Campagne de non-collaboration avec le SCRS

Ne parlez pas, n’écoutez pas !

Par Mis en ligne le 31 janvier 2012

30 jan­vier 2012 – Près de soixante-dix orga­ni­sa­tions ont rejoint un appel à ne pas coopé­rer avec le Service cana­dien de ren­sei­gne­ment de sécu­rité (SCRS), l’agence d’espionnage cana­dienne. Cette cam­pagne de com­plète non-col­la­bo­ra­tion est une ini­tia­tive du Réseau de la Commission popu­laire. Les orga­ni­sa­tions par­ti­ci­pantes avisent leurs membres de ni parler, ni écou­ter les agents du SCRS.

« Nous avons toléré depuis trop long­temps les acti­vi­tés inac­cep­tables du SCRS, par peur ou par un faux sen­ti­ment de loyauté. Nous sommes ici aujourd’hui pour dire que nous ne col­la­bo­re­rons jamais volon­tai­re­ment avec ses agents, qu’ils viennent cogner à nos portes ou qu’ils se pré­sentent sur nos lieux de tra­vail. Nous refu­sons de nous mettre en danger et d’exposer nos voi­sins, nos amis, nos familles ici ou outre­mer, nos orga­ni­sa­tions et notre tra­vail pour la jus­tice, en par­lant aux agents du SCRS ou en les écou­tant. Nous dirons non au SCRS et oui à l’affranchissement de la peur et du contrôle poli­tique », affirme Marie-Ève Lamy, active au sein du Réseau de la Commission popu­laire.
Le budget du SCRS a aug­menté de 140 % dans la der­nière décen­nie, pour atteindre 430 mil­lions de dol­lars en 2009. En 2010, l’agence compte près de 3000 employés et a des ententes d’échange d’information avec147 pays. Le SCRS est pro­fon­dé­ment impli­qué dans plu­sieurs cas de trans­ferts vers la tor­ture, mais a réussi à sortir indemne de ces scan­dales, pro­tégé par un mandat large, des lois assu­rant le secret de ses opé­ra­tions et une absence de res­pon­sa­bi­lité publique.
« En ques­tion­nant des arabes sur leurs idées poli­tiques ou sur leurs confrères, en sug­gé­rant que les pers­pec­tives pro-pales­ti­niennes et anti­co­lo­niales sont sus­pectes, le SCRS a réussi à dis­til­ler la peur et à rendre inau­dible le sup­port pour la jus­tice et la liberté au Moyen-Orient », ajoute Amy Darwish, orga­ni­sa­trice avec Tadamon!, une orga­ni­sa­tion tra­vaillant pour la jus­tice au Moyen-Orient.
« Les ser­vices de sécu­rité ont ten­dance à consi­dé­rer les syn­di­ca­listes comme sub­ver­sifs ; nous ne pou­vons encou­ra­ger la déla­tion, ni la trans­mis­sion d’information qui pour­rait piéger des per­sonnes dont le seul tort est de vou­loir faire recon­naître leurs droits », affirme Francis Lagacé, deuxième vice-pré­sident au Conseil cen­tral du Montréal métropolitain–CSN.
« Les tac­tiques du SCRS créent la peur et l’isolement dans nos com­mu­nau­tés, par­ti­cu­liè­re­ment celles com­po­sées de per­sonnes immi­grantes. Devant son inti­mi­da­tion et son pro­fi­lage eth­nique, les groupes de jus­tice pour les migrants répondent avec les armes de la soli­da­rité et de l’entraide, cher­chant à contrer le SCRS par une cam­pagne de non-col­la­bo­ra­tion tout en sup­por­tant les indi­vi­dus mis sous pres­sion par l’agence durant leur pro­ces­sus d’immigration », affirme Jaggi Singh, un membre de Solidarité sans fron­tières.
« Les migrants, les réfu­giés, les femmes en crise vivent déjà l’insécurité. Le SCRS les exploite, uti­li­sant leur vul­né­ra­bi­lité. Avec cette cam­pagne de non-col­la­bo­ra­tion, nous leur fai­sons savoir que nous ne sommes pas seuls ; nous sommes plu­sieurs à tra­vailler en soli­da­rité pour pro­té­ger nos com­mu­nau­tés ; pour nous pro­té­ger les uns les autres », ajoute Dolores Chew au nom du Centre com­mu­nau­taire des femmes sud-asia­tiques.
La Commission popu­laire et ses alliés tien­dront une série d’événements au cours des pro­chains mois pour porter l’attention sur les abus du SCRS et briser la peur et l’isolement que ses acti­vi­tés pro­voquent sur ses vic­times. Pour en savoir plus : www​.peo​ples​com​mis​sion​.org/​f​r​/csis
Réseau de la Commission popu­laire
www​.com​mis​sion​po​pu​laire​.org
commissionpopulaire@​gmail.​com
Le Conseil cen­tral du Montréal métropolitain–CSN est membre de la Commission popu­laire.

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