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No 12 – Automne 2014

 
La santé malade du capitalisme
Pourquoi Lavalas n’est pas une alternative pour Haïti
Perspectives
dimanche 31 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Vous, appre­nez à voir, plutôt que de rester
Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavar­der.
Voilà ce qui aurait pour un peu dominé le monde !
Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut
Pas nous chan­ter vic­toire, il est encore trop tôt :
Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde.

Bertolt Brecht, Théâtre com­plet, 1941.

Au tour­nant des années 1980, le mou­ve­ment Lavalas est par­venu au pou­voir en Haïti. Sous la pous­sée du mou­ve­ment popu­laire, il a mis fin au règne san­gui­naire de Papa Doc. Par la suite, Lavalas n’est pas arrivé à décons­truire le sys­tème, celui des gran­dons (grands pro­prié­taires ter­riens) et des bour­geois com­pra­dores. Ce sys­tème, en péri­phé­rie de l’impérialisme, consti­tue le nœud gor­dien de la crise sociale haï­tienne, au cœur de cette société depuis l’Indépendance (1804). Au total, les régimes suc­ces­sifs n’ont jamais pris en consi­dé­ra­tion les reven­di­ca­tions sociales des classes labo­rieuses et même plus encore, ils les ont tou­jours répri­mées.

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La santé malade du capitalisme
Anarchisme, marxisme et socialisme : le débat continue
Perspectives
samedi 30 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Depuis déjà quelques années, les pers­pec­tives anar­chistes et liber­taires connaissent un regain d’intérêt au Québec et dans le monde. Et pour cause. Il y a dans cette tra­di­tion de belles valeurs de com­ba­ti­vité, de révolte, d’authenticité, de cou­rage. Des mili­tantes et des mili­tants anars et liber­taires ont sou­vent joué un rôle impor­tant dans les mou­ve­ments popu­laires et dans les luttes pour la démo­cra­tie et la jus­tice. Au moment de la Commune de Paris, lors de la révo­lu­tion sovié­tique ou de la lutte anti­fas­ciste en Espagne, et plus récem­ment dans l’essor des luttes popu­laires en Argentine, en Grèce, au Québec et ailleurs, dra­peaux noirs et dra­peaux rouges ont flotté ensemble dans les mobi­li­sa­tions, témoi­gnant des espoirs et des pro­po­si­tions mises de l’avant par les diverses com­po­santes des nou­veaux mou­ve­ments sociaux.

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La santé malade du capitalisme
Le Québec et l’Empire Dominations et résistances[1]
Perspectives
vendredi 29 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Il a été beau­coup ques­tion au Québec, ces der­nières années, de répu­blique, de laï­cité, de neu­tra­lité reli­gieuse dans l’espace public. Le débat se déroule, comme d’habitude, sans réfé­rence à une dimen­sion fon­da­men­tale de l’histoire, soit la rela­tion de domi­na­tion éta­blie à l’origine entre la popu­la­tion cana­dienne-fran­çaise et l’Empire bri­tan­nique. Cette amné­sie nous empêche de com­prendre des pans entiers de l’histoire natio­nale, mais éga­le­ment de faire le vide sur la tra­di­tion de résis­tance qui n’a cessé contre cet Empire, non seule­ment au Canada, mais dans l’Empire bri­tan­nique dans sa tota­lité, en Irlande par exemple.

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La santé malade du capitalisme
La voie de la rupture démocratique
Perspectives
jeudi 28 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Au terme de la cam­pagne élec­to­rale du prin­temps 2014, les ques­tions res­tent nom­breuses pour les par­ti­sanes et les par­ti­sans de Québec soli­daire (QS). Au-delà d’une pro­gres­sion modeste au niveau des suf­frages, on peut craindre que QS reste un parti à la marge, juste bon à épicer les débats publics et à avan­cer quelques idées géné­reuses, une sorte de « sel de la terre » inof­fen­sif. Quelles sont les options pour éviter cette « douce » mar­gi­na­li­sa­tion ? Certains diront que pour avan­cer, il faut deve­nir un peu comme tout le monde, c’est-à-dire social-libé­ral[1], ce qui veut revient à dire qu’il faut s’en tenir à pro­mou­voir des réformes réa­li­sables dans le contexte du capi­ta­lisme nord-amé­ri­cain. Entre ce réa­lisme fri­leux et la chi­mère d’un « grand soir » pensé pour demain, est-ce qu’il y a une autre voie ? Je pense que oui. QS peut conti­nuer à explo­rer d’autres voies en tenant auda­cieu­se­ment le dra­peau d’une société sou­cieuse de jus­tice sociale, fémi­niste, indé­pen­dan­tiste, alter­mon­dia­liste et éco­lo­giste. On pour­rait appe­ler cela la voie de la rup­ture démo­cra­tique.

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La santé malade du capitalisme
La révolution « solidaire » Quelques éléments pour une nouvelle stratégie de gauche au Québec
Perspectives
mercredi 27 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Stagnation élec­to­rale et lutte idéo­lo­gique

L’élection géné­rale du 7 avril 2014 repré­sente un moment déci­sif sur la scène poli­tique qué­bé­coise, carac­té­ri­sée par une crise pro­fonde du bloc sou­ve­rai­niste et une stag­na­tion rela­tive des forces pro­gres­sistes. Si nous pou­vons faire l’hypothèse que la majo­rité de la popu­la­tion a davan­tage voté contre le Parti qué­bé­cois (PQ) que pour le Parti libé­ral (PLQ), il n’en demeure pas moins que la gauche a peu béné­fi­cié du ressac pro­vo­qué par la Charte des valeurs, la can­di­da­ture de Pierre-Karl Péladeau et la mal­adresse de l’équipe Marois durant la cam­pagne élec­to­rale. Par ailleurs, la droite fédé­ra­liste a lar­ge­ment pro­fité de cette décon­fi­ture, le confort et l’indifférence du libé­ra­lisme poli­tique et éco­no­mique l’emportant lar­ge­ment sur les pro­jets col­lec­tifs, qu’ils soient de nature natio­na­liste ou socia­liste. L’impression qui domine est que beau­coup de gens ne croient plus à un chan­ge­ment majeur, à la libé­ra­tion natio­nale ou à l’émancipation sociale, pré­fé­rant se conten­ter d’un éter­nel retour du même. Ce n’est donc pas seule­ment l’idée d’indépendance qui est en crise, mais la capa­cité même du peuple à se pro­je­ter dans l’avenir.

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La santé malade du capitalisme
Percée syndicale chez Couche-Tard
Bilan de luttes
mardi 26 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Le 28 octobre 2013, David fai­sait plier Goliath. Après une âpre lutte de plus de deux ans et demi, les tra­vailleuses et les tra­vailleurs syn­di­qués de six suc­cur­sales arra­chaient une conven­tion col­lec­tive à l’entreprise Alimentation Couche-Tard, une pre­mière en Amérique du Nord dans ce type de com­merce. Cette conven­tion permet de jeter les bases pour des amé­lio­ra­tions, peu fré­quentes dans le com­merce de détail où, sou­vent, même le res­pect des normes mini­males du tra­vail relève de l’exploit.

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La santé malade du capitalisme
La solidarité internationale en lambeaux ?
Bilan de luttes
lundi 25 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Après huit ans de gou­ver­ne­ment conser­va­teur, la soli­da­rité inter­na­tio­nale n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était. Coupures, réorien­ta­tion des prio­ri­tés, fusion et dis­so­lu­tion d’organismes publics et para­pu­blics : la liste des attaques contre ceux qui cherchent à lever les fron­tières de la soli­da­rité est longue. Mais bien des gens dans le milieu refusent de bais­ser les bras et la lutte conti­nue, prin­ci­pa­le­ment au Québec. Est-ce une coïn­ci­dence ?

Probablement pas si l’on sait que le Québec est le foyer de la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale au Canada et que plu­sieurs des plus impor­tantes orga­ni­sa­tions pan­ca­na­diennes ont encore leurs quar­tiers géné­raux à Montréal. L’Association qué­bé­coise des orga­nismes de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale (AQOCI) regroupe 65 orga­ni­sa­tions de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale (OCI) et plu­sieurs d’entre elles sont actives depuis des décen­nies. Le Conseil cana­dien pour la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale (CCCI) regroupe quant à lui une cen­taine d’organisations alors qu’ensemble, les réseaux pro­vin­ciaux de l’Alberta, de l’Ontario, de la Saskatchewan, du Manitoba, de la Colombie-Britannique et de la région Atlantique comptent envi­ron 250 orga­ni­sa­tions membres.

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La santé malade du capitalisme
Pour la survie de notre santé
Luttes et résistances
dimanche 24 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Un citoyen pauvre, un citoyen riche et un citoyen de la classe moyenne sont assis autour d’une table devant 12 bis­cuits.

Le riche en prend 10 et dit au citoyen de classe moyenne :

« Attention ! Le pauvre veut te voler un des deux bis­cuits que tu as payés avec tes taxes ! »[2]

Le 7 avril der­nier, le Québec a élu un nou­veau gou­ver­ne­ment du Parti libé­ral (PLQ). La popu­la­tion de la pro­vince serait en droit de s’attendre à ce que ce gou­ver­ne­ment défende l’héritage du grand Parti libé­ral qui est à l’origine de la nais­sance de l’assurance hos­pi­ta­li­sa­tion et de l’assurance mala­die publiques au Québec il y a plus de 40 ans. À cette époque, où le PIB qué­bé­cois repré­sen­tait une mince frac­tion de celui d’aujourd’hui, le PLQ de Jean Lesage avait com­pris que les « vraies affaires » rele­vaient des pro­grammes sociaux publics.

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La santé malade du capitalisme
Déclaration de résistance à la nouvelle gestion publique dans la santé et les services sociaux[1]
Luttes et résistances
samedi 23 mai 2020
No 12 - Automne 2014

1. QUI SOMMES-NOUS ?

Le comité orga­ni­sa­teur du Colloque sur les effets de la Nouvelle ges­tion publique sur les ser­vices sociaux et de santé[2] s’est consti­tué en réponse à un appel lancé l’été der­nier par trois orga­ni­sa­tions[3] et auquel se sont joints, à titre per­son­nel, des citoyennes et des citoyens d’horizons divers por­tant les mêmes pré­oc­cu­pa­tions. Nous avions en effet constaté, cha­cune et chacun dans nos domaines res­pec­tifs, que les phi­lo­so­phies de ges­tion à l’œuvre dans les ser­vices sociaux et de santé fai­saient de plus en plus de ravages sur le ter­rain.

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La santé malade du capitalisme
Le rôle essentiel de la recherche publique en santé
Système de santé: enjeux politiques au Québec, au Canada et ailleurs
vendredi 22 mai 2020
No 12 - Automne 2014

Les gou­ver­ne­ments ont sou­vent la répu­ta­tion d’être bureau­cra­ti­que­ment lourds, dépen­siers, lents à s’adapter et ancrés dans les vieilles manières de faire. Comment, dans ce contexte de sus­pi­cion, le sec­teur public pour­rait-il être plus effi­cace en recherche et déve­lop­pe­ment que les jeunes firmes inno­vantes, dyna­miques, adeptes de la des­truc­tion créa­trice décrite par Josef Schumpeter ? Cette idée reçue quant à la per­for­mance pré­su­mée de celles-ci explique en grande partie pour­quoi les sys­tèmes d’innovation natio­naux en santé ou dans les autres sec­teurs sont presque entiè­re­ment cen­trés sur la pro­mo­tion de l’innovation par l’industrie privée. Les poli­tiques publiques en faveur de l’innovation deviennent ainsi sou­vent de simples poli­tiques de sup­port finan­cier au sec­teur privé, et le finan­ce­ment public de la recherche est ajusté de plus en plus selon aux besoins de ce der­nier.

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