Thème

No 12 – Automne 2014

 
La santé malade du capitalisme
La révolution « solidaire » Quelques éléments pour une nouvelle stratégie de gauche au Québec
Perspectives
mercredi 27 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Stagnation élec­to­rale et lutte idéo­lo­gique

L’élection géné­rale du 7 avril 2014 repré­sente un moment déci­sif sur la scène poli­tique qué­bé­coise, carac­té­ri­sée par une crise pro­fonde du bloc sou­ve­rai­niste et une stag­na­tion rela­tive des forces pro­gres­sistes. Si nous pou­vons faire l’hypothèse que la majo­rité de la popu­la­tion a davan­tage voté contre le Parti qué­bé­cois (PQ) que pour le Parti libé­ral (PLQ), il n’en demeure pas moins que la gauche a peu béné­fi­cié du ressac pro­vo­qué par la Charte des valeurs, la can­di­da­ture de Pierre-Karl Péladeau et la mal­adresse de l’équipe Marois durant la cam­pagne élec­to­rale. Par ailleurs, la droite fédé­ra­liste a lar­ge­ment pro­fité de cette décon­fi­ture, le confort et l’indifférence du libé­ra­lisme poli­tique et éco­no­mique l’emportant lar­ge­ment sur les pro­jets col­lec­tifs, qu’ils soient de nature natio­na­liste ou socia­liste. L’impression qui domine est que beau­coup de gens ne croient plus à un chan­ge­ment majeur, à la libé­ra­tion natio­nale ou à l’émancipation sociale, pré­fé­rant se conten­ter d’un éter­nel retour du même. Ce n’est donc pas seule­ment l’idée d’indépendance qui est en crise, mais la capa­cité même du peuple à se pro­je­ter dans l’avenir.

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La santé malade du capitalisme
Percée syndicale chez Couche-Tard
Bilan de luttes
mardi 26 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Le 28 octobre 2013, David fai­sait plier Goliath. Après une âpre lutte de plus de deux ans et demi, les tra­vailleuses et les tra­vailleurs syn­di­qués de six suc­cur­sales arra­chaient une conven­tion col­lec­tive à l’entreprise Alimentation Couche-Tard, une pre­mière en Amérique du Nord dans ce type de com­merce. Cette conven­tion permet de jeter les bases pour des amé­lio­ra­tions, peu fré­quentes dans le com­merce de détail où, sou­vent, même le res­pect des normes mini­males du tra­vail relève de l’exploit.

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La santé malade du capitalisme
La solidarité internationale en lambeaux ?
Bilan de luttes
lundi 25 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Après huit ans de gou­ver­ne­ment conser­va­teur, la soli­da­rité inter­na­tio­nale n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était. Coupures, réorien­ta­tion des prio­ri­tés, fusion et dis­so­lu­tion d’organismes publics et para­pu­blics : la liste des attaques contre ceux qui cherchent à lever les fron­tières de la soli­da­rité est longue. Mais bien des gens dans le milieu refusent de bais­ser les bras et la lutte conti­nue, prin­ci­pa­le­ment au Québec. Est-ce une coïn­ci­dence ?

Probablement pas si l’on sait que le Québec est le foyer de la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale au Canada et que plu­sieurs des plus impor­tantes orga­ni­sa­tions pan­ca­na­diennes ont encore leurs quar­tiers géné­raux à Montréal. L’Association qué­bé­coise des orga­nismes de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale (AQOCI) regroupe 65 orga­ni­sa­tions de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale (OCI) et plu­sieurs d’entre elles sont actives depuis des décen­nies. Le Conseil cana­dien pour la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale (CCCI) regroupe quant à lui une cen­taine d’organisations alors qu’ensemble, les réseaux pro­vin­ciaux de l’Alberta, de l’Ontario, de la Saskatchewan, du Manitoba, de la Colombie-Britannique et de la région Atlantique comptent envi­ron 250 orga­ni­sa­tions membres.

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La santé malade du capitalisme
Pour la survie de notre santé
Luttes et résistances
dimanche 24 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Un citoyen pauvre, un citoyen riche et un citoyen de la classe moyenne sont assis autour d’une table devant 12 bis­cuits.

Le riche en prend 10 et dit au citoyen de classe moyenne :

« Attention ! Le pauvre veut te voler un des deux bis­cuits que tu as payés avec tes taxes ! »[2]

Le 7 avril der­nier, le Québec a élu un nou­veau gou­ver­ne­ment du Parti libé­ral (PLQ). La popu­la­tion de la pro­vince serait en droit de s’attendre à ce que ce gou­ver­ne­ment défende l’héritage du grand Parti libé­ral qui est à l’origine de la nais­sance de l’assurance hos­pi­ta­li­sa­tion et de l’assurance mala­die publiques au Québec il y a plus de 40 ans. À cette époque, où le PIB qué­bé­cois repré­sen­tait une mince frac­tion de celui d’aujourd’hui, le PLQ de Jean Lesage avait com­pris que les « vraies affaires » rele­vaient des pro­grammes sociaux publics.

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La santé malade du capitalisme
Déclaration de résistance à la nouvelle gestion publique dans la santé et les services sociaux[1]
Luttes et résistances
samedi 23 mai 2020
No 12 - Automne 2014

1. QUI SOMMES-NOUS ?

Le comité orga­ni­sa­teur du Colloque sur les effets de la Nouvelle ges­tion publique sur les ser­vices sociaux et de santé[2] s’est consti­tué en réponse à un appel lancé l’été der­nier par trois orga­ni­sa­tions[3] et auquel se sont joints, à titre per­son­nel, des citoyennes et des citoyens d’horizons divers por­tant les mêmes pré­oc­cu­pa­tions. Nous avions en effet constaté, cha­cune et chacun dans nos domaines res­pec­tifs, que les phi­lo­so­phies de ges­tion à l’œuvre dans les ser­vices sociaux et de santé fai­saient de plus en plus de ravages sur le ter­rain.

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La santé malade du capitalisme
Le rôle essentiel de la recherche publique en santé
Système de santé: enjeux politiques au Québec, au Canada et ailleurs
vendredi 22 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Les gou­ver­ne­ments ont sou­vent la répu­ta­tion d’être bureau­cra­ti­que­ment lourds, dépen­siers, lents à s’adapter et ancrés dans les vieilles manières de faire. Comment, dans ce contexte de sus­pi­cion, le sec­teur public pour­rait-il être plus effi­cace en recherche et déve­lop­pe­ment que les jeunes firmes inno­vantes, dyna­miques, adeptes de la des­truc­tion créa­trice décrite par Josef Schumpeter ? Cette idée reçue quant à la per­for­mance pré­su­mée de celles-ci explique en grande partie pour­quoi les sys­tèmes d’innovation natio­naux en santé ou dans les autres sec­teurs sont presque entiè­re­ment cen­trés sur la pro­mo­tion de l’innovation par l’industrie privée. Les poli­tiques publiques en faveur de l’innovation deviennent ainsi sou­vent de simples poli­tiques de sup­port finan­cier au sec­teur privé, et le finan­ce­ment public de la recherche est ajusté de plus en plus selon aux besoins de ce der­nier.

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La santé malade du capitalisme
Les coupes aux soins de santé pour les réfugiéEs : la pointe de l’iceberg des injustices en matière de santé pour les migrants et les migrantes
Système de santé: enjeux politiques au Québec, au Canada et ailleurs
jeudi 21 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Le 30 juin 2012, le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration de l’époque, Jason Kenney, lan­çait une nou­velle salve contre les migrants et les migrantes en cou­pant dras­ti­que­ment le Programme fédé­ral de santé inté­ri­maire (PFSI). Ce fai­sant, il rédui­sait de façon signi­fi­ca­tive l’accès aux soins de santé pour les deman­deurs et les deman­deuses d’asile et les réfugiéEs.

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La santé malade du capitalisme
Santé et capitalisme : ce que nous apprend le cas des CLSC
Système de santé: enjeux politiques au Québec, au Canada et ailleurs
mercredi 20 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Au cœur du pré­sent numéro des Nouveaux Cahiers du socia­lisme se trouve l’idée que la santé et la mala­die ne peuvent être pen­sées indé­pen­dam­ment du sys­tème social dans lequel elles s’enracinent. Une de nos hypo­thèses de base est que la santé et la mala­die débordent lar­ge­ment les débats concer­nant le sys­tème de soins et qu’elles sont, en der­nière ana­lyse, indis­so­ciables de l’ensemble des rap­ports sociaux qui struc­turent le sys­tème capi­ta­liste. En cela, la santé est un domaine émi­nem­ment poli­tique qui s’inscrit dans des rap­ports de force beau­coup plus pro­fonds que ceux qui opposent les acteurs et les actrices « internes » au sys­tème de soins[1].

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La santé malade du capitalisme
Système de santé : bien commun ou marchandise ? Quand la gouvernance entrepreneuriale remplace la gestion publique
Système de santé: enjeux politiques au Québec, au Canada et ailleurs
mardi 19 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Nous vivons actuel­le­ment le rêve éveillé de la gou­ver­nance par les nombres, qui nous dis­pen­se­rait de la com­pré­hen­sion et de la confron­ta­tion des expé­riences, nous épar­gne­rait ainsi de la peine de juger et donc de penser. Ce rêve ne peut tour­ner qu’au cau­che­mar. Prétendre « éva­luer » la qua­lité d’un tra­vail au moyen d’indicateurs de per­for­mance décon­nec­tés de l’expérience sin­gu­lière de ce tra­vail est à la fois des­truc­teur, illu­soire et patho­gène. Postuler la jus­tice de la dis­tri­bu­tion des reve­nus qui résulte de l’« ordre spon­tané du marché » conduit à creu­ser des inéga­li­tés aussi ver­ti­gi­neuses qu’injustifiables[2].

L’évolution d’un sys­tème de santé reflète tout à la fois les enjeux socio­sa­ni­taires de l’heure, le niveau de déve­lop­pe­ment socio-éco­no­mique et l’état du rap­port de force entre les domi­nants et les domi­nés au sein d’une société. Ainsi, l’on trouve dans les ins­ti­tu­tions et les poli­tiques de santé, tout comme dans les débats qui entourent leur mise en place, un reflet des idées poli­tiques d’une époque donnée.

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La santé malade du capitalisme
Surdiagnostic et surtraitement de la détresse psychologique
Souffrance psychique et capitalisme
lundi 18 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Une épi­dé­mie ?

Plus de 14 % des adultes qué­bé­cois assu­rés par le régime public ont eu recours aux anti­dé­pres­seurs en 2009[1]; 46 % des tra­vailleuses et des tra­vailleurs des centres d’appels consomment régu­liè­re­ment des psy­cho­tropes[2]; près de 13 % des élèves du secon­daire ont reçu un diag­nos­tic de trouble défi­ci­taire de l’attention avec ou sans hyper­ac­ti­vité (TDAH) confirmé par un méde­cin[3], et les QuébécoisEs qui repré­sentent 22,3 % de la popu­la­tion cana­dienne consomment 35 % des médi­ca­ments contre le TDAH[4]. Une étude récente esti­mait que 82,5 % des jeunes AméricainEs rece­vront un diag­nos­tic de trouble mental avant l’âge de 21 ans[5].

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