­cés à tra­vers le pays.

Le défi est énorme. Il s’agit pour Syriza d’activer non seule­ment ses sou­tiens popu­laires mais aussi les sec­teurs qui n’ont pas voté pour la gauche radi­cale en jan­vier der­nier. Les son­dages des der­nières semaines sont encou­ra­geants : le taux d’approbation du gou­ver­ne­ment tourne autour de 70% et Syriza récolte 47% d’appui, soit 10% de plus qu’aux élec­tions de jan­vier. Il s’agit main­te­nant de concré­ti­ser cet appui en une majo­rité claire pour le non au réfé­ren­dum de dimanche pro­chain.

La soli­da­rité inter­na­tio­nale : un rôle clé

Comme l’a affirmé Yiannis Bournous, l’un des diri­geants de Syriza, lors de son allo­cu­tion au Festival des soli­da­ri­tés d’Alternatives le 13 juin der­nier : la bataille du peuple grec est celle de tous ceux et celles qui se battent contre l’austérité et pour un monde meilleur. Une vic­toire pour la Grèce serait une vic­toire pour tous et la soli­da­rité inter­na­tio­nale est d’une impor­tance capi­tale.

Une cam­pagne inter­na­tio­nale d’appui est déjà lancée en Europe avec des ras­sem­ble­ments se tenant dans toutes les grandes capi­tales, culmi­nant en une jour­née de soli­da­rité inter­na­tio­nale le ven­dredi 3 jan­vier.

Une action de soli­da­rité est prévue ici-même à Montréal le samedi 4 juillet. Initiée par Alternatives, le Comité de soli­da­rité avec le peuple grec, Québec soli­daire et le Conseil régio­nal du Montréal Métropolitain (FTQ). Elle se tien­dra à 11h devant le siège du Consulat grec à Montréal, 1002 Rue Sherbrooke Ouest, Montréal.

Soyons nom­breux à signi­fier notre appui à la cou­ra­geuse lutte du peuple grec.

Roger RASHI,

30 juin 2015

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