LA DROITE : QUELLES DROITES ?

Nationalisme religieux, violences intercommunautaires et politique identitaire : une analyse du populisme indien

Enjeux nationaux et internationaux

Par Mis en ligne le 16 septembre 2020

Plusieurs études se sont pen­chées, depuis 2016, sur la montée des popu­lismes de droite en Amérique du Nord et en Europe, à la suite, entre autres, de la vic­toire élec­to­rale de Donald Trump et du vote en faveur du Brexit au Royaume-Uni. Les atteintes aux droits indi­vi­duels et col­lec­tifs qui accom­pagnent ce phé­no­mène poli­tique, ainsi que les consé­quences poten­tielles de l’importance des partis et mou­ve­ments popu­listes de droite sur la vita­lité démo­cra­tique des socié­tés capi­ta­listes avan­cées, doivent être ana­ly­sées et débat­tues. Nous esti­mons tou­te­fois qu’une plus grande atten­tion doit être portée à l’étude des popu­lismes de droite qui gagnent pré­sen­te­ment en force dans les démo­cra­ties du « Sud global », afin d’aiguiser notre regard sur cette vague auto­ri­taire, ses condi­tions d’émergence et ses effets à court et à long terme.

Nous nous concen­tre­rons ici sur la montée du popu­lisme de droite en Inde, qui nous semble par­ti­cu­liè­re­ment impor­tante pour au moins trois rai­sons. D’abord, l’Inde est le deuxième pays le plus popu­leux au monde après la Chine et consti­tue de loin le régime démo­cra­tique qui compte le plus grand nombre d’électeurs et d’électrices, près de 900 mil­lions de per­sonnes, soit plus que la popu­la­tion totale du Canada, des États-Unis et de l’Union euro­péenne réunis (envi­ron 880 mil­lions de per­sonnes). De plus, l’Inde est actuel­le­ment un des lea­ders éco­no­miques mon­diaux et connaît des taux de crois­sance élevés depuis 2014, notam­ment dans les sec­teurs des ser­vices et des tech­no­lo­gies de l’information. Finalement, l’Inde a été recon­nue par l’Institut Brookings comme la démo­cra­tie émer­gente qui a le plus d’influence sur l’ordre géo­po­li­tique inter­na­tio­nal, en raison de son poids démo­gra­phique et éco­no­mique[1].

Nous nous pen­che­rons sur l’évolution du Bharatiya Janata Party (BJP), un parti popu­liste de droite au pou­voir depuis 2014, tout en gar­dant à l’esprit l’importance de l’Inde dans le contexte mon­dial contem­po­rain. Le BJP a été réélu en avril-mai 2019, sous la direc­tion de Narendra Modi, avec une majo­rité encore plus impor­tante qu’en 2014. Après plu­sieurs décen­nies de domi­na­tion élec­to­rale du Congrès natio­nal indien (CNI), asso­cié notam­ment aux figures du Mahatma Gandhi et de Jawaharlal Nehru, le BJP est par­venu à se tailler une place déci­sive dans le pay­sage poli­tique indien au cours des vingt der­nières années.

Cette montée du BJP, prin­ci­pale orga­ni­sa­tion popu­liste de droite en Inde, est liée au natio­na­lisme reli­gieux. En se récla­mant de la majo­rité hin­doue et en pré­sen­tant ses adver­saires poli­tiques comme une élite oppo­sée aux inté­rêts de cette même majo­rité, le natio­na­lisme reli­gieux du BJP est par­venu, en tant que stra­té­gie de mobi­li­sa­tion, à ral­lier une partie impor­tante de la popu­la­tion indienne. Ce natio­na­lisme reli­gieux pro­pose une « démo­cra­tie » où règne la majo­rité eth­no­re­li­gieuse, dont les droits auraient été mis à mal par une élite cor­rom­pue, des mino­ri­tés bruyantes (en par­ti­cu­lier les com­mu­nau­tés musul­manes) et des élé­ments « anti­na­tio­naux » tels les mili­tants et mili­tantes de gauche et les orga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales.

Nous sou­te­nons que, dans un contexte où la crois­sance éco­no­mique indienne, en hausse depuis le début des années 1990, peine encore à appor­ter des avan­tages maté­riels aux classes sociales les plus dému­nies en matière d’emploi et de redis­tri­bu­tion des reve­nus, le BJP a mobi­lisé le natio­na­lisme reli­gieux pour jus­ti­fier son pro­gramme de réformes néo­li­bé­rales, orienté vers la crois­sance , le sec­teur privé et les inves­tis­se­ments inter­na­tio­naux. Affirmant que la popu­la­tion indienne ne peut assu­rer son avan­ce­ment socioé­co­no­mique que par l’économie de marché asso­ciée à un ima­gi­naire reli­gieux carac­té­risé par les notions de dis­ci­pline, d’épreuve et de sacri­fice, le BJP est par­venu à conci­lier son pro­gramme éco­no­mique et un sou­tien de masse , ce que n’a pu réa­li­ser le CNI durant son pas­sage au pou­voir de 2004 à 2014.

Par ailleurs, la force d’interpellation du natio­na­lisme reli­gieux et de la poli­tique iden­ti­taire promus par le BJP (que nous dési­gne­rons ici sous le terme de natio­na­lisme hindou) a été consi­dé­ra­ble­ment ren­for­cée par la montée des vio­lences inter­com­mu­nau­taires qui ali­mentent, depuis les années 1980, le sen­ti­ment d’insécurité de la majo­rité hin­doue dans ses rela­tions avec les mino­ri­tés natio­nales (musul­manes, chré­tiennes, sikhes, tamiles, etc.). La réap­pro­pria­tion de la reli­gion par le BJP nour­rit le dis­cours agres­sif de ce parti, motive ses réseaux de mobi­li­sa­tion et faci­lite la déi­fi­ca­tion de son chef, Modi, en tant que leader cha­ris­ma­tique et « sau­veur » de la majo­rité hin­doue. Finalement, la force d’interpellation du natio­na­lisme hindou ren­voie éga­le­ment aux stra­té­gies et aux déci­sions prises durant et après l’indépendance de l’Inde par les lea­ders poli­tiques gra­vi­tant autour du CNI.

La politique néolibérale du BJP

Un fort sen­ti­ment de décep­tion à l’endroit des poli­tiques mises de l’avant par le CNI entre 2004 et 2014 alors à la tête d’un gou­ver­ne­ment de coa­li­tion (l’Alliance pro­gres­siste unie) consti­tue une pre­mière assise du natio­na­lisme hindou du BJP. Les réformes éco­no­miques des années 2000, qui visaient la dyna­mi­sa­tion du sec­teur des ser­vices, ont entraîné une pré­ca­ri­sa­tion des emplois à faible qua­li­fi­ca­tion et un accrois­se­ment du tra­vail infor­mel. La stra­té­gie de « crois­sance inclu­sive » du CNI, des­ti­née à mieux répar­tir les béné­fices de la crois­sance éco­no­mique grâce à des inves­tis­se­ments publics créa­teurs d’emplois dans le domaine de l’innovation et des sciences et tech­no­lo­gies, a échoué , d’abord parce qu’elle n’est pas par­ve­nue à une redis­tri­bu­tion signi­fi­ca­tive des reve­nus liés à la crois­sance éco­no­mique, mais sur­tout parce qu’elle a été mar­quée par une série de scan­dales de cor­rup­tion liés à des attri­bu­tions de contrat frau­du­leuses. Ces scan­dales et le mécon­ten­te­ment qu’ils ont pro­vo­qué ont eu au moins deux effets posi­tifs sur le BJP : ils ont ali­menté les cri­tiques à l’endroit du CNI et ils ont dis­cré­dité, aux yeux d’une frange impor­tante de l’électorat indien, les stra­té­gies de déve­lop­pe­ment éco­no­mique menées par l’État[2]. Ils ont ainsi aidé le BJP à pro­mou­voir son propre pro­gramme éco­no­mique axé sur l’entrepreneuriat privé et avec de fortes conno­ta­tions reli­gieuses. La montée du BJP à partir de 2014 est notam­ment due à la capa­cité de cette for­ma­tion poli­tique à lier des réformes néo­li­bé­rales au récit natio­na­liste hindou (grâce à des thèmes tels le sacri­fice natio­nal, le rite his­to­rique de puri­fi­ca­tion, etc.), et à repré­sen­ter la situa­tion poli­tique indienne comme une lutte entre un peuple aspi­rant à une plus grande mobi­lité sociale et une élite cor­rom­pue ras­sem­blée au sein du CNI[3].

Le nationalisme religieux et le populisme de Modi

La récu­pé­ra­tion du sen­ti­ment d’insécurité de la majo­rité hin­doue à l’endroit des vio­lences inter­com­mu­nau­taires consti­tue la seconde assise du natio­na­lisme reli­gieux du BJP. On peut rap­pe­ler à cet égard la par­ti­tion indo-pakis­ta­naise qui a causé 2 mil­lions de morts et le dépla­ce­ment de 14 mil­lions de per­sonnes entre 1947 et 1951, l’assassinat d’Indira Gandhi par ses gardes du corps sikhs en 1984 et celui de Ravij Gandhi par un mili­tant tamil en 1991. Il vaut fina­le­ment la peine de rap­pe­ler les nom­breux affron­te­ments entre les com­mu­nau­tés hin­doue et musul­mane en Inde, et les som­mets de vio­lence atteints à Bhagalpur en 1989, à Ayodhya en 1992 et au Gujarat en 2002, alors que Modi était le ministre de cet État et que le groupe para­mi­li­taire Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), dont le BJP est le pro­lon­ge­ment poli­tique, a pris part au mas­sacre de civils musul­mans. Depuis près de 20 ans, le BJP a contri­bué à la montée des ten­sions eth­no­re­li­gieuses dans le pays et pro­fité des vio­lences de masse pour ali­men­ter sa poli­tique iden­ti­taire.

Le dis­cours popu­liste du BJP assi­mile aujourd’hui « le peuple » à la majo­rité hin­doue (envi­ron 80 % de la popu­la­tion) et défi­nit « l’élite » comme les poli­ti­ciens et les intel­lec­tuels laïques gra­vi­tant autour du CNI, tandis que « les autres » dési­gnent les non-hin­dous, et tout par­ti­cu­liè­re­ment la mino­rité musul­mane (14 % de la popu­la­tion). Ce parti voit les musul­mans comme une menace immi­nente envers la sécu­rité natio­nale et les accuse d’être des col­la­bo­ra­teurs du CNI et du Pakistan. Le BJP est aussi étroi­te­ment lié à un grand réseau d’organisations hin­doues, le Sangh Parivar (lit­té­ra­le­ment « famille des orga­ni­sa­tions »). Ce der­nier regroupe des dizaines d’organismes de la société civile, dont des syn­di­cats, des groupes de pay­sans, des cercles de lec­ture, des réseaux de médias et de com­mu­ni­ca­tion, des asso­cia­tions reli­gieuses, des orga­nismes édu­ca­tifs, des groupes éco­no­miques et des asso­cia­tions de pres­ta­taires de ser­vices sociaux. Ces dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions adhèrent toutes à l’idéal de l’Hindu rash­tra, soit la fon­da­tion d’un État aux carac­té­ris­tiques hin­doues.

Finalement, il faut men­tion­ner l’importance de Modi en tant que force prin­ci­pale du natio­na­lisme hindou. Grâce à une cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion soi­gneu­se­ment orches­trée et portée par les nou­velles tech­no­lo­gies, Modi mobi­lise le sym­bo­lisme hindou pour pro­mou­voir une image quasi sacra­li­sée de lui-même comme leader du « peuple ». Quand il était ministre en chef de l’État du Gujarat (2001-2014), Modi a embau­ché une firme de rela­tions publiques état­su­nienne pour l’aider à construire une image de lui-même en tant que cham­pion de l’hindouisme capable d’incarner les inté­rêts des classes et castes infé­rieures. Leader « prag­ma­tique », il pré­tend dis­po­ser de la recette miracle pour le déve­lop­pe­ment éco­no­mique (le « modèle Gujarat »). Aujourd’hui, Modi contourne les médias tra­di­tion­nels pour com­mu­ni­quer direc­te­ment avec les gens, notam­ment par des cour­riels, des mes­sages par télé­phone cel­lu­laire et des appli­ca­tions telles que WhatsApp. Il dis­pose de sa propre chaîne de télé­vi­sion (NaMo) et uti­lise des holo­grammes en trois dimen­sions afin de par­ti­ci­per à des ras­sem­ble­ments à plu­sieurs endroits simul­ta­né­ment. Modi cherche à déve­lop­per une iden­ti­fi­ca­tion affec­tive avec l’hindouisme par sa tenue ves­ti­men­taire, son style lin­guis­tique et sa par­ti­ci­pa­tion aux seules céré­mo­nies hin­doues. Dirigeant sanc­ti­fié et déifié, Modi centre son image sur un plai­doyer en faveur des entre­prises et la force d’un leader mon­dial des­tiné à diri­ger l’Inde de demain, sans tou­te­fois recon­naître plei­ne­ment les droits des mino­ri­tés ou les tra­di­tions du pays en matière de plu­ra­lité reli­gieuse[4].

Le nationalisme religieux et le legs du CNI

Le succès du BJP repose en grande partie sur des choix stra­té­giques habiles et une capa­cité à pro­fi­ter des fai­blesses de ses adver­saires. Le parti tire avan­tage de stra­té­gies conçues par les élites poli­tiques indiennes à l’époque de la lutte pour l’indépendance natio­nale. L’historien Perry Anderson rap­pelle que Gandhi, en per­met­tant au CNI de passer d’un groupe d’intellectuels à un parti de masse, a insuf­flé dans le mou­ve­ment de libé­ra­tion natio­nale un ima­gi­naire reli­gieux centré sur l’« excep­tion­na­lisme indien », et ainsi fait de l’hindouisme la com­po­sante cen­trale de l’identité indienne. Anderson sou­ligne éga­le­ment que la ges­tion désas­treuse par Nehru de la par­ti­tion indo-pakis­ta­naise et l’annexion par la force du Cachemire ont lar­ge­ment contri­bué à nour­rir l’animosité entre les com­mu­nau­tés hin­doues et musul­manes, com­mu­nau­tés qui ont pro­curé au RSS et, ulté­rieu­re­ment, au BJP, leur légi­ti­mité poli­tique[5]. En somme, le déve­lop­pe­ment et l’essor du popu­lisme de droite en Inde semblent ren­voyer tant à des manœuvres poli­tiques habiles qu’à la filia­tion à des lea­ders his­to­riques de l’indépendance natio­nale, à leur réper­toire de dis­cours et d’actions dont le BJP et ses alliés tirent désor­mais profit (en par­ti­cu­lier l’hindouisme comme com­po­sante cen­trale de l’identité indienne et la méfiance à l’endroit de la mino­rité musul­mane).

Conclusion

Le BJP est par­venu à s’établir comme une force hégé­mo­nique en Inde malgré des débuts modestes en légi­ti­mant son pro­gramme néo­li­bé­ral grâce à des réfé­rences reli­gieuses et en construi­sant un culte cha­ris­ma­tique autour de Modi dans les années 1980. Ce parti a su pro­fi­ter des vio­lences qui frappent pério­di­que­ment les diverses com­mu­nau­tés en Inde et les a encou­ra­gées à plu­sieurs occa­sions.

Il faut sou­li­gner que la reli­gion consti­tue, de nos jours, une réfé­rence impor­tante pour plu­sieurs for­ma­tions popu­listes, ce qui leur permet de se consti­tuer un sou­tien popu­laire et de se récla­mer d’une « majo­rité morale ». On peut penser ici aux évan­gé­listes état­su­niens de droite, main­te­nant une com­po­sante cen­trale de l’électorat répu­bli­cain, ou encore à la montée de l’islamisme conser­va­teur sous la direc­tion de Recep Tayyip Erdoğan en Turquie. La reli­gion consti­tue donc un des moyens par les­quels les popu­lismes de droite contem­po­rains par­viennent à gagner du ter­rain et à pro­mou­voir une vision tron­quée de la démo­cra­tie comme simple règne de la majo­rité, dont les droits et pré­fé­rences auraient été brimés par une élite poli­tique à la solde de groupes mino­ri­taires[6]. Le cas indien montre que la reli­gion peut être ins­tru­men­ta­li­sée de plu­sieurs manières par les popu­listes afin de donner plus de force à leurs dis­cours, d’élargir leurs réseaux de mobi­li­sa­tion et de sacra­li­ser leur leader.

Il vaut éga­le­ment la peine d’analyser com­ment les mou­ve­ments popu­listes de droite s’approprient l’histoire et ins­tru­men­ta­lisent le passé à des fins stra­té­giques. Il nous faut réflé­chir à la façon dont les orga­ni­sa­tions et mou­ve­ments s’opposant au popu­lisme peuvent puiser, dans des réfé­rences his­to­riques, les bases sur les­quelles fonder la résis­tance, sans pour autant tomber dans la nos­tal­gie ou dans un récit his­to­rique figé. On peut se deman­der si l’intérêt des partis pro­gres­sistes contem­po­rains pour une stra­té­gie dite « popu­liste de gauche » n’est pas lié à la dif­fi­culté qu’ont ces partis à ins­crire leur acti­vité dans le sillage des partis de gauche du ving­tième siècle, dont les dis­cours por­taient sur les dyna­miques et ten­sions de classe[7].

Encourager le déve­lop­pe­ment d’une ana­lyse de classe, qui prenne plei­ne­ment en compte d’autres axes d’oppression et d’exploitation tels que le genre et la caté­go­rie eth­no­ra­ciale, nous semble pro­pice à sti­mu­ler les mobi­li­sa­tions de masse à gauche, et offre une alter­na­tive aux modes de consti­tu­tion d’une majo­rité poli­tique promus par le natio­na­lisme reli­gieux et les popu­lismes de droite. Les mani­fes­ta­tions contre la démo­li­tion du Parc Gezi en Turquie gagnent à être lues comme une mobi­li­sa­tion de classe laïque qui s’est oppo­sée à l’alliance entre l’islamisme et les poli­tiques néo­li­bé­rales sous le gou­ver­ne­ment d’Erdogan[8]. En renouant expli­ci­te­ment avec une ana­lyse de classe, la gauche peut ins­crire ses actions dans une trame his­to­rique plus large et recon­naître les forces et fai­blesses stra­té­giques des mou­ve­ments du siècle der­nier. Sans nous offrir de garan­tie, une telle approche nous aidera à faire face à la montée actuelle des popu­lismes de droite, à leur mobi­li­sa­tion de réfé­rents reli­gieux, à leur capa­cité à tirer profit des inquié­tudes et de la pré­ca­rité socioé­co­no­mique des classes popu­laires, à leur façon­nage de lea­ders cha­ris­ma­tiques et à leur appui aux poli­tiques néo­li­bé­rales.

Emanuel Guay et Efe Peker sont res­pec­ti­ve­ment doc­to­rant en socio­lo­gie à l’Université du Québec à Montréalet cher­cheur post­doc­to­ral en socio­lo­gie à l’Université McGill.


  1. Ted Piccone, Five Rising Democracies. And the Fate of the International Liberal Order, Washington, Brookings Institution Press, 2016, p. 72.
  2. Pradeep Chhibber et Rahul Verma, « The BJP’s 2014 ‘Modi wave’ », Economic and Political Weekly, vol. 49, n° 39, 2014, p. 51.
  3. Priya Chacko et Kanishka Jayasuriya, « Asia’s conser­va­tive moment. Understanding the rise of the right », Journal of Contemporary Asia, vol. 48, n° 4, 2018, p. 535.
  4. Shakuntala Rao, « Making of selfie natio­na­lism. Narendra Modi, the para­digm shift to social media gover­nance, and crisis of demo­cracy », Journal of Communication Inquiry, vol. 42, n° 2, 2018, p. 166.
  5. Perry Anderson, The Indian Ideology, Londres et New York, Verso, 2012.
  6. Nadia Urbinati, « Political theory of popu­lism », Annual Review of Political Science, vol. 22, 2019.
  7. Perry Anderson, « Renewals », New Left Review, vol. 2, n° 1, 2000.
  8. Efe Can Gürcan et Efe Peker, « A class ana­ly­tic approach to the Gezi Park events. Challenging the ‘middle class’ myth », Capital & Class, vol. 39, n° 2, 2015, p. 333.

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